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CAP
LC 2008
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LOI ABOUT-PICARD > Les dangers d'une future loi antisectes
Le débat sur les sectes
rebondit cette semaine au Parlement. Et dans "Réforme" qui,
associé au quotidien "Le Monde", organise le 7 juin prochain
une grande controverse sur ce thème à Paris1.
Jean-Luc MOUTON
... Juridiquement indéfinissable
En dernier recours et malgré
les avancées reconnues, les responsables religieux entraînés
par Jean Arnold de Clermont et le père Vernette viennent donc de s'adresser
au Premier ministre.
Sous la double signature du président
de la Conférence épiscopale des évêques de France,
le cardinal Billé, et du président de la FPF, les responsables
catholiques et protestants émettent trois réserves fondamentales
sur la proposition de loi About-Picard, discutée cette semaine. Ils
contestent tout d'abord la notion de secte et de regroupement sectaire, "
indéfinissable juridiquement ". " Je sais bien, précise
Jean Arnold de Clermont, que le mot figure dans le titre et ne fait pas partie
de ce fait du projet de loi. Mais, qu'importe, on ne sait toujours pas ce
que recouvre cette notion de secte. " Les auteurs de la lettre s'inquiètent
ensuite du contenu de l'article 5 de la loi qui consiste à élargir
" le délit d'abus frauduleux d'état d'ignorance ou de situation
de faiblesse ". Le problème porte ici sur les " actes ou
abstentions préjudiciables " que des personnes auraient été
amenées à vivre sous la pression d'un groupe sectaire. "
Mais qui définira le caractère préjudiciable de cet acte?
demande Jean-Arnold de Clermont. Ce jugement ne peut-il varier sous la pression
des modes ou des sentiments confus de l'opinion en matière religieuse?
" Ainsi, ne verra-t-on pas un jour un juge estimer qu'une jeune moniale
astreinte de se plein gré à une nuit de jeûne et de prière
subit un préjudice grave? Enfin, Mgr Billé et Jean-Arnold de
Clermont estiment que l'on a conservé sinon la définition, du
moins le contenu même du délit de manipulation mentale. "
Créer, maintenir ou exploiter la sujétion psychologique "
rappelle très précisément la notion de manipulation mentale
qui reste ainsi présente dans la dernière mouture du texte.
Des inquiétudes qui ne conduisent toutefois pas les responsables religieux
à nier les délits commis par certains groupes. Et la nécessité
de sanctionner ces délit ?
Mais faut-il pour autant
mettre en place un nouvel arsenal juridique d'exception au risque de menace
les libertés religieuses? La est toujours la question.
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1. " Que faire face aux
sectes ? "
Débat entre Danielle Hervieu-Léger.
Jean Paul Willaime, sociologues, Alain Vivien président de la Mils
(Mission interministérielle de lutte contre les sectes) et Henri Pena-Ruiz,
philosophe. Avec la participation de Nathalie Luca, anthropologue, et Jean
Arnold de Clermont, président de la FPF. Animation: Henri Tincq (Le
Monde) et Jean-Luc Mouton (Réforme).
Jeudi 7 juin, 20h30.
Espace conférence des diaconesses, 18, rue du Sergent-Bauch Paris 12e.
Entrée libre.