|
CAP
LC 2012
www.coordiap.com |
|
|
Ecrivez-nous : 37, rue St Léonard 44000 Nantes |
|
| contact@coordiap.com | |
![]() |
|||
|
|||
|
Le blog de François Koch, journaliste à lExpress, sest donné la tâche (assez vaste) dapporter « la lumière » sur quelques zones dombres concernant le fonctionnement de la Franc-maçonnerie en France. En particulier, il nous a relaté le mois dernier une polémique tout à fait intéressante quant au positionnement de cette confrérie (ou plutôt de ces confréries) par rapport aux organisations Rose-croix, dont linstitution la plus connue en France est l'Amorc (Ancien et Mystique Ordre de la Rose-Croix). LAmorc est en fait une organisation cousine des confréries maçonniques. Elle en est aujourdhui nettement séparée après des périodes dinterpénétrations au début du XVIIIè siècle, la tradition Rose-croix étant apparemment plus portée sur lésotérisme spirituel, alors que la Franc-maçonnerie « mainstream » (socialement reconnue) a quant à elle un fort penchant pour la philosophie sociale voire franchement politique. Or donc, le Grand Orient, lune des deux obédiences maçonniques française les plus importantes, envisageait de tenir un colloque sur le « Vivre ensemble » dans de locaux appartenant à lAmorc, mais cétait sans compter sur la forte nervosité de certains « frères » et « soeurs » face à toute menace de « pensée sectaire ». En effet, les vingt dernières années on vu une infiltration patiente et systématique de tous les organismes chargés de la police de la pensée en France (Commission parlementaires, Miviludes, Ccmm et Unadfi) par les différentes obédiences, souvent réunies en consortium pour la circonstance comme dans le cas de la Miviludes. De ce fait, les différentes confréries comptent beaucoup de « spécialistes » de la question qui ne manquent pas de donner leur point de vue sur la question à leurs autres frères. Ceci posé, le frère Gérard Contremoulin, ancien « M. Sectes » et aujourdhui membre du Conseil de lOrdre du Grand Orient de France, (également compagnon de Catherine Picard, Présidente de lUnadfi), aurait alors vigoureusement protesté sur son blog, donc dans un espace public, contre cette « normalisation » des rapports entre la Franc-Maçonnerie et lAmorc ; il argumente au passage que celle-ci aurait selon lui été classée comme secte dans le rapport parlementaire de 1995. Deux gradés de haut rang du Grand Orient, dont lancien Grand Maître Philippe Guglielmi en personne, ont alors rappelé à lordre le trublion, lui précisant quils ne considéraient pas lAmorc comme une secte et lui reprochant de torpiller la crédibilité du Grand Orient par ses critiques publiques, alors quil est censé, de par sa position, aider à la bonne marche du colloque. Le Grand Maître se demande même (à haute voix) si le frère Gérard Contremoulin ne cherche pas à favoriser, par cette polémique, un colloque organisé le même jour par le Droit Humain, une autre obédience française concurrente. « Droit Humain », cest là que laffaire se corse. Catherine Picard sort ses griffesSur ce, Catherine Picard, ex-députée, co-initiatrice de la loi tant décriée sur la sujétion mentale de 2002 jamais appliquée -, et qui a succédé à Jeanine Tavernier à la tête de lUnadfi en 2004, répond au Grand Maître du Grand Orient par une lettre également publiée sur le blog La lumière, « le blog franc et maçon de lExpress ». Le journaliste du blog croit bon de préciser « Catherine Picard est aussi une soeur du Droit Humain. Et cest un petit peu (visiblement) en tant que telle quelle sadresse à Philippe Guglielmi. » Bien que Présidente dune organisation subventionnée par le gouvernement (lUnadfi), celle-ci ne manque pas de se référer au travail des commissions parlementaires sur les sectes (et des listes de mouvements), alors que les directives gouvernementales demandent justement de sortir de cette logique de liste, ayant reconnu que les « listes » comportaient de toutes façons des erreurs. Dans sa lettre fort révélatrice à lex Grand-Maître du Grand Orient, elle affirme détenir des kilos de documents qui ont permis à son avocat de la défendre contre ce mouvement [lAmorc]« virulent à l'égard des démocrates et des laïques » qui « cache ses activités à fonctionnement opaque ». Elle affirme que les frères se sont fait abuser, et « quils ne sont malheureusement pas les premiers à se faire avoir. » On croirait à lentendre que les Franc-maçons découvrent lexistence des Rose-Croix, après trois siècles de routes parallèles et souvent croisées ! Cependant sa position officielle de présidente de lUnadfi, organisation avalisée par le gouvernement, et le recours aux liens de confrérie pose un problème de déontologie, en ces temps où lon traque le conflit dintérêt. En effet, le journaliste prend soin de souligner que la parole de cette « soeur » revêt une valeur toute particulière non pas parce quelle est franc-maçon, mais parce quelle dirige lUnadfi. La présidente de lUnadfi nest pas une référence, loin de làConcernant les « courrier virulents » de lAmorc contre la bonne démocrate quelle est, Catherine Picard oublie den préciser le contexte. Lex-députée se défendait alors dans un procès en diffamation intenté contre elle par lAmorc, procès quelle a perdu en cassation le 3 avril 2007, doù peut-être cette opiniâtreté. Cette affaire concernait un ouvrage « Sectes, démocratie et mondialisation » publié en septembre 2002 par Anne Fournier (alors conseillère et « caution scientifique » à la MILS, ancêtre de la Miviludes) et Catherine Picard. La Cour de cassation a jugé que la teneur des propos incriminés de ce livre, qui assimilaient les sectes à « des groupes totalitaires », au « nazisme » ou au « stalinisme » et qui leur imputaient « dextorquer » ladhésion de leurs adeptes, sur lesquels elles exercent des moyens de pression de nature à leur faire perdre tout libre arbitre ainsi, évoquant également des zones de non droit et comparant les sectes à « la mafia », devait sappuyer sur des preuves et faire lobjet dun débat contradictoire. La Cour a statué quen conséquence les propos « sont diffamatoires à légard de lensemble des mouvements qualifiés de sectes et par conséquent de lassociation AMORC, dès lors quil résulte de louvrage incriminé quelle en est une ». On le voit, Catherine Picard était donc préoccupée que ses frères se réunissent dans le repaire dun « groupe totalitaire », flirtant avec le « nazisme » et le « stalinisme », une véritable « mafia ». Cette richesse desprit sest illustrée récemment lors dun raid policier sur le centre de rencontres Terre du Ciel mené en raison de supposées « dérives sectaires », raid qui a soulevé une indignation générale tant il sagit dun centre dactivités extrêmement pacifique et ouvert à toutes sortes de pensées et pratiques. A cette occasion, La Vie relate un interview de Catherine Picard sur cette affaire : "Pour Catherine Picard, la présidente de l'Union nationale des Associations de défense des familles et de l'individu victimes de sectes (Unadfi), il n'y a pourtant pas de doute : elle assure détenir un « dossier conséquent sur Terre du ciel » et se dit « ravie de voir que les pouvoirs publics font leur travail ». « Nous avons reçu des appels d'associations et d'élus qui se posent des questions sur ce centre, affirme-t-elle. Celui-ci ne pose pas de problèmes en tant que tels. Mais, ce qui est très discutable, c'est la nature des propositions de stages comme la kinésiologie, le décodage biologique, ou bien la mémoire cellulaire. Des pratiques qui ont déjà défrayé la chronique judiciaire. » On
le voit, Mme Picard agit sur la foi de « dossiers » qui relatent
les chroniques judiciaires ... (mais avec ce raisonnement, on pourrait en
dire autant de tous les partis politiques, les obédiences maçonniques,
lÉglise Catholique, lUnadfi et le président de la
Miviludes qui a hanté les tribunaux ces dernières années.)
On se « pose également des questions » sur nombre de ces
groupements. Ce nest pas une raison pour envoyer le GIGN. Ce raisonnement
na aucune valeur dans un pays de droit. Bien sûr, Catherine Picard
ne fait pas lunanimité, à commencer par celle qui présidait
lUnadfi avant elle, Jeanine Tavernier. Celle-ci avait même pris
la peine de co-signer une préface dun livre, protestant sur la
classification de lAmorc comme « secte » par la Miviludes,
notant que ce « nétait pas sérieux ». Dans
une interview au Monde
du 16 novembre 2006, elle avait également confirmé linfiltration
progressive d'influences extérieures au sein de l'UNADFI, ce qui fait
aujourd'hui de cette association un véritable outil de combat politique
: « Petit à petit, beaucoup de francs-maçons sont entrés
dans l'Unadfi, lui donnant une coloration qu'elle n'avait pas à l'origine.
L'association avait été fondée par des familles touchées
dans leur entourage par le phénomène sectaire. Aujourd'hui,
j'ai l'impression qu'elle s'est politisée. » Elle rappelait également
que, lorsqu¹elle a quitté l'UNADFI, elle sentait " qu'on
s'engageait dans une chasse aux sorcières ". ContestationsOutre les jugements à lemporte pièce de Catherine Picard (assez dépourvus de nuances) à vrai dire indignes dune « démocrate », la forte implication (plus ou moins cachée) de certains éléments franc-maçons dans toute la rhétorique et la mécanique des campagnes anti-sectes pose un problème institutionnel qui sapparente fort à un conflit dintérêts, et qui apparaît dans le cas relaté ci-dessus. Or, tous les frères ne partagent manifestement pas les vues de la fameuse commission parlementaire de 1995, où la franc-maçonnerie était pourtant fortement représentée. Il semble dailleurs, au vu des remous actuels et des luttes de pouvoir au sein de la GLNF par exemple, que les « anti-sectes » virulents (et primaires) pourraient bien être mis en minorité, ce qui donnerait un grand bol dair à la pensée indépendante en France. Affaire à suivre...
CAPLC - CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de Conviction |
|||