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CAP
LC 2012
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Si
vous estimez que vos droits en matière religieuse
sont violés, que pouvez-vous faire ?
Voici quelques suggestions.
1. N'attaquez pas le problème tout seul. Obtenez l'aide de votre Église
ou d'organisations de droits de l'homme, ou des deux. Des organisations non
gouvernementales de droits de l'homme sont spécialisées dans
la protection des droits de l'homme, elles offrent une compétence professionnelle
et des conseils fondés sur une vaste expérience. Elle vous aideront
à protéger vos droits s'ils sont violés.
2. La première chose que vous devez tenter, autant que possible, est
le dialogue. Rencontrer les autorités gouvernementales ou toute personne
responsable de la question, et attirer leur attention sur les lois relatives
aux droits de l'homme qu'elles violent, peut très bien mettre fin au
problème. Cela ne coûte rien, facilite la recherche d'une solution
au moyen d'un dialogue constructif et désamorce souvent la situation.
Il se peut que, grâce à ce dialogue, vous vous rendiez compte
que les personnes rencontrées avaient une conception erronée
de vos croyances et de votre religion.
N'oubliez pas non plus que la plupart des membres du gouvernement sont bien
intentionnés et préfèrent résoudre les conflits
de cette façon, car cela évite le temps perdu et les complications.
3. Si le dialogue s'avère impossible ou ne résout pas la situation,
l'étape suivante est d'attirer l'attention des personnes responsables,
par exemple les supérieurs hiérarchiques de la personne que
vous avez rencontrée, sur le problème que vous rencontrez. Envoyez
une lettre (voir exemple à la fin) soulignant les abus et demandant
que cela soit rectifié.
Ne sous-estimez pas l'effet que produira une telle lettre. Si la plupart des
gens utilisaient ce recours, les membres du gouvernement seraient moins nombreux
à sentir qu'ils peuvent se permettre de violer les droits du public.
Une lettre démontre que vous connaissez vos droits et que vous ne vous
laissez pas intimider.
Envoyez une copie de votre lettre à d'autres membres du gouvernement
ou à l'organisme responsable et, si c'est opportun, à des organisations
de défense des droits de l'homme.
4. Outre le recours à la justice, il existe plusieurs façons
de venir à bout des violations des droits de l'homme. La plupart des
pays ont des organismes gouvernementaux chargés d'examiner ces plaintes.
Les divers groupes de protection des droits de l'homme et du citoyen devraient
pouvoir vous fournir les renseignements nécessaires.
5. Contactez votre député ou parlementaire local.
6. Il existe plusieurs organisations des droits de l'homme auxquelles vous
pouvez adresser votre plainte. Si la discrimination est le fait du gouvernement
et viole un droit fondamental, tel que la liberté de religion, protégée
par les traités internationaux décrits dans cette brochure,
vous pouvez envisager d'alerter des organismes internationaux des droits de
l'homme, comme le Comité des droits de l'homme des Nations unies, le
Parlement européen ou enfin le Bureau des institutions démocratiques
et des droits de l'homme (Office of Democratic Institutions and Human Rights,
ODIHR) dépendant de l'Organisation sur la sécurité et
la coopération en Europe, ou OSCE.
Vous pouvez également alerter le rapporteur spécial des Nations
unies sur l'intolérance religieuse s'il existe une tendance grave à
la discrimination religieuse.
Le Comité des droits de l'homme des Nations unies est chargé
d'assurer que chaque nation ayant ratifié le Pacte international relatif
aux droits civils et politiques (International Covenant on Civil and Political
Rights, ICCPR) en respecte les termes.
Le Comité fait périodiquement des bilans et chaque gouvernement
est tenu d'apporter les preuves qu'il respecte les dispositions de l'ICCPR.L'ODIHR
de l'Organisation pour la sécurité et la coopération
en Europe est chargé de vérifier que les États ayant
ratifié les accords d'Helsinki en respectent les dispositions.
Le Conseil de l'Europe a également une assemblée composée
de députés sélectionnés parmi les membres des
parlements nationaux. L'assemblée ne se réunit pas toutes les
semaines comme le font les parlements nationaux, mais pendant plusieurs semaines
d'affilée à certaines périodes de l'année.
Résoudre les violations des droits de l'homme faisant partie de leurs
responsabilités, les affaires de discrimination peuvent être
portées devant les députés nationaux représentant
leur pays.
Si la discrimination dont vous faites l'objet fait partie, de la part de votre
gouvernement, d'une politique générale de discrimination contre
votre religion, il est préférable d'effectuer vos démarches
en collaboration avec votre Église, qui peut vouloir porter plainte
pour tous ses paroissiens.
Pour s'assurer de l'efficacité de ces démarches, il est essentiel
de prendre conseil auprès d'un avocat. Dans de nombreux pays d'Europe,
vous pouvez bénéficier d'une aide judiciaire.
7. Si, après avoir épuisé toutes les voies de recours
nationales disponibles, vous n'avez toujours pas obtenu satisfaction auprès
de la justice de votre pays, déposez une requête auprès
de la Commission européenne des droits de l'homme.
8. Déposez une requête auprès du Comité des droits
de l'homme des Nations unies.
9. Adressez une pétition à la Commission des pétitions
du Parlement européen.
10. Si vous vous trouvez dans une situation où une loi régressive
et antireligieuse engendre virtuellement la discrimination, l'oppression et
l'intolérance religieuse, comme c'est le cas en France, la solution
est de faire cause commune avec des groupes qui subissent aussi la discrimination
et l'oppression et qui sont animés des mêmes buts. Dénoncez
publiquement l'intolérance, contactez des parlementaires connus pour
être des défenseurs de la liberté de religion, des droits
de l'homme et de la démocratie et demandez leur de lancer une campagne
de défense des droits de l'homme afin d'abroger cette loi répressive.
Rassemblez continuellement des documents et des preuves des abus commis en
raison de cette loi, soumettez ces documents à des organisations internationales
et des organismes intergouvernementaux de droits de l'homme.Une association
appelée Coordination des associations et des particuliers pour la liberté
de conscience existe en France.
Cette organisation organise régulièrement des audiences publiques
où sont rapportés des cas de discrimination et les fait connaître
dans les médias. Contactez l'association pour lui soumettre vos cas
en détail.
11. Entrez en contact avec les médias. Ils seront peut-être intéressés
par votre histoire. Si votre cas est individuel, vous aurez probablement plus
de succès que s'il entre dans le cadre d'une campagne gouvernementale
de discrimination.
12. Incitez différentes organisations religieuses à travailler
ensemble pour une plus grande tolérance, une plus grande union, une
plus grande compréhension et une plus grande force.
Il est toujours préférable d'essayer d'abord de résoudre
la situation de la façon la plus simple et la plus économique.
Si vous appelez immédiatement votre avocat sans essayer tout d'abord
d'engager le dialogue, le membre du gouvernement qui viole vos droits appellera
lui-même son avocat, et ce sera l'escalade.
La procédure peut durer des années, tout cela pour résoudre
un conflit qui aurait pu être réglé en quelques heures.En
revanche, si vous êtes victime d'une grave discrimination religieuse
et si les solutions les plus simples sont restées sans résultats,
n'hésitez pas à faire appel à l'assistance d'experts
en la matière afin de pleinement défendre vos droits.
Si vous avez l'impression que l'injustice dont vous faites l'objet est sans
recours, ne vous désespérez pas et ne baissez pas les bras.
Car des solutions existent.
C'est lorsqu'on croit qu'il n'y a pas de solution à l'injustice contre
les minorités ethniques, raciales et religieuses qu'éclatent
les émeutes et les révolutions. Mais ces dernières ne
résolvent rien et ne font que créer à leur tour de nouvelles
injustices.
Il est donc plus démocratique et plus efficace d'utiliser les ressources
qui sont à votre disposition.Le plus important : connaissez vos droits,
exigez qu'ils soient respectés, et défendez-les jusqu'au bout.
Conseils utiles
Lorsque vous portez plainte :
- Rédigez la liste des droits de l'homme spécifiques qui sont
violés. Si l'État n'est pas signataire de l'un des traités
ou de l'une des conventions appropriés, référez-vous
à la Déclaration universelle des droits de l'homme.
- Mentionnez les faits chronologiquement, en remontant aussi loin que possible
dans le temps.
- Incluez la date, l'heure et le lieu du ou des incidents, le nom et la fonction
du membre du gouvernement responsable de la violation. Le cas échéant,
donnez la raison invoquée pour justifier la violation des droits de
l'homme, le lieu de détention s'il y a lieu, ainsi que les noms et
adresses des éventuels témoins.
- Il est toujours bon d'inclure, quand c'est possible, des documents prouvant
vos déclarations.
Signature*
Ici, vous devez citer
exactement ce qui a été dit, ou décrire l'incident en
détail, aussi près de la vérité que votre mémoire
vous le permet. Sinon, il peut ne pas être évident qu'il s'agissait
bien d'un acte de discrimination et votre requête pourrait être
rejetée.