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CAP
LC 2008
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ÉDITORIAL En quoi la Miviludes ne
respecte pas la Constitution française
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Ce matin là, M. Citoyen-Normal, comme à son habitude, engagea sa voiture dans cette ruelle étroite faite de pavés disjoints. Un court instant il resta stupéfait, il venait dentrevoir un nouveau panneau de signalisation, rond, fond blanc et pourtour rouge : toute lapparence dun panneau de limitation de vitesse, sauf quà la place du traditionnel nombre, 30, 40, etc indiquant la vitesse maximale autorisée, il y avait indiqué XX. « Une limitation de vitesse à valeur indéfinie ? Curieux ! » pensa M. Citoyen-Normal tout en continuant sa route normalement comme il le faisait depuis des années. Et quand le sifflement strident du sifflet de policier retentit à ses oreilles, lui intimant lordre de sarrêter, cest étonné et vaguement inquiet que M. Citoyen-Normal obtempéra et rangea sa voiture le long du trottoir. « Vos papiers » ordonna le policier qui continua : « Vous navez pas vu le nouveau panneau ? Il vous a mis en garde contre les dérives de vitesse. Dailleurs votre conduite satisfait les critères mis en place par nos spécialistes autoproclamés en conduite des chauffards. » M. Citoyen-Normal était un conducteur modèle, prudent dans sa conduite et respectueux des règles du code de la route. Dans un halètement de stupeur, il bafouilla : « Mais aucune limitation de vitesse nétait indiqué sur le nouveau panneau, seulement XX ; cest totalement arbitraire ! » Il sagit dun récit imaginaire dans un pays imaginaire. Mais malheureusement ce pays imaginaire a quelque chose à voir avec la France, notre pays bien réel ! En politique, un régime arbitraire est perçu comme un régime dictatorial. Effectivement les deux notions vont souvent de pair. Dans une véritable démocratie par contre le non-arbitraire est un droit fondamental. Celui-ci oblige à ce que toute notion juridique fasse lobjet dune définition précise. Cest la condition évidente pour que celle-ci puisse entrer dans le droit positif, c'est-à-dire être applicable dans la réalité de chaque jour. Ceci sapplique aux lois et règlements, et également aux institutions et aux organismes officiels. De cette façon les citoyens des véritables démocraties, ainsi que les fonctionnaires en charge de faire appliquer les lois, savent en permanence et avec précision quels sont leurs droits et obligations. Par contre la pratique de larbitraire ouvre la porte à toutes les discriminations, l'application des lois et règlements est laissée à la discrétion d'individus en mal de notoriété et pas toujours bien intentionnés. Ainsi dans notre exemple imaginaire de limitation de vitesse sans indication chiffrée, les policiers de ce pays imaginaire peuvent impunément pratiquer toutes les discriminations possibles et imaginables vis-à-vis des conducteurs: au faciès, la race, le sexe, type de véhicule, etc En France le principe du non-arbitraire est inscrit dans la Constitution. La déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789 fait partie intégrante de notre Constitution du 4 octobre 1958. L'article 7 de cette Déclaration dispose que « ceux qui sollicitent, expédient, exécutent ou font exécuter des ordres arbitraires doivent être punis... ». Par ailleurs la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne interdit à son article 54 « l'abus de droit », un autre terme pour désigner larbitraire : « aucune des dispositions de la présente Charte ne doit être interprétée comme impliquant un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits ou libertés reconnus par la présente Charte ou à des limitations plus amples des droits et libertés que celles qui sont prévues par la présente Charte. » Et en quoi la Miviludes serait-elle concernée par cette obligation de non-arbitraire ? La réponse est évidente et montre que la Miviludes est véritablement larchétype parfait de lorganisme arbitraire. Sous lautorité directe du Premier ministre, son rôle officiel est la « vigilance et la lutte contre les dérives sectaires », mais bien malin qui pourrait donner une définition précise du terme « dérive sectaire », de même que du terme « groupe sectaire » ! Ceux-ci nont strictement aucune définition légale. La réalité est que la Miviludes est en charge dune mission sans fondement juridique. Et cette situation ahurissante est depuis toujours connue et assumée. Ainsi le 15 octobre 2010, M. Fenech, président de la Miviludes, déclarait à Radio Vatican : «comment définit-on les dérives sectaires ? Nous n'avons pas de définition, ni d'une secte, ni d'une dérive sectaire ». La Miviludes pratique ostensiblement larbitraire, alors que larbitraire est condamné par la Constitution française. Telle est la situation présente ! Face à lexistence dun organisme en contradiction avec la Constitution française, comment devrait réagir lEtat français ? La solution radicale serait la suppression immédiate de cet organisme. Mais la France le fera-t-elle ? Une autre solution serait la mise en place dune définition non ambiguë de la notion de « dérive sectaire ». Ce serait facile dautant plus quune telle définition existe déjà : en Suisse, le CIC (Centre inter-cantonal d'information sur les croyances) définit une dérive sectaire comme « une action en relation avec une croyance et en contradiction avec la loi démocratique ». Cest un rappel que la seule boussole pour guider laction publique est la loi, et rien que la loi. Le bon sens suisse en somme, arrivera-t-il à passer la frontière ?
CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion - Liberté de thérapeutique |
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