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CAP
LC 2006
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Commission
d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et
aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des
mineurs
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Mardi 12
octobre 2006 à 17 h 30 Audition de : Monsieur Jean-Michel Roulet, président de la Mission Interministériel de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Roulet La Miviludes, parmi ses nombreuses
missions que vous connaissez tous, sans doute assez bien, a trois fonctions
sur lesquelles je voudrais aujourd’hui mettre l’accent. La première est une fonction
de suivi extrêmement attentif de l’évolution du paysage et du phénomène
sectaire car celui-la évolue extrêmement vite, il est changeant, d’une
année sur l’autre, les données sur lesquelles nous devons nous pencher
ne sont plus les mêmes. Et à cet égard, il faut noter que depuis les
derniers travaux de 1999, les sectes ont manifesté à l’égard des mineurs
un intérêt qu’elles n’osaient peut-être pas démontrer, ou qu’elles
ne manifestaient peut-être pas de manière aussi aiguë. Deuxième fonction essentielle de
la Miviludes de nos jours, c’est dans sa fonction de lutte contre les
dérives sectaires, une fonction d’information. […] Et puis, troisième volet important,
c’est celui de la coordination, de l’action des services de l’Etat,
pour faire en sorte que les victimes puissent, lorsqu’elles le demandent,
obtenir réparation du préjudice et du dommage qu’elles ont subi et pour
faire en sorte également que ceux qui se sont rendus coupable de méfaits
totalement inacceptables puissent voir passer la justice. Je
crois en ce domaine, à l’exemplarité de la peine car nous avons en face
de nous des délinquants qui savent parfaitement ce qu’ils font. La victime, le dommage
est au centre des préoccupations de la Miviludes. Sans dommages, il
n’y a pas de victimes, et sans victimes, nous nous trouvons confrontés
à cette idée qui est parfois évoquée, de la liberté totale de pensée
et de conscience contre laquelle il n’y a absolument rien à dire et
rien à restreindre. Mais en revanche, on ne peut pas
au nom de telle ou telle liberté, porter atteinte à la dignité, à la
sécurité, à la santé morale, à la santé physique des personnes et des
mineurs en particulier. Au titre de ces trois activités que
j’évoquais tout à l’heure, de suivi, d’information et de lutte contre
les dérives sectaires, la Miviludes a été conduite
en 2005 à mettre l’accent sur des dérives qui, sans être nouvelles,
nous paraissaient particulièrement inquiétantes puisqu’elles touchaient
une population très vulnérable : celle des mineurs. […] Il y a d'abord celle des mineurs qui naissent
ou qui arrivent très jeunes dans une secte avec leurs parents ou avec
l'un de leurs parents. Et pour
ceux là, la vie va commencer dans un véritable enfermement, ils ne connaîtront
rien d'autre que les mécanismes sectaires dans lesquels leurs parents
les auront, de bonne foi ou de mauvaise foi, induits. […] On peut dire également
aujourd'hui, que les enfants, les mineurs, ne sont à l'abri sur aucun
point du territoire. Le phénomène sectaire s'étant dilué ces dernières
années, ils sont exposés, qu'ils résident dans des grandes villes
ou qu'ils résident à la campagne et ils sont même exposés lorsqu'ils
sont en milieu carcéral, puisqu'on a vu des organisations sectaires
s'adresser directement à eux pour leur proposer des formations, pour
leur proposer des programmes de caractère humanitaire, scolaire ou
spirituel pour faire en sorte que le jour où ils sortiront, ils pourront
devenir des adeptes. On s'adresse là aussi à des enfants qui sont
dans une situation de vulnérabilité particulière. […] Les sectes s'intéressent
à l'enfant avant même sa naissance. On a entendu parler tout récemment,
à l'occasion d'une naissance très "people", d'un accouchement
scientologue. […] Il y a celui des séjours
linguistiques et je vous citerai par exemple le cas d'un stagiaire
qui a travaillé à la Miviludes et qui devait faire un séjour aux Etats-Unis.
Par chance, c'était un jeune majeur, déjà, il avait 19 ans, comme
le groupement par lequel il était passé a connu des déboires financiers,
il s'est retrouvé aux Etats-Unis, arrivé dans la région de l'état
de Washington, sur la côte ouest des Etats-Unis sans lieu d'accueil.
Et il s'est trouvé qu'une famille s'est présentée pour l'accueillir et c'était une famille
Mormon assez intégriste. Ce garçon n'a pas été
converti au mormonisme, et la famille a été d'une grande correction
avec lui, c'est-à-dire qu'elle l'a amenée une ou deux fois à l'office
et n'a pas insisté. Mais imaginez ce qui aurait pu se passer si ce
garçon ou cette jeune femme, éloigné de sa famille, dans un état de
faiblesse, alors qu'elle ne se trouvait plus là où elle pensait être
avec un stage bien organisé, elle aurait très bien pu tomber dans
une organisation beaucoup plus dangereuse que ne l'étaient ces mormons.
[…] C’est la raison pour laquelle je
vous disais, Monsieur le président, que votre commission va rendre un
grand service aux services de l’état qui sont chargés de coordonner
cette action de lutte, de prévention d’abord et de lutte parce qu'un
relief sans précédent va être donné à ces atteintes et par conséquent
tout le monde va comprendre qu’il faut absolument réduire le plus possible
ces atteintes. Nous n’arriverons jamais
au résultat zéro parce que les enfants qui vivent dans les communautés
fermées, ils ne sont pas très nombreux mais ils sont certainement
plusieurs centaines dans notre pays, pour ceux-là, très souvent, nous
ne savons pas tout ce qui se passe, il faut le reconnaître très humblement
et puis il y a également le risque que je n’ai pas évoqué tout à l’heure,
qui est celui de voir les enfants passer de l’autre coté de nos frontières
ce qui s’est produit déjà à la frontière belge et à la frontière espagnole.
Et là nous ne pouvons bien sûr plus suivre ce qui se passe. Mais j’aurais
quelques propositions à vous faire dans un instant si vous le voulez,
Monsieur le président. Vuilque : rapporteur Je voudrais vous remercier Monsieur
Roulet à mon tour pour votre intervention. Ma question complètera celle
de mon collègue. Dans le bilan judiciaire de votre rapport de la Miviludes
2005, page 104 très précisément,
la Miviludes signale pour l’année une quarantaine d’enquêtes
judiciaires relatives à des mouvements commettant ou ayant commis des
dérives sectaires. Pouvez-vous nous en dire plus sur la typologie
des victimes, sur le pourcentage des mineurs voire des enfants handicapés
concernés et pour insister sur la question que posait mon collègue tout
à l’heure, est-ce que vous considérez que notre législation en la matière
est suffisante ou est-ce que vous considérez que par rapport à ces faits
très précis, très pratiques, il y a éventuellement un certain nombre
de dispositions supplémentaires à, pourquoi pas, adopter. Roulet Merci Monsieur le rapporteur.
Donc, dans les cas qui sont évoqués, le pourcentage d’enfant doit
être de l'ordre, à peu près, 1/3 d’enfants, 2/3 d’adultes. Pourquoi ce pourcentage alors que
j’ai dressé un tableau assez noir de la situation. Et
bien d’abord parce que les violences faites aux enfants au sein des
mouvements sectaires ne sont pas toujours connues, et sont même très rarement connues. Elles ne sont connues que lorsque les parents n’appartiennent
pas eux-mêmes à ce mouvement car sinon les parents ne vont pas dénoncer
quelque chose à quoi ils adhèrent totalement. Et lorsque les enfants
devenus majeurs auront peut-être réussis à sortir de cette emprise,
ils n’auront pas non plus nécessairement envie de dénoncer les faits
et c’est la raison pour laquelle les violences faites aux mineurs,
tant sur le plan physique que sur le plan mental, sont très peu connues
et viennent rarement à la connaissance de la justice. Vuilque Est-ce qu’on pourrait donner un pourcentage
? Il y a une quarantaine d’enquêtes judiciaires, cela veut dire qu’il
y a probablement beaucoup plus de cas connus et comme vous le dites
très justement, le fait de ne pas porter plainte, le fait de pas avoir
à la connaissance les faits précis, montre aujourd’hui que ce pourcentage
est très faible par rapport à la réalité ; qu’est ce que vous en
pensez ? Roulet Je pense qu’il est trop
faible mais la justice ne peut se saisir que d’éléments parfaitement
établis, elle ne peut pas se saisir d’initiatives si elle n’est pas
informée des faits. Si elle est informée des faits soit
par les parents, soit pas les services sociaux, soit par les services
départementaux soit par les services de l’état, bien entendu, elle
va se saisir des faits. Mais les cas sont
extrêmement rares et il est parfois difficile de nos jours de considérer
… la justice ne considère pas toujours comme une dérive sectaire les
faits qui sont rapportés, un certain nombre de faits qui sont rapportés
et qui sont en réalité des délits de droit commun mais qui sont commis
dans le cadre d’une dérive sectaire, ne sont sans doute pas comptabilisés
comme tels dans les statistiques. Vuilque Excusez moi de vous interrompre.
Est-ce que vous considérez qu’il y a de la part notamment des magistrats
une certaine réticence à aborder ce phénomène, ou un manque d’informations
? Roulet Non je pense qu’il n’y a ni l’un
ni l’autre ; il y a d’abord de la part des familles une certaine
réticence à dénoncer les faits de cette nature, ça c’est clair. Mais
de la part des magistrats, le point que l’on pourrait noter jusqu’à
présent est que la loi About-Picard n’a pas encore été exploitée comme
elle pourrait l’être et là, je crois qu’il est nécessaire de compléter
la formation. […] .. lorsqu'un délit que je vais qualifier
de droit commun est établi comme le viol, l’inceste, l’absence de soin
etc. … le magistrat instructeur ou la juridiction de jugement considéreront
qu’il y a suffisamment d’éléments établis pour qu'un délit puisse être
caractérisé et pour que la personne qui s’en est rendue coupable puisse
être poursuivie et punie comme le prévoit le code pénal et ils se disent
qu’ à partir de là, il n’est peut-être pas nécessaire d’établir le phénomène
d’emprise mentale, car cela peut compliquer les choses, cela peut créer
des voies de recours, cela peut être gênant pour la victime elle-même
qui ne souhaite pas voir évoquer le fait qu’elle a été sous emprise
mentale et à partir de l'instant où le droit commun suffit, à quoi bon
se compliquer la tâche. Mais cela dit, ce que
nous pensons et ce que pensaient les législateurs si j’ai bien relu
les débats de l’époque, c’est que ce texte devait permettre d’exercer
des poursuites sui generis, c'est-à-dire quand bien même il n’y a
ni viol ni absence de soin ni rien dès l’instant où il a emprise,
c'est-à-dire abus, du délit d’abus de faiblesse, à ce moment là des
poursuites sont possibles. A ma connaissance, à l’heure actuelle,
il n’existe qu’un cas de jurisprudence où les personnes ont été condamnées
sur cette base, mais on peut penser, on peut espérer que dans les mois
qui viennent il y aura d’autres cas puisque depuis lors, l’ENM organise
chaque année des séances de formation au cours desquelles ces textes
sont commentés, sont présentés, au cours desquelles des exemples précédents
de jurisprudence sont examinés à la lumière de ce texte pour voir comment
ils auraient pu être jugés le cas échéant et par conséquent il faut
laisser au temps le temps en ce domaine et 5 ans pour une loi c’est
encore très jeune et je suis persuadé que cela a été un apport considérable.
Alors, pour l’avenir, y a t'il des
modifications de législation à apporter ? Bon, la législation est
toujours perfectible, notre législation est déjà complète, complexe,
ancienne, solide ; il y a un vrai problème qui se pose et vous-même
l’avez évoqué je crois dans une interview ou dans … votre discours à
l’assemblée, c’est celui de la prescription. Alors il ne faut peut-être
pas l’envisager sous l’angle de la prescription même mais sous l’angle
du moment à dater duquel court la prescription. Il y a un certain
nombre de délits pour lesquels la prescription court non pas à la
commission des faits mais à partir du moment où les faits sont révélés.
Et bien s’agissant des
violences faites aux mineurs, on pourrait très bien considérer que
les délais de prescription restent les mêmes que ceux qu’ils sont
dans la loi aujourd’hui dans les différents types d’infractions mais
que le délai ne court qu’à partir du moment où le mineur devient majeur
ou qu’à partir du moment où la personne n’est plus sous l’emprise
qui lui interdit d’agir. Car il faut bien comprendre que quand la personne est sous emprise, elle n’est pas elle-même
c'est-à-dire qu’elle ne voit pas le choses comme nous la voyons, comme
vous la voyez comme je la vois, elle la voit à travers la pensée du
gourou auquel elle ne veut surtout pas faire de peine. C'est-à-dire que cette
personne, parce qu’elle est sous emprise du gourou et sous influence
et c’est bien sa volonté qui s’applique mais sa volonté est en fait
complètement masquée par celle du gourou.
C’est sans doute dans cette voie
qu’il faut rechercher une solution qui permettrait la dénonciation de
faits commis à l’époque où les personnes étaient mineures et qui permettrait
que ceux qui s’en sont rendus coupables soient normalement poursuivis
car aujourd’hui trop souvent la prescription joue. […] Roulet Monsieur le Député,
c’est effectivement l’une de nos préoccupations, nous l’avons dit, car
le Ministère de la Jeunesse et des Sports qui est en charge du contrôle
de ces centres n’est tenu de faire des contrôles et ne peut faire des
contrôles que pour des stages dont la durée excède sept jours. C’est
la raison pour laquelle j’évoquais tout à l’heure le fait qu'un certain
nombre de ces stages sont organisés sur cinq ou sur six jours, car cela
les place en dehors du champ de contrôle. C’est sans doute, Monsieur
le Rapporteur, l’un des points sur lesquels on peut envisager une amélioration
de la réglementation, ça ne passe pas par la voie législative,
mais ça peut être une suggestion qui serait faite, sans qu’il y ait
obligation, qu’il y ait au moins possibilité. S’il y avait obligation,
il faudrait doubler les effectifs du Ministère de la Jeunesse et des
Sports donc, je crois qu’on ne peut pas en arriver là, mais en tout
cas qu'il y ait cette possibilité car je crois que la peur du gendarme
est le début de la sagesse et qu’un certain nombre d'organismes seraient
plus prudents qu’ils le sont aujourd’hui. Alors le risque, il existe,
parce que nous avons des signalements. Nous
avons des signalements, non pas de la part des mineurs, nous avons des
signalements de la part des parents, de la part des associations qui
nous disent que tel parent au retour de stage de l’un de ses enfants
est étonné par son changement de comportement, par exemple, il ne veut
plus manger de viande ou par exemple il adopte un discours extrêmement
rigoureux, il n’accepte plus la contestation sur un certain nombre de
choses. Donc là visiblement les parents ont des doutes, des inquiétudes
en se disant : "mon fils, ma fille est tombé sous l’emprise
d’un gourou. » Il y a eu récemment une condamnation, je
pense que vous l’avez tous en mémoire, après que des jeunes mineurs
aient perdu la vie en mer dans un petit voilier sur les côtes de la
Manche, je crois. On était certainement ici, dans une situation où d’une
part, le personnel d’encadrement n’avait pas la formation requise, et
d’autre part il y avait dans cette volonté de former le caractère, une
approche qui peut s’assimiler à une approche de dérive sectaire. Car
il est certain qu'on doit adapter les exigences que l’on à l’égard des
mineurs aux capacités qui sont celles de leur tranche d’âge. Il y a
un vrai danger que vous évoquez, qui est celui de la formation des personnels
d’encadrement. […] Les méthodes qui sont
proposées sont des méthodes qui sont manifestement dangereuses. Nous
avons déjà des contacts avec l'association des Maires de France et l’association
des Présidents Français et Généraux.. […] Myard Merci, Monsieur le président, Monsieur
le préfet, vous avez fait allusion au milieu de votre exposé sur les
enfants embrigadés dans les écoles privées, dans la nature, école
entre guillemets, est-ce que la Miviludes
a enquêté sur ce qui se passe pour un certain nombre d’enfants qui
seraient embrigadés dans des sortes d’écoles hum… intégristes – religieuses
et qui disparaissent du secteur public, dès la maternelle par exemple.
Est-ce que vous avez des cas que vous pourriez nous conter ? […] Roulet […] Donc, il faut bien savoir de quoi
nous parlons, donc dans le domaine de l’enseignement, il y a l’enseignement
public, il y a l’enseignement privé sous contrat, qui subit exactement
les mêmes contrôles que l’enseignement public et puis après, il y a
des tas d’autres choses. L’enseignement privé du type de celui
que vous évoquez, l’enseignement à distance, le télé-enseignement, ou
l’enseignement à domicile par les parents eux-mêmes. Le Ministère de
l’Education Nationale, informé localement par les Maires, sait normalement
où sont les enfants et sait normalement où sont les enfants qui ne sont
pas à l’école. La difficulté pour ce qui concerne
le télé-enseignement, et je l’évoquais rapidement tout à l’heure, c’est
que les centres de télé-enseignement sont situés hors du territoire
français. Ce qui, avec le développement de la téléphonie et les moyens
de communication, est le cas le plus fréquent aujourd’hui, puisque cela
coûte beaucoup moins cher. Il reste ces écoles implantées en France
qui ont des murs, qui ont des toits, qui ont des cours de récréation
et dans lesquelles est dispensé un enseignement particulier. Là aussi, j’aimerais, pour vous montrer
que les choses ne sont pas simples, je suis sûr que vous savez, c’est
pour cela que vous m’avez posé cette question piège, là aussi je voudrais
dire qu'y a deux cas à étudier, je vais prendre
l’exemple des Témoins de Jéhovah. Les Témoins de Jéhovah sont une
communauté importante en nombre, fermée, nul ne peut le contester,
mais dont les enfants vont à l’école publique. Alors on va
se dire "tout va bien" ! Ils sont à l’école publique
donc là ils reçoivent le même enseignement que tous leurs concitoyens
du même âge, car il s’agit bien de cela, de citoyens et de futurs
citoyens, et tout va bien ! Alors, tout ne va pas bien !
Parce que ces enfants là, on leur dit quand ils sont chez eux,
"Tu vas à l’école, mais on va te raconter des histoires qui sont
complètement fausses, on va te parler de la théorie de Darwin, la
théorie de Darwin, ça tient pas la route, c’est une invention du diable,
en fait, il faut croire uniquement à la théorie créationniste. Tu
ne le dis pas à tes petits camarades, laisse-les dans l’ignorance.
Toi tu appartiens à une élite, laisse-les dans l’ignorance".
Mais on leur dit qu'il faut qu'ils aient de bons résultats, alors
il faut apprendre ce que le maître te dit et tu auras une bonne note
à ta composition". Ca c’est complètement
schizophrénique comme attitude. C'est-à-dire qu’on vous demande d’apprendre,
de retenir et de réciter quelque chose auquel vous ne croyez pas et
dont on vous dit que c’est une création du diable. Ces enfants sont donc en apparence en milieu ouvert mais
sont en fait doublement en milieu fermé car ils sont obligés de jouer
une double comédie, car certains d’entre
eux qui sont quand même ouverts, qui sont des enfants comme les autres,
ils se disent "mais c’est pas possible, ce que me disent mes
parents ça tient pas la route". Donc ils jouent la comédie en
disant "oui papa, je crois ce que tu me dis", et puis à
l’école ils écoutent ce que disent le maître, or ils savent que c’est
ce qui est juste. Donc je crois que
la situation de ces gens-là qui sont dans l’enseignement public est
encore plus dramatique que celle de ceux dont on va parler maintenant
et que vous évoquiez qui sont réellement dans des écoles d'enfermement
et nous avons évoqué dans le rapport
de la Miviludes les Frères de Plymouth de la voie étroite qui sont des…
des familles protestantes qui ont elles-mêmes [blanc] fait scission
avec l’église d’Angleterre, à l’origine sous l’égide d’un certain John
Darby, donc devenus Darbystes, et puis les Darbystes n’étant pas assez
intégristes, il y a eu un Monsieur Raven, alors il y a les Ravenistes
qui sont encore plus intégristes, et puis Monsieur Raven étant jugé
encore trop laxiste par certains… (coupure de la bande durant 3 secondes),
ils rencontrent les autres jeunes gens, ils vont rencontrer là les pires
exemples qu’ils puissent rencontrer, alors nous leur dispensons nous
une formation. Les contrôles effectués par l’Education Nationale doivent
permettre que le contenu des programmes de l’Education Nationale est
bien respecté. Sans doute l’est-il ! Mais en dehors de cette école, ces enfants qui vivent en milieu
fermé vont recevoir un complément d’enseignement qui va aller exactement
dans le même sens que ce que je vous indiquais tout à l’heure et qui
ne va permettre en aucun cas l’épanouissement de ces enfants, qui ne
va surtout pas leur donner un sens critique et qui doit les maintenir
dans cet état de dépendance totale et de robotisation future pour appartenir
parfaitement à la secte dès le départ. Alors il y a la même chose
aux Etats Unis chez les Amish, nous on en a très peu. Les Amish paient
leurs impôts mais n’envoient pas leurs enfants à l’école publique parce
qu’ils disent "qu'y a-t-il besoin de savoir, compter pour ne pas
se faire voler et ne pas voler son voisin et lire pour lire les écritures
saintes". Donc les Amish ont ce type d’éducation, c’est le cas
des Frères de Plymouth… […] Myard Excusez-moi… Pourriez-vous être plus
précis… Bon ça on les connaît, on les avait déjà tangentés dans les
deux premières commissions d’enquête, on a d’autres phénomènes actuellement
sur le territoire national qui se développent dans une autre religion
du livre qui… qui échappe totalement
au système public et qui est une sorte d’embrigadement total des esprits
dès l'âge de 2 à 3 ans et là, vous avez cité, je dirais des filiales
du judéo christianisme, filiales entre guillemets, mais il y a du côté
de l'islam, des problèmes qui sont en train de se poser, est-ce que
la MIVILUDES a tangenté ce problème ? Roulet Pour vous répondre très franchement,
Mr le député, pas encore, pas encore mais il est évident que c'est
un sujet qui nous tient à coeur, alors pourquoi pas encore ? Parce que la MIVILUDES, pour obtenir des renseignements dans
tous les domaines, est tributaire de l'ensemble des services de l'Etat
et notamment du ministère de l'intérieur qui est une source normale
et légitime de renseignements, et actuellement les problèmes d'islamisme
sont liés par quelque chose que je me garde bien de traiter comme
un amalgame, sont liés à un risque terroriste. Il est clair que l'on
craint aujourd'hui certains prêches qui peuvent entraîner le départ
vers des camps de formation d'un certain nombre de jeunes gens. Et
c'est le seul secteur parmi tous ceux que nous évoquerons je pense
où il y a un risque de passage à l'acte terroriste. C'est la
raison pour laquelle ces questions sont suivies et coordonnées par
le ministère de l'intérieur, et c'est la raison pour laquelle, pour
l'instant, je ne m'en suis pas préoccupé, je crois que l'on n'éludera
pas le problème, et qu'il faudra un jour le poser ; il y a certainement
dans cette communauté comme dans les autres, des risques de dérives sectaires, les risques de dérives
sectaires ne tiennent jamais aux croyances, rarement à la doctrine,
ils tiennent toujours aux hommes, il y en a dans tous les groupes
de pensées que ce soit des groupes de pensées philosophique, ésotérique
ou religieux et il y a, là comme ailleurs, un risque de dérives, certaines
nous sommes connues, on peut considérer que persuader des mineurs
de se placer une ceinture d'explosifs autour de la taille pour aller
se faire sauter au milieu d'autres personnes, on peut quand même considérer
que c'est déjà une sérieuse dérive. […] la Cour européenne des
droits de l'homme d'ailleurs dit clairement dans un certain nombres de ses décisions
que pour elle, religion ou secte, c'est un débat qui n'a pas lieu
d'être, qui n'a pas de sens car toutes les religions sont autorisées,
et les sectes dans la mesure où c'est une division des croyances,
sont autorisées par nature, ce qui est interdit, ce sont les actes
délictuels, les actes matériels que l'on peut démontrer. […] Comme tout citoyen, elle a, non seulement
la possibilité, mais le devoir. Dans un souci
d’efficacité, la Miviludes passe toujours par le membre de la magistrature
qui siège en son sein qui représente le directeur des actions criminelles
et des grâces. Systématiquement, c’est plus efficient, on est sûr
de saisir le bon parquet, le bon procureur, le bon magistrat et donc
les échanges sont immédiats dans ces cas là, et heu… […] Monsieur le député, je
me suis rendu à Strasbourg où différentes rencontres avaient été organisées
à mon intention par notre ambassadeur, auprès de la représentation permanente,
auprès du Conseil de l’Europe. [… ] il faut déjà avoir une
certain assise internationale pour être capable de se structurer comme
cela. Donc essentiellement, c’est la Scientologie et ce sont
les Témoins de Jéhovah. Ce sont les deux qui font le lobbying le plus
efficace et le plus forcené à Strasbourg et à Bruxelles.
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CAPLC
- CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion
- Liberté de Conviction
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