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CAP
LC 2006
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Commission
d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et
aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des
mineurs
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Mardi 12
octobre 2006 à 14 h 30 Audition de : Monsieur Jean-Michel Roulet, président de la Mission Interministériel de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Georges Fenech : Levez la main droite et dites "je
le jure". Jean-Michel Roulet : Je le jure, Monsieur le Président.
Fenech Je vous remercie. Je m’adresse notamment aux représentants
de la presse pour leur rappeler l’article 39.. de la loi du 29 Juillet
1881 sur la liberté de la presse qui punit de 15.000 euros d’amende
le fait de diffuser des renseignements concernant l’identité d’une victime,
d’une agression ou d’une atteinte sexuelle. J’invite donc les représentants
de la presse à ne pas citer nommément les enfants qui ont été victimes
de ces actes. La Commission va procéder maintenant
à votre audition, Monsieur le président, qui fera l’objet d’un enregistrement
; je vous propose de vous céder la parole pour un temps que nous pouvons
estimer à environ 30 minutes et qui nous laissera ensuite l’espace pour
toutes les questions que nous serons amenés à vous poser, Monsieur le
rapporteur Vuilque, moi-même et l’ensemble des commissaires d’enquête.
Monsieur le Président, vous avez la parole. Roulet Merci, Monsieur le président. Merci
de m’accueillir ici et merci également de vos propos de bienvenue. Je
dois vous dire combien je suis heureux, au nom de la Miviludes, de pouvoir
m’exprimer devant la représentation Nationale sur un sujet qui nous
tient à cœur, sur un sujet qui vous tient à cœur. Je suis bien entendu à votre disposition
pour répondre à toutes vos questions que vous voudrez bien me poser,
je suis également pour l’avenir à votre disposition pour établir un
lien, si vous l’estimez nécessaire, avec l’ensemble des services de
l’Etat, et d’ailleurs hier, j’avais réuni un comité exécutif de pilotage
opérationnel qui regroupe tous les départements ministériels qui travaillent
au sein de la Miviludes et nous leur avons longuement expliqué que la
commission que vous présidez aujourd’hui, et nous leur avons rappelé
qu’il convenait que, dès à présent, ils se mettent au travail pour être
en mesure de pouvoir répondre de façon aussi concrète que possible aux
questions que vous serez amené à leur poser. Car, bien entendu, en tant que président
de la Miviludes, je vais, dans un premier temps, m’en tenir à des généralités. La création de votre Commission d’enquête
parlementaire, est, pour l’action conduite par notre gouvernement dans
le domaine de la vigilance et de la lutte contre les dérives sectaires,
est un signe extrêmement fort et un encouragement. C’est également un
signe extrêmement fort pour les familles, pour les victimes, pour les
associations qui attendaient depuis longtemps de voir le Parlement se
saisir à nouveau de ce sujet douloureux. En effet, ça remontait loin dans
l’histoire. Les deux précédentes enquêtes parlementaires ont eu un grand
retentissement. Celle de 1995, qu'on appelle en général la Commission
Gest-Guyard sur les sectes, a eu un effet assez extraordinaire dans
le pays, dans les media, et elle a été suivie par la création du premier
Observatoire interministériel des sectes qui était… la première fois
que le gouvernement saisissait officiellement ce problème. La deuxième Commission qu’on appelle
traditionnellement "Les sectes et l’argent" remonte à 1999
et a pris place à l’époque de la MILS. Mais depuis que la Miviludes
existait, nous serions tentés de dire "plus rien ! ".
Alors "plus rien" ce serait
complètement faux, parce que ce serait ignorer le travail assidu effectué,
Monsieur le rapporteur, par le groupe d’étude, auquel vous m’avez invité
deux fois. Une fois dans cette maison, et une fois à St Priest, où se
trouvait également Madame Martine David qui nous accueillait, mais aussi
Monsieur le Président Fenech, et monsieur Jean-Pierre Brard, et nous
avons évoqué déjà, le problème des mineurs et des sectes. Ce serait oublier aussi la présence,
au sein du Conseil d’Orientation de la Miviludes, de huit parlementaires,
quatre sénateurs et quatre députés qui sont là, très assidus, pour nous
apporter leurs encouragements, mais également pour veiller à ce que
nous ne sortions jamais du strict respect des libertés publiques. Par
conséquent, tous ceux qui pourraient penser que l’Assemblée Nationale
aurait prit quelque recul avec les sectes, se trompent, et en vérité,
ils ont toujours été vigilants. Mais les circonstances ont voulu
qu’il soit possible aujourd’hui de créer cette commission d’enquête
et je crois, au nom de la Miviludes, pouvoir dire que c’est une excellente
chose, car évidement une commission d’enquête parlementaire a un retentissement
que les actions quotidiennes des services de l’état ne peuvent pas avoir. La Miviludes, parmi ses nombreuses
missions que vous connaissez tous, sans doute assez bien, a trois fonctions
sur lesquelles je voudrais aujourd’hui mettre l’accent. La première est une fonction
de suivi extrêmement attentif de l’évolution du paysage et du phénomène
sectaire car celui-la évolue extrêmement vite, il est changeant, d’une
année sur l’autre, les données sur lesquelles nous devons nous pencher
ne sont plus les mêmes. Et à cet égard, il faut noter que depuis les
derniers travaux de 1999, les sectes ont manifesté à l’égard des mineurs
un intérêt qu’elles n’osaient peut-être pas démontrer, ou qu’elles
ne manifestaient peut-être pas de manière aussi aiguë. Deuxième fonction essentielle de
la Miviludes de nos jours, c’est dans sa fonction de lutte contre les
dérives sectaires, une fonction d’information. La Miviludes doit donner
les informations aux familles, aux victimes, aux élus, aux administrations
de l’Etat, plus généralement au grand public à travers les média qui
veulent bien l’écouter, et bien entendu à la représentation nationale
dont elle rend compte chaque année au moyen de son rapport, de ses activités. Et puis, troisième volet important,
c’est celui de la coordination, de l’action des services de l’Etat,
pour faire en sorte que les victimes puissent, lorsqu’elles le demandent,
obtenir réparation du préjudice et du dommage qu’elles ont subi et pour
faire en sorte également que ceux qui se sont rendus coupable de méfaits
totalement inacceptables puissent voir passer la justice. Je
crois en ce domaine, à l’exemplarité de la peine car nous avons en face
de nous des délinquants qui savent parfaitement ce qu’ils font. La victime, le dommage
est au centre des préoccupations de la Miviludes. Sans dommages, il
n’y a pas de victimes, et sans victimes, nous nous trouvons confrontés
à cette idée qui est parfois évoquée, de la liberté totale de pensée
et de conscience contre laquelle il n’y a absolument rien à dire et
rien à restreindre. Mais en revanche, on ne peut pas
au nom de telle ou telle liberté, porter atteinte à la dignité, à la
sécurité, à la santé morale, à la santé physique des personnes et des
mineurs en particulier. Au titre de ces trois activités que
j’évoquais tout à l’heure, de suivi, d’information et de lutte contre
les dérives sectaires, la Miviludes a été
conduite en 2005 à mettre l’accent sur des dérives qui, sans être
nouvelles, nous paraissaient particulièrement inquiétantes puisqu’elles
touchaient une population très vulnérable : celle des mineurs. Les organisations sectaires, d’une
façon générale, les mouvements sectaires, les gourous qui les animent,
ne sont pas par nature des gens très courageux qui recherchent le risque.
Donc ils vont, lorsqu’ils le peuvent, se tourner vers des personnes
qui sont en état de faiblesse momentané ou plus durable, vers des personnes
qui sont en difficulté familiale, en difficulté professionnelle, en
difficulté de santé, et nous avions ciblé deux populations particulièrement
sensibles à cet égard qui étaient celles des personnes en fin de vie
et celle des mineurs. Les atteintes aux personnes très
âgées en fin de vie sont odieuses et il n’est évidement pas question
de les balayer aujourd'hui d’un revers de main, mais bon, comme on ne
peut pas tout traiter, nous avions choisi de
privilégier les atteintes faites aux mineurs, parce que les mineurs,
eux, ont toute leur vie devant eux, et lorsqu’on s’attaque à des mineurs
dans des mouvements sectaires, c’est toute une vie qui est gâchée
et à côté de la vie des enfants, c’est toute la vie d’une famille
qui explose. Et c’est la raison pour laquelle
nous avons choisi ce thème comme thème central pour notre rapport 2005,
thème qui est reprit vraiment de façon idéale par le sujet choisi dans
votre commission d’enquête, Monsieur le Président. Nous l’avions pris seulement
parce que nous avions fait ce constat, nous l’avions pris seulement
parce que cela correspond à ce que nous entendons lorsque nous nous
rendons sur le terrain. Et il suffit d’écouter l’inquiétude des parents,
l’inquiétude des grands parents lorsqu’ils voient des distributions
de tracts à la sortie des écoles, ou à la sortie d’une activité sportive
et qui se disent : "nos enfants sont exposés à un risque,
un risque que nous ne comprenons pas, un risque que nous ne maîtrisons
pas". Et nous devons apporter une réponse
à ces parents, nous devons leur montrer que, aussi bien le pouvoir législatif
que le pouvoir exécutif se préoccupent de cette situation et ne veulent
pas, qu’impunément, on puisse porter atteinte à nos enfants et aux mineurs. Et puis d’ailleurs, si on regarde
bien, ce n’est pas une préoccupation exclusive de la France, puisque
la Convention Internationale des Droits de l’Homme, qui a maintenant
17 ans d’âge, pose un certain nombre d’éléments de droit et de principes
qui sont systématiquement bafoués
par des organisations sectaires. Et quand on relit un certain nombre
d’articles de cette convention et bien, entre eux, nous voyons exactement
ce que font les organisations que nous essayons de surveiller et contre
les méfaits desquels nous essayons de lutter. Et puis enfin en dernier lieu, je
crois que c'est tout à fait d'actualité quand on sait que dans le cadre
européen, va se tenir une conférence des ministres de la justice à Erevan
en octobre où il sera question des violences
faites aux enfants. Et si à cette occasion, le représentant
de notre pays peut évoquer ce qui sera déjà issu de vos travaux qui
ne seront pas terminés mais ce qui déjà pourra être connu, je suis persuadé
que cela viendra grandement à l'appui d'un certain nombre de messages
que notre pays souhaite faire passer à ses partenaires européens pour
une plus grand défense, une plus grande attention apportée aux enfants.
Alors quels sont les rapports entre
les mineurs et les sectes ? On pourrait penser éventuellement
que les sectes prudentes ne vont pas s'attaquer à une population qui
est relativement bien protégée par notre droit, par le droit international,
par le droit européen. Et bien, il n'en n'est rien et en vérité, les
rapports de mineurs avec les sectes peuvent s'analyser sous une double
entrée. Il y a d'abord celle des
mineurs qui naissent ou qui arrivent très jeunes dans une secte avec
leurs parents ou avec l'un de leurs parents.
Et pour ceux là, la vie va commencer dans un véritable enfermement,
ils ne connaîtront rien d'autre que les mécanismes sectaires dans
lesquels leurs parents les auront, de bonne foi ou de mauvaise foi,
induits. Et puis et c'est là où il y a un
élément nouveau que l'on a observé récemment, il y a les enfants qui
deviennent des cibles directes des organisations sectaires. Et là, on peut distinguer deux éléments,
on peut distinguer deux approches, on peut distinguer les enfants qui
sont la cible directe, sans autre arrière-pensée de la part des organisations
sectaires, c'est à dire qu'il s'agit de prendre des personnes jeunes,
pour pouvoir les formater, pour pouvoir les robotiser et pour pouvoir
les exploiter. On leur fera faire du prosélytisme
à leur plus jeune âge et puis ensuite on les utilisera, pour citer une
phrase de Ron Hubbard, fondateur de la Scientologie, "on en fera
des esclaves heureux". Et puis la 2ème approche
qui est celle de passer par les enfants mais pour accéder aux parents.
Dans notre société d'aujourd'hui,
l'enfant est très largement au milieu, au centre des préoccupations
familiales et par conséquent, un certain nombre de mouvements, un certain
nombre de personnes qui sont impliquées dans ces affaires, ont considéré
que l'enfant était un bon vecteur, de la même façon que l'enfant est
un bon vecteur de consommation et qu'il est utilisé comme tel par un
certain nombre de messages publicitaires, et bien dans le domaine des
sectes, il en va de même. On peut dire également
aujourd'hui, que les enfants, les mineurs, ne sont à l'abri sur aucun
point du territoire. Le phénomène sectaire s'étant dilué ces dernières
années, ils sont exposés, qu'ils résident dans des grandes villes
ou qu'ils résident à la campagne et ils sont même exposés lorsqu'ils
sont en milieu carcéral, puisqu'on a vu des organisations sectaires
s'adresser directement à eux pour leur proposer des formations, pour
leur proposer des programmes de caractère humanitaire, scolaire ou
spirituel pour faire en sorte que le jour où ils sortiront, ils pourront
devenir des adeptes. On s'adresse là aussi à des enfants qui sont
dans une situation de vulnérabilité particulière. Alors quels sont les domaines auxquels
aujourd'hui les sectes s'intéressent ? Ils sont nombreux et je vais les
rappeler rapidement car je suis persuadé que par les contacts que vous-même
avez par le biais des rencontres que vous faites dans vos permanences,
de nombreux cas sont déjà revenus à vos oreilles. Par conséquent, je vais les évoquer
très très rapidement. Les sectes s'intéressent
à l'enfant avant même sa naissance. On a entendu parler tout récemment,
à l'occasion d'une naissance très "people", d'un accouchement
scientologue. De la même manière, la Kabbale préconise
des modes de naissance dans de l'eau de la Kabbale qui serait bien meilleure
que l'accouchement traditionnel. Et puis, on a également dans notre
pays une organisation qui s'appelle l'"ANEP" qui a une pensée
assez étonnante en disant qu'il y a dans le cosmos des âmes en promenade
et que ces âmes cherchent un corps. Si ce corps leur convient, elles
restent et si ce corps ne leur convient pas, elles se retirent et l'enfant
meurt prématurément. Ce sont des théories dont on peut penser ce que
l'on veut, mais qui en tout cas, pour les familles qui les vivent dans
le drame, sont extrêmement destructrices. Il y a le secteur de la protection
de l'enfance, dans ce secteur là, l'attention doit être tout particulièrement
portée sur la formation des personnels qui peuvent faire l'objet d'attention
de la part de mouvements sectaires car ainsi ces personnes établiront
un lien entre les organisations et les jeunes enfants. Il y a le problème
de l'adoption qui peut également nécessiter une attention très vigilante
des services sociaux et des services judiciaires. Il y a le problème de la garde des
enfants où là aussi on se rend compte que de toute bonne foi, des collectivités
territoriales qui se voient confier de plus en plus de responsabilités
dans un contexte de plus en plus délicat, se trouvent au bout d'un moment,
confrontées avec un certain nombre de gardes maternelles qui ne présentent
pas toutes les garanties requises. Il y a, bien sûr, le domaine
scolaire, alors non pas l'école de tous les jours, l'école de la République
ou l'école privée sous contrat. Dans celles-là, les risques sont extrêmement
faibles, même s'ils ne sont pas totalement inexistants, mais là où
il y a lieu d'être extrêmement prudent, c'est parce que la scolarisation
dans notre pays laisse encore de côté environ 6000 enfants qui ne
sont pas dans le circuit normal. Il est certain qu'en dépit des contrôles
extrêmement sérieux, et des contrôles multiples qu'effectue le Ministère
de l'Education Nationale en application des différents textes auxquels
elle doit se plier, laisse quand même, notamment dans le domaine de
l'enseignement à distance ou dans le domaine de l'enseignement à domicile,
laisse la porte ouverte à un certain nombre de dérives, avec des contrôles
extrêmement difficiles lorsque les centres serveurs ne sont pas situés
sur notre territoire. Il y a le problème du soutien scolaire,
les familles aujourd'hui souhaitent que leurs enfants réussissent à
l'école et par conséquent, sont prêtes à faire des efforts financiers
importants pour ce succès. Alors cette manne financière va attirer
un certain nombre d'organisations plus ou moins sérieuses. Et j'ai appris aujourd'hui même,
que la Scientologie venait d'ouvrir 2 centres de soutien scolaire
en France à Paris, l'un dans le 17ème rue Legendre, cela ne surprendra
personne, et l'autre, je crois dans le 12ème, mais je pourrais
vous le préciser dans un instant. Je comptais vous parler des centres
qu'elle a ouverts en Allemagne et qui posent problème, je ne pensais
pas être en mesure de vous donner cet exemple français, et je comptais vous dire s'ils le font en Allemagne,
la frontière est suffisamment perméable, pour qu'ils le fassent bientôt
chez nous. Et bien là, à visage découvert, ils
interviennent et maintenant nous sommes parfaitement informés de cet
élément. Je souhaitais évoquer
également dans le domaine scolaire l'approche extrêmement hypocrite
de certaines organisations, je pense en particulier à la Nouvelle
Acropole, qui propose aux sorties
d'écoles des petits tracts très attractifs, où l'on suggère pour les
enfants des discussions de philosophie dans un petit café du coin
sympathique, devant un chocolat ou un café. Evidemment, le discours
philosophique peut facilement déborder sur le discours ésotérique
et par conséquent sur le contenu même de ce qu'est la Nouvelle Acropole.
Ils proposent également des cours
de dessin, des cours d'art, des cours de musique, et puis il suffit
de se rappeler de tous les satellites crées par les grands mouvements
sectaires, et qui ont pour but d'attirer les enfants dans un domaine qui est celui de la formation ou de la culture.
Et il y a aussi le domaine des activités
extra scolaires et pour lequel nous sommes extrêmement vigilants. Il y a celui des séjours
linguistiques et je vous citerai par exemple le cas d'un stagiaire
qui a travaillé à la Miviludes et qui devait faire un séjour aux Etats-Unis.
Par chance, c'était un jeune majeur, déjà, il avait 19 ans, comme
le groupement par lequel il était passé a connu des déboires financiers,
il s'est retrouvé aux Etats-Unis, arrivé dans la région de l'état
de Washington, sur la côte ouest des Etats-Unis sans lieu d'accueil.
Et il s'est trouvé qu'une famille s'est
présentée pour l'accueillir et c'était une famille Mormon assez
intégriste. Ce garçon n'a pas été
converti au mormonisme, et la famille a été d'une grande correction
avec lui, c'est-à-dire qu'elle l'a amenée une ou deux fois à l'office
et n'a pas insisté. Mais imaginez ce qui aurait pu se passer si ce
garçon ou cette jeune femme, éloigné de sa famille, dans un état de
faiblesse, alors qu'elle ne se trouvait plus là où elle pensait être
avec un stage bien organisé, elle aurait très bien pu tomber dans
une organisation beaucoup plus dangereuse que ne l'étaient ces mormons.
Je voudrais évoquer également les
activités de loisirs pour lesquelles la réglementation en cours est
largement contournée par les mouvements qui veulent s'en accommoder
puisque le contrôle doit s'effectuer au bout de 7 jours, alors on organise
des stages de 5 jours ou de 6 jours, ce qui fait qu'on les fait sans
contrôle. Parler du coaching sportif dans lequel
les parents parfois ont une part de responsabilité car ils souhaitent
faire de leurs enfants des sportifs de haut niveau. Ils les mettent
entre les mains de véritables gourous, et ensuite on a en face de nous
des enfants déstructurés. Je parlerai également de cette démarche
à la mode aujourd'hui, qui est celle des randonnés qui sont couplées
avec un jeûne important et des séances de méditation nocturne. Dans
lequel, là aussi, le pire côtoie le meilleur. Dans le domaine de la détente, il
faut être extrêmement prudent. Bien entendu Internet, je ne pouvais
pas ne pas évoquer les dangers que présente Internet, et par exemple,
dans le domaine de la détente, la musique, nous avons parlé des dangers
que la musique dite gothique ou la musique Métal avec toutes ses déclinaisons
allant jusqu'au "hard" ou au "desk" metal peuvent
faire encourir à un certain nombre de jeunes gens fragiles pour peu
que des éléments favorisants soient alliés à cette simple écoute de
la musique qui, en soi, à priori, n'est pas trop dangereuse. Très pervers également est l'approche
que certaines organisations ont adoptée dans le domaine humanitaire. Quand on parle aux mineurs,
aux jeunes gens en général de notre pays, qui sont et c’est normal,
exaltés, enthousiastes, on leur dit "Non à la Drogue Oui à la
vie", ils répondent présents. Le problème c’est que "Non
à la Drogue Oui à la vie", c’est la Scientologie et que par
conséquent, le but n’est pas de leur faire dire "Non à la Drogue
Oui à la vie", le but est de leur faire dire "Oui à l’Eglise
de Scientologie". On parle aussi des jeunes
pour les Droits de l’Homme. Quel jeune n’est pas pour la défense
des Droits de l’Homme. Tout homme est normalement pour cette défense,
les jeunes plus encore et c’est un beau combat à mener. Et bien, là
aussi, on se rend compte que de nombreuses organisations labourent
aujourd’hui ce terrain, parce qu’il est porteur, parce qu’il est porteur
en terme d’images et il est porteur en terme de recrutement. Il y a aussi le combat pour la paix.
Dans l’organisation Moon, qui avait fait son cheval de bataille pendant
toute une époque et qui a régulièrement resurgi soit par l’intermédiaire
de Moon soit par l’intermédiaire de différents mouvements de méditation
ou d’autres mouvements tout court. Et puis il y a un domaine
particulièrement préoccupant, mais vous aurez l’occasion d’interroger
à ce sujet Mr Jancovici, c’est celui de la santé. Je ne peux pas ne
pas en dire un mot quand même
et la santé des mineurs recoupe là aussi de très très nombreux domaines ;
il y a des exemples récents que nous connaissons, que nous avons tous
en mémoire, celui de la malnutrition. Il y a celui de l’instinctothérapie
où on dit aux gens de manger ce qu’ils croient devoir manger, c’est
le manger cru. Il y a un groupe qui s’appelle "Joie et loisirs",
où il n’y a ni joie ni loisir mais où, en revanche, il y a des victimes
qui subissent de très nombreuses carences alimentaires. Il y a, et c’est bien connu, des
groupes qui préconisent le refus de la vaccination, le refus de la transfusion
sanguine avec toutes les conséquences que l’on connaît. Il y a des groupes
de plus en plus nombreux qui s’adonnent à la guérison par la prière.
Et on a vu dans notre pays, outre- mer certes mais dans notre pays,
deux cas de décès de guérison par la prière. Il y a également la façon
dont un certain nombre d’organismes veut traiter l’hyperactivité des
enfants et lutter contre le fait que des psychotropes soient parfois
ordonnés à des mineurs par des médecins. Et là, paradoxalement, ces organisations
qui cherchent toujours à minimiser leur emprise sur les enfants et prétendent
que le nombre d’enfants en danger est extrêmement faible évoquent des
chiffres qui laissent rêveur puisque dans deux documents datés de quelques
mois d’intervalle, on évoque pour la seule Amérique du Nord 6 millions
de mineurs puis 17 millions de mineurs. Alors quand une organisation que
l’on peut qualifier de dangereuse dans le domaine des dérives sectaires
avance des chiffres aussi importants, elle est ensuite malvenue à nous
dire qu’en France il y a moins de 200 personnes et de toutes façons,
n’y en aurait-il qu’une, c’est une de trop. Il y a également cette invention
récente en Europe et qui nous vient des Etats-Unis des enfants que l’on
appelle Indigo. On a découvert que ces enfants ont une aura indigo qui
en fait des demi dieux sur terre. Il y a également cette approche tout
à fait exécrable du handicap par un certain nombre de gens qui prônent
la psychofanie, le Graal ou la communication facilitée et où des faciliteurs
prétendent …… en tenant le doigt d’un enfant très très fortement handicapé
de lui permettre de communiquer avec ses parents, en passant des messages
qui, la plupart du temps, laissent les familles dans un piteux état.
Voilà Mr le Président ce que je souhaitais
évoquer en généralités sur ce sujet qui nous tient particulièrement
à cœur. Les sectes et les organisations sectaires
sont présentes dans de nombreux domaines. Tout récemment, j’en citerai
trois, nous avons vu que dans une revue de
la Soka Gakaï, une institutrice de l’Education Nationale se vantait
de mettre en application les méthodes, les enseignements qu’elle avait
reçus du maître pour sa communication …[blanc] pas avec ses enfants.
Cela laisse pantois car on peut se demander quelle sera la
prochaine étape de cette personne. Il y a le problème des gens qui se
disent psychothérapeutes, dont la formation professionnelle laisse beaucoup
à désirer et qui elles-mêmes proposent des formations notamment à toutes
les professions qui s’approchent des enfants, des formations extrêmement
incomplètes, extrêmement dangereuses. Et puis enfin, Mr le président il
y a la prolifération de toutes ces méthodes ;
ces méthodes, on en comptait 80 il y a 20 ans, on en compte 200 aujourd’hui.
Donc les doctrinaires font des petits
et les doctrinaires recrutent et par ce mécanisme de boule de neige,
nous avons aujourd’hui dans notre pays de très très nombreuses personnes
qui se prétendent compétentes dans le domaine de l’accueil, de la formation,
soit de la formation professionnelle, des professionnels travaillant
près de l’enfance, soit des enfants eux-mêmes et en réalité en face
de nous, nous avons beaucoup de charlatans, beaucoup de charlatans qui
font courir de graves dangers à notre jeunesse. L’Assemblée nationale
s’est saisie de ce problème, je crois que c’est une excellente chose
pour tous nos concitoyens. Merci Mr le Président. Georges Fenech Merci Mr le Président Roulet. Vous
avez dressé un tableau sombre de l’état des mineurs happés dans les
mouvements sectaires sur le plan de l’éducation, sur la santé également,
vous nous parlez de certains décès également de mineurs dans les sectes
; pour autant vous êtes une mission interministérielle, au sein de la
Miviludes siègent au Conseil d'Orientation tous les ministères concernés,
avec une action, nous le savons en France, particulièrement en pointe.
Pourtant vous dressez ce tableau
encore sombre et tout naturellement nous vient cette idée de vous demander
mais que faire de plus que ce que la France fait aujourd’hui, à travers
l’action de tous les pouvoirs publics concertés et coordonnés par votre
mission, la représentation nationale qui se saisit aujourd’hui de cette
question va découvrir grâce à vos travaux et toutes les auditions que
nous allons faire, l’état des lieux si je puis dire, la première question
que je vais vous poser avant de passer la parole à Monsieur le rapporteur,
c’est demander que faire de plus, qu’est-ce que vous pouvez attendre
de la représentation nationale en terme d’évolution législative, peut-être,
qu’est-ce qu’il serait bon de mettre en œuvre, pour faire régresser
ces atteintes absolument intolérables, à des populations très vulnérables.
JM Roulet Monsieur le Président, la première
chose que nous devons faire, c’est de faire savoir que nous nous sommes
les uns et les autres saisis de ce problème. Lorsque les mouvements
sectaires s’imaginent que le terrain est libre devant eux, alors à ce
moment là, ils laissent libre cours à leurs plus bas instincts. Lorsqu'en
revanche, ils savent que les services sont mobilisés, ils savent que
l’opinion publique est mobilisée et ne les soutient pas, alors à partir
de là déjà, un grand progrès est fait. Par conséquent, nous devons parler,
nous devons donner de l’écho à ce que nous faisons. Nous devons dresser ce tableau parce
que ce tableau est sincère, nous ne devons pas le cacher car en le cachant,
nous nous ferions involontairement les complices de ces organisations.
Donc nous devons dire ce qu’il en est, bien sûr sans trop alarmer les
familles, il ne faut pas que les parents n’osent plus laisser sortir
leurs enfants en se disant qu'ils sont à la merci d’un gourou caché
derrière chaque arbre, derrière chaque toboggan dans une aire de jeu,
ou derrière chaque colonie de vacances. La situation n’est pas celle-là.
Mais en revanche, il faut une grande
vigilance, il faut que nous soyons en mesure de donner aux parents les
moyens de détecter si leur enfant est susceptible de tomber sous emprise
ou non. Il faut que les parents soient capables de décrypter le changement
de langage, le changement de comportement de leurs enfants. Il faut
aussi que les parents qui emmènent leurs enfants dans ces organisations
et qui en application la plupart du temps des directives du gourou,
abandonnent l’autorité paternelle, l’autorité parentale au profit de
ce gourou, il faut que ces adultes sachent que la justice les poursuivra
et que la justice passera. Donc avant de faire mieux, il faut
déjà faire savoir ce qui existe, il faut appliquer les textes qui existent
et pour cela il faut que chacun prenne conscience que le danger existe.
C’est la raison pour laquelle je
vous disais, Monsieur le président, que votre commission va rendre un
grand service aux services de l’état qui sont chargés de coordonner
cette action de lutte, de prévention d’abord et de lutte parce qu'un
relief sans précédent va être donné à ces atteintes et par conséquent
tout le monde va comprendre qu’il faut absolument réduire le plus possible
ces atteintes. Nous n’arriverons jamais
au résultat zéro parce que les enfants qui vivent dans les communautés
fermées, ils ne sont pas très nombreux mais ils sont certainement
plusieurs centaines dans notre pays, pour ceux-là, très souvent, nous
ne savons pas tout ce qui se passe, il faut le reconnaître très humblement
et puis il y a également le risque que je n’ai pas évoqué tout à l’heure,
qui est celui de voir les enfants passer de l’autre coté de nos frontières
ce qui s’est produit déjà à la frontière belge et à la frontière espagnole.
Et là nous ne pouvons bien sûr plus suivre ce qui se passe. Mais j’aurais
quelques propositions à vous faire dans un instant si vous le voulez,
Monsieur le président. Ph Vuilque : rapporteur Je voudrais vous remercier Monsieur
Roulet à mon tour pour votre intervention. Ma question complètera
celle de mon collègue. Dans le bilan judiciaire de votre rapport de
la Miviludes 2005, page 104 très précisément, la Miviludes signale pour l’année une quarantaine d’enquêtes
judiciaires relatives à des mouvements commettant ou ayant commis
des dérives sectaires. Pouvez-vous nous en dire plus sur
la typologie des victimes, sur le pourcentage des mineurs voire des
enfants handicapés concernés et pour insister sur la question que posait
mon collègue tout à l’heure, est-ce que vous considérez que notre législation
en la matière est suffisante ou est-ce que vous considérez que par rapport
à ces faits très précis, très pratiques, il y a éventuellement un certain
nombre de dispositions supplémentaires à, pourquoi pas, adopter. JM Roulet Merci Monsieur le rapporteur.
Donc, dans les cas qui sont évoqués, le pourcentage d’enfant doit
être de l'ordre, à peu près, 1/3 d’enfants, 2/3 d’adultes. Pourquoi ce pourcentage alors que
j’ai dressé un tableau assez noir de la situation. Et
bien d’abord parce que les violences faites aux enfants au sein des
mouvements sectaires ne sont pas toujours connues, et sont même très rarement connues. Elles ne sont connues que lorsque les parents n’appartiennent
pas eux-mêmes à ce mouvement car sinon les parents ne vont pas dénoncer
quelque chose à quoi ils adhèrent totalement. Et lorsque les enfants
devenus majeurs auront peut-être réussis à sortir de cette emprise,
ils n’auront pas non plus nécessairement envie de dénoncer les faits
et c’est la raison pour laquelle les violences faites aux mineurs,
tant sur le plan physique que sur le plan mental, sont très peu connues
et viennent rarement à la connaissance de la justice. Vuilque Est-ce qu’on pourrait donner un pourcentage
? Il y a une quarantaine d’enquêtes judiciaires, cela veut dire qu’il
y a probablement beaucoup plus de cas connus et comme vous le dites
très justement, le fait de ne pas porter plainte, le fait de pas avoir
à la connaissance les faits précis, montre aujourd’hui que ce pourcentage
est très faible par rapport à la réalité ; qu’est ce que vous en
pensez ? Roulet Je pense qu’il est trop
faible mais la justice ne peut se saisir que d’éléments parfaitement
établis, elle ne peut pas se saisir d’initiatives si elle n’est pas
informée des faits. Si elle est informée des faits soit
par les parents, soit pas les services sociaux, soit par les services
départementaux soit par les services de l’état, bien entendu, elle
va se saisir des faits. Mais les cas sont
extrêmement rares et il est parfois difficile de nos jours de considérer
… la justice ne considère pas toujours comme une dérive sectaire les
faits qui sont rapportés, un certain nombre de faits qui sont rapportés
et qui sont en réalité des délits de droit commun mais qui sont commis
dans le cadre d’une dérive sectaire, ne sont sans doute pas comptabilisés
comme tels dans les statistiques. Vuilque Excusez moi de vous interrompre.
Est-ce que vous considérez qu’il y a de la part notamment des magistrats
une certaine réticence à aborder ce phénomène, ou un manque d’informations
? JM Roulet Non je pense qu’il n’y a ni l’un
ni l’autre ; il y a d’abord de la part des familles une certaine
réticence à dénoncer les faits de cette nature, ça c’est clair. Mais
de la part des magistrats, le point que l’on pourrait noter jusqu’à
présent est que la loi About-Picard n’a pas encore été exploitée comme
elle pourrait l’être et là, je crois qu’il est nécessaire de compléter
la formation. Vuilque Pouvez-vous préciser, elle n’a pas
été exploitée comme elle aurait pu l’être, c'est-à-dire ? JM Roulet C'est-à-dire, lorsqu'un délit que
je vais qualifier de droit commun est établi comme le viol, l’inceste,
l’absence de soin etc. … le magistrat instructeur ou la juridiction
de jugement considéreront qu’il y a suffisamment d’éléments établis
pour qu'un délit puisse être caractérisé et pour que la personne qui
s’en est rendue coupable puisse être poursuivie et punie comme le prévoit
le code pénal et ils se disent qu’ à partir de là, il n’est peut-être
pas nécessaire d’établir le phénomène d’emprise mentale, car cela peut
compliquer les choses, cela peut créer des voies de recours, cela peut
être gênant pour la victime elle-même qui ne souhaite pas voir évoquer
le fait qu’elle a été sous emprise mentale et à partir de l'instant
où le droit commun suffit, à quoi bon se compliquer la tâche. Mais cela dit, ce que
nous pensons et ce que pensaient les législateurs si j’ai bien relu
les débats de l’époque, c’est que ce texte devait permettre d’exercer
des poursuites sui generis, c'est-à-dire quand bien même il
n’y a ni viol ni absence de soin ni rien dès l’instant où il a emprise,
c'est-à-dire abus, du délit d’abus de faiblesse, à ce moment là
des poursuites sont possibles. A ma connaissance, à l’heure actuelle,
il n’existe qu’un cas de jurisprudence où les personnes ont été condamnées
sur cette base, mais on peut penser, on peut espérer que dans les mois
qui viennent il y aura d’autres cas puisque depuis lors, l’ENM organise
chaque année des séances de formation au cours desquelles ces textes
sont commentés, sont présentés, au cours desquelles des exemples précédents
de jurisprudence sont examinés à la lumière de ce texte pour voir comment
ils auraient pu être jugés le cas échéant et par conséquent il faut
laisser au temps le temps en ce domaine et 5 ans pour une loi c’est
encore très jeune et je suis persuadé que cela a été un apport considérable.
Alors, pour l’avenir, y a t'il des
modifications de législation à apporter ? Bon, la législation est
toujours perfectible, notre législation est déjà complète, complexe,
ancienne, solide ; il y a un vrai problème qui se pose et vous-même
l’avez évoqué je crois dans une interview ou dans … votre discours à
l’assemblée, c’est celui de la prescription. Alors il ne faut peut-être
pas l’envisager sous l’angle de la prescription même mais sous l’angle
du moment à dater duquel court la prescription. Il y a un certain
nombre de délits pour lesquels la prescription court non pas à la
commission des faits mais à partir du moment où les faits sont révélés.
Et bien s’agissant des
violences faites aux mineurs, on pourrait très bien considérer que
les délais de prescription restent les mêmes que ceux qu’ils sont
dans la loi aujourd’hui dans les différents types d’infractions mais
que le délai ne court qu’à partir du moment où le mineur devient majeur
ou qu’à partir du moment où la personne n’est plus sous l’emprise
qui lui interdit d’agir. Car il faut bien comprendre que quand la personne est sous emprise, elle n’est pas elle-même
c'est-à-dire qu’elle ne voit pas le choses comme nous la voyons, comme
vous la voyez comme je la vois, elle la voit à travers la pensée du
gourou auquel elle ne veut surtout pas faire de peine. C'est-à-dire que cette
personne, parce qu’elle est sous emprise du gourou et sous influence
et c’est bien sa volonté qui s’applique mais sa volonté est en fait
complètement masquée par celle du gourou.
C’est sans doute dans cette voie
qu’il faut rechercher une solution qui permettrait la dénonciation de
faits commis à l’époque où les personnes étaient mineures et qui permettrait
que ceux qui s’en sont rendus coupables soient normalement poursuivis
car aujourd’hui trop souvent la prescription joue. Fenech Merci Monsieur le président, on va
maintenant passer la parole aux membres de cette commission d’enquête.
J’ai une demande de prise de parole de Monsieur Jean-Yves Hugon. Jean-Yves Hugon Merci, Monsieur le président. Deux
questions si vous le permettez. Vous avez très brièvement évoqué les
dangers d’Internet. Est-ce que vous pourriez y revenir s’il vous plait
et nous dire si vous avez pu déjà répertorier un certain nombre de sites
qui pourraient être dangereux et deuxième question, vous avez également évoqué
à plusieurs reprises l’Eglise de Scientologie, et je vais assez
régulièrement en Allemagne et c’est vrai que j’ai pu constater qu’elle
était très présente en Allemagne, qu’elle avait pignon sur rue,
qu’on voyait des stands tenus par les scientologues sur les marchés
publics, dans les zones piétonnes etc . Est-ce que vous pourriez nous donner
des informations sur la présence d’une autre secte en France qui est
connue sous le nom des Raéliens. JM Roulet Monsieur le président mesdames messieurs, s’agissant d’Internet, c’est évidemment
le moyen moderne et le moyen qui intéresse et qui mobilise le plus les
mineurs. On peut penser que toute une tranche d’âge de la population
française n’est que pas du tout ou très peu concernée par Internet.
En revanche tous les mineurs et même très jeunes sont concernés par
cette autoroute de l’information. Je vais prendre un exemple dont je
n’ai pas encore parlé parce qu'il est caractéristique et il y a eu récemment
une émission assez bien faite à la télévision, que certains d’entre
vous ont peut-être pu suivre si vous n’étiez pas pris par d’autres travaux
et cela avait trait au Satanisme. Si vous prenez Internet,
vous pourrez suivre en direct des messes rouges, des messes noires. Alors vous ne saurez pas si elles
sont virtuelles ou réelles. Vous pourrez avoir accès à tout un tas de sites où on vous expliquera
comment devenir un bon adepte du satanisme, des lucifériens, de la Wicca
ou de n’importe laquelle de ces organisations. Des sites où on vous
donnera éventuellement des pistes pour obtenir des rendez-vous, on ne
vous les donnera jamais, parce que ces gens là sont extrêmement secrets
et prudents, mais en revanche, on vous donnera une adresse où se vendent
par exemple des vêtements gothiques, ou de la musique métal et là vous
trouverez un fond … , une adresse d’un lieu où vous rendrez et vous
verrez trois ou quatre personnes que, si vous êtes habillé comme elles,
(vous, vous n’avez aucune chance, Monsieur le député, si vous y alliez,
on ne vous acceptera pas). Mais en revanche, si vous êtes de noir vêtu, des chaînes d’argent,
des boucles d’oreille en forme de (…), peut-être vous donnera-t-on
le lieu d’un autre rendez-vous et Internet à ce titre est extrêmement
dangereux et au cours de cette émission, des mères de famille éplorées,
qui étaient interviewées, puisque l’une comme l’autre avaient perdu
une fille d’une quinzaine d’années qui s’était suicidée l’une comme
l’autre mettaient en cause de la façon la plus nette
qui soit, le réseau Internet en disant : elles ont trouvé là-dessus,
lorsque les enquêteurs ont exploré leurs disques durs, elles ont vu
qu’elle avaient crée des blogs sur lesquels elles communiquaient avec
d’autres personnes sur Internet, où elles se passaient des recettes
de suicide, et se donnaient des conseils sur ce qu’il fallait faire
et par conséquent c’est extrêmement dangereux. Donc il y sûrement,
là aussi dans le domaine législatif, quelques garde-fous à ajouter à
ceux qui existent, sans porter atteinte à quelque liberté que ce soit
de se cultiver, mais Internet est un vecteur aujourd’hui porteur, sur
lequel par ailleurs les grandes organisations, les grands mouvements
ont également leur vitrine alors là, ce sont évidemment des vitrines
extrêmement publicitaires, extrêmement positives où vous ne voyez que
des belles choses, néanmoins vous pouvez être attiré parce qu’on va
vous proposer tout ce que j’ai évoqué tout à l’heure : du
soutien scolaire, des régimes amaigrissants, des régimes embellissant,
des activités sportives, tout ce qui peut attirer les enfants
et vous vous rendrez compte qu'en vérité, au lieu que ce soient des
organismes sérieux et parfaitement objectifs, vous tomberiez dans les
griffes de mouvements qui n'en ont qu’à votre argent et à vous-même.
Je voudrais vraiment
un peu répondre à la deuxième question double que vous m’avez posée
concernant la Scientologie. C’est vrai que je l’ai évoquée à plusieurs
reprises. Il ne faut pas exagérer le rôle et la place de la Scientologie
dans notre pays. Vous savez, c’est un tout petit peu comme dans les
manifestations, il y a le nombre de participants selon la police et
le nombre de participants selon les organisateurs. La Scientologie se
targue en Europe d’effectifs qu’elle est loin d’avoir, aussi bien chez
nous qu’en Allemagne. Chez nous, c’est certainement, au maximum, 2000
personnes. Ce qui n’est quand même pas considérable. En Allemagne, ils
sont plus nombreux et les Länder ont une approche assez différente les
uns des autres à l’égard de la Scientologie ; cela dit, récemment je
vous le disais, tous ont réagi très violemment lorsqu’ils ont vu que
la Scientologie voulait occuper le terrain du soutien scolaire. Le Land
de la Bavière est en pointe dans la lutte contre cette organisation.
Il ne faut pas croire en France que la Scientologie ne se montre pas,
au contraire, elle s’est beaucoup montrée ces temps derniers et si possible
sous un visage sympathique ; c’est ainsi qu’à l’automne dernier,
lorsqu’il y a eu des troubles dans les banlieues, on a vu la Scientologie
présente, notamment en Seine-Saint-Denis sous plusieurs formes il y
avait d’abord ce qu’on appelle les "Ministres Volontaires",
ce sont des jeunes scientologues, qui sont vêtus d’une chasuble jaune
et qui proposent les ouvrages de la Scientologie : la Dianétique,
le Chemin du Bonheur, etc., et puis il y avait aussi des jeunes scientologues,
alors soit des jeunes scientologues mineurs qui sont entrés en Scientologie,
soit des enfants de scientologues adultes qui viennent là et qui appartiennent
à ce que l’on appelle en américain Y.H.R ("Youth for Human Rights"),
mais en français tout simplement, les "Jeunes pour les droits de
l’homme" et ils aiment bien le sigle américain, ça fait bien. Alors les jeunes pour
les droits de l’homme c’est extrêmement sympathique, tout le monde a
envie d’être jeune et tout le monde a envie d’être pour les droits de
l’homme et alors Scientologie c’est écrit en tout petit sur les prospectus
quand c’est écrit et là, ils sont venus dans les banlieues et ils y
reviennent, ils continuent, c’est à dire qu’ils ont essayé de s’établir
depuis maintenant six mois et ils proposent des choses, alors on fait
un mur des droits de l’homme, on fait des graphes ou on fait des dessins.
On a proposé justement
du soutien scolaire, on a proposé également de réunir des cadeaux pour
Noël pour donner aux plus défavorisés et il est logique, quand une population
se sent un peu abandonnée ou en difficulté, elle se tourne vers celui
qui lui tend la main, celui qui lui tend la main est en droit d’attendre
en retour, au moins une écoute et peut-être de la sympathie et une adhésion.
Donc là il y a un double but, il y a le but de recruter et puis il y
a le but de donner de soi une image extrêmement sympathique. Vous avez évoqué ensuite
les Raéliens. Rael ancien journaliste, ancien pilote automobile, a quitté
le territoire français, il est parti au Canada. Au Canada, il n’a pas
rencontré le succès qu’il espérait, ni la liberté de manœuvre qu’il
pensait avoir dans ce pays d’Amérique du Nord où l’approche de type
1er amendement de la constitution américaine, laisse une
grande liberté à ces organisations. Nous avons des bonnes
raisons de penser qu’actuellement Rael est en Afrique et concentre son
activité en Afrique notamment sur un ensemble de mesures qu’il appelle,
je ne veux pas me tromper … qu’il appelle clitoraid, qui viserait
à redonner aux femmes qui ont fait l’objet d’une … je ne trouve plus
le mot, excision ! merci monsieur le président … leur greffer un
clitoris et il demande à des gens de les aider, il a besoin je crois
de 25 000 € par opération, donc il demande à de gens de faire des dons.
Ce type d’opération existe et la médecine conventionnelle peut le faire.
Avec Rael on a tout à craindre, Rael fait de la sexualité
et du plaisir son cheval de bataille, c’est à dire que les Raéliens
sont athées et placent la sexualité au centre de tout, à ce titre,
les enfants, qui sont les mineurs qui sont dans les cercles de Rael,
sont beaucoup plus qu’en danger, ils sont en état de viol permanent
puisqu’il prétend que l’éveil à la sexualité doit se faire le plus
tôt possible et là, si les choses
pouvaient être prouvées, si des arrestations pouvaient être opérées,
il y aurait sans nul doute des condamnations. Mais Rael donc aujourd’hui
est d’avantage en Afrique, ce n’est pas pour autant qu’il n’est pas
présent en France et donc en France ses tracts circulent pour essayer
de lever de l’argent je suis persuadé qu’il va obtenir des capitaux
par le biais de cette nouvelle invention qui est la sienne. G Fenech Merci Monsieur le
Président, je cède la parole à Monsieur Guy Geoffroy. Guy Geoffroy Merci, Monsieur le
Président. Jusqu ‘à présent, vous avez évoqué, sans tous les citer
bien sûr, les différents points d’entrée de la problématique sectaire
en direction des jeunes, il y en a un sur lequel j’aimerais avoir votre
sentiment et éventuellement des informations, c’est celui des centres
de loisirs, des centres de vacances, de tous ces moments où finalement
les enfants en dehors, mais en liaison étroite avec le milieu scolaire,
peuvent être approchés d’une manière, qui est à la fois un prolongement
de leur vie sociale et scolaire, mais également d’une manière qu’on
va dépeindre comme étant plus détendue, plus gratuite. Alors, ma question
est la suivante : est-ce que vous avez une observation particulière
de ces nouveaux organismes, certains étant quasi publiques, d’autres
étant tout à fait privés qui forment les jeunes, à préparer en particulier
le BAFA ? Et est-ce qu'on vous a signalé des disfonctionnements,
des risques de dérive en la matière ? Et est-ce que ce sont des
sujets sur lesquels vous avez des temps de dialogue avec les responsables
publics et notamment avec l’association des maires de France ?
Puisqu’un grand nombre de ces jeunes titulaires d’un BAFA qui sont employés
dans les collectivités locales sans être fonctionnaires territoriaux,
sont soumis à l’autorité des élus locaux et peuvent représenter à la
fois un formidable vecteur de formation et d’éducation civique pour
les enfants et un formidable vecteur également de dérive potentielle,
sans surveillance prédéterminée particulière. Roulet Monsieur le Député,
c’est effectivement l’une de nos préoccupations, nous l’avons dit, car
le Ministère de la Jeunesse et des Sports qui est en charge du contrôle
de ces centres n’est tenu de faire des contrôles et ne peut faire des
contrôles que pour des stages dont la durée excède sept jours. C’est la raison pour laquelle j’évoquais tout à l’heure le
fait qu'un certain nombre de ces stages sont organisés sur cinq ou
sur six jours, car cela les place en dehors du champ de contrôle.
C’est sans doute, Monsieur le Rapporteur, l’un des points sur lesquels
on peut envisager une amélioration de la réglementation, ça ne passe pas par
la voie législative, mais ça peut être une suggestion qui serait faite,
sans qu’il y ait obligation, qu’il y ait au moins possibilité. S’il
y avait obligation, il faudrait doubler les effectifs du Ministère de
la Jeunesse et des Sports donc, je crois qu’on ne peut pas en arriver
là, mais en tout cas qu'il y ait cette possibilité car je crois que
la peur du gendarme est le début de la sagesse et qu’un certain nombre
d'organismes seraient plus prudents qu’ils le sont aujourd’hui. Alors
le risque, il existe, parce que nous avons des signalements. Nous avons des signalements, non pas de la part des mineurs,
nous avons des signalements de la part des parents, de la part des
associations qui nous disent que tel parent au retour de stage de
l’un de ses enfants est étonné par son changement de comportement,
par exemple, il ne veut plus manger de viande ou par exemple il adopte
un discours extrêmement rigoureux, il n’accepte plus la contestation
sur un certain nombre de choses. Donc là visiblement les parents ont
des doutes, des inquiétudes en se disant : "mon fils, ma fille est
tombé sous l’emprise d’un gourou. » Il y a eu récemment une condamnation,
je pense que vous l’avez tous en mémoire,
après que des jeunes mineurs aient perdu la vie en mer dans un petit
voilier sur les côtes de la Manche, je crois. On était certainement
ici, dans une situation où d’une part, le personnel d’encadrement
n’avait pas la formation requise, et d’autre part il y avait dans
cette volonté de former le caractère, une approche qui peut s’assimiler
à une approche de dérive sectaire. Car il est certain qu'on doit adapter
les exigences que l’on à l’égard des mineurs aux capacités qui sont
celles de leur tranche d’âge. Il y a un vrai danger que vous évoquez,
qui est celui de la formation des personnels d’encadrement. A l’heure actuelle, dans le domaine
de la formation professionnelle, et je pense que vous apprendrez beaucoup
lorsque vous poserez les questions aux représentants de ce secteur au
même titre qu'aux représentants de la Jeunesse et des Sports. Comme
il faut former beaucoup de personnel, on a recours à de la sous-traitance,
c'est-à-dire que tout le monde n’est pas formé dans des instituts d’Etat.
On fait appel à des organismes. Alors bien entendu,
on est très prudent, on regarde de très prêt, lorsque c’est l’Etat qui
le fait, il y a toujours un risque d’erreur, personne n’est infaillible,
mais enfin, on veille à ce qu’il n’y ait pas trop de problème. A partir de l’instant où le dispositif
est très largement déconcentré, décentralisé, devrais-je dire, et où
il relève de multiples collectivités territoriales, il est certain que
le risque s’accroît car toutes les collectivités territoriales n’ont
pas les moyens de contrôle qui leur permet de savoir exactement à qui
ils ont à faire, donc là je les invite dans ces cas là à ne pas hésiter
à se rapprocher des services de l’Etat compétents, qui pourront se rapprocher
de nous pour nous interroger, et nous serons en mesure de donner des
réponses, soit de dire "nous ne connaissons pas". Donc… nous
n’avons pas reçu de signalement sur ce domaine, il y a peut-être un
risque mais on ne le sait pas, mais de dire en revanche "là nous
connaissons". Les méthodes qui sont
proposées sont des méthodes qui sont manifestement dangereuses. Nous
avons déjà des contacts avec l'association des Maires de France et
l’association des Présidents Français et Généraux, j’entends les développer dans l’avenir
parce que je crois que c’est extrêmement utile, nous l’avons fait d’avantage
avec le personnel qui travaille dans le domaine des actions sanitaires
et sociales qu’avec ceux qui travaillent dans ce domaine, mais c’est
manifestement un point à examiner, et c’est un point, Monsieur le Président,
qui répond à votre première préoccupation : comment faire mieux,
comment faire en sorte que dans l’avenir il y ait moins de victimes
? Fenech Merci, Monsieur le président, je
donne la parole à Monsieur Jacques Myard. Myard Merci, Monsieur le président, Monsieur
le préfet, vous avez fait allusion au milieu de votre exposé sur les
enfants embrigadés dans les écoles privées, dans la nature, école
entre guillemets, est-ce que la Miviludes
a enquêté sur ce qui se passe pour un certain nombre d’enfants qui
seraient embrigadés dans des sortes d’écoles hum… intégristes – religieuses
et qui disparaissent du secteur public, dès la maternelle par exemple.
Est-ce que vous avez des cas que vous pourriez nous conter ? Roulet Alors il faut… Il faut bien savoir
de quoi nous parlons là, Monsieur le député, Il y a… Myard J’ai posé de manière elliptique,
de manière à ne pas vous orienter dès le début… Roulet (Rire) je ne voyais pas en vous un
gourou, Monsieur le député… Je ne suis pas encore sous votre emprise.
(Rire) Mais sait-on jamais. Donc, il faut bien savoir de quoi
nous parlons, donc dans le domaine de l’enseignement, il y a l’enseignement
public, il y a l’enseignement privé sous contrat, qui subit exactement
les mêmes contrôles que l’enseignement public et puis après, il y a
des tas d’autres choses. L’enseignement privé du type de celui
que vous évoquez, l’enseignement à distance, le télé-enseignement, ou
l’enseignement à domicile par les parents eux-mêmes. Le Ministère de
l’Education Nationale, informé localement par les Maires, sait normalement
où sont les enfants et sait normalement où sont les enfants qui ne sont
pas à l’école. La difficulté pour ce qui concerne
le télé-enseignement, et je l’évoquais rapidement tout à l’heure, c’est
que les centres de télé-enseignement sont situés hors du territoire
français. Ce qui, avec le développement de la téléphonie et les moyens
de communication, est le cas le plus fréquent aujourd’hui, puisque cela
coûte beaucoup moins cher. Il reste ces écoles implantées en France
qui ont des murs, qui ont des toits, qui ont des cours de récréation
et dans lesquelles est dispensé un enseignement particulier. Là aussi, j’aimerais, pour vous montrer
que les choses ne sont pas simples, je suis sûr que vous savez, c’est
pour cela que vous m’avez posé cette question piège, là aussi je voudrais
dire qu'y a deux cas à étudier, je vais prendre
l’exemple des Témoins de Jéhovah. Les Témoins de Jéhovah sont une
communauté importante en nombre, fermée, nul ne peut le contester,
mais dont les enfants vont à l’école publique. Alors on va
se dire "tout va bien" ! Ils sont à l’école publique
donc là ils reçoivent le même enseignement que tous leurs concitoyens
du même âge, car il s’agit bien de cela, de citoyens et de futurs
citoyens, et tout va bien ! Alors, tout ne va pas bien !
Parce que ces enfants là, on leur dit quand ils sont chez eux,
"Tu vas à l’école, mais on va te raconter des histoires qui sont
complètement fausses, on va te parler de la théorie de Darwin, la
théorie de Darwin, ça tient pas la route, c’est une invention du diable,
en fait, il faut croire uniquement à la théorie créationniste. Tu
ne le dis pas à tes petits camarades, laisse-les dans l’ignorance.
Toi tu appartiens à une élite, laisse-les dans l’ignorance".
Mais on leur dit qu'il faut qu'ils aient de bons résultats, alors
il faut apprendre ce que le maître te dit et tu auras une bonne note
à ta composition". Ca c’est complètement
schizophrénique comme attitude. C'est-à-dire qu’on vous demande d’apprendre,
de retenir et de réciter quelque chose auquel vous ne croyez pas et
dont on vous dit que c’est une création du diable. Ces enfants sont donc en apparence en milieu ouvert mais
sont en fait doublement en milieu fermé car ils sont obligés de jouer
une double comédie, car certains d’entre
eux qui sont quand même ouverts, qui sont des enfants comme les autres,
ils se disent "mais c’est pas possible, ce que me disent mes
parents ça tient pas la route". Donc ils jouent la comédie en
disant "oui papa, je crois ce que tu me dis", et puis à
l’école ils écoutent ce que disent le maître, or ils savent que c’est
ce qui est juste. Donc je crois que
la situation de ces gens-là qui sont dans l’enseignement public est
encore plus dramatique que celle de ceux dont on va parler maintenant
et que vous évoquiez qui sont réellement dans des écoles d'enfermement
et nous avons évoqué dans le rapport
de la Miviludes les Frères de Plymouth de la voie étroite qui sont des…
des familles protestantes qui ont elles-mêmes [blanc] fait scission
avec l’église d’Angleterre, à l’origine sous l’égide d’un certain John
Darby, donc devenus Darbystes, et puis les Darbystes n’étant pas assez
intégristes, il y a eu un Monsieur Raven, alors il y a les Ravenistes
qui sont encore plus intégristes, et puis Monsieur Raven étant jugé
encore trop laxiste par certains… (coupure de la bande durant 3 secondes),
ils rencontrent les autres jeunes gens, ils vont rencontrer là les pires
exemples qu’ils puissent rencontrer, alors nous leur dispensons nous
une formation. Les contrôles effectués par l’Education Nationale doivent
permettre que le contenu des programmes de l’Education Nationale est
bien respecté. Sans doute l’est-il ! Mais en dehors de cette
école, ces enfants qui vivent en milieu fermé vont recevoir un complément
d’enseignement qui va aller exactement dans le même sens que ce que
je vous indiquais tout à l’heure et qui ne va permettre en aucun cas
l’épanouissement de ces enfants, qui ne va surtout pas leur donner
un sens critique et qui doit les maintenir dans cet état de dépendance
totale et de robotisation future pour appartenir parfaitement à la
secte dès le départ. Alors il y a la même chose aux Etats
Unis chez les Amish, nous on en a très peu. Les Amish paient leurs impôts
mais n’envoient pas leurs enfants à l’école publique parce qu’ils disent
"qu'y a-t-il besoin de savoir, compter pour ne pas se faire voler
et ne pas voler son voisin et lire pour lire les écritures saintes".
Donc les Amish ont ce type d’éducation, c’est le cas des Frères de Plymouth,
et je voudrais juste rechercher ici [il recherche dans ses affaires]
une citation que je dois avoir ici… Dans la convention Internationale
des Droits de l’Enfant, il est indiqué que… l’Etat garantie l’accès
de l’enfant à l’information à des matériels provenant de sources diverses
et encourage les media à diffuser une information qui présente une utilité
sociale et culturelle pour l’enfant… Et il est dit un peu plus loin
que l’enfant a le droit d’exprimer ses vus, d’obtenir des informations,
de faire connaître ses idées et des informations sans considération
de frontière. Il est clair que tous ces éléments
là ne sont pas respectés dans ces écoles dont vous parlez, Monsieur
le député. Myard Excusez-moi… Pourriez-vous être plus
précis… Bon ça on les connaît, on les avait déjà tangentés dans les
deux premières commissions d’enquête, on a d’autres phénomènes actuellement
sur le territoire national qui se développent dans une autre religion
du livre qui… qui échappe totalement
au système public et qui est une sorte d’embrigadement total des esprits
dès l'âge de 2 à 3 ans et là, vous avez cité, je dirais des filiales
du judéo christianisme, filiales entre guillemets, mais il y a du côté
de l'islam, des problèmes qui sont en train de se poser, est-ce que
la MIVILUDES a tangenté ce problème ? JM Roulet Pour vous répondre très franchement,
Mr le député, pas encore, pas encore mais il est évident que c'est
un sujet qui nous tient à coeur, alors pourquoi pas encore ? Parce que la MIVILUDES, pour obtenir des renseignements dans
tous les domaines, est tributaire de l'ensemble des services de l'Etat
et notamment du ministère de l'intérieur qui est une source normale
et légitime de renseignements, et actuellement les problèmes d'islamisme
sont liés par quelque chose que je me garde bien de traiter comme
un amalgame, sont liés à un risque terroriste. Il est clair que l'on
craint aujourd'hui certains prêches qui peuvent entraîner le départ
vers des camps de formation d'un certain nombre de jeunes gens. Et
c'est le seul secteur parmi tous ceux que nous évoquerons je pense
où il y a un risque de passage à l'acte terroriste. C'est la raison
pour laquelle ces questions sont suivies et coordonnées par le ministère
de l'intérieur, et c'est la raison pour laquelle, pour l'instant,
je ne m'en suis pas préoccupé, je crois que l'on n'éludera pas le
problème, et qu'il faudra un jour le poser ; il y a certainement dans
cette communauté comme dans les autres, des
risques de dérives sectaires, les risques de dérives sectaires ne
tiennent jamais aux croyances, rarement à la doctrine, ils tiennent
toujours aux hommes, il y en a dans tous les groupes de pensées
que ce soit des groupes de pensées philosophique, ésotérique ou religieux
et il y a, là comme ailleurs, un risque de dérives, certaines nous
sommes connues, on peut considérer que persuader des mineurs de se
placer une ceinture d'explosifs autour de la taille pour aller se
faire sauter au milieu d'autres personnes, on peut quand même considérer
que c'est déjà une sérieuse dérive. ? : Encore une question complémentaire
à vous poser sur le contrôle de l'obligation scolaire, bon la loi de
98 a renforcé le contrôle et
a, je crois, amélioré grandement les choses, ceci dit je me suis laissé
dire qu'en matière de contrôle, lorsque l'administration contrôle notamment
une école privée hors contrat, il y a une circulaire très ancienne qui
obligerait l'administration à prévenir 24 ou 48 heures avant cette école,
est-ce que vous avez des informations à nous fournir sur le sujet, parce
que c'est quand même quand on contrôle, l'idéal c'est de contrôler sans
prévenir, or là, si on contrôle effectivement les organismes 24 ou 48
heures avant, il est évident que l'intensité du contrôle n'est pas la
même. Roulet (rire) Là Mr le député, Mr le rapporteur,
vous me posez une double colle, j'ai entendu parler de cette circulaire,
je ne sais pas si elle a été rapportée ou si elle est encore en application,
là je ne sais vraiment pas quoi vous répondre, (rire) ?? Peut-être que Mr Jancovici tout
à l'heure… Roulet Non mais vous aurez l'occasion certainement
d'entendre des représentants de l'éducation nationale. Fenech C'est une question qui reste en suspend,
et je donne la parole à Mr Serge Blisco Serge Blisco Merci, Mr le président, merci merci. Mr le préfet, juste deux questions qui ne sont d'ailleurs pas liées, la première concerne, vous avez évoqué rapidement un certain nombre d'attentions plus particulières à porter lors des adoptions, pouvez-vous nous expliquer en quelques mots est-ce qu'il s'agit de la délivrance ou de l'enquête pour délivrer un agrément aux familles adoptantes, y a t'il eu, y a t'il une information des travailleurs sociaux sur le fait qu'elles puissent, qu'ils vérifient si la famille qui demande un agrément peut, doit être tout à fait indemne de toute appartenance, de toute dérive sectaire, ce qui est déjà arrivé, je crois qu'il y a eu des refus d'agrément pour des familles Témoins de Jéhovah qu | |||