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TYPE DE DISCRIMINATIONS :
REFUS DE LOCATION DE SALLES
TEMOIGNAGE N° 33
Lyon, 28 avril 2000
Nous représentons un cas quasi unique en France,
puisque nous sommes arrivés à obtenir par voie de justice le communiqué de
notre dossier des Renseignements Généraux, qui est un ramassis d’imbécillités.
On a tenté de nous enlever nos enfants. Heureusement, l’assistante
sociale du secteur nous connaissait et savait que les enfants allaient très
bien.
Nelly
: "la communauté de la Thébaïde a été fondée il y a 19 ans. Jusqu’à une
époque récente nous étions neuf adultes et deux enfants. En 1998, cinq personnes
et un enfant sont partis, pour des raisons personnelles, de sorte que nous
sommes une petite communauté réduite à quatre adultes et un enfant.
Depuis
vingt ans, beaucoup de textes expliquent en détail notre démarche révolutionnaire
qui concerne tous les domaines. Nous avons défini sept espaces de révolution,
à partir d’une révolution spirituelle fondamentale qui implique ensuite une
révolution de la personne, une révolution affective, de type communautaire,
qui a pour conséquence une révolution politique et sociale.
Nous
représentons un cas unique ou quasi unique en France, puisque nous sommes
arrivés à obtenir par voie de justice le communiqué de notre dossier des Renseignements
généraux, qui est un ramassis d’imbécillités. Nous l’avons obtenu de la préfecture
de l’Isère, suite à un procès, en menaçant d’un deuxième procès afin qu'ils
exécutent la décision du tribunal.
La
persécution a commencé avec l’arrivée du dernier membre de la communauté en
septembre 90. Depuis, il y a eu des articles de journaux diffamatoires comme
celui du 16 janvier 92 qui est un véritable appel au meurtre. A la suite de
cet article, les esprits étaient chauffés à blanc. Nous habitons près d’une
route et il y avait des mouvements incessants de voitures. Tous le monde venait
voir “la maison de la secte”. Nous étions livrés totalement à la vindicte
populaire. On nous lançait des injures. On nous jetait des pierres. Nous avons
vécu pendant des mois dans une totale insécurité. Dans un tel climat, tout
est possible. Il y a eu des coups de fils anonymes.
On
a tenté de nous enlever nos enfants. Heureusement l’assistante sociale du
secteur nous connaissait bien et savait que les enfants allaient très bien.
Mais nous avons vécu pendant des semaines et des mois avec cette épée de Damoclès.
Quand on est mère de famille, ce n’est pas facile à vivre ! Nous avons choisi
de faire l’instruction à domicile en respectant scrupuleusement la réglementation.
On ne peut plus sortir sans se faire insulter de toutes parts. Il est arrivé
qu’un fonctionnaire mette en garde des parents pour empêcher que leurs enfants
jouent avec les nôtres.
Toutes
ces actions ont été menées sous la pression d'un père qui n’a pas supporté
que son enfant vienne nous rejoindre. La MJC de Grenoble a refusé de nous
louer une salle. Et cela alors même que cette MJC nous connaissait, puisqu’on
avait déjà fait des conférences chez eux. Nous voulions faire une conférence
pour protester contre le sort qui nous était réservé. Depuis, on sait qu'il
n’y a pas moyen pour nous de louer une salle."