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CAP
LC 2008
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A
l'inverse des autres démocraties, la France ne dispose d'aucun observatoire
impartial pour étudier le phénomène des " sectes
". Pourtant le Conseil de l'Europe a recommandé à plusieurs
reprises la création de tels observatoires (voir par exemple la recommandation
1202 relative à la tolérance religieuse dans une société
démocratique et la recommandation 1412). Par contre, la France finance
sur fonds publics les associations militantes anti-sectes (la principale d'entre
elles, l'Unadfi, touche annuellement plus de 2 MF de subventions) et elle
a créé une mission interministérielle de " lutte
" contre les " sectes " qui reçoit également
6 millions de francs de l'État. Dans ces conditions il n'est nullement
surprenant que l'image des sectes donnée aux citoyens français
soit une image exclusivement négative et que l'aboutissement logique
de tout cela débouche sur la création d'une loi spécifique
répressive. Toutes les actions positives en provenance de ces mouvements
étiquetés comme sectes sont passées sous silence, comme
sont passées sous silence les constatations des chercheurs qui étudient
le phénomène et qui concluent que ce phénomène,
très complexe, ne devrait pas faire l'objet d'amalgames, de simplifications
abusives ou de présentations caricaturales.
La France vient de se doter d'une loi anti-sectes. Seules la Russie et la
Chine ont adopté récemment une telle législation.
Est-ce une référence ? Seuls ces pays, la France et la Belgique,
ont publié des listes officielles de mouvements étiquetés
comme sectes.
Dans la plupart des autres pays, qui disposent d'observatoires impartiaux,
la tendance est à l'apaisement et au dialogue entre les pouvoirs publics
et les nouveaux mouvements religieux. Les dérives, quand elles existent,
sont réprimées par la simple application de l'arsenal législatif
existant.
Ainsi, après la séparation de l'Église luthérienne
de Suède et de l'État, entrée en vigueur le 1er janvier
2000, la Suède a créé un statut de communauté
religieuse et a accordé ce statut, avec d'autres avantages, à
des mouvements étiquetés sectes en France comme l'Église
de Scientologie ou les Témoins de Jéhovah. Dans le rapport d'une
commission publié en 1998, la Suède renonçait à
utiliser le terme sectes et lui préférait celui de " nouveaux
mouvements religieux ". Le rapport parvenait à la conclusion que
les nouveaux mouvements religieux ne représentaient pas une menace
sérieuse pour l'ordre démocratique et que leurs activités
illégales pouvaient être combattues au moyen des dispositions
légales existantes. La commission recommandait par ailleurs la création
d'un institut de recherche conçu comme intermédiaire entre ces
groupes et la société.
Récemment, la Suisse, dans un rapport à l'intention du Département
fédéral de justice et de police publié en décembre
2000, a conclu que la situation n'avait pas changé de manière
significative depuis 1998 et qu'il y avait lieu de renoncer à une surveillance
préventive par les organes de protection de l'État, tout en
continuant à échanger, par l'entremise de la police fédérale
ou d'une autre autorité responsable de la protection préventive
de l'État, des informations sur les événements et les
derniers développements dans ce domaine.
Voici une liste non exhaustive d'observatoires
mis en place dans différents pays, pour informer de manière
impartiale sur les mouvements étiquetés comme sectes. Ces observatoires
ont tous en commun d'être totalement indépendants, financièrement
et statutairement, des groupes qu'ils étudient. Certains sont subventionnés
par les pouvoirs publics.
Inform (Grande Bretagne)
Observatoire créé en 1988, subventionné par le Ministère
de l'Intérieur, comprenant dans son conseil d'administration des représentants
des grandes religions et des sociologues. (Documentation disponible à
la Coordination)
Cesnur (Italie)
Observatoire créé en 1988 par des sociologues des religions.
Le Cesnur gère la plus importante collection d'ouvrages en Europe sur
les nouveaux mouvements religieux (20 000 volumes).
Institute for the Study of American Religion (USA)
Observatoire créé en 1969 par des sociologues des religions.
Il gère la plus importante collection d'ouvrages au monde sur les nouveaux
mouvements religieux (50 000 volumes).
Remid (Allemagne)
Observatoire créé par des sociologues des religions en 1989.
Finyar (Suède)
Observatoire créé en 1995 par des universitaires de l'université
de Stockholm.
Isorecea (Pologne)
Observatoire créé en 1995 par des sociologues des religions
provenant essentiellement des pays d'Europe centrale.
New Religions Research and Information Center (Lituanie)
Observatoire créé en janvier 2001 par des sociologues, des psychologues,
des juristes, des historiens et des théologiens.
VIK, centre d'information sur la religion (Hongrie)
Observatoire créé récemment par des universitaires au
sein du département d'étude des religions, fondé en 1996.
Clims (Suisse)
Observatoire créé en 1996 à l'initiative d'un pasteur
protestant.
(Centre de Liaison et d'Information sur les Minorités Spirituelles)