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CAP
LC 2008
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TYPE DE DISCRIMINATIONS :
RETRAITS DE GARDES D'ENFANTS
TEMOIGNAGE N° 8
Paris, 3 mars 2000
Depuis douze ans, j’étais ingénieur commercial
dans une société américaine. Mon mari a été voir mon employeur en lui disant
que j’étais un être dangereux, que j’étais dans une "secte", et
que c’était préjudiciable à l’entreprise.
Framboise
est mère de trois enfants et s’est vu retirer la garde de ses enfants lors
d’un divorce.
"Mes
soucis ont commencé quand j’ai décidé de quitter le père de mes deux derniers
enfants. Mon mari ne connaissait pas mon appartenance à cette religion puisque
je suis devenue raëlienne alors que j’étais déjà en train de me séparer de
lui. On avait pris un avocat en commun pour faciliter la procédure. Lorsqu’il
a découvert cette appartenance, il a pris un autre avocat, celui de l'ADFI.
Mon mari a littéralement kidnappé mes enfants et j’ai reçu une invitation,
par le biais d’un référé sous trois jours, à me rendre au tribunal de grande
instance de Nanterre. Pendant quarante jours, c'est-à-dire le temps de la
procédure, je ne les ai pas vus et je n'ai pas eu de nouvelles. J’ai enfin
pu obtenir la garde des enfants, mais c’était assorti d’une enquête psychologique
et sociale pour voir si j’étais vraiment digne d’être une mère. Je me suis
démenée et il a fallu que je justifie par de nombreuses attestations de médecin
de famille, des maîtres de l’école, des amis et des proches, que j’étais tout
à fait apte à élever mes enfants.
Pour
nous diaboliser, on se sert toujours des mêmes citations des textes de Raël
que l'on interprète et que l'on manipule. L’enquête sociale a été très partiale
en retenant les témoignages très orientés des grands-parents paternels. Le
père a dit beaucoup de mensonges et fait de faux témoignages. L’essentiel
du dossier monté par le père était constitué de coupures de presse. Je vivais
dans une très belle maison, j’avais d’excellents revenus et mon compagnon
aussi. Les enfants étaient dans un environnement très favorable. En dernière
procédure – en juin 1995 – la garde des enfants m’a été confiée avec un droit
de visite très ouvert au père.
Depuis
douze ans, j'étais ingénieur commercial dans une société américaine. Mon mari
a été voir mon employeur en lui disant que j’étais un être dangereux, que
j’étais dans une “secte” et que c’était préjudiciable à l’entreprise…Mon employeur
m’a licenciée en janvier 1996 sous le prétexte fallacieux que j’avais un mauvais
rendement. J’ai engagé une procédure devant les Prud’hommes que j’ai gagnée
en première instance (350 000 F de dommages et intérêts pour licenciement
abusif). Il est clair que mon appartenance à une minorité est à l'origine
de mon licenciement.
J’ai
interjeté appel pour la garde de mes enfants car il y avait une clause que
je trouvais insupportable : j’avais le droit d’être raëlienne mais pas celui
de mettre mes enfants en présence d’autres raëliens. Ce qui veut dire que
je dois demander leur religion à tous ceux qui rentrent chez moi. La Cour
de cassation a confirmé cette discrimination et le journal Le Monde a rendu
compte de ce jugement dans les termes suivants : “La Cour de cassation a jugé
mardi 22 février que la justice pouvait interdire à une mère de famille de
mettre ses enfants en contact avec les membres du mouvement raëlien sans qu’il
y ait atteinte à la vie privée et à la liberté religieuse.” J’entends bien
faire valoir mes droits au niveau de la Cour européenne des droits de l’homme.
En
plus d’avoir perdu mon travail et frôlé la perte de la garde de mes enfants,
j’ai perdu beaucoup d’amis que mon ex-mari a visités en leur montrant les
articles de presse diffamatoires."
TEMOIGNAGE N° 9
Paris, 3 mars 2000
Je fais une promenade en ville avec mon fils
aîné, et il est très attiré par une bague à dix francs qu’il voit dans un
magasin. La bague va se retrouver dans l’enquête sociale comme le « symbole
d’une secte et le signe d’une connivence initiatique » entre le père et le
fils.
Marc
: "En 1988 j’adhère au CIRCES, le Cercle international de recherche culturelle
et spirituelle, un mouvement humaniste créé par un des responsables des Rose-Croix.
Là, j'ai animé une commission pour la promotion des droits de l'homme. En
1995, suite à mon divorce, je demande une modification de la garde des enfants
pour pouvoir les prendre un mercredi sur deux en plus du temps de visite accordé.
J’étais inquiet pour mes enfants. Mon ex-femme s'est opposée à cette modification
et la procédure judiciaire a duré quatre ans, jusqu'en mars 99, avec enquête
sociale et psychologique.
Suite
à cette procédure, j’ai été déchu de l’autorité parentale et je ne vois plus
mes garçons que tous les quinze jours entre 10 heures et 18 heures. Et cela
alors même que mon ex-femme ne réclamait pas que je sois dépossédé de mes
droits au départ. L’enquête sociale a été effectuée par un organisme de la
ville de Laval. L'enquêteur est venu m'interroger chez moi et je ne l'ai plus
revu après son contact avec l'ADFI.
A
partir de ce moment, l'enquêteur n'a fait qu'écouter mon ex-femme. Il a fait
dire à la mère de mon ex-épouse que, lorsqu’ils venaient chez moi, mes enfants
ressortaient avec des mouvements répétitifs de la tête comme s’ils avaient
été conditionnés par des musiques endiablées ! Mon ex-belle-mère a écrit au
juge pour démentir en disant “L’enquêteur m’a fait dire des choses que je
n’ai jamais dites.” Autre exemple : je fais une promenade en ville avec mon
fils aîné et il est très attiré par une bague à dix francs qu'il voit dans
un magasin. La bague va se retrouver dans l’enquête sociale comme le symbole
d'une "secte" et signe d'une connivence initiatique entre le père
et le fils."
Paris, 3 mars 2000
Ma fille m’a été retirée, sous prétexte que
je n’avais pas le temps de m’en occuper. Alors, qu’à l’époque, j’avais été
licenciée et que j’allais, preuve à l’appui, la conduire à l’école matin et
soir.
Brigitte
: "je suis scientifique et j'ai passé deux doctorats : un en Europe et
un aux Etats-Unis. Aujourd'hui, je suis professeur dans une université de
l'État de New York. Il y a trois ans, je travaillais – et ce depuis quinze
ans – en France, dans le département Recherche et Développement de la société
Air liquide, leader dans le domaine de la vente des gaz. A l'époque, j'étais
vice-directeur de la recherche, et en possession d'une lettre qui me proposait
de devenir dirigeante d'une des régions à Air liquide.
A
l'occasion d'un important événement scientifique, j'ai pris position en tant
que scientifique et surtout en tant que responsable de la communication de
l'Église raëlienne. Le journal Le Monde s'est fait l'écho de cette prise de
position. Deux semaines après que mon nom eut paru dans le journal Le Monde,
j'ai été convoquée officiellement par la direction pour un pré-entretien de
licenciement. J'ai demandé, comme la loi m'y autorise, à être accompagnée
à cet entretien par un membre des syndicats. Tous ont refusé, jugeant que,
"éthiquement", il ne leur était pas possible d'accompagner un membre
d'une "secte" ! Lors de cet entretien, on m'a demandé si j'appartenais
à l'Église raëlienne. Ce que j'ai confirmé. Si je voulais rester dans l'entreprise,
je devais faire un démenti public au Monde au sujet de mon appartenance. Ce
que j'ai refusé car, évidemment, ma philosophie représente pour moi la valeur
la plus importante.
Ma
lettre de licenciement stipulait que j'étais licenciée pour faute, et que
cette faute était celle d'avoir une image incompatible avec la société Air
Liquide. Après avoir perdu en première instance, j'ai gagné en appel en décembre
99. La cour a estimé que mon licenciement était abusif, que la société n'avait
pas respecté mon droit d'expression et que mon appartenance à la "secte"
– c'est écrit – ne pouvait pas justifier mon licenciement.
Mon
ex-mari a découvert, à travers cet article, mon appartenance à la religion
raëlienne. En dix-huit mois, il a été six fois devant le juge pour m'enlever
la garde des enfants sur la seule accusation de mon appartenance à l'Église
raëlienne. Il avait des dossiers provenant d’un groupe "anti-sectes",
avec uniquement des coupures de presse et rien de concret. En fait, tout le
débat en justice portait sur la prétendue malfaisance de la "secte"
sans jamais l'ombre d'une preuve ou d'une démonstration. Au bout de la sixième
fois, ma fille m'a été retirée, sous prétexte que je n'avais pas le temps
de m'en occuper. Alors qu'à l'époque j'avais été licenciée et que j'allais,
preuve à l'appui, la conduire à l'école matin et soir.
Licenciée
d'une entreprise comme Air Liquide, je ne pouvais plus trouver de travail
ici en France. J'ai donc décidé de m'exiler et d'aller travailler aux Etats-Unis
tout en vivant à Montréal qui est situé juste à la frontière. Cette décision,
je l'ai prise, malgré le fait que ma fille vive en France, parce qu'il faut
quand même que je puisse subvenir à l'éducation des deux autres grands qui
ont choisi de vivre avec moi."