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CAP
LC 2008
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«
Je ne plie et ne romps pas » Le commencement de la fin ?Ainsi, après douze années de procédure, lattentat fiscal dont a été victime lAssociation les Témoins de Jéhovah de France, entrevoit un dénouement qui, sans crier victoire de façon prématurée, devrait être heureux. Nous voici en quelque sorte « au commencement de la fin ». Attentat ! Le mot est fort diront certains. Pourtant, selon la définition classique, un attentat est « une entreprise malveillante contre une personne, une institution ». Il sagit dun acte lâche qui frappe souvent des personnes innocentes. Cest le cas dans laffaire qui nous préoccupe. LEtat français a beau se débattre devant la Cour européenne et effectuer toutes les contorsions et grands écarts possibles aux fins de justifier sa position au regard du CGI (code général des impôts), il est rattrapé par le droit, la raison et le bon sens. Ceci est particulièrement évident au niveau de ce fameux article 757 dont le sens a été tordu, piétiné, déformé par ladministration afin de justifier linjustifiable et taxer une association cultuelle authentique, nen déplaise à certains politiciens en mal de notoriété. En effet, larticle 757 ne vise que les associations dintérêt général de la loi du 1er juillet 1901. Les associations cultuelles de la loi du 9 décembre 1905 relèvent de larticle 795-10° du CGI qui dispose : « Sont exonérés des droits de mutation à titre gratuit, les dons et legs faits aux associations cultuelles, aux unions dassociations cultuelles et aux congrégations autorisées ». Cest clair, net et précis. Seuls des esprits animés par des mobiles peu avouables peuvent aboutir à une autre interprétation de cette législation fiscale. Ce fut malheureusement le cas en France : à partir de 1997 (jusquà cette date le Fisc avait correctement appliqué lesdits articles précités), et à légard dune association cultuelle (et dune seule ! Aucune autre religion implantée sur le sol national na bénéficié de ce « traitement de faveur » (sic). « Lheureuse élue » (resic) est : lAssociation des Témoins de Jéhovah de France. A qui la faute ?Résumons : Des textes fiscaux dont lapplication ne souffrait aucune discussion depuis des lustres sont sortis de leur contexte et interprétés de façon totalement étrangère à la volonté du législateur. Sagit-il dune jurisprudence (discutable car illégale) naissante ? Que nenny, que nenny ! Une seule association cultuelle est dans la ligne de mire des autorités publiques. Ladite jurisprudence inaugurée en 1997 sera sans lendemain. Aucun autre culte, quil soit catholique, protestant, juif ou musulman (les « Quatre Grandes Eglises ») ne sera visité par un inspecteur des impôts. Les Témoins de Jéhovah sont le 5è culte en France et ce, malgré des règles de recensement rigoureuses qui tranchent avec celles, plus souples, retenues au sein des quatre confessions précédentes. Les fonctionnaires des services fiscaux seraient-ils devenus incompétents ? Partiaux ? Feraient-ils preuve de discrimination ? Auraient-ils perdu la tête ? Je ne le pense pas. Je fréquente suffisamment dagents fiscaux pour reconnaître leur haut niveau de technicité. Mais alors ? Alors ? La décision a été purement politique. Elle a été suggérée par une minorité dindividus, venant dhorizons très différents : du dissident communiste (compte tenu de limportance du PC dans le paysage français, lintéressé semble relever de la secte ), au marginal UMP en passant par lisolé socialiste. Puis, lidée lancée a été relayée par une grande partie de la classe politique qui se doit dassumer lentière responsabilité de son aveuglement et de son manque de réflexion. Lunion sacrée ?En 1997, lorsque démarre cette triste affaire, la France a pour Président de la République M. Jacques Chirac et pour Premier ministre M. Lionel Jospin (un protestant qui ne peut avoir oublié les fameuses dragonnades dont ont été victimes ses coreligionnaires). Cest lépoque de la deuxième cohabitation entre la droite et la gauche. Le ministre des finances de lépoque est M. Dominique Strauss-kahn qui appartient à une minorité particulièrement martyrisée par le régime nazi. Ce ministère est ensuite occupé par M. Christian Sauter, puis par M. Laurent Fabius. En 2002, retour de la droite qui détient depuis le pouvoir législatif et exécutif. Les gouvernements de MM Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin, François Fillion se succèdent. De nombreux ministres des finances vont occuper Bercy : MM Francis Mer, Nicolas Sarkozy, Hervé Gaymard, Thierry Breton, Jean-Louis Borloo, Mme Christine Lagarde, M. Eric Woerth et, tout récemment, M. François Barouin. Tous ces responsables politiques pouvaient, à tout moment, mettre un terme à cette vaste fumisterie que constitue le redressement fiscal de lAssociation des Témoins de Jéhovah. Aucun ne le fera ! Une question légitime se pose : pourquoi ? Le dossier ne pouvait être ignoré compte tenu de sa médiatisation permanente. Le consensus était donc général. La classe politique, dans sa majeure partie, sera concernée par un éventuel arrêt de condamnation de la France. Il est tout à lhonneur des élus et ministres qui auront su se démarquer de cette fièvre collective. Sajoutant à « laffaire des Roms », nul doute que limage de la France « Pays des droits de lHomme » sera sérieusement écornée (si elle ne létait pas déjà). A ce propos une parenthèse, de nombreuses personnes célèbres étaient dascendance rom : Charlie Chaplin, Pablo Picasso, Django Reinhardt, Yul Bryner Avec ces célébrités, nous sommes loin des clichés, des préjugés et des rumeurs (« Ils volent les enfants et ils les mangent » )°. Et lautorité judiciaire gardienne traditionnelle des libertés individuelles ?Lassociation les Témoins de Jéhovah de France sest tournée vers son juge naturel : le juge judiciaire chargé de dire le droit dans le respect des libertés. La lecture du droit était simple compte tenu de la clarté des textes. Le travail judiciaire se résumait à lexamen de deux articles très courts et de compréhension aisée. Quant aux libertés en cause, elles ne portaient pas moins sur la liberté dassociation et la liberté religieuse. Lenjeu était de taille. Les trois degrés de juridictions saisis débouteront linfortunée association : tribunal de grande instance de Nanterre, Cour dappel de Versailles et Cour de cassation. Ces juridictions sont passées à côté dune décision qui pouvait faire date. Dommage ! Jespère simplement pour limage de marque et lhonorabilité des magistrats judiciaires que ceux-ci nencourront pas les mêmes reproches que ceux formulés dans larrêt de la Cour européenne qui ma justifié le 22 décembre 2005, à savoir : « Quen exigeant du requérant quil prouve ( ) tout en écartant systématiquement les nombreux documents produits ( ) les juridictions françaises ont excédé la marge dappréciation dont elles disposaient ( ) ». Arrêt rendu à lunanimité des sept juges. En la circonstance, la juridiction européenne a censuré la justice française en relevant son attitude partiale et contradictoire. Et la France dans tout celaSil est vrai quun arrêt de recevabilité nest pas un arrêt de condamnation des pratiques attentatoires aux libertés commises par un Etat il le prépare. Rappelons que larrêt du 29 septembre dernier a été rendu à lunanimité des sept juges. Cest un signe et un coup de semonce A ce stade de la procédure, les parties en présence: lEtat français et lAssociation des Témoins de Jéhovah de France sont invitées à recourir aux bons offices du greffier et à se rapprocher aux fins de conclure un accord à lamiable. A défaut daccord, larrêt définitif intervient, en principe dans un délai moyen de douze mois.Quel sera le dénouement ? Un accord ? Celui-ci ne se conçoit que par lannulation du redressement fiscal et le remboursement des millions deuros déjà versés par lAssociation, le tout agrémenté dintérêts de retard. Il sagit dun minimum. Et cas dimpossibilité daboutir à un accord ? Deux issues possibles : Un arrêt déboutant lAssociation. Personnellement et en toute objectivité je ne vois pas un tel dénouement. Sur ce : « On narrête pas une idée avec des balles » (général Leclerc). Au 1er siècle, le christianisme sest enraciné dans le monde méditerranéen sans pour autant sappuyer sur une personne morale. Un arrêt de condamnation de lEtat français. Cette perspective semble la plus plausible. Outre les sommes minimum mentionnées ci-dessus, pourraient sajouter : des dommages et intérêts pour le préjudice financier (le transport des publications imprimées en Grande Bretagne et tous les frais annexes). Le préjudice moral devrait aussi être pris en compte en raison des mesures vexatoires résultant dune hypothèque judiciaire affectant tous les biens immobiliers de lassociation et des graves atteintes à lhonneur, à la respectabilité et à la dignité de lEglise des Témoins de Jéhovah commises par quelques « trublions » sagitant avec, semble-t-il, la bénédiction des plus hautes autorités de la République. Un tel arrêt (indépendamment de tout aspect financier), compte tenu de son retentissement mondial, apporterait une justification complète et permettrait « de remettre les montres à lheure ». Son impact sur la population française et européenne, ses conséquences à légard dautres minorités agressées, bafouées, marginalisées seraient considérables. Le monde associatif (tant laïque que cultuel) serait soulagé et verrait disparaître une « épée de Damoclès ». Les caisses de lEtat étant vides, on pouvait redouter le pire « Toutes les choses qui ont été écrites jadis ont été écrites pour notre instruction » (La Bible Romains 15 : 4) Une chose est certaine, quelle que soit la décision prise par lEglise des Témoins de Jéhovah, ce sera la bonne. Certains pourront regretter que quatre munitions aient été neutralisées faute davoir été invoquées devant les juridictions nationales. Personnellement, je fais un parallèle avec le récit de Gédéon qui, avec un effectif squelettique face à de redoutables adversaires, a remporté une brillante victoire. Quant à nos adversaires, ils pourraient méditer sur lexemple de Gamaliel : « Ne vous occupez plus de ces hommes et laissez-les ( ) car si leur entreprise et leur uvre viennent des hommes, elles disparaîtront. Mais si elles viennent vraiment de Dieu, vous ne pourrez pas les détruire, prenez garde de ne pas vous mettre à combattre Dieu » (Actes
5 : 38-39 La Bible en français courant)
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