Coordination
des Associations & Particuliers
pour la Liberté de Conscience CAP pour la
Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté
de Conviction
Aux dires d’Hubert Reeves, cet astrophysicien renommé, nous sommes tous des étoiles…
Les textes sacrés nous rappellent, pour leur part, que nous sommes tous des dieux…
Qu’en dites-vous?
Sommes-nous des êtres spirituels? Des êtres profondément religieux, que nous le voulions ou non?
Grand débat! Quelle aventure que de vouloir le démontrer en si peu de mots !
Ouf! nous plongeons! Nous verrons bien !
L’esprit, du latin spiritus, a le sens de souffle. Principe de la vie incorporelle, il nous habite dès notre naissance et ne nous quittera que lorsque nous aurons rendu l’esprit. Ce mot, aux multiples sens, nous fera peut-être bien souvent perdre l’esprit ou discourir avec esprit. Retenons qu’il est « Le principe pensant en général (opposé à l'objet de pensée, à la matière). »(1) Esprit et matière sont donc les deux pôles de la vie, mais, sans l’esprit qui réside en nous, nous n’aurions aucune liberté. C’est sans doute ce qui fit dire à Renan, « Le but du monde est le développement de l'esprit, et la première condition du développement de l'esprit, c'est sa liberté »(2).
Donc, que nous le voulions ou non, indépendamment de toutes croyances, nous sommes des êtres spirituels, « qui est esprit, de l’ordre de l’esprit »(3).
Soit !
Sommes-nous pour autant des êtres religieux ?
Si nous posons un regard religiologique(4) sur la question, nous nous rendons compte que la religion équivaut à :
tout ce qui est quête de sens
tout ce qui relie (religare) au monde, aux autres, aux sens, tout ce qui touche les valeurs ultimes.(5)
Personne n’y échappe !
Le Petit Robert, pour sa part, définit la religion comme étant, entre autres, un « Ensemble d'actes rituels liés à la conception d'un domaine sacré distinct du profane, et destinés à mettre l'âme humaine en rapport avec Dieu. […] Dans son sens premier, c’est une “reconnaissance par l'être humain d'un pouvoir ou d'un principe supérieur de qui dépend sa destinée et à qui obéissance et respect sont dus” »(6). Guy Ménard, dans son Petit traité de la vraie religion, nous dit que la religion est affaire de « gestion de l’expérience du sacré ». Et, plus loin, il précise que le sacré est cet « espace d’où l’on tire ses raisons de vivre (sa ration de sens). »(7)
Il y aurait donc, non pas absence de religion, mais un déplacement du sacré, de la religion, les deux faisant appel aux rites, aux cérémonies, à la communion avec le Tout Autre, ce qui nous transcende, ce qui nous échappe, ce qui nous fascine, etc.
Ce déplacement du sacré fait référence ici à de la religion implicite par opposition à la religion explicite avec ses dogmes, ses rituels, ses préceptes, ces religions dont nous connaissons les noms : christianisme, judaïsme, islam pour ne parler que des plus grandes, toutes trois monothéistes. Mais dans ces expériences du religieux à saveur rituélique, cette expérience du sacré, nous trouvons bien des ingrédients :
- intuition vive d'une présence active mystérieuse et puissante
- présence de quelque chose ou de quelqu'un qui se manifeste comme provenant d'au-delà des limites habituelles de l'expérience profane
- quelque chose, force, chance, destin, énergie, etc.
- quelqu'un, ange, dieu, être surnaturel, revenant, entité quelconque
totalement différent du profane, totalement autreun interdit puissant (aussi dévastateur que porteur de vie).(8)
Tout devient donc sujet à interprétation du sens sacré et religieux, à une interprétation dite religiologique.(9)
Vous pensez que la religion, cela ne vous concerne pas? Mais, voilà que vous gravissez le mont Everest, que vous faites une expérience inoubliable qui exerce une fascination sur tout votre être, que vous faites l’expérience du sacré, du Tout Autre, une expérience religieuse sans pour autant que vous n’adhériez à quelque religion que ce soit.
Oui! nous sommes des êtres religieux, car nous avons besoin de rites, de règles, d’interdits, de beauté, de mythes ou de microrécits (de notre récit)…
N’avez-vous pas vu, vous aussi, l’extraordinaire documentaire dans lequel on voyait une harde d’éléphants qui, revenant sur leurs traces, découvrent des ossements de leurs congénères? Vous croyez qu’ils ont passé leur chemin sans y faire attention? Non! Ils ont tourné autour des os de leurs semblables morts là pour une raison que nous ignorons, ils ont pris certains de ces os avec leur trompe en émettant des barrissements puissants, implorant sans doute les dieux de les épargner (là, nous interprétons!), les ont déposés avec grâce et dignité. Une fois ce rituel terminé, ils s’en sont allés. Il y a du religieux dans cette histoire.