Vers une psychologie des hauteurs ?
Le développement
personnel a connu une grande expansion en quelques dizaines d'années.
La France se laisse gagner par cette vague qui propose un " savoir être
" plutôt qu'un " savoir faire ".
Antony Robins, le pape du développement personnel aux Etats Unis,
affirme que les croyances personnelles sont capitales dans la perception
qu'a chacun de son vécu, et qu'elles conditionnement la lecture du monde.
Cependant, les lunettes avec lesquelles nous regardons la réalité ne
sont pas la réalité !
On nous a appris à nous conformer à ce que les gens attendent de nous.
Misant résolument sur les aptitudes, le développement personnel part
au contraire du postulat que l'être humain possède la faculté intrinsèque
d'évoluer. Après l'ère du " tout est politique ", voici donc l'ère du
" tout est mental ".
Nous vivons d'ailleurs une explosion du marché du livre du développement
personnel. Contrairement à une idée reçue, il ne s'agit pas d'égoïsme
à proprement parler. Comment mener sa vie tout en respectant les autres.
C'est le retour de la vision " holistique " de l'homme où le corps et
l'esprit fusionnent à nouveau. Le développement personnel s'est inspiré
au départ des travaux de Abraham Maslow, fondateur de la psychologie
humaniste : ré-enchantement de l'homme, et non " chosification ". Selon
lui, au-delà des besoins de base, on trouve les besoins supérieurs,
qui se traduisent par une aspiration à accomplir son potentiel créatif
et spirituel ; la quête du bonheur prend dorénavant le pas sur la pathologie.
Curieusement,
en mettant en relief les croyances de chacun et les " filtres " à travers
lesquels il voit la réalité, le D.P. relativise l'idée de Vérité unique
et permet un meilleur respect de l'autre. La moitié des gens qui recourent
au D.P. sont d'ailleurs des personnes qui aident les autres de façon
quotidienne. La compréhension de la réalité de l'autre, si on le respecte,
peut ainsi aider à améliorer les relations.
Aux antipodes de Freud et de son " ça " obscur, des humanistes tels
Carl Rogers affirment que le subconscient referme les ressources vitales
et créatives de l'être. La connaissance de ce moi profond permet la
communication authentique avec l'autre. Son successeur, Marshall Rosenberg,
a même créé en 1984 le Centre pour la Communication Non Violente.
La demande en provenance des cadres, des responsables de ressources
humaines a doublé en 4 ans, le but étant d'établir des relations positives
avec ses collègues (une démarche aux antipodes du cartésianisme de l'Education
Nationale).
Conclusion
: cette mouvance constitue une réponse salutaire aux " pensées " uniques
ou se voulant telles qui sacralisent la machine économique et sociale
et voient l'individu comme un pion malmené. A l'opposé, elle situe très
justement la croyance comme moteur fondamental de toute personne, pour
le meilleur et pour le pire. D’où peut-être certaines attaques.
Sommaire
CAPLC
- CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion
- Liberté de Conviction