Michel
Antona
Mr Rémy Plimlin France Télévision Le 25/09/2010
Lettre
ouverte d'un Témoin de Jéhovah à M. Rémy Pflimlin,
président de France télévision
M. le président,
suite au reportage
« envoyé spécial » du 25 septembre 2010, dont le
thème était : «
les témoins de Jéhovah, 13 ans après »
j'ai été
extrêmement choqué, et je pèse mes mots, par le procédé
extrêmement orienter, employés par vos journalistes, pour stigmatiser,et
dénigrer , sans aucunes ambiguïtés,la confession chrétienne
des témoins de Jéhovah de notre pays.
Il semble, que
dans leur quête de sensationnel et d'Audimat, vos journalistes est fait
abstraction de certaines règles déontologiques qui régissent
leur profession.
À titre
d'exemple, à un moment de ce reportage, vos journalistes interrogent
M. Dominique Dott, ancien témoin de Jéhovah, qui dans une de
ses réponses, site la « tour de garde », (revues publiées
par les témoins de Jéhovah) du 1er novembre 1995, article qui
d'après lui constituerait une preuve irréfutable, démontrant
que les responsables des témoins de Jéhovah, conseilleraient
aux fidèles de base, de ne pas faire connaître d' éventuels
faits de pédophilie, dont ils auraient pu être victime, aux autorités.Qu'en
est-il réellement ?
En fait dans
ses déclarations M. Dominique Dott ne fait que résumer une phrase
de cet article suscité, et qui se lit ainsi dans cette tour de garde.
« s'il
y a de bonnes raisons de penser que l'agresseur présumé commet
toujours des agressions des enfants, il faudra peut-être lui donner
un avertissement. Dans une telle circonstance les anciens de la congrégation
peuvent apporter leur aide. Mais
si ce n'est pas le cas ne vous précipiter pas. Avec le temps vous vous
accommoderez peut-être de ne pas donner suite à l'affaire ».
À première
vue M. le président, il semble que M. Dott, est bien résumé
l'article, cependant si l'on y regarde de plus près, et que l'on replace
cette phrase dans son contexte :
Voir l'article
en cliquant ici: http://jehovah-actu.wifeo.com/souvenirs-refoules.php
Vous constaterez
alors par vous-même, Monsieur le président, que dans cet article,
ce sont les « souvenirs refoulés » qui constituent le thème
principal de celui-ci !Qu'est ce qu'un souvenir refoulé ?
Voici, M. le
président, l'explication que nous donne un site sur le net:
Résumé:
« Aux États-Unis,
certaines personnes ont, après avoir suivi une psychothérapie
retrouvé des souvenirs d'abus sexuels. Plusieurs de ces personnes se
sont ensuite rendues compte que ces souvenirs étaient de faux souvenirs,
qu'ils ne s'étaient jamais vraiment passés. Dès lors,
on peut dire que deux camps ont émergés : d'une part les psychothérapeutes
qui soutiennent que ces souvenirs sont vrais et que ceux qui pensent le contraire
sont en déni ; d'autre part des scientifiques, souvent spécialistes
de la mémoire qui pensent que cette dernière est malléable
et donc que tous les souvenirs retrouvés d'abus sexuels ne sont pas
forcément vrais. »*
Conclusion :
Puisque les souvenirs
refoulés ne sont pas toujours réels,n'est il pas logique, Monsieur
le président, que dans ces conditions,l'article de la Tour de garde
du 1er novembre 1995,cité par M Dott,mette en garde ses lecteurs,à
ne pas se précipiter pour donner des suites,(y compris judiciaires),à
ces affaires qui remonteraient à la mémoire de certains d'entre
eux ?
Pour toute personne
honnête, logique et sincère cela parait logique !Je suppose
M. le président,que si ces accusations graves, énoncées
par M. Dominique Dott, avaient concerné des personnalités importantes
de notre pays, vos journalistes auraient très certainement pris les
précautions de vérification qui s'imposent,avant de les inclure
dans leur reportage.
Force est de
constater M. le président, que malheureusement, lorsque des accusations
graves concernent les témoins de Jéhovah, vos journalistes ont
beaucoup moins de scrupules, à ne pas vérifier les faits.
Permettez-moi
Monsieur le président, de vous faire connaître la véritable
position de témoin de Jéhovah, en ce qui concerne la marche
à suivre, lorsqu'un membre de la congrégation est accusé
d'avoir agressé un enfant, telle que nous la trouvons dans un courrier
du 1er août 1995, adressé à tous les anciens (responsables
locaux) de Belgique.
« Quand
un membre de la congrégation est accusé d'avoir agressé
un enfant, les anciens doivent immédiatement entrer en relation avec
le service juridique de la société. En Belgique les autorités
respectent le secret de la confession reçue par un ministre du culte.
Un ancien qui a reçu une telle confession ne se trouve pas sur obligations
en vertu du secret moral de la confession de révéler les autorités.
Il peut en être autrement pour toute autre personne et notamment pour
le père, la mère, le tuteur ou l'accusé lui-même
qui pourra signaler l'accusation aux autorités ». (C'est moi
qui souligne).
Permettez-moi
maintenant Monsieur le président de faire un commentaire tout à
fait personnel sur l'affaire de sts Dié dans les Vosges.
De l'aveu même
de vos journalistes, il y aurait eu, en 13 ans, 10 cas de pédophilie,
impliquant un témoin de Jéhovah, jugés par les tribunaux
de notre pays.
Je pense M. le
président, que vos journalistes, qui pour la plupart sont peut-être,
de confession catholique, ferait bien de regarder devant la porte de leur
religion, en matière d'innombrables cas de pédophilie qui s'y
sont déroulés, et qui s'y déroule encore, dans notre
pays, avant de regarder les 10 malheureux cas (encore de trop, chez les témoins
de Jéhovah) que la justice de notre pays a instruit.
Permettez-moi
de vous demander, Monsieur le président :
Si vos journalistes
considérent les témoins de Jéhovah comme une «
secte », pour 10 cas jugés en 13 ans, comment devrait-il considéré
les catholiques et autres, pour les dizaines de milliers de cas de pédophilie
qui se sont produits dans leur rang durant ces mêmes 13 années
.
N'y a-t-il pas
ici, Monsieur le président, deux poids et deux mesures ?
J'attends de
vous M. le président des réponses précises, et ce d'autant
plus, que comme je le faisais ressortir à votre prédécesseur,
cela fait près de 10 ans, que le conseil d'État, la plus grande
juridiction administrative, suivi en cela, par plusieurs cours administratives
de notre pays, ont statué sur l'octroi du statut cultuel pour des centaines
d'associations locales pour le culte des témoins de Jéhovah
de France,ainsi que pour leurs associations nationales, contrairement à
ce qu'a affirmé M. Fenech dans le reportage.
Je vous rappelle
Monsieur le président, que dans notre pays, le statut cultuel n'est
octroyé que sur la base du nom trouble à l'ordre public, ainsi
que le fait que l'argent de l'association ne doit être dédié
qu'à un culte et rien d'autre, ce qui veut dire que les services de
l'État reconnaissent que l'association qui obtient le statut cultuel
ne fait pas de bénéfices.Permettez-moi également
de vous signaler M. le président, que les décisions du conseil
d'État en la matière ne sont pas informatives, mais bien souveraines,
autrement dit, elle s'impose à tous y compris à Messieurs et
Mesdames les journalistes de France 2.
Cordialement
Michel Antona
*Sources : http://tecfa.unige.ch/perso/lombardf/calvin/TM/03/mossaz/souvnir-invent-refoul.html