|
CAP
LC 2008
www.coordiap.com |
|
![]() |
|||
|
-« 1er épisode : Un décalage dEure au niveau de la liberté religieuse » - « Histoire de mettre les montres à lEure (deuxième épisode) » Cette affaire connait un nouveau rebondissement. Pour faciliter le suivi de ce feuilleton, je résume les grandes lignes de ce dossier de discrimination (pour les détails pittoresques et les précisions juridiques, se reporter aux deux textes ci-dessus évoqués) RESUME Une chanson de Jacques Brel sintitule « la valse à mille temps ». Mon affaire sapparente plutôt à un tango (pas en avant, pas en arrière) qui, je lespère, sera moins que cette célèbre valse. Reprenons néanmoins ce découpage en « temps » : Premier temps (2006-2007) Mon épouse travaillait, depuis plusieurs années, comme assistante familiale pour deux conseils généraux : les départements de lEure et de lEure et Loir. En juin 2006, le conseil général de lEure découvre avec épouvante son « appartenance au mouvement des Témoins de Jéhovah » et lui retire brutalement les deux enfants qui lui étaient confiés. Précisons que le département de lEure et Loir connaissait cet engagement cultuel auquel il nattachait aucune importance compte tenu des excellents résultats et du professionnalisme de son agent. Après une longue période de léthargie, le conseil général de lEure soriente en mars 2007 vers le licenciement de mon épouse. Cette dernière demande à consulter son dossier personnel comme le statut de la fonction publique le prévoit. Elle découvre alors quelle est « fichée » comme « Témoin de Jéhovah ». Mention agrémentée de graves erreurs et de préjugés indignes dune Administration publique qui se doit de respecter le principe de neutralité et qui dénotent, par ailleurs, une profonde ignorance de cette religion chrétienne. Cette affaire est portée par mon épouse à la connaissance : Du tribunal administratif de Rouen (pour lannulation du licenciement), De la HALDE (pour la discrimination) De la CNIL (loi informatique et libertés pour le « fichage » illégal)* Du Procureur de la République (pour linfraction pénale de discrimination). La CNIL intervient immédiatement et procède à un contrôle sur place. Elle relève la complète illégalité dans la tenue du dossier de lintéressée. Qui plus est, des sondages lui révèlent que les dossiers individuels de tous les agents ne respectent pas la loi (dixit un responsable départemental). Le conseil général de lEure se voit contraint de « retraiter » 3500 dossiers dagents publics et de faire intervenir un audit externe pour « légaliser » ses procédures internes. La HALDE interroge de son côté le conseil général de lEure. Le Procureur de la République a du certainement prendre contact avec le président du conseil général (procédure habituelle lorsquil sagit dune « sale affaire » pour des administrations fautives).Une vive inquiétude sensuit au sein du conseil général de lEure qui effectue très vite une retraite dite « stratégique » (style Trafalgar, Waterloo ou juin 40). Le conseil général prend alors les mesures suivantes : Retrait du dossier individuel de lagent de toutes les mentions illégales et discriminatoires notamment celles touchant à lappartenance religieuse, Réintégration de lagent au sein des services de laide sociale à lenfance, Versement des salaires non perçus depuis le licenciement illégal. Le DGS (directeur général des services) adresse un courrier exprimant son mea culpa : « Sachez que je regrette les désagréments occasionnés par cette irrégularité et que je souhaite renouer avec vous des relations de travail agréables et dépourvues de contentieux ». La signature dune transaction confirmera toutes les mesures prises par cette collectivité locale. « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes » me direz-vous ? Nous sommes alors le 6 novembre 2007. Deuxième temps (février-août 2008) Comme indiqué précédemment, la HALDE et le Procureur de la République près du tribunal de grande instance dEvreux avaient été saisis sur laspect pénal de cette affaire, à savoir : la discrimination commise par des responsables du conseil général en tant que personne physiques. Aux fins dune « bonne administration de la justice », le Procureur de la République, à la demande de la HALDE, se retire et la laisse instruire le dossier pénal. Dune part les parquets sont suffisamment surchargés compte tenu du manque deffectifs, dautre part la HALDE a été créée pour traiter les affaires de discrimination. Le parquet adresse son dossier pénal à la HALDE et traduit ce transfert par une décision toute provisoire et purement technique de « classement sans suite ». Il est entendu que si la HALDE, au terme de ses investigations, relève une discrimination elle saisira le Parquet dEvreux en vue de poursuites et de citations devant le tribunal correctionnel. Cette décision de classement sans suite intervient le 20 novembre 2007, soit 14 jours après la signature par le président du conseil général de lEure de la transaction ci-dessus évoquée. Quà cela ne tienne !Le conseil général interprète très mal la décision du Procureur de la République et y voit labsolution complète de ses dérives, illégalités et discriminations. Erreur et fâcheuse illusion! Toujours est-il que malgré toutes les belles promesses, les actes de contrition et lengagement contractuel résultant de la transaction, le conseil général de lEure se lance dans une nouvelle procédure afin de se séparer de mon épouse. La procédure de licenciement, après mûre réflexion (comment faire pour « habiller » cette décision ?) est amorcée dès janvier 2008 et sachève le 8 août 2008 par une lettre de rupture qui exprime le profond embarras du conseil général. La raison invoquée est pour le moins comique, caractéristique qui ne lui ôte nullement ses côtés hypocrite, illégal et machiavélique. En un mot, il ny aurait plus denfants en danger, en souffrance à placer ! Mais si ! Ainsi, en notre période de crise où nous voyons partout se multiplier les situations de détresse et de misère, les services sociaux de lEure seraient condamnés, faute de travail, à mettre la clef sous la porte et à débaucher LEure serait-il un oasis de bonheur à labri de la crise sociale, de la tempête économique ? Ce nouveau licenciement a été contesté devant le tribunal administratif de Rouen et alimente linstruction diligentée par la HALDE. Troisième temps (avril 2010) Le 2 avril 2010, le tribunal administratif de Rouen a prononcé lannulation pour illégalité du licenciement de mon épouse. Le conseil général de lEure est une nouvelle fois censuré, cette fois-ci pour navoir pas motivé sa décision comme la loi lexige. LEure pensait certainement être dispensé de cette formalité légale (loi de 1979) destinée à éviter larbitraire. Ce jugement a été adressé à la HALDE qui poursuit toujours linstruction de ce dossier. En tout état de cause, le Procureur de la République peut en reprendre lexamen jusquau 20 novembre 2010 (le délai de prescription est de 3 ans pour les délits). Je rappelle que : mon épouse na jamais fait de prosélytisme auprès des enfants confiés par le service de laide sociale à lenfance Elle a, en toutes circonstances, respecté les principes de laïcité et de neutralité qui simposent aux Administrations et aux agents publics ainsi que lautorité parentale (linstruction religieuse relève des seuls parents, même si leurs enfants ont été confiés aux services sociaux) aucun grief tiré du manque de professionnalisme na pu lui être reproché. Le dernier licenciement est hypocritement qualifié de « licenciement sans faute » et serait du à « labsence denfants à garder » (sic), justificatif que le conseil général na jamais pu justifier malgré la demande expresse du juge administratif. le conseil général de lEure, outre son manque délégance, de transparence et de tolérance a violé les textes suivants : Articles 1 et 2 de la Constitution du 4 octobre 1958, Articles 9 et 14 de la convention européenne des droits de lHomme et des Libertés fondamentales, Déclaration des droits de lHomme de 1789 (libertés religieuse, liberté de conscience, liberté de pensée, égalité devant la loi) Code pénal et code du travail interdisant toute discrimination Pardonnez du peu Quatrième temps A ce jour, soit plus de deux mois après le jugement du tribunal administratif, le conseil général de lEure ne sest toujours pas manifesté. Le jugement a pourtant « ordonné la réintégration de mon épouse au sein du personnel départemental » !!!!! Quand je pense que les pouvoirs publics mentionnent au titre des « dix indices permettant de supposer léventuelle réalité de soupçons conduisant à qualifier de secte un mouvement » : « Limportance des démêlées judiciaires » « Troubles à lordre public » (voir ci-dessus lensemble des textes violés + le refus dexécuter un jugement). En temps utile jutiliserai la procédure dexécution forcée instituée par la loi. « La rupture induite avec lenvironnement dorigine » (mon épouse na pas retrouvé demploi en qualité dassistante familiale). « Les atteintes à lintégrité physique ». (Cette lamentable affaire na pas été sans conséquence sur la santé de mon épouse). Sagissant de la collectivité locale de lEure, membre à part entière de la « démocratie locale », quatre indices sur les dix prévus sont réunis ! Faut-il mettre la Miviludes sur cette affaire ? Alerter les services du Premier ministre ? Lâcher lADFI locale ? Solliciter la mise en place dune énième commission parlementaire ? France, tes libertés foutent le camp ! « Ils sont devenus fous » ! Attendons maintenant les conclusions de la HALDE. Affaire à suivre Promis, je vous tiendrai informés. Source : Christian Paturel CAPLC - CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction |
|||