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Financement
par Matignon ...
Dans
un article du Figaro du 20 novembre 2001 " Les crédits de Matignon épinglés
", on trouve :
"Cette fois, ce sont les crédits officiels du Premier ministre qui donnent
lieu à la critique. Dans le cadre du budget 2002, le Sénat souligne "
le manque d'informations fiables". Pour le sénat ce manque de transparence
s'applique aussi aux organismes récemment créés. "Les informations fournies
à ce sujet par les services du premier ministre sont très incomplètes"
souligne le rapporteur qui décompte 29 organismes créés depuis 1997. Il
s'agit notamment du conseil de prévention et de lutte contre le dopage,
de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Sectes.
Un
auteur dans l'ombre de la MILS...
Paul
Ariès, auteur connu pour ses positions " anti-secte ", sort un nouveau
livre : l'Anthroposophie, enquête sur un pouvoir occulte. Après avoir
fait un livre sur la Scientologie dans la lignée du rapport de la MILS,
Ariès s'attaque à l'Anthroposophie. Dans le communiqué des éditions Golias
n° 77 de mars avril 2001, on apprend que le livre de M. Ariès était annoncé
dans le rapport de la MILS comme étant un ouvrage " probablement fort
documenté " (page 55 du rapport de la MILS de décembre 2000). Paul Ariès
marcherait-il dans les traces de la MILS ?
Alain
Vivien en guerre contre les "fleurs de Bach*
A
propos du nouveau rapport de la MILS
Le rapport de la Mission interministérielle de lutte contre les " sectes
" vient de sortir. Ce rapport, comme les éditions précédentes, comme la
Mission elle-même, est en fait fondé sur un énorme abus de pouvoir : comme
il n'y a en France aucune définition juridique de " secte ", le rapport
ne peut définir de façon précise et juridiquement fondée son objet.
On y trouve cités pêle-mêle les " Fleurs de Bach " à côté des témoins
de Jéhovah ainsi que de nombreuses médecines douces. La nature des mouvements
étudiés dépend ainsi de la seule bonne volonté du président de la MILS.
La loi du 5 décembre 1905 et l'article premier de la Constitution d'octobre
1958 établissent la neutralité de la République en matière religieuse.
Ces textes supposent que la République n'intervient ni positivement, c'est-à-dire
en reconnaissant les cultes, ni négativement, c'est-à-dire en luttant
contre certains cultes. Cette lutte contre des cultes précis est pourtant
exactement ce que fait la MILS, mais de façon cachée puisqu'une telle
pratique est illégale. En matière de classification des mouvements étudiés,
on n'en saura guère plus.
Le
rapport établit trois catégories nébuleuses :
- les " sectes absolues " (un terme qui, stricto sensu, ne veut absolument
rien dire)
- les " sectes dont certains aspects du comportement sont inacceptables
" (là encore on appréciera l'ambiguïté ; outre celle du mot " secte ",
que signifie le " comportement " d'une secte ? On sait que l'auteur du
rapport assimile tout comportement répréhensible du membre d'un mouvement
visé à celui du mouvement tout entier ; c'est une généralisation parfaitement
abusive)
- " des mouvements d'origine et d'orientation très diverses que l'opinion
ou certaines organisations de victimes réputent sectaires mais qui n'ont
jusqu'à présent fait l'objet d'aucune étude universitaire " (là encore
on appréciera la précision de cette catégorie !).
Ceux qui cherchent dans ce rapport une solide argumentation, fondée sur
des enquêtes de terrain, elles-mêmes rapportées avec la prudence qui convient
à toute observation de faits de société lorsqu'ils sont en rapport avec
des croyances intimes, seront déçus. Les faits précis sont extrêmement
rares, mais des généralisations abusives forment par contre l'essentiel
du rapport.
Un
exemple de généralisation abusive, parmi une multitude, se trouve en page
68 : " Par ailleurs, la Mission a fait observer que, contrairement à une
opinion fort répandue, la plupart des personnes qui entrent en secte ne
sont pas en état de faiblesse. Elles adhèrent sur la base d'un contrat
dont le caractère d'escroquerie ne se révèle qu'après l'adhésion, parfois
au terme de plusieurs années pendant lesquelles elles ont subi à la fois
de fortes contraintes morales et des appels de fonds incessants." Les
500 000 Français concernés par le champ d'activités de la MILS apprécieront
de tels propos !
La moindre enquête sérieuse auprès d'un échantillon statistiquement représentatif
de la population "étudiée" par la MILS suffirait à démentir une telle
généralité, indigne d'un représentant officiel du gouvernement français,
mais l'auteur du rapport n'a cure d'une argumentation sérieuse. Il lui
suffit de marquer les esprits.
Puisqu'il faut bien parler de contenu, disons que le rapport s'intéresse
cette année à deux activités : la formation continue et les "pseudothérapies"
car, selon le rapport, "à 80%" (on appréciera la précision), les activités
des "mouvements sectaires" se situent dans ces deux domaines. Finalement,
toute activité consistant à vouloir aider son prochain, soit par la formation
personnelle, soit par l'aide spirituelle, devient ainsi suspecte aux yeux
de la MILS. Mais ça, on le savait déjà : espérer ou contribuer à un monde
meilleur est à coup sûr une caractéristique sectaire pour Alain Vivien
et ses amis ! 
Pour
l'auteur du rapport " la santé a toujours constitué pour les sectes un
terrain privilégié ", vaste généralité d'ailleurs contradictoire avec
l'affirmation citée plus haut que " la plupart des personnes qui entrent
en secte ne sont pas en état de faiblesse ". Quelques pratiques relevant
de la psychothérapie ou des médecines douces sont citées.
Sont épinglés des naturopathes, un bio-énergéticien, un kinésithérapeute
vendant des produits de parapharmacie, un psychothérapeute " tirant les
cartes ", une communautés évangéliques, les adeptes de la méthode Hamer,
le mouvement IVI, les promoteurs du Qi-Gong, l'anthroposophie (qui a eu
droit à un long traitement dans le rapport de l'an dernier), une kinésiologue,
une professionnelle de la santé qui utiliserait les "Fleurs de Bach",
un groupe dispensant des formations à l'analyse transactionnelle, la programmation
neurolinguistique...
On voit que la MILS ratisse large. Bientôt, pour exercer en France la
moindre activité relevant du conseil aux personnes (que ce soit dans le
domaine des psychothérapies, du développement personnel ou de la spiritualité),
il faudra un diplôme portant le sceau " approuvé par la MILS et par A.
Vivien ".
L'auteur
du rapport consacre quelques pages à la loi About-Picard pour exprimer
son satisfecit (cette loi a été rédigée en étroite collaboration avec
la MILS). Nous avons suffisamment commenté cette loi dans nos colonnes
pour ne pas y revenir ici. Seules quelques anciennes dictatures nous envient
ce texte.
Comme il faut bien justifier l'octroi d'un budget annuel de six millions
de francs, le rapport de la MILS consacre de nombreuses pages à expliquer
l'activité de la Mission, ses contacts avec les différents ministères,
et les nombreux voyages de son président, le tout en termes relativement
vagues.
*Les Fleurs de Bach sont des essences de fleurs vendues
dans les magasins de produits naturels depuis de nombreuses années.
Les
reniements d'Alain Vivien
3
novembre 1998 - Interview du président de la MILS, Alain Vivien DHSF
(extrait)
Alain Vivien : "Il
n'y aura jamais de loi spécifique". "Le rôle des pouvoirs publics n'est
pas de s'interroger sur le caractère religieux d'une association, il est
de vérifier que celle-ci respecte les principes de liberté fondamentale
et les lois de la République" rappelle dans une interview accordée à "La
Croix" Alain Vivien, président de la nouvelle mission interministérielle
contre les sectes.
28 juin 2000 Interview du président de la MILS, Alain Vivien
Charlie Hebdo, par Antonio Fischetti. (extrait)
Charlie hebdo : "Pourquoi une nouvelle loi sur les sectes ? Les lois actuelles
ne suffisaient pas ?" Alain Vivien : "La nouvelle loi permet de mieux
lutter contre les sectes. Jusqu'ici, il était possible de condamner les
personnes physiques, mais pas les personnes morales. Autrement dit, il
était possible d'engager un procès contre un scientologue en tant qu'individu.
Maintenant il sera possible d'attaquer l' Église de Scientologie en tant
qu'organisation."
M. Vivien n'est pas toujours responsable des lois votés au Parlement,
mais dans ce cas là, il n'a pas fait entendre sa voix pour que cette nouvelle
législation sur les sectes ne soit pas votée. Dans l'extrait de l'article
de Charlie hebdo que nous publions il ne se plaint de cette loi About
Picard.
M. Vivien a le droit de changer d'avis.
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