Dérives journalistiques à propos de la kinésiologie
par Frédéric Potschka
Le Dauphiné Libéré
Avril 2005
Commentaire préalable de l'éditeur :
Chacun a pu suivre dans la presse l'histoire relatée du procès
de deux parents enseignant la kinésiologie dont l'enfant était mort,
apparemment dû à des problèmes de nutrition ou d'assimilation de nourriture.
De façon quasi unanime, la presse a attribué ce décès à la théorie même
de la kinésiologie, suivant en cela des dossiers de presse gracieusement
offerts par certaines associations désireuses de profiter de l'occasion
pour attaquer une pratique.
Malheureusement, le compte-rendu ci-dessous n'éclaire que trop
bien l'attitude biaisée de journalistes qui vont jusqu'à tromper la
confiance de personnes ou groupes pour mieux les enterrer ensuite, allant
jusqu'à déformer des propos pour forcer le trait, alors que le canevas
de leur article était déjà écrit dès le départ. Démonstration édifiante
donc.
Dans le souci d'équilibrer cette information, nous reproduisons
ci-dessous la lettre à destination de ses lecteurs publiée par un responsable
d'une association de kinésiologie près de Grenoble, ainsi que l'article
de presse incriminé.
Note : il n'y a pas actuellement en France une fédération unifiée
regroupant tous les praticiens de la kinésiologie, donc ce qui suit
ne prétend pas couvrir l'intégralité des points de vues des responsables
français de telles associations.
Fin de commentaire
La Kinésiologie - une secte? - Newsletter IFKA du 15/06/2005
Chers lecteurs,Vous êtes probablement au courant des accusations
très médiatisées contre la kinésiologie de ces derniers temps. L'occasion
idéale pour la presse écrite, les chaînes de télévision, des députés
et surtout pour l'A.D.F.I. pour faire croire aux Français qu'ils sont
non seulement menacés dans ce pays par les plombiers polonais ou bientôt
par les turcs mais dores et déjà par une flambée de sectes dont la Kinésiologie
fait partie, cette occasion idéale était le procès du couple Boucher-Durand
en Bretagne qui avait perdu un enfant de seize mois en 2000.
Les médias ont fait tout pour que ce procès devienne surtout
un procès de la kinésiologie, exemples : " Quand l'idéologie tue - La
kinésiologie est pour la première fois mise en cause devant la justice
: les parents d'un bébé de 16 mois, adeptes de cette idéologie, sont
accusés d'avoir tué leur enfant en le nourrissant mal " (Lyon Plus ;
27/5/05) ou " Les kinésiologistes avaient laissé mourir leur enfant
- Deux adeptes de la kinésiologie accusés d'avoir laissé mourir leur
fils de seize mois en novembre 2000 comparaissent de ce matin devant
la cour d'assises du Finistère. L'occasion, pour la justice, de se pencher
sur les dérives parfois attribuées... (Le Figaro ; 30/5/05).
Notre Institut a été contacté par le quotidien Le Dauphiné Libéré au
mois d'avril pour faire une interview au sujet de la kinésiologie et
pour éclairer l'affaire Boucher-Durand. Nous avons hésité devant cette
demande et j'ai rappelé le journaliste, Monsieur Gilles Debernardi,
en lui expliquant que, si la finalité de l'article est orientée uniquement
vers le but de dire du mal de la kinésiologie, je ne verrais pas l'intérêt
de se rencontrer. Ceci a été formellement démenti. Le journaliste affirmait
bien au contraire, qu'il s'agirait de montrer une autre image de la
kinésiologie en dehors de la triste histoire. Suite à cette confirmation
j'ai accepté l'interview en pensant qu'il valait mieux de s'exprimer
de notre côté au lieu de laisser écrire quelqu'un seul sans information
d'un expert. L'attitude "neutre" du journaliste, renouvelée au début
de l'entretien dans nos locaux à Grenoble s'est avérée finalement hypocrite,
pour le dire gentiment. Le cher monsieur, accompagné de son photographe,
m'a promis en partant qu'il m'enverrait l'article - chose jamais faite.
Nous avons eu la désagréable surprise le 25 avril : un encadré
sur la première page du journal annonce déjà comment on devrait percevoir
la kinésiologie : "Du coup, cette thérapie parallèle, dont certains
dénoncent les dérives sectaires, se retrouve sur la sellette. Le ministre
de la Santé, Philippe Douste-Blazy, doit se prononcer prochainement
sur la question" et en dernière page deux grands articles intitulés
"Quand la kinésiologie dérape", dans lequel on apprend entre autres
qu'il s'agit d'une "de ces innombrables doctrines en vogue qui interroge
le corps pour débloquer l'esprit. Parle à mon biceps, ma tête est malade
! Ambiance New Age garantie" ; et un deuxième article "Chez nous, tout
est transparent" - l'interview en question. Chose intéressante : l'ensemble
des articles sur la kinésiologie représente plus d'espace dans le journal
que le reportage sur l'inauguration du nouveau pape qui avait eu lieu
le jour précédent. Ca montre bien l'importance que le Dauphiné Libéré
accorde à l'histoire !
Je vous présente l'intégralité de cet article par la suite.
Le journal n'a pas hésité à m'attribuer des choses que je n'ai jamais
dites !! Exemple : "Que les taux de réussite de la kinésiologie "pourraient
facilement rivaliser avec n'importe quel médicament". Un pur mensonge,
Monsieur Debernardi ! Tous nos stagiaires connaissent bien notre point
de vue sur la question, qui n'est pas du tout nouveau depuis le procès
Boucher-Durand : la kinésiologie ne rivalise pas avec la médecine (ni
avec d'autres méthodes), nous ne sommes pas contre la médecine ou les
médicaments, bien au contraire, et nous ne persuadons personne de l'inutilité
de la médecine conventionnelle...! Point à la ligne. Nous n'attendons
pas de la part des médias des éloges sur la kinésiologie, nous sommes
même très favorables à des débats critiques (mais en regardant de partout
: côté médecine, psychiatrie, éducation nationale etc.), mais truquer
carrément et intentionnellement des publications représente un fait
grave !
Sachez déjà, que nous poursuivons le journal en justice pour
cette histoire.
Mais ça continue encore : Bien sûr, j'ai demandé, après consultation
d'un avocat, la publication d'un droit de réponse dans les trois jours
de la réception, conformément à l'article 13 de la loi du 29 juillet
1881. Malgré le fait que le journal est obligé par la loi de publier
le droit de réponse, ceci n'a pas été fait !
J'ai demande par lettre A/R une explication au Dauphiné Libéré,
pas de réponse. Pour apprendre quelques jours après, complètement par
hasard par des amis, que le droit de réponse a été publié. Surprise
: la vérification immédiate montre, qu'il y a eu un juste un "mini-article".
Un nouveau scandale, car un journal est dans l'obligation de publier
l'intégralité du droit de réponse ! Le Dauphine Libéré s'autorise en
l'occurrence à violer doublement la loi : Le délai non respecté et l'intégralité
du droit de réponse non publiée ! C'est parfaitement illégal ! Et bien
sûr, je n'ai pas été informé de la parution.
Je trouve cette attitude d'autant plus choquante de la part d'un journal
qui semble s'engager pour le respect des lois et s'indigne publiquement
contre les dangers pour les citoyens, objectif très louable en principe.
Quel bel exemple de démocratie, d'honnêteté vis-à-vis des lecteurs !
Je vous laisse tirer vos propres conclusions.
Vous trouverez donc ci-dessous d'abord l'interview telle qu'elle
est parue dans le journal, et ensuite mon droit de réponse (non publié
jusqu'à présent) dans son intégralité. Explication : Le droit de réponse
se limite par son volume par l'article de référence. C'est à cause de
ce fait que j'ai dû me contenter de quelques commentaires seulement.
Article du 25 avril 2005 - DAUPHINE LIBERE
"Chez nous, tout est transparent "
Les kinésiologues de notre région - de plus en plus nombreux- réfutent
toute "dérive sectaire". A l'image de Freddy Potschka, qui a pignon
sur rue dans la cité grenobloise...
Visiblement, les affaires marchent bien : bâtiment cossu, quatre
permanents, une quinzaine "d'intervenants extérieurs"... Freddy Potschka
dirige, depuis 1992, l'Institut français de kinésiologie appliquée (IFKA)
à Grenoble. Le drame de Moëlan-sur-Mer est parvenu à ses oreilles. Mais
il s'indigne, par avance, d'une infamante généralisation : "Les parents
poursuivis dans cette histoire ont agi à titre individuel. Ce n'est
pas parce qu'un praticien commet une faute que l'on doit remettre en
cause toute la pratique !"
Son activité, à l'entendre, n'a rien de mystérieux : "Chez nous,
tout est ouvert et transparent, nos portes ne sont pas fermées". Il
s'agit de laisser s'exprimer le corps - "qui a mémorisé toutes nos expériences"
- à travers le fameux "test musculaire". Phase d'évaluation. Ensuite,
le kinésiologue agit "en levant les blocages énergétiques par les corrections
précises, fruit de recherches solidement expérimentées". Bon.
Un esprit rationnel va certes renâcler devant les concepts flous
de "cette approche globale de l'être, par la structure, la biochimie
et le psychisme". M. Potschka s'en moque et cite Bismarck : "Celui qui
guérit a raison !" C'est le résultat qui compte : "On ne sait pas forcement
pourquoi ça marche, mais ça marche". Les taux de réussite de sa méthode
pourraient facilement rivaliser "avec n'importe quel médicament". Parole
: "Notre publicité, c'est notre efficacité". Efficace pour quoi, au
juste ? Un peu tout, on dirait : les allergies, les phobies, les troubles
psychiques, les maladies fonctionnelles chroniques... Mais attention,
le directeur le l'IFKA se montre catégorique : "Nous n'avons ni la vocation
; ni le droit, de nous substituer aux soins traditionnels. Au moindre
doute, il est impératif d'aviser un médecin pour un diagnostic, voire,
si besoin, un traitement adapté". Voilà qui est clair et net, inscrit
en toutes lettres dans les prospectus que distribue l'établissement.
Prudence élémentaire.
On y lit aussi que le kinésiologue s'intéresse au "secteur nutritionnel".
A ses clients, il peut déconseiller "tel ou tel aliment, source de stress
négatif". La mère du petit Kerywan a-t-elle extrapolé ces consignes
en imposant - à elle-même et à son bébé - le plus aberrant des régimes
? Telle sera la thèse des accusations devant les assises du Finistère.
Freddy Potschka ne se sent pas concerné : "Comment les gens utilisent
notre enseignement ? Ca, je ne peux pas le contrôler. Tout comme un
professeur de médecine ignore ce que ses élèves feront du savoir qu'il
leur dispense... "
L'ADFI Savoie-Isère dénonce, au contraire, "un business potentiellement
dangereux, dont le principe est de transformer les malades en thérapeutes,
moyennant finance". Stages et séminaires se développent dans notre région.
"Les candidats sont des personnes en souffrances, psychologiquement
fragiles. Mais aussi certains professionnels de la santé - infirmière,
ostéopathe, psychologues... - en quête d'une " spécialisation "plus
lucrative" affirme le président, Franck Villard. Le 8 avril dernier,
le député socialiste des Ardennes, Philippe Vuilque, a relayé cette
inquiétude. Au ministre de la Santé, il a demandé sa position sur la
kinésiologie, "au regard des dérives sectaires dénoncées par de nombreuses
familles". Philippe Douste-Blazy devra répondre début mai. Juste avant
l'ouverture du procès de Quimper.
G.D.
"On ne sait pas forcément pourquoi ça marche, mais ça marche !"
Mon texte / Droit de réponse envoyé par lettre A/R au DAUPHINE LIBERE
:
Droit de réponse concernant l'article "Chez nous, tout est transparent
!"
Dauphiné libéré - 25 avril 2005 :
Dans vos articles concernant la Kinésiologie vous faites le
rapprochement entre la mort d'un enfant, la profession de ses parents
(Kinésiologues) et une méthode, la Kinésiologie, comme s'il y avait
un lien de cause à effet, en laissant croire que la Kinésiologie est
contre la médecine et dangereuse. Vous m'attribuez des propos qui ne
sont pas les miens, notamment que le taux de réussite de la Kinésiologie
pourrait "facilement rivaliser avec n'importe quel médicament" ! C'est
faux, la Kinésiologie est complémentaire à la médecine mais ne rivalise
pas avec elle ! En fait, vous présentez de manière inacceptable notre
Institut en faisant l'amalgame avec les faits qui se sont déroulés en
Bretagne et qui nous ne concernent en rien.
De plus, vous faites en sorte que le lecteur assimile la Kinésiologie
à une secte : "Partout, la Kinésiologie recrute... visiblement, les
affaires marchent bien : bâtiment cossu", ou encore : on retrouve dans
la Kinésiologie une de "ces innombrables doctrines en vogue qui interroge
le corps pour débloquer l'esprit" ! En réalité, nous sommes locataires
d'un bureau de 40m2 et nous ne recrutons nulle part ! Depuis une quinzaine
d'années nous sommes un organisme de formation de réputation internationale.
J'ai notamment donné des cours de Kinésiologie à la demande de l'Enseignement
Catholique, de l'Université d'Ottawa/Canada et dans le cadre de la formation
continue pour Kinésithérapeutes. D'ailleurs, un groupe d'étude de la
Maison Blanche sur l'innovation pédagogique a adopté un module de la
Kinésiologie (Brain Gym) comme l'une des techniques les plus performantes
pour faciliter l'apprentissage et, en Suisse, les séances de Kinésiologie
sont remboursées par les Mutuelles !
Les trois médecins qui ont examiné le nourrisson sont poursuivis
pour non-assistance à personne en danger ! Alors, ne fallait-il pas
s'indigner avec le même zèle contre la médecine ? Bien sûr que non !
Si ces médecins n'ont pas été à la hauteur de leur métier, l'ensemble
de la profession n'est pas concerné pour autant !
Enfin, vous semblez faire entièrement confiance aux allégations
de l'ADFI. Or cette association anti-sectes avait porté plainte contre
Le Figaro pour un article laissant entendre qu'elle menait une politique
réveillant l'esprit d'inquisition, s'apparentant dans bien des cas aux
procès en sorcellerie - où la rumeur tenait lieu de preuve - et que
cette nouvelle chasse aux sorcières bénéficiait des subsides de l'Etat
avec, sauf exceptions, le soutien sans réflexion des médias.... La justice
a rejeté la plainte !
F. Potschka
Je vous invite de faire part de ce que j'ai écrit ici à des collègues,
amis, clients etc.
Je vous invite cordialement de vous renseigner également sur la "vraie
nature" de l'ADFI
sur des sites fortement intéressant:
http://www.coordiap.com
http://www.cicns.com
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