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CAP
LC 2006
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Commission
d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et
aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des
mineurs
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Audition de : Madame Catherine
Picard, présidente de l’Union Nationale des Associations de défense de
la Famille et de l’Individu
Extrait Catherine Picard […] … nous avons traité le sujet sous trois formes d'entrée
: les atteintes aux liens familiaux, les atteintes à l'intégrité corporelle
et au développement physique...excusez-moi... les atteintes au développement
intellectuel, psychologique, moral et social. Nous l'avons référencé avec les textes de lois en
vigueur dans notre pays ainsi qu'avec les articles de la convention
internationale des droits de l'enfant dont je dirais dans mon propos
qu'elle est assez peu utilisée. Par ailleurs ce récapitulatif
est donc...sera formulé sous la forme donc de trois entrées, de trois
tableaux ; et nous avons apporté à la commission, qui semblait avoir
des demandes très précises en matière de témoignages, outre celui
des victimes que nous...que vous avez entendues, un …. récapitulatif
de 12..... de 112 cas heu...dont la commission appréciera ... le contenu,
qui reprennent les types de maltraitance ; donc les trois entrées
par les atteintes que je viens de citer, les groupes ou les techniques
….., puisque aujourd'hui, les groupes fermés sont encore très virulents
mais la multiplication des groupes et des applications de technique,
particulièrement sur des thérapies dites alternatives, sont importantes.
[…] Par l’étude des cas que nous proposons à la commission, nous
pouvons mesurer la complexité des situations rencontrées et mieux comprendre
la perplexité des professionnels confrontés à ces cas. Ennui, frayeur
et souvent déroute sont souvent les réactions des magistrats, des juges
des affaires familiales, des assistants éducatifs ou sociaux. Grand
est le pas à faire sur la formation et l’explication de la problématique
sectaire encore dans notre pays. Ce désarroi est orchestré
par la confusion entretenue, mêlant la dimension des croyances et
de la religion dans les propos communément divulgués par quelques
sociologues des religions et les sectes elles-mêmes. […] Picard Ce qui n’est pas pris en compte,
c’est le phénomène sectaire, ce qui n’est pas encore assez pris en compte
c’est le phénomène sectaire. Quand il y a viol sur mineur, il y a viol
sur mineur ; donc le tribunal va travailler sur le viol mais il
va repousser la dimension sectaire. Le dernier cas en date
c’est au tribunal de Pontoise où une ADFI n’a pas été reconnue partie
civile mais a pu assister au débat - et on peut en remercier le président
– cas du viol d’une mineure de 11 ans par un Témoin de Jéhovah … par
un Témoin de Jéhovah qui avait 21 ans au moment des faits …. le temps
que les faits avant la prescription, 10 ans passent, le jour des assises
15 ans avaient passé et la dimension Témoins de Jéhovah a été présente
dans tout …. dans le tribunal constamment mais ça n’a pas été pris
en compte réellement pour ce qu’elle avait d’important au moment des
faits. […] Les mouvements sur lesquels
nous sommes le plus interrogés aujourd’hui restent la Scientologie,
les Témoins de Jéhovah, les églises Évangélistes et l’importance dans
leurs disparités multiples et groupusculaires qu’elles prennent et
ensuite tout ce qui concerne les médecines - alors je ne sais pas
comment appeler, si on doit les appeler alternatives, nouvelles si
on répond aux prescriptions du Docteur Hamer, elles doivent être nouvelles
- en tout cas, toutes ces techniques non approuvées scientifiquement
sur lesquelles, je veux être précise, nous n’avons pas d’idées particulières
sinon que nous voyons les résultats de leur application puisque encore
une fois des parents adeptes et professant la Kinésiologie, adeptes
de régimes végétaliens ont laissé mourir un enfant de 16 mois de faim
et de mauvais traitements … enfin de mauvais traitements du fait qu’il
est mort de faim et ce qui a donné lieu au procès de Quimper l’année
passée. Donc nous voyons bien
qu’il y a toujours une forte interrogation et un nombre de plaintes
important sur les grands mouvements sectaires, ceux que je viens de
citer, qui sont connus, constitués et architecturés. Il y a une deuxième
série de plaintes donc sur tous ces groupes dont j’ai parlé qui représentent
une mouvance à peu près de 500 groupes, 600 groupes qui varient mais
qui sont connus à travers les techniques dans d’autres pays d’Europe.
C’est à dire que c’est
toute la mouvance que nous appelons la mouvance New Âge qui va comprendre
le décodage bioénergétique, la référence à l’Aura, la Kinésiologie,
les enfants Indigo et d’autres techniques dont je n’ai pas listé ...
que je n’ai pas listées avant de venir. Ces groupes sont diffus,
ils sont … ils fonctionnent en réseau, ils fonctionnent en réseau
… ils sont très présents sur l’ensemble du territoire et je pense
que pour être honnête il faut dire qu’ils répondent dans l’esprit
de nos concitoyens à des interrogations ; interrogations sur
l’alimentation, interrogations sur la médecine, interrogations sur
l’éducation, et aussi ils répondent à des désarrois parce que partout
où la puissance publique est absente pour répondre à une situation
donnée … nous prendrons le suivi des toxicomanes et en rapport
avec l’action menée par la Scientologie et son association Narconon
… partout où la puissance publique ne répond pas, non pas parce qu’elle
ne le veut pas mais parce qu’elle n’a pas mis les outils en route,
les mouvements sectaires rentrent dans ces fenêtres qui sont véritablement
des opérations de marketing et de normes et d’écart tout simplement
et y installent leur petite boutique. Ils font leur commerce, souvent
assez lucratif et proposent des solutions de substitution. Alors, dans le domaine
de l’éducation, on voit les dangers que cela peut donner, dans le
domaine de la santé, malheureusement, ils amènent à des décès et à
des perturbations qui sont encore plus nocives, s’il y a une gradation
lorsqu’il s’agit d’enfants. Donc la dangerosité est
moins perçue dans ces groupes parce que plus dans l’air du temps,
j’allais dire. Ouvrez certaines revues pseudo scientifiques ou de
pseudo psychologie et vous verrez dans toutes les annonces des dernières
pages, vous avez l’intégralité de la proposition de ces nouvelles
formes … j’allais dire de techniques médicales alternatives et comme
le faisait remarquer un médecin, si la médecine propose de soigner,
la secte ou ces mouvements proposent de guérir et il y a quand même
une petite nuance ; donc sur la dangerosité, on voit bien que
là, la différence est bien marquée. […] Fenech Vous savez
combien il y a de procédures en cours ? Ou jugées déjà ? Picard … de procédures en cours ... Fenech Depuis
la parution de, depuis la parution de votre loi, combien de ... Picard Il y en
a, il doit y en avoir cinq ou six en cours. Fenech Pas plus
? Picard Pas plus.
Alors, je pense que là on atteint un autre aspect du problème sur les
... Fenech Comment
vous l'expliquez, ce faible nombre ? Picard Parce que, ..., je vais reprendre les propos précédents. La victime sectaire
n'est pas une victime,..., enfin bon je peux pas le dire comme ça,
parce que je ne veux pas être injurieuse envers les autres victimes
en général, mais la victime qui est un, une ex-adepte sectaire, n'est
pas une victime ordinaire. C'est une victime qui a énormément de mal à faire le premier pas, déjà
pour aller chercher de l'aide et du secours. C'est un temps extrêmement
long, de maturation, c'est un temps qui est aussi totalement empêché
par du harcèlement, par des menaces, par des brimades, par de la honte,
de s'être laissé piégé, à partir du moment où on s'en rend compte,
il est toujours difficile de reconnaître que l'on s'est trompé. C'est un moment qui est aussi empêché par le mouvement lui-même, et, généralement,
l'accueil qui est fait au moment de la déclaration des faits, n'est
pas toujours un accueil qui prend en considération le phénomène sectaire.
Ce qui empêche un grand nombre de gens de porter témoignage. […] Picard Deux ….
deux actions de justice menées jusqu'au bout ! Lorsque
j'ai regardé que certaines actions de justice ont été démarrées en 99
pour être jugées en cour de Cassation en 2006, on voit, et c'est le
parcours classique de la justice, que, avant d'avoir deux condamnations
définitives, il va falloir que d'un autre côté, les magistrats prennent
en compte le phénomène sectaire, parce que si on ne prend jamais en
compte le phénomène sectaire, pour donner l'application de la loi, nous
n'aurons jamais des condamnations définitives. Je veux dire, nous tournons
un peu en rond sur ce sujet là. Et pour répondre plus précisément à la question, avant … quand nous étions
à la première lecture en 2000, il y avait à la Direction des Affaires
Criminelles et des Grâces … 130, sous réserve du chiffre, entre 130
et 135 affaires qui étaient portées au regard de la justice. Après, entre les deux lectures de la loi, le chiffre est passé à 350. Ce
qui veut dire que la publicité, la valeur symbolique de ce texte,
même si nous reconnaissons tous que c'est une amélioration du code
pénal, avait laissé entendre à des victimes qu'il était possible de
se rapprocher de la justice pour avoir réparation. […] Donc, qui est en référence,
le cas 25, [elle rit], dans le tableau, donc qui est celui que j'ai
cité donc d'une ... non pardon, qui est assez intéressant et qui vient
de l'Adfi Midi-Pyrénées
justement où la notion de prescription prend tout son sens. « En 1976, suite
à une ordonnance du tribunal, une enfant de 5 ans est confiée par
le Service d’aide à l’enfance à une famille d’accueil Témoins de Jéhovah.
Durant toute son enfance, elle doit suivre les préceptes jéhovistes.
Victime d’abus sexuels de la part du mari, à 17 ans elle fait une
tentative de suicide. Elle est transportée à l’hôpital où sa qualité
de mineure fait que la personne ayant autorité, soit la famille d’accueil
interdit la transfusion sanguine. L’hôpital fait appel au Procureur
de la République pour ordonner la transfusion. La jeune fille restera
jusqu’à sa majorité, soit encore un an après les faits, dans cette
famille d’accueil. La DDASS n’a jamais pris en compte les croyances
jéhovistes sur l’acte éducatif ». Ceci, le résumé …. vous nous excuserez,
nous avons été obligés un peu de serrer le résumé, ce qui veut dire
que, on l’a confié alors qu’il y a des décisions en France où l’on dit
que l’on ne confie pas un enfant parce que l’acte éducatif ne paraît
pas pouvoir être suivi d’un épanouissement et de tout ce que l’on peut
souhaiter en 2006 à un enfant. Là, nous avons une jeune fille
qui n’a pas pu porter plainte pour le viol puisqu’il y avait prescription
des faits ; nous avons une jeune fille qui, grâce au Procureur
de la République a pu avoir sa transfusion sanguine et nous avons donc
une jeune fille qui va intenter d’autres actions en justice contre l’Administration
aujourd’hui. […] Fenech […] Vous êtes en train
de citer un exemple d’un enfant qui est confié par l’Administration - la DDass -
à un couple de Témoins de Jéhovah. Cela ne peut que laisser
perplexe. Picard En 76 Fenech En 76 !... Picard Elle avait cinq ans. […] Fenech Est-ce que ce genre de chose peut
se produire encore aujourd’hui qu’un Conseil général, une DDASS confie
un enfant à un couple Témoins de Jéhovah ? Est-ce que c’est normal ? Mme Picard Alors, Monsieur le Député, Monsieur
le Président, je crois qu’on ne peut pas le dire comme ça sinon on serait
attentatoire à la liberté de conscience et ce qui n’est pas le propos
de cette Commission. Je pense que ce n’est
pas le fait qu’il soit Témoin de Jéhovah ou qu’il soit adventiste
ou, je ne sais pas, je n’ai qu’à en prendre d’autres, un au hasard,
qu’il appartienne à la Fraternité Blanche Universelle ou au groupe
Crillon qui est importante, c’est le fait de savoir comment, de manière
légale, nous allons pouvoir démontrer que les doctrines qui sont préconisées
à l’intérieur de tel ou tel groupe sont préjudiciables à l’épanouissement
d’un enfant et à son devenir. […] Vanneste […] Alors, la question que je
voulais vous poser, c'était, croyez-vous possible et même nécessaire
de fixer dans le fond les critères objectifs qui permettraient de bien
délimiter parmi toutes les communautés de croyances « petites »,
ce qui serait une définition très large, de ce qu'on appelle une « secte »
: Une communauté de croyances « petite ». Croyez-vous possible et nécessaire
de déterminer les critères objectifs qui, à l'intérieur de ce grand
cercle, permettraient donc de délimiter un petit cercle, celui qui correspondrait
effectivement au sectes nuisibles ou nocives. Mais, je m'empresse
de dire, est-ce que si vous ne répondez pas positivement à cette question,
il n'y aurait pas dans le fond une sorte de procès d'intention, ou
tout au moins d'hypothèse suivant laquelle toute appartenance à une
petite communauté de croyances assez rigides serait en soi dangereuse
pour l'éducation des enfants. ...[long silence] Picard Je ne répondrai
pas par oui ou par non si vous le permettez. Je dirais que la réflexion,
je vais répondre par une forme de boutade et après je vous répondrai
plus sérieusement. Quand je travaillais
sur la toxicomanie, que je faisait de la formation de formateurs,
on me disait toujours, tous les gens qui fument du hasch ne passent
pas à l'héroïne mais tout ceux qui sont passés à l'héroïne ont commencé
par le hasch ... Donc, je vais pas faire de rapprochement qui serai
un peu, j'allais dire Vanneste : ...la comparaison est mal choisie... Picard Exactement, mais,
je ne résistais pas au plaisir ... |
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