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CAP
LC 2008
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CAP
Liberté de Conscience - Liberté de religion - Liberté
thérapeutique Salut Jeannot Par Christian Paturel mars 2010 |
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Jean FERRAT vient de nous quitter. Tous saccordent, y compris ses nombreux censeurs qui ont tenté de nuire à sa carrière, à souligner les immenses qualités de cet « écrivain-parolier », « chanteur-interprète », « musicien-compositeur ». A travers ses nombreuses chansons, Jean FERRAT a toujours fait passer des messages puissants qui exprimaient un engagement sans faille, sans concession et qui étaient très souvent « décalés » par rapport au niveau de conscience de la société (« le poète a toujours raison » ). Je reste un auditeur fidèle de ses compositions : « La Montagne », « Nuit et brouillard » (dans laquelle le nom de « Jéhovah » est prononcé), « La Paix sur Terre », « Nul ne guérit de son enfance », « Les Jeunes imbéciles », « Tu aurais pu vivre » (en souvenir de son épouse), « Bicentenaire » Mais, là nest pas mon propos. Je voudrais relater une anecdote qui sest déroulée en 1994. De 1989 à 1995, à lépoque où le service militaire était obligatoire, jai été amené à défendre la liberté de conscience de mes coreligionnaires devant les tribunaux correctionnels des affaires militaires. Jai assuré la défense denviron 3000 jeunes Témoins de Jéhovah. Quel rapport, me direz-vous, y-a-t-il entre cette expression de la liberté religieuse et Jean FERRAT dont lathéisme était notoire ? Précisément ! En 1994, jai rencontré Jean FERRAT et lui ai fait part de ces combats judiciaires. Je lui ai expliqué que les jeunes Témoins de Jéhovah, qui refusaient le service civil, étaient condamnés à un an de prison ferme. Il ma écouté poliment et ma précisé que la religion nétait pas précisément un sujet qui le passionnait. Il ma néanmoins demandé de lui préparer un dossier et « quil verrait ». Jai adressé cette documentation, et jai reçu huit jours plus tard la réponse suivante :
Par cet écrit, Jean FERRAT proposait dapporter son soutien au dossier dit des « objecteurs de conscience » (au sens large du terme). Il mettait au service de cette cause son nom, sa notoriété, son tissu relationnel Cette aide na pas été nécessaire. En effet, deux mois plus tard, à la suite dun rapprochement avec lEglise chrétienne des Témoins de Jéhovah, le très libéral François Léotard, alors ministre de la Défense, aménageait par voie de circulaire le régime de lobjection de conscience permettant ainsi aux jeunes chrétiens de cette confession, qui constituaient le plus gros du contingent, dadopter un service civil. Jean FERRAT ne partageait nullement ces convictions religieuses et pourtant, se dégageant de tout préjugé, de tout dogmatisme, de tout intégrisme politique, il était prêt à sengager une nouvelle fois dans un combat pour la Liberté. Il faisait sienne la citation de Voltaire : «
Je ne suis pas daccord avec ce que vous dites, Jean FERRAT, dont le père juif avait été déporté et assassiné dans les camps de concentration nazis, sest-il souvenu que les Témoins de Jéhovah avaient été les compagnons dinfortune de son père ? Je lignore. Si cest le cas, ce « devoir de souvenir » est aussi à son honneur car nos responsables politiques semblent oublier le tribut payé par les Témoins de Jéhovah au cours de la deuxième guerre mondiale, oubli qui pourrait sapparenter à une forme de révisionnisme Je tenais à ressortir de mon petit jardin secret cette anecdote qui ma permis de découvrir, à côté du grand chanteur quétait Jean FERRAT, un homme épris de liberté, prêt à aider son prochain, tolérant, athée mais respectueux des convictions religieuses dautrui. Au revoir « Jeannot ». Christian
Paturel
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