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CAP
LC 2008
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CAP
Liberté de Conscience - Liberté de religion - Liberté
thérapeutique Reconnaissance à la française des Témoins de Jéhovah juin 2010 |
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Lors de son audition par la commission denquête parlementaire sur les sectes et les mineurs, présidée par M. Fenech, en octobre 2006, M. Didier Leschi avait déclaré au sujet des Témoins de Jéhovah : au cours de ces dix dernières années, les préfectures avaient refusé daccorder le statut dassociation cultuelle aux associations de Témoins de Jéhovah, mais que les tribunaux administratifs avaient constamment donné raison à ceux-ci. Et de conclure: « en létat actuel de la jurisprudence, ils [les Témoins de Jéhovah] ont le droit de bénéficier du statut dassociation cultuelle ». Malgré cette reconnaissance officielle de fait, les antisectes ne faiblissent pas dans leur acharnement inquisitorial dun autre siècle. Ainsi les aumôniers Témoins de Jéhovah se voient-ils régulièrement refusé laccès aux détenus pratiquant leur religion par le ministère de la justice : « Il n'y a pas de raison que les Témoins de Jéhovah (TJ) aient des aumôniers spécifiques dans les prisons ». Face à ce dialogue de sourds, les Témoins de Jéhovah ont porté laffaire en justice et entamé une trentaine de procédures. Les conclusions de la Halde (la Haute Autorité de lutte contre les discriminations) fin février 2010 vont dans leur sens. Celle-ci a estimé que le refus d'aumôniers était « de nature à limiter l'exercice de la liberté de religion des détenus ». Fin 2009, la cour administrative d'appel de Bordeaux avait rejeté un recours du ministère de la justice, qui avait refusé d'accorder un permis de visite à un ministre du culte des Témoins de Jéhovah, aux motifs que l'association ne faisait pas partie des cultes habilités à intervenir dans les prisons et qu'elle figurait dans « un rapport de la Miviludes [Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires] comme mouvement sectaire ». Depuis 1997, six cultes sont autorisés à intervenir dans les prisons : catholique, musulman, protestant, juif, orthodoxe et bouddhiste. D'autres refus sont motivés par le faible nombre de détenus Témoins de Jéhovah dans l'établissement pénitentiaire. La Halde estime que cet argument, qui n'est pas utilisé pour les autres religions, « constitue une rupture d'égalité devant la loi ». Le plus souvent, un droit de visite simple est accordé au ministre du culte mais, selon les cas, il a le droit, ou pas, de se présenter au parloir avec une Bible. Le directeur d'une maison d'arrêt a justifié ainsi son refus : « Il ne me paraît pas souhaitable que des locaux de visite très fréquentés par des familles deviennent des lieux d'exercice habituel de l'expression d'une pratique religieuse ». L'accès à une salle fermée est rarement autorisé. Sollicité par l'administration pénitentiaire en avril, le président de la Miviludes, Georges Fenech, évoque les « dangers » que posent selon lui les Témoins de Jéhovah en termes « d'ordre public et de prosélytisme ». Interrogé par Le Monde, il reconnait toutefois que ce dossier « complexe » pose la question de « la neutralité de l'Etat ». Les Témoins de Jéhovah partent donc favoris dans cette nouvelle confrontation juridique. Cependant on peut sinterroger sur cette tendance masochiste de ladministration française à se faire condamner régulièrement par la justice. A moins quil ne sagisse dune stratégie bien pensée pour bien faire comprendre aux antisectes où est véritablement le droit. Ces derniers sont en effet tellement obtus que seules des décisions de justice bien administrées sont capables de leur faire entendre raison.Refuser le droit, puis se faire citer en justice pour enfin se faire condamner : voici donc la nouvelle méthode utilisée par ladministration française pour rétablir les Témoins de Jéhovah dans leurs droits légitimes. Source : Le Monde du 29 mai 2010-06-07, p12
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