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CAP
LC 2008
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TYPE DE DISCRIMINATIONS :
Discrimination du GOUVERNEMENT
TEMOIGNAGE N° 5
Paris, 3 mars 2000
Pendant dix ans, j’ai été considérée par mon
entourage comme la victime d’une "secte".
Anne
est une sportive de niveau international. Entraîneur dans un club d’athlétisme,
elle a dû faire face à un harcèlement professionnel de la part de l’administration.
"J’ai
une passion : le sport. A l'âge de 13 ans je suis championne de France du
80 mètres haies, puis plusieurs fois championne sur 100 et 60 mètres haies.
A 17 ans, je suis troisième au championnat d'Europe junior. Je décide à ce
moment-là de monter à Paris à l'INS – l'Institut national des sports – pour
suivre un entraînement plus intensif. En 1985 commence ma carrière internationale
en senior. Je suis troisième aux jeux mondiaux en salle à Bercy, puis cinquième
en 87, aux championnat du monde, toujours sur 100 mètres haies.
Aux
alentours de Noël 87, je suis convoquée chez le responsable des athlètes de
haut niveau à l'INSEP. Au bout de la discussion, il me dit : “Si jamais j'entends
quoi que ce soit te concernant au sujet de la Scientologie, si jamais tu en
parles, tu es renvoyée de l'INS.”
J'ai
vu qu'il avait beaucoup de documents mais je ne savais pas lesquels. Quand
ça s'est passé, moi j'étais jeune scientologue. A part mes amis directs à
qui j'en avais parlé, personne ne savait. Suite à cela, il prévient l'école
de kiné de Saint-Maurice où je poursuivais mes études. Je suis convoquée par
le directeur qui me fait le même genre de remarque. Mon comportement était
passible de conseil de discipline et il ne voulait rien entendre de ma part.
Je
poursuis ma carrière sportive : quart de finale aux jeux Olympiques de 88,
puis d'autres médailles aux championnats d'Europe. En 90, nouveaux incidents,
puisqu'un membre du ministère vient prévenir le directeur de mon club à Clermont-Ferrand
auquel j'étais toujours restée fidèle. Ensuite la même personne prévient mon
entraîneur. Pendant dix ans, j'ai été considérée par mon entourage comme la
"victime d'une secte".
Après
la fin de ma carrière, je décide, en 95, d'entraîner des jeunes. Je commence
au PUC, le Paris Université Club, puis je décide d'entraîner aussi dans un
club de banlieue. Là, je reçois en 1995 une convocation du ministère de la
Jeunesse et des Sports pour participer à une commission de réflexion sur la
réforme de la loi sur le sport en France. Je participe à la première réunion
et je reçois quelques jours après un coup de téléphone d'un membre du ministère,
qui me dit qu'on lui demande de m'enlever de la commission parce que je suis
scientologue. Il me précise au téléphone : “Officiellement je dirai que tu
n'as plus le temps, officieusement c'est parce que tu es scientologue.”"