|
CAP
LC 2008
www.coordiap.com |
|
![]() |
|||
|
- les minorités religieuses, philosophiques, culturelles - les choix de vie - les pratiques thérapeutiques, alimentaires Or, il nen est rien ! Sur le plan juridique, nous nallons pas tarder à nous retrouver dans une véritable mélasse législative. La situation va devenir pénible et inextricable en raison du viol manifeste du droit européen par la législation française. Quelques explications simposent. Il existe dans notre hexagone un excellent baromètre qui permet danticiper le temps quil fera pour les libertés des minorités. Ce baromètre a pour nom : Miviludes, une création qui fait lunanimité dans les milieux politiques puisque tous les gouvernements le conservent. Or, ce baromètre vient de se mettre sur « sale temps pour les minorités ». Une loi actuellement en cours de vote au Parlement (loi dite « de simplification du droit et allègement des démarches administratives »), vient de faire lobjet dun amendement « présenté par M. Vuilque et les membres du groupe socialiste, radical, citoyen et divers gauche ». Cet amendement, lui aussi « primaire », est ainsi rédigé : « Les membres de la Miviludes ne peuvent être recherchés, arrêtés, détenus ou jugés en raison des opinions quils émettent dans le rapport annuel remis au Premier ministre dans lexercice de leurs fonctions ».Cet amendement vient dêtre voté ! On sachemine lentement vers un vote définitif si le Sénat et lAssemblée nationale saccordent sur ce texte, ce qui ne semble faire aucun doute. Javais alerté sur le présent blog, dès le 11 janvier 2011, du projet qui couvait depuis le 18 novembre 2010. Cet article intitulé « La Miviludes en action et lEtat de droit en décomposition », na apparemment suscité aucun mouvement de protestation devant le danger qui se dessinait à lhorizon. Un vieux papy qui a fait toutes les guerres ma dit un jour « les gens ne vous font que ce quils savent pouvoir vous faire ». Cest exact ! Pourquoi lEtat se gênerait Je ne vais pas reprendre les développements de ce précédent article. Je pense que le bis repetita est aussi inutile quusant. Lheure nest plus aux pétitions symboliques, aux défilés dans les rues munis de pancartes, manifestations dont les politiques nont que faire. Voici simplement quelques suggestions et remarques complémentaires. SUR LIRRESPONSABILITE des MEMBRES DE LA MIVILUDESAu plan politique, la notion de responsabilité est étroitement liée au niveau de démocratie et de liberté qui règne dans un Etat. Les monarchies absolues ont toujours déclaré irresponsables leurs souverains et maîtres. Sans commentaire. Au plan individuel, lirresponsabilité pénale, selon larticle L 122-1 du code pénal ne concerne que la personne atteinte « dun trouble psychique ou neuropsychique ayant aboli son discernement ou le contrôle de ses actes ». A en juger certains extraits des rapports de la Miviludes, le parallèle est aussi intéressant que tentant Sans autre commentaire. Au plan juridique. Evoquons le droit constitutionnel. La Constitution est le texte suprême au niveau interne. Cette dernière inclut : - le texte constitutionnel du 4 octobre 1958 composé des articles 1 à 89, - du préambule de la Constitution de 1946, - de la Charte de lenvironnement de 2004, - des principes fondamentaux reconnus par les lois de la République (principes dégagés par le Conseil constitutionnel), - et, et, et de la Déclaration des droits de lhomme de 1789 qui inclut des articles particulièrement percutants : Article 10 « Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses pourvu que leur manifestation ne trouble pas lordre public ». Le fait, en dehors de toute preuve (condamnations pénales particulièrement graves et significatives notamment), de qualifier une Eglise, une association, un groupement sans personnalité morale de « secte », de relever à leur encontre des « dérives sectaires », termes non définis mais néanmoins utilisés de façon infâmante pour frapper danathème ces cibles privilégiées, constitue une violation flagrante de cet article 10. Article 15 « La société a le droit de demander compte à tout Agent public de son administration ». Lirresponsabilité pénale des agents de la Miviludes, organisme qui na aucun statut constitutionnel à la différence du Défenseur des droits, viole ouvertement cet article 15. Le texte accordant limmunité pénale aux membres de la Miviludes est inconstitutionnel et devrait être censuré par le Conseil constitutionnel. De quelle façon ? LE CONTROLE DU CONSEIL CONSTITUTIONNELCe contrôle de constitutionnalité peut seffectuer à deux niveaux : a priori, avant la promulgation de la loi (article 61 de la Constitution). Il existe un inconvénient. Les seules autorités habilitées à saisir le Conseil constitutionnel sont : - Le président de la République, - Le président de lAssemblée nationale, - Le président du Sénat, - Le Premier ministre, - Soixante députés, - Soixante sénateurs. Saisine qui semble illusoire en létat de délabrement de notre société politique. Lamendement précédemment évoqué a été présenté par lopposition (PS) et voté sans aucun état dâme par la majorité. Sans commentaire. A posteriori après la promulgation de la loi (article 61-1 de la Constitution résultant de la réforme constitutionnelle du 23 juillet 2008). Article 61-1 « Lorsque, à loccasion dune instance en cours devant une juridiction, il est soutenu quune disposition législative porte atteinte aux droits et libertés que la Constitution garantit, le Conseil constitutionnel peut être saisi de cette question sur renvoi du Conseil dEtat ou de la Cour de cassation qui se prononce dans un délai déterminé ( ) ». Article 62 « Une disposition déclarée inconstitutionnelle sur le fondement de larticle 61-1 est abrogée ( ). Les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles daucun recours. Elles simposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles ». CAS PRATIQUE (ne relevant pas du droit fiction)1 - Un rapport de la Miviludes est considéré comme diffamatoire par les personnes (physiques ou morales) concernées. 2 - Une plainte pénale est déposée par ces personnes auprès du procureur de la République ou du juge dinstruction avec constitution de partie civile. 3 - Il sensuit un classement sans suite du procureur ou un non lieu du juge dinstruction au motif que les membres de la Miviludes bénéficient de limmunité pénale sur la base de la loi. 4 - Les plaignants soulèvent linconstitutionnalité de la loi accordant cette immunité. 5 - La juridiction judiciaire, au terme de la procédure prévue, accepte de saisir le Conseil constitutionnel de cette question dite « QPC » (question prioritaire constitutionnelle). 6 - Le Conseil constitutionnel déclare inconstitutionnelle la loi. Laffaire est réglée, les juridictions judiciaires peuvent poursuivre linstruction de la plainte pénale pour diffamation. La loi qui nous préoccupe et qui avait accordé limmunité pénale est abrogée. Les membres de la Miviludes seront condamnés ou innocentés, mais ils devront rendre compte de leurs actes, comme tout citoyen responsable. 7 - Le Conseil constitutionnel déclare la loi conforme à la Constitution et, par voie de conséquence la plainte pénale est rejetée. « Dun magistrat ignorant, Cest la robe quon salue » Jean de La Fontaine Toutes les voies de droit interne ayant été épuisées (dans un temps record), il est alors possible de saisir la Cour européenne des droits de lhomme. 8 - La Cour européenne examinera le dossier qui lui est soumis au regard du texte de la Convention du 4 novembre 1950. Cette dernière offre dimmenses possibilités : - Article 6 « Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial ( ) ». - Article 8 « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ( ) Il ne peut y avoir ingérence dune autorité publique ». - Article 9 « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience, de religion ( ). - Article 10 « Toute personne a droit à la liberté dexpression ( ) » Article 14 interdisant toute discrimination. Or, le texte législatif évoqué, sil aboutissait, établirait une discrimination à lencontre des minorités, « la clientèle réservée de la Miviludes », qui pourraient en toute impunité, tout recours leur étant interdit, être agressées et calomniées. Un beau cas décole de discrimination, pur produit français (appellation contrôlée). Article de la mort : noublions pas que le Pays des droits de lhomme est bien (plutôt en mal dailleurs ) connu de la Cour européenne (pardonnez-moi, jai gardé mon sérieux pendant quatre pages, je nai pas pu tenir plus longtemps ). « Lunique garantie des citoyens contre larbitraire, Cest la publicité » Benjamin
Constant
CAPLC - CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction |
|||