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CAP
LC 2008
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Un numéro
spécial de " Réforme " sur les sectes
Sous la double signature du président de la Conférence épiscopale
des évêques de France, le cardinal Billé, et du président
de la FPF, les responsables catholiques et protestants émettent trois
réserves fondamentales sur la proposition de loi About-Picard, discutée
cette semaine. Ils contestent tout d'abord la notion de secte et de regroupement
sectaire.
L'hebdomadaire protestant s'interroge sur les effets de " panique "
de l'opinion et les limites de la " gestion sécuritaire "
de ce phénomène par l'état
Confronter des points de vue ne veut pas dire s'abstenir de prendre position.
Dans l'éditorial de ce numéro spécial, le pasteur Jean-Luc
Mouton, directeur de Réforme, n'hésite pas à parler d'une
" hystérie française " à propos des sectes.
Celle-ci est due à une " panique ", liée au développement
d'affaires tragiques, amplifiée par les médias et les responsables
politiques, autant qu'à une histoire hexagonale marquée par
des affrontements religieux qui, aujourd'hui apaisés, laissent derrière
eux une traînée de ressentiments et de suspicions. A cet égard,
les pays anglo-saxons ont une attitude si " libérale " à
l'égard des sectes que, de chaque côté de l'Atlantique,
on se renvoie les accusations d'extrême laxisme - aux Etats-Unis - et
de viol des libertés - en France.
" TOILETTER " LA LOI
Les éléments du débat sur la définition d'une
" secte " et les limites de la répression sont connus. L'intérêt
premier de ce hors-série de Réforme, à travers les contributions
de Danièle et de Benoît Hervieu-Léger, Jean-Paul Willaime,
Alain Boyer, jean Bauberot, est de démontrer une certaine incohérence
des pouvoirs publics français. L'état ne viole-t-il pas sa propre
règle de neutralité confessionnelle et ses propres lois (celles
de 1901 sur les associations et de 1905 sur la séparation Eglise-Etat)
quand il définit la " dangerosité " d'un groupe en
fonction de son contenu religieux ? L'abus de pouvoir est évident dans
la publication, selon une procédure non contradictoire, d'une liste
de " sectes " (rapport parlementaire Gest-Guyard de 1996). Ou dans
les restrictions apportées à l'accès au statut d'associations
cultuelles loi 1905) par la Mission Vivien de lutte contre les sectes.
Faudra-t-il alors " toiletter ", à l'occasion de leur centenaire,
les lois de 1901 et de 1905? Dans ce numéro de Réforme, interprètes
d'une pensée protestante qui défend traditionnellement la laïcité
et les minorités, plusieurs intervenants ne sont pas loin de souhaiter
une telle mise à jour. Il s'agit, pour eux, de tenir compte de l'éclatement
de la scène religieuse depuis un siècle (avec l'irruption de
l'islam et des " nouveaux mouvements religieux ") et de sortir de
la " gestion sécuritaire " (Jean-Paul Willaime), voire de
la " vision thérapeutique " (Danièle Hervieu Léger)
de la question des sectes, qui n'est qu'un phénomène classique
de modernité religieuse. Mais les mêmes sont conscients des risques
qu'il y aurait à soulever de tels monuments de la législation.
Ce qui n'est pas une bonne raison pour ne rien faire.
- Henri Tincq
* Réforme. " Sectes... entre panique et confusion ". 53-55,
avenue du Maine, 75015 Paris.