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CAP
LC 2008
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TYPE DE DISCRIMINATIONS :
RAIDS DE POLICE ET RETRAITS D'ENFANTS
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TEMOIGNAGE N° 2
Paris, 3 mars 2000
Pour protéger nos enfants et nous-mêmes, nous
préférons vivre hors de France.
Joh,
réfugié en Angleterre, parle au nom de quatorze familles qui ont vu leur vie
bouleversée lorsqu’en juin 1993 la police a fait un raid dans leur communauté.
"La
plupart de ces familles sont maintenant missionnaires dans d’autres parties
du monde, en Afrique du Sud ou ailleurs. Aussi ne peuvent-elles être présentes
aujourd'hui.
En
1981 l’ADFI* porte plainte contre La Famille. Ce qui nous a valu une descente
de la police contre deux de nos communautés dans le sud de la France, en 1993.
L'intrusion de la police a été très violente et les policiers étaient armés.
Quatre-vingt de nos enfants ont été confiés aux services sociaux. Vingt-deux
adultes ont été arrêtés et relâchés dans les quarante-huit heures. Le prétexte
à cette rafle était que nous étions suspectés d’abus sexuels envers les enfants.
Mais, en fait, les officiers de police ont reconnu que leur but était de détruire
La Famille au niveau européen. Pendant deux mois, les enfants ont été gardés
par les services sociaux. Les dossiers concernant ces enfants ont été transmis
à différents juges qui ont conclu à l'inexistence d'abus sexuels. Tous les
enfants ont été renvoyés à leurs parents et à leurs familles, mais la rumeur
d’incitation à la débauche de mineurs a été lancée contre nous.
L’action
en justice a duré plusieurs années. Il n'en est ressorti aucune preuve contre
nous. En janvier 99, à la suite d’une recommandation du procureur, le juge
décida de clore le dossier. Il déclara qu’il n’y avait aucune raison de continuer
à instruire cette plainte et d’aller devant le tribunal. L’ADFI a fait appel
et, le 24 février 2 000, cet appel a été rejeté.
Quand
ces raids ont eu lieu contre nos centres en 93, les médias étaient là. Mais
où sont-ils aujourd'hui, maintenant qu’on sait que ces accusations étaient
fausses et sans fondements ? En 93, les juges avaient dit qu’il n’y avait
aucune raison de poursuivre La Famille, mais dans le rapport gouvernemental,
en 96, les représentants du gouvernement français ont déclaré : “Il est bien
connu par tout le monde que les membres de La Famille de Dieu pratiquent de
façon très fréquente la prostitution et l’inceste.” Ce rapport s'est fait
le relais de la désinformation menée par les groupes "anti-sectes".
Tout cela a beaucoup affecté les membres de La Famille et cela a eu également
un impact sur nos amis parce qu’il n’y a pas seulement eu des raids contre
deux de nos communautés en France, mais aussi contre dix maisons privées,
les domiciles de personnes amies ou qui étaient liées d’une façon ou d’une
autre à nous. Pour protéger nos enfants et nous-mêmes, nous préférons vivre
hors de France."
* Association de Défense de
la Famille et de l’Individu.
TEMOIGNAGE
N° 3
Paris, 3 mars 2000
On m’a repoussée violemment sur mon lit et on
m’a crié dessus tandis qu’une femme en uniforme arrachait de force ma fille
du lit auquel elle s’accrochait.
Milcah
est mère de famille. On lui a retiré ses sept enfants pendant plusieurs semaines.
"En
tant que missionnaires chrétiens de La Famille, nous avons été amenés à voyager
dans de nombreux pays et nous avons vécu parfois des choses pénibles dans
des pays plus ou moins accueillants. Mais je dois dire, en tant que citoyenne
française, que c'est sur le sol français que j’ai vécu mon expérience la plus
traumatisante.
C’était
en juin 93 et ce matin-là, à 6 heures, nous avons été réveillés en sursaut
car notre maison était encerclée par cinquante gendarmes, armés jusqu’aux
dents, avec gilets pare-balles et chiens policiers. Ils ont frappé violemment
à notre porte. En quelques secondes et dans chaque pièce, tous les occupants
ont été maîtrisés et menacés par une arme semi-automatique. Les policiers
s’attendaient de toute évidence à nous trouver armés et dangereux alors que
nous sommes contre la violence sous toutes ses formes. J’ai voulu me précipiter
pour réconforter ma petite fille de 4 ans qui, assise dans son lit, me tendait
les bras en pleurant. On m’a repoussée violemment sur mon lit et on m’a crié
dessus tandis qu’une femme en uniforme arrachait de force ma fille du lit
auquel elle s’accrochait. Pendant ce temps, notre fille nous voyait sous la
menace des armes et menottes aux poignets. Tous les enfants de la maison ont
été emmenés en pyjama jusqu'à l’estafette de la gendarmerie.
Durant
les quarante-huit heures de garde à vue et d’interrogatoire, on nous a accusés
des pires choses. On nous mentait pour nous affaiblir et nous faire avouer
des choses dont nous n’étions pas coupables. On m’a insultée, humiliée, parlé
grossièrement et c’est à peine si, après huit heures d’arrestation, nous avons
eu droit à un sandwich et un café. Pendant l'interrogatoire, je n'arrivais
pas à savoir ce qui ce passait avec mes enfants. Je m’inquiétais parce que
j’avais un fils qui avait eu une très forte fièvre la nuit auparavant. Les
enfants, eux, ont subi plusieurs examens de pédiatres, gynécologues, psychiatres
et psychologues. Mes filles avaient alors 6, 11 et 13 ans. Ces examens humiliants
restent jusqu'à aujourd’hui en elles comme un cauchemar. On leur a dit toutes
sortes d’horreurs sur leurs parents, qu’on n’allait plus les revoir, qu’on
ne les aimait pas et qu’on n’essaierait même pas de les revoir. Ils ont été
placés en institution à la DASS et il nous a fallu un mois pour les récupérer."
TEMOIGNAGE N° 4
Paris, 3 mars 2000
Maria n’était qu’une parmi les 80 enfants qui
ont subi le raid de police.
Céleste
témoigne pour Maria, son amie, qui a vécu un raid de police à l’âge de onze
ans et s’est retrouvée séparée de ses parents.
"Maria
a dix-huit maintenant. Elle n’est pas ici parce qu’elle a de très mauvais
souvenirs de la France et qu'elle ne voulait pas reparler de tout ça. Chaque
fois qu’on reparle de ces années, de cette période, du raid, elle devient
silencieuse et préfère ne pas en parler. Moi, je voudrais parler des enfants
qui sont nés dans La Famille comme moi. Maria n’était qu’une parmi les quatre-vingt
enfants qui ont subi le raid de police. Donc en tant que personne née et ayant
toujours vécu dans cet environnement, je trouve très déprimant de lire des
articles et des textes comme celui du rapport parlementaire. Je peux vous
dire hautement et fermement qu'en tant qu’enfant élevée au sein de La Famille,
je n’ai jamais été sexuellement abusée. Nos parents ont réussi à obtenir ce
jugement qui proclame leur innocence mais il faut prendre en compte le fait
que chaque fois que vous dites à quelqu’un que vous êtes un enfant né dans
La Famille, les gens vous regardent de façon bizarre. J'essaie de dire que
ce n’est pas du tout juste de devoir grandir avec ce genre de réputation quand
vous êtes simplement quelqu’un de normal."
TEMOIGNAGE N° 14
Paris, 3 mars 2000
De force, ils nous ont séparés de nos enfants
qui ont été emmenés à la DDASS pour visite obligatoire. Ils ont été regardés
de la tête aux pieds, examinés au niveau anal et vaginal pour les petites
filles, devant les policiers. Je vous laisse imaginer le choc psychologique...
Docteur
Juliette B. : "J'ai dix ans d’expérience aux urgences à l'hôpital Edouard-Herriot
à Lyon, et j'ai une formation en acupuncture, homéopathie, sophrologie, médecine
tropicale, hygiène et médecine préventive. Je me suis trouvée embrigadée dans
une histoire de “secte” et aujourd’hui je suis radiée à vie ! Donc je ne suis
plus rien officiellement. Nous étions un groupe de copains scientifiques,
chercheurs et médecins. On voulait faire de la recherche dans le but de trouver
des solutions à la pollution et à la faim dans le monde.
Et
puis un beau jour, un petit garçon du groupe a été envoyé à l’hôpital pour
un malaise respiratoire à la suite d’une piqûre de tique. Le médecin qui l'examine
diagnostique la maladie de Lyme, la maladie de la tique, et l'envoie à l'hôpital.
Huit jours plus tard, on se retrouve avec une histoire de “secte” et un enfant
qui n'aurait pas été vacciné. Alors même qu’il avait un certificat de vaccination
DT Polio en règle, parce qu’à l’époque je vaccinais encore. Je me suis retrouvée
dans les journaux, où il a été dit que l’enfant était mort. Je tiens à signaler
que l’enfant est en très bonne santé, qu’il va très bien aujourd’hui, qu’il
n’a jamais eu le tétanos et pour cause... J'ai d'abord été convoquée par l’ordre
des médecins, pour non-vaccination.
J'ai
été radiée du Conseil de l’ordre. Ensuite j'ai été mise en examen pour non-assistance
à personne en danger, faux et usage de faux. Alors que l’enfant avait été
dûment vacciné, que le certificat était juste et qu’il n’y avait jamais eu
de non-assistance à personne en danger vu que l’enfant avait été emmené d’urgence
à l’hôpital dès qu’il avait eu son problème respiratoire !
Il
y a eu une descente de police au centre : il y avait au moins 200 gendarmes,
dans tous les coins. Dans plusieurs endroits où on avait des amis. Ils sont
tous arrivés en même temps, à 6 heures du matin. C’est toujours très impressionnant
parce qu’ils arrivent mitraillette au poing. De force, ils nous ont séparés
de nos enfants qui ont été emmenés à la DDASS pour visites obligatoires. Ils
ont été regardés de la tête aux pieds, examinés au niveau anal et vaginal
pour les petites filles, devant les policiers. Je vous laisse imaginer le
choc psychologique...
Depuis,
ça n’a pas arrêté. Tous les témoignages positifs ne sont pas pris en compte.
Mais ils utilisent tout ce qui est contre. Toujours à charge, jamais à décharge.
Dans le milieu judiciaire, des lettres très importantes ont disparu. Notamment
une dans le dossier de l’enfant. Cette lettre était écrite par le médecin
qui avait envoyé l’enfant en urgence. Elle donnait bien le diagnostic de la
maladie de Lyme. A partir du moment où on l’a réclamée, cette lettre a disparu.
Lorsque nous avons réclamé, on a failli être pris pour des fous. Cette lettre
n'aurait jamais existé !... Oui, ils l’ont écrit. Heureusement que l’avocat
avait vu cette lettre, que la famille l’avait vue, que d’autres personnes
l’avaient vue parce que sinon… Alors les parents de l’enfant, écœurés, ont
dit que, tant que cette lettre ne réapparaissait pas, ils quitteraient le
territoire français parce qu’ils n’avaient plus foi en la justice française.
Effectivement, ils ont quitté le territoire français tous ensemble et ils
sont menacés aujourd’hui de six ans de prison s’ils reviennent en France.
Ce sont, soi-disant, des parents irresponsables, qui ont mal soigné les enfants
et qui les ont mis dans une “secte”... Nous avons également tous été menacés
de mort !
Je
me souvient d’un gag exemplaire. A cinq heures du matin, on trouve des journalistes
transis dans leur voiture. On leur demande ce qu'ils faisaient là. On ne savait
pas qui ils étaient. L'un d'entre eux nous répond que c'est son directeur
qui lui a dit d'attendre ici parce qu’avec le choc que vous avions vécu, nous
risquions un suicide collectif. Il fallait qu’ils soient là pour le scoop.
La nuit, on élève des petits poussins à la ferme et on met une petite lampe
infra rouge qui s’allume automatiquement vers 3 heures du matin quand il fait
trop froid. Quand ils ont vu cette lumière s’allumer ils ont cru qu’on était
en train d’allumer des incendies pour nous suicider ! Ils n'osaient plus sortir
de leur voiture, ils ont eu très peur !
J’ai
fait sept mois et demi de prison. En deux fois, en tant que prévenue d’abord,
et puis après en tant que condamnée. Et je suis encore en cassation, donc
je risque encore une année de prison, alors que je n’ai absolument rien à
me reprocher, ni sur le plan professionnel, ni en tant que citoyen. Officiellement,
aucune plainte n'a été déposée. Tout cela est fondé sur des rumeurs. Je pense
que certaines associations anti-sectes ont participé à nous détruire. Tout
cela a été volontaire. On était peu nombreux, pas internationaux, donc le
bouc émissaire idéal. En ce qui concerne l'Ordre des médecins, on m’a refusé
le recours au Conseil d’Etat en me disant qu’il n’y a aucune raison de casser
mon dossier. Donc je suis radiée à vie. Je dirai comme mon collègue le docteur
Scohy que je suis ravie d’être exclue de cette secte-là ! "