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CAP
LC 2008
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On apprend dans le dernier rapport de la Miviludes que, le 15 juillet 2009, M. Fenech a reçu, dans les locaux de la Miviludes, une délégation de lambassade de Chine. Ce nest pas la première fois que la politique « anti-sectes » de la France intéresse les autorités chinoises. En effet, on se souvient du voyage en Chine de M. Alain Vivien, alors président de la défunte Mils. En novembre 2000, A. Vivien et sa femme avaient été invités à un symposium (1) du gouvernement chinois à Pékin sur les « sectes destructrices ». La femme dAlain Vivien, Patricia Casano, était alors à la tête du Centre contre les manipulations mentales (Ccmm.), groupe « anti-sectes » autrefois présidé par A. Vivien lui-même. Peu de temps après leur visite en Chine, le bulletin du Ccmm expliquait quen Chine « la France est souvent citée en exemple en raison de lampleur et de la cohérence des mesures prises pour répondre à la menace sectaire » et reproduisait deux pages de propagande du gouvernement chinois contre le Falun Gong. Dans le même temps, Mme Catherine Picard (2), alors députée, déclarait à la chaîne CBN News avoir rencontré le responsable chinois des affaires religieuses. Il étudiait la possibilité de la rédaction dune loi similaire et basée sur le modèle français. La campagne anti Falun-Gong menée par le Ccmm en novembre 2000 a porté ses fruits : en 2004, la mairie de Paris (3) réalisait une carte des « sectes » sur laquelle figurait le Falun Gong.
Le gouvernement chinois na pas cessé depuis 1999 les persécutions à lencontre des membres du Falun Gong, un mouvement chinois dinspiration bouddhiste et taoïste. Malgré les pressions internationales, la répression est toujours aussi sanglante pour les adeptes. - En 2002, `Reporter sans frontière (4) dénonçait les agissements du gouvernement chinois et linternement dun internaute chinois pour avoir téléchargé des documents sur un site du Falun Gong. - En 2005, le Conseil économique et social des Nations Unies dénonçait dans un rapport les persécutions subies par les membres du Falun Gong. - En mars 2006, un porte-parole du département d'Etat américain, Adam Ereli, avait appelé la Chine à mener une enquête pour répondre l'accusation du mouvement Falun Gong selon laquelle le gouvernement Chnois aurait procédé à la vente d'organes de membres du FalunGong décédés dans une sorte de camps de concentration. Interrogé le 5 avril à l'occasion d'un point-presse régulier, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Liu Jianchao, a répondu qu'il s'agissait de « rumeurs répandues par la secte illégale Falungong ». - En janvier 2010, David Kilgour (5), ancien procureur de la couronne et ex-secrétaire d'État pour l'Asie-Pacifique, a fait une conférence de presse sur la Colline parlementaire, à Ottawa, pour le lancement du livre Bloody Harvest, un nouveau livre qui dénonce les prélèvements d'organes forcés sur des prisonniers de conscience du Falun Gong en Chine. M. Kilgour est coauteur de ce livre avec l'avocat David Matas. - Le 16 mars 2010, cest la Chambre des représentants (6) américaine qui a adopté par 412 voix contre 1 une résolution condamnant les persécutions subies par les pratiquants du mouvement Falun Gong. Le texte appelle le gouvernement de Chine populaire à « cesser immédiatement sa campagne visant à persécuter, intimider, emprisonner et torturer les pratiquants » du mouvement. Pourquoi, malgré toutes ces condamnations, M. Fenech, président de la Miviludes, reçoit-il une délégation de lambassade de Chine ? Veut-il rappeler à lordre le gouvernement chinois sur les droits de lHomme ? M. Fenech sest-il fait le porte-parole des parlementaires français (7) qui ont posé des questions au gouvernement concernant le sort des membres du Falun Gong ? Bien sûr, nous navons pas la réponse ; il est intéressant de mettre en lumière quelques faits qui montrent que le gouvernement français a, par sa politique, un message ambigu sur le respect des droits de lHomme.
Selon le dernier rapport de la Miviludes, M. Fenech a rencontré le 2 juillet 2009 le président de la Fecris. Quel lien existe-t-il entre la Miviludes et la Fecris ? Lun et lautre sont financés par les contribuables français via le budget du Premier ministre (8). La Fecris est une fédération qui regroupe les associations « anti-sectes » au niveau européen dont les principales associations sont : - lUnadfi, dont la présidente, Mme Catherine Picard, fait partie du conseil dorientation de la Miviludes, est financée par le contribuable français (9) ; - le Ccmm, dont le président Jacques Miquel est membre du conseil dorientation de la Miviludes, est également financé par le contribuable Français (10) ; - le Gemppi, association marseillaise, dont le président, Didier Pachoud est aussi le trésorier de la Fecris. Lassociation est largement financée par le Conseil général des Bouches-du-Rhône et la mairie de Marseille. En 2007, le vice-président du Gemppi est Jacky Cordonnier, aujourdhui membre du conseil dorientation de la Miviludes. Pour finir le Gemppi et la Fecris partagent la même adresse Marseillaise.
La Fecris a, depuis 2005 le statut dOrganisation Non Gouvernementale (ONG) à statut participatif auprès du Conseil de lEurope et, depuis 2009, un statut consultatif spécial du Conseil économique et social des Nations Unies. Pourtant cette association est financée à 90% par les fonds du Premier ministre, les principales associations françaises de cette fédération sont financées à 90% par ladministration française. Comment la Fecris peut-elle être non-gouvernementale ? Dans un courrier envoyé par CAP Liberté de Conscience à lONU, lassociation a souligné le point suivant concernant les ONGs : « La question la plus difficile à propos de l'indépendance des ONGs est de savoir si elles relèvent de l'influence gouvernementale. Les différents gouvernements tentent parfois d'influencer la communauté des ONGs dans un domaine particulier, en établissant des ONGs qui font la promotion de leurs politiques. Ceci a été reconnu par l'usage très fréquent de l'acronyme GONGO, pour étiqueter une ONG organisée par un gouvernement. En outre, dans les sociétés plus autoritaires, les ONGs peuvent trouver qu'il est très difficile d'agir de façon indépendante et elles peuvent ne pas recevoir la reconnaissance des autres acteurs politiques, même quand elles agissent de façon indépendante. Au-delà de ces situations exceptionnelles, il y a un préjugé répandu : le financement gouvernemental conduit au contrôle du gouvernement. Dans le domaine des droits de l'homme, cela causerait un préjudice à une ONG d'être ainsi perçue, donc Amnesty International a des règles strictes dont celle de ne pas accepter le financement direct gouvernemental pour des activités normales. » Le 6 juin 2006, onze ONGs de premier plan ont adopté la charte les obligeant à rendre des comptes afin de préserver leur légitimité et la transparence de leurs actions. Elles ont invité d'autres ONGs internationales à prendre le même engagement. Dans la charte, les signataires expliquent qu'ils sont des organismes indépendants sans but lucratif et s'engagent à ce qui suit : Nous sommes très attachés à notre indépendance politique et financière. Notre gestion, nos programmes et nos politiques sont impartiaux et indépendants de tout gouvernement, des partis politiques et du milieu des affaires. Selon ces normes internationales, une ONG semblant agir pour les droits de l'homme devrait être politiquement et financièrement indépendante (11). » V - La Fecris et le Falun Gong Le 13 et 14 octobre 2008, le président de la Fecris, Friedrich Griess, a participé à une conférence organisée à Kiev (Ukraine) sur le thème « La vérité et les mensonges du culte Falun Gong ». Lévénement était organisé par lInstitut de psychologie sociale et politique de lAcadémie des Sciences de lEducation dUkraine et par les associations anti-sectes ukrainiennes « Superstition et Société », « Famille et Protection de lIndividu » et « Dialogue » de Dniepropetrovsk. Selon les médias chinois, Griess a remarqué que les sectes sont différentes des religions et ont une nature totalitaire, imposent leur volonté aux autres au détriment des valeurs personnelles et violent les droits de lhomme. Il aurait déclaré : « Certains principes du culte Falun Gong portent la marque évidente des caractéristiques ci-dessus. ». Les 16 et 17 mai 2009, la Fecris organisait son colloque annuel à St Petersbourg. Ce colloque était organisé en collaboration avec lassociation « anti-sectes » russe « Religious and Cultic Studies Centers ». Le centre a été créé, en 1993, avec la bénédiction de Sa Sainteté le Patriarche Alexis II. Le RCS est aussi membre de la Fecris. Dans le même temps le rapport de la Miviludes nous apprend que M. Fenech a rencontré le 13 et le 25 mai un représentant de lAcadémie de la fonction publique de Russie. Le président de la Miviludes était aussi présent lors du colloque de la Fecris à Saint Petersbourg. Le président de cette association russe, Alexander Dvorking, lors de ce colloque est devenu vice-président de la Fecris (12). Cest un personnage très controversé - bien connu de centaines de groupes religieux minoritaires en Europe orientale - Alexander Dvorkin a été nommé président de la « Commission pour la mise en uvre dune expertise d'État sur les sciences religieuses » au département de la Justice. Ses cibles ne sont pas seulement les Témoins de Jéhovah, la Scientologie, la communauté Hare Krishna, le Falun Gong ou l'Eglise de l'Unification. Alexander Dvorkin est connu pour ses attaques contre les groupes chrétiens, comme les baptistes, les pentecôtistes et beaucoup d'autres Eglises chrétiennes qui ont connu un développement impressionnant au cours des deux dernières décennies dans l'ère post communiste. Alexander Dvorking est expert pour les autorités chinoises concernant le Falun Gong. Le 13 mai 2008 le Daily China(13) reprend les déclarations de M. Dvorking sur le mouvement du Falun Gong et accuse celui-ci de détruire les familles. Sur le site du président de la Fecris, on peut lire un discours de M. Dvorkin, datant de 2007(14), où il attaque le Falun Gong et laccuse dêtre un mouvement dangereux. VI - Conclusion La France sert de caution à la politique de la Russie envers les nouveaux mouvements religieux, alors que celle-ci est dirigée par lEglise orthodoxe russe, elle sert de caution à la Chine contre le mouvement du Falun Gong. La Fecris qui, en tant quONG, se doit dêtre apolitique et areligieuse est financée par le gouvernement Français et à pour vice-président un représentant de lEglise orthodoxe russe. Les associations françaises membres de la Fecris revendiquent, soit dans leur charte, soit dans leurs statuts, leur indépendance face à des religions ou des partis politiques. Cette revendication est mise à mal par leur appartenance à la Fecris et leur financement dEtat.
1 : http://www.coordiap.com/edu07.htm CAPLC - CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction |
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