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CAP
LC 2008
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Commission
d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et
aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des
mineurs
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Manque les 5 premières minutes ainsi que les 5 dernières minutes de l'intervention Monsieur Leschi ............d'événements liés aux témoins de Jéhovah. Donc le bureau central des Cultes ….. ça c’est la question des supposées
sectes ….. et de la santé physique et mentale des enfants. Je crois qu'il me semble important pour apprécier cette question de vous
indiquer dans quel cadre normatif, se situe ma pratique administrative
que votre commission souhaite interroger, pratique qui intervient dans
le domaine de la protection de la liberté de conscience et de son articulation
avec la protection des mineurs. Comme vous le savez, la règle en matière cultuelle dans notre régime
juridique est celle de la liberté du culte. Son fondement est dans la
loi de 1905, qui affirme dans son article premier, que la République
assure la liberté de conscience sous les seules restrictions édictées
dans l’intérêt de l'ordre public. La deuxième grande notion de ce régime est le fait
que l'activité cultuelle est publique. C'est la notion du libre exercice
public du culte ; c'est à dire le fait que si la loi de 1905 a privatisé
le fonctionnement des cultes, en mettant fin au système des cultes reconnus,
elle a aussi précisé que les
fidèles ont le droit de pratiquer leur culte de manière publique et
non dans la seule sphère privée, comme le précisent notamment les titres
3 et 5 de la loi de 1905. C'est ainsi que pour bénéficier des avantages
fiscaux, les bâtiments cultuels doivent être des lieux de culte ouverts
au public. Cette liberté de croyances s'articule avec le droit des parents de choisir
ce qu'ils souhaitent transmettre à leurs enfants, car notre cadre juridique
comprend aussi le droit des parents d'éduquer leurs enfants dans les
valeurs de leurs choix dès lors qu'elles ne portent pas atteintes à
l'intégrité physique et morale des enfants — c'est ce que rappelle l'article
371-1 du Code Civil : « l'autorité parentale appartient aux
pères et mères jusqu'à la majorité ou l'émancipation de l'enfant pour
le protéger dans sa sécurité, sa santé et sa moralité, pour assurer
son éducation et permettre son développement dans le respect dû à sa
personne ». Il faut y ajouter la Convention européenne des droits de l'homme qui
indique que l'Etat respectera le droit des parents d'assurer cette
éducation et cet enseignement conformément à leurs convictions religieuses
ou philosophiques. Le cas échéant, le non respect de ces obligations
pourrait constituer une atteinte aux personnes, susceptible de sanctions
et un trouble à l'ordre public si ce non respect est systématisé dans
un cadre associatif. Les atteintes à la protection de l'enfance exercées pour des raisons
cultuelles peuvent être multiples ; le fait de soustraire les enfants
de 6 à 16 ans à l'instruction obligatoire, ne pas répondre à l'obligation
de soins ou de vaccinations, ne pas pourvoir aux besoins matériels des
enfants, etc. Quelles sont les responsabilités du bureau central des cultes, face à
ce cadre normatif ? L'activité du bureau central des cultes est bien de rappeler aux administrations,
aux collectivités locales, aux différents pouvoirs publics, par le
biais de circulaires, de réponses à des questions parlementaires ou
de courriers émanant d'autorités publiques que notre régime juridique
est d'abord celui de la liberté de conscience et du libre exercice
du culte. Il est aussi de rappeler, que cette liberté de conscience implique le
droit pour les parents d'éduquer leurs enfants en fonction des valeurs
qui sont les leurs. Dans ce cadre des demandes de courants qui se veulent
cultuels et qui concernent des enfants, la question posée au Bureau
central des cultes est de savoir s'ils respectent les obligations inscrites
par la loi en matière d'éducation ou de santé, ou si l'activité associative
cultuelle est bien conforme au droit, et de signaler toute dérive pour
que soient réprimés les troubles à l'ordre public que les fidèles de
toute confession pourraient occasionner. Faut-il rappeler que l'action du bureau central des cultes ne porte pas
sur les organismes qui exercent des activités dont certaines peuvent
être délictueuses, sans rapport avec une quelconque activité cultuelle
et qui ne cherchent pas à bénéficier des avantages consentis aux associations
cultuelles ? Je veux parler de toutes les activités pseudo médicales,
paranormales, psychologisantes, etc. Elles ne sont pas dans la compétence de mon bureau. Il peut exister,
cependant, ici et là des groupements qui pratiquent des formes dangereuses
d'exorcisme ou de guérison par la prière. Aucun, à ma connaissance,
n'a jamais demandé à bénéficier des avantages des associations cultuelles.
Mais dans ce domaine, il faut s'en tenir aux faits, et en particulier
aux atteintes à la personne et non à la manifestation de la conscience
ou de la foi. Je rappelle par exemple que l'église catholique reconnaît
la pratique de l'exorcisme. Quels
sont les moyens légaux du bureau central des cultes pour contrer les
dérives sectaires ? Le principal moyen du bureau s'exerce à travers ce que l'on appelle la
«petite reconnaissance » qui donne à l'administration le pouvoir de
contrôler les associations cultuelles demandant à bénéficier d'avantages
essentiellement d'ordre fiscal. Car si la liberté de conscience fait
que la République ne reconnaît aucun culte, elle n'en méconnaît aucun
dès lors que ce culte demande à bénéficier des avantages qui visent
à favoriser le libre exercice du culte. Je rappelle pour mémoire, que ce que l'on nomme parfois la « petite reconnaissance »
ouvre droit, d'une part à des exonérations fiscales qui vont de la taxe
d 'habitation, de la taxe foncière, de la taxe d'équipement, d'autre
part à l'exonération des droits de mutation pour les dons et legs et
enfin dans le cadre du régime de la liberté des dons manuels, la « petite
reconnaissance » ouvre droit à la capacité de délivrer des reçus
fiscaux qui ouvriront droit aux donateurs à des dégrèvements d'impôts,
ce sont les fameux articles 200 et 238 bis du code général des impôts. C'est à propos de cette procédure de « petite reconnaissance » qui ouvre
des droits pour les activités cultuelles que des critiques se font entendre
vis à vis du Ministère de l'Intérieur et du Bureau central des cultes
en particulier; notamment, cet été, à propos du rassemblement des Témoins
de Jéhovah à Lens. En effet, si la procédure d'autorisation préfectorale
donnée à une association de recevoir des libéralités ou de délivrer
des reçus fiscaux et d'abord une procédure déconcentrée, il y a une
forme d'unification de la politique administrative du ministère au niveau
national, puisque lorsqu'il y a un doute, le Préfet interroge le bureau
pour savoir s'il existe ou non un trouble à l'ordre public connu au
niveau national qui pourrait justifier un refus. Cette « petite reconnaissance » est bien, dans ce cadre, un instrument
utilisable pour le contrôle des éventuelles dérives sectaires d'un groupement
et cela d'autant plus qu'à n'importe quel moment, nous pouvons demander
au préfet d'abroger son arrêté si l'association ne remplit plus les
critères nécessaires, en particulier d'ordre public. L'ordre public et les dérives sectaires Le Ministère de l'Intérieur est parfois accusé de sous-estimer le trouble
à l'ordre public que génèreraient par nature, certains mouvements focalisant
l'attention de la MIVILUDES. Je veux parler de mouvements, qui pour
certains ont des décennies, voire des siècles d'existence, et sont issus
de grands courants spirituels ou s'y attachent comme « Les Frères de
Plymouth », une des branches du protestantisme, les Témoins de Jéhovah
et depuis quelques mois les Loubavitch qui sont l'expression d'une vieille
tradition du hassidisme Juif. Au bureau central des cultes, nous pensons qu'il faut aborder les
problématiques d'ordre public avec la plus grande rigueur et privilégier
les faits plutôt que la rumeur ou la parole douloureuse d'anciens
fidèles en rupture, dès lors que sont mis en cause des personnes et
leur dignité. Tous les courants cultuels sont susceptibles de connaître des dérives
sectaires. Seuls l'examen des faits légitiment la notion de vigilance,
sans quoi on risque fort de s'écarter de l'impartialité laïque au
profit d'un clivage entre religions reconnues / religions stigmatisées.
Le juge administratif ne cesse de rappeler cela en sanctionnant des
collectivités qui licencient des Témoins de Jéhovah, dont la seule
faute professionnelle est l'appartenance à ce mouvement. De même, il rappelle que l'on ne peut refuser la location d'une salle
à ce mouvement uniquement parce qu'il ne serait pas agréé. La pratique administrative des fonctionnaires est soumise au contrôle
du juge et elle doit obéir, dans le domaine des cultes à une double
exigence : la protection de l'ordre public et le respect de l'article
1er de la Constitution, en vertu duquel la République respecte toutes
les croyances. Les Témoins de Jéhovah et la non assistance à enfance en danger - La
question des transfusions C'est autour de l'appréciation du trouble à l'ordre public, que constitue
le refus de transfusion sanguine, que se focalise désormais l'accusation
de dérive sectaire à l’encontre des Témoins de Jéhovah. En effet, le refus de voter ne serait constituer un trouble à l'ordre
public dans un pays où le vote n'est pas obligatoire. Au demeurant, nul ne demande la dissolution de la Fédération Anarchiste
au motif que ses adhérents font du prosélytisme en faveur du refus de
vote et bénéficie pour cela d'une fréquence radio accordée par le CSA.
De même, la question du refus du service national ne se pose plus depuis
sa suppression. Enfin le prosélytisme,
c'est à dire de militer pour faire connaître et défendre ses opinions
dans la rue ou en faisant du porte à porte, n'est pas en soi condamnable
; si bien sûr, il ne s'agit pas de harcèlement. Par analogie, on n'imagine
pas retirer à un vendeur bénévole de « L'humanité Dimanche », la garde
de son enfant, pas plus qu'à un syndicaliste qui défile le premier
mai, sa fille. C'est donc bien le refus de la transfusion sanguine qui pourrait constituer
un trouble à l'ordre public, s'il s'avérait que l'affirmation de cette
croyance impérieuse entravait le fonctionnement du service public hospitalier.
Il n'appartient pas à l'administration de porter un jugement sur les
croyances ou sur la conscience des personnes, à moins de renvoyer à
un autre temps ou à un autre régime politique. L'église catholique peut condamner l'IVG, prévu par la loi, mais elle
ne troublerait l'ordre public que, si, par ses manifestations, elle
empêchait l'accès des femmes au service hospitalier. Je rappelle que le Conseil d'Etat,
dans une décision du 16 août 2002, a estimé que le refus de recevoir
une transfusion sanguine constitue l'exercice d'une liberté fondamentale
et que la loi Kouchner de mars 2002 a renforcé le droit du patient majeur à
discuter de son traitement, droit déjà consacré par la jurisprudence du Conseil d'Etat. L'un des critères permettant à une association cultuelle de bénéficier
des avantages fiscaux reconnus à cette catégorie d'associations repose
sur l'absence de trouble à l'ordre public. J'ai demandé, lors d'un comité de pilotage de la MIVILUDES, que soit
lancée une enquête auprès des agences régionales d'hospitalisation
et des hôpitaux, afin de recenser, éventuellement, les faits constitutifs
de troubles à l'ordre public, à travers des perturbations du service
public hospitalier liées au refus de transfusion sanguine. Le représentant du ministère de la santé au sein des instances de
la MIVILUDES, nous a indiqué à l'époque que ce recensement était impossible
; car de peur des procédures, les responsables hospitaliers hésiteraient
à dénoncer les troubles à l'ordre public. Cette explication me semble
légère, surtout si l'on considère que la vie de milliers d'enfants
est en jeu. On a parfois cité le chiffre de 45 000 enfants de Témoins
de Jéhovah en danger : les fonctionnaires hospitaliers sont en effet
protégés par leur statut et ont l'obligation, dans l'article 40 du
code de procédure pénale, de signaler les faits délictueux au Procureur
de la République. En vue de cette audition, il m'a semblé nécessaire de demander aux
préfectures de départements, de faire le recensement, sur les trois
dernières années, des incidents liés à la transfusion. Au vu des résultats
obtenus, ce qui remonte, c'est un petit nombre d'incidents, souvent
réglés par la discussion : jamais d'incident qui mette en cause des
enfants, où le pronostic vital, où le fonctionnement du service public
hospitalier ne m'a été signalé sur ces trois dernières années.
Ces dérives liées à l’Islam peuvent chez les jeunes
présenter un caractère mortifère, dangereuses non seulement pour eux-mêmes
mais aussi pour autrui puisqu’elles peuvent déboucher, après que ces
jeunes aient quitté leur famille et parfois leur pays, sur des actes
extrêmement violents et suicidaires. Ces dérives sectaires posent à
la fois des problèmes d’intégration et d’ordre public comme l’atteste
l’incident récent survenu à Lyon où une lycéenne qui ne s’astreignait
pas au jeûne du Ramadan a été violemment prise à partie.
Le droit d’éduquer ses enfants selon ses principes.
Dans plusieurs procédures de divorce, on constate
que l’appartenance religieuse d’un des parents est invoquée auprès du
juge par son conjoint à tort et à travers. La jurisprudence y a mis
un peu d’ordre en rappelant que l’on devait d’abord apprécier le bien-être
de l’enfant en précisant les conséquences néfastes avérées sur l’enfant
et non en les présupposant du fait de l’appartenance spirituelle du
parent.
Plus précisément, le nouveau dossier à charge est
alimenté par 3 éléments qui posent questions:
1er élément: les déclarations de l’ancien président de l’AVIFE sont mises en valeur
alors qu’il a été condamné pour propos diffamatoires envers les frères
de Plymouth par le TGI de Lyon le 4 janvier 2005.
D’après les indications fournies au préfet du Rhône,
les contrôles effectués montrent que les enfants connaissent un développement
intellectuel et physique conforme à ce que l’on est en droit d’attendre
à leur âge, cet inspecteur déclare que, je cite: « les travaux
sont rigoureux sur la forme et sur le fond, que le cours donne une impression
de sérieux, que le responsable est un ancien principal de collège qui
du reste n’est pas un adepte des frères de Plymouth comme d’ailleurs
90% des enseignants qui interviennent dans ce centre ».
Là
encore, il s’agit d’un problème de méthode et de crédibilité de l’action
publique. Au fond, lorsqu’on est imprécis dans les faits évoqués et
que l’on s'en remet aux seuls témoignages de personnes qui ont quitté
les groupes, on ne peut pas élaborer une appréciation juste des faits
en cause et réaliser une administration rigoureuse de la preuve, particulièrement
nécessaire dans une enquête qui, dépourvue des garanties propres à la
procédure judiciaire, peut néanmoins mettre en cause l'honneur des personnes.
L'enjeu est pourtant de taille, bien au delà de
la question des dérives sectaires, il s'agit de l'équilibre entre la
nécessaire protection de l'enfance et le droit des familles à choisir
l'éducation de leurs enfants. Et j'en viens aux Loubavitch. L'état peut-il légitimement
qualifier les Loubavitch de mouvement à dérive sectaire, en d'autres
termes, peut-on considérer qu'un comportement communautaire revendiqué
suffise à caractériser le trouble à l'ordre public constitutif de la
dérive sectaire ? Certes, le mode d'éducation des enfants Loubavitch
peut sembler les couper du monde, cependant, il n'est pas démontré que
cette longue tradition ait produit des difficultés sur le plan éducatif,
ni à ma connaissance de trouble à l'ordre public dans les quartiers
de Paris où se concentre la population Loubavitch. Les Loubavitch sont à l'image d'un phénomène qui
se manifeste dans notre pays depuis quelques dizaines d'années ;
on assiste au large développement d'une remise en cause des normes et
principes communément admis en vue de se mettre à l'écart ou de rester
entre soi, phénomène qui avait été déjà observé par Tocqueville, alors
même que l'origine américaine des sectes est souvent mise en avant.
Des religiosités nouvelles, du moins dans notre
pays, et des pratiques sociales non conventionnelles voient le jour.
Confrontées à une telle diversification de notre paysage spirituel et
philosophique, il est essentiel pour nous de ne pas confondre « non
conformisme » et « dangerosité », et par conséquent de
distinguer les pratiques sociales originales des pratiques à risques.
Certes, chez les Loubavitch, il existe une forte
et solennelle reconnaissance du leader aujourd’hui disparu, ce n'est
pas en soi condamnable. Certes, pour en revenir aux problèmes qui préoccupent
votre commission, les enfants portent un chapeau à partir de 13 ans
et ont l'obligation d'étudier la Tora ; obligation respectée plus assidûment
sans doute que par d'autres juifs. De tels comportements
peuvent, peut-être, étonner l'observateur. Toutefois, ils n'en constituent
pas pourtant un problème d'ordre public. Je rappelle en outre que
les établissements d’enseignement Loubavitch sont tous sous contrat
avec l'Etat. Dès lors, il serait pour le moins paradoxal, que ce que
l'Etat accorde sous le contrôle des inspecteurs de l'Education Nationale,
d'autres le mettent en cause alors que ce n'est pas leur domaine de
compétence. En conclusion, j'aimerais
souligner un paradoxe essentiel du point de vue de l'action des pouvoirs
publics. Je crains fort que la stigmatisation de mouvements comme
les Loubavitch ou Les Frères de Plymouth risque de faciliter le passage
à l'acte de personnes qui auront bon jeu de se couvrir d'une bonne
conscience anti-sectes pour justifier leurs actes de malveillances
ou antisémite. A ce titre, nous
voyons augmenter les agressions contre les Témoins de Jéhovah. Autrement
dit, je crains fort que cette stigmatisation, ce type de dénonciation
ne constitue à terme des troubles à l'ordre public ou pour le moins,
des manifestations d'intolérance à l'égard de l'une des libertés les
plus fondamentales de tout homme et de tout citoyen, la liberté de
conscience. Fenech Je vous remercie Monsieur Leschi. Aujourd'hui Monsieur
Leschi, 17 octobre 2006, je crois que c'est la première fois, en ce
qui me concerne, que j'entends un discours public, qui plus est …
qui a le mérite effectivement de la clarté, une labellisation … une
reconnaissance officielle de la religion des Témoins de Jéhovah. Je crois qu'aujourd'hui,
après vous avoir entendu, nous pouvons dire ici, vous allez nous le
confirmer, que les Témoins de Jéhovah sont la cinquième religion de
France. Vous avez, et j'ai
besoin d'explications pour qu'on aille jusqu'au bout de cette information
qui me paraît aujourd'hui véritablement, « historique »,
puisque c'est la naissance des Témoins de Jéhovah
en tant que religion à part entière, vous avez passé en revue
tout ce qui pouvait constituer un trouble à l'ordre public et qui
ne le constitue plus au regard du Ministère de l'Intérieur, et qui
donc peut donner parfaitement le statut d'association cultuelle. Vous avez énuméré le refus de vote, en disant que
le refus de vote n'est pas un trouble à l'ordre public, puisque le droit
de vote n'est pas obligatoire, le vote n'est pas obligatoire. Vous avez évoqué le service national, la question
ne se pose plus … et vous avez abordé aussi d'autres points plus … je
dirais … anecdotiques, tels que le porte à porte qui n'est pas en soi
constitutif d'un trouble à l'ordre public. Vous en êtes arrivé à la question de la transfusion
sanguine, qui est beaucoup plus délicate, en rappelant la jurisprudence
de la Cour de Cassation 2002, selon laquelle, chaque individu est libre
de refuser une transfusion sanguine. C'est le Conseil d'Etat … tout
à fait … et vous avez même évoqué le consentement possible du mineur
en capacité également de consentir un refus de transfusion sanguine.
Vous avez ensuite expliqué que lorsque des préfectures
vous demandent si - ce qui est normal dans une coordination du Ministère
de l'Intérieur - si elle peut accorder cette « petite reconnaissance »
à une association cultuelle locale, en définitive en éliminant tous
ces troubles à l'ordre public supposés, en rappelant la jurisprudence
du Conseil d'Etat, c'est en somme un peu ce qui se passe dans notre
pays actuellement, du Conseil d'Etat sur la qualification de lieu de
culte des Salles du Royaume, vous avez conclu de manière extrêmement
claire, en disant que c'est un fait indéniable, aujourd'hui, qu'il n'y
a aucune raison, pour que votre bureau refuse le statut d'association
cultuelle lorsqu'une préfecture est saisie d'une demande de « petite
reconnaissance » locale. Alors, moi j'ai besoin, et je pense que mes collègues
ici présents ont besoin d'avoir cette confirmation, ou alors c'est une
interprétation erronée de ma part, vous considérez donc au Ministère
de l'intérieur, que les Témoins de Jéhovah sont juridiquement aujourd'hui
à même de bénéficier du statut d'association cultuelle à part entière,
et il faudra que vous nous disiez pourquoi l'administration fiscale
réclame 50 millions d'euros, je crois, à peu près, de redressement fiscal,
puisque les dons manuels dont ils ont eu le bénéfice sont quand même
tombés sous la coupe fiscale. Pourquoi cette contradiction ? Et
je vous demande, mais alors très clairement car je crois que le moment
est très important, si effectivement vous êtes en train de nous dire
qu'aujourd'hui l'administration n'a aucun grief à faire aux Témoins
de Jéhovah, pour leur refuser le statut d'association cultuelle, au
même titre que n'importe quelle religion. Leschi Monsieur le Président,
d'abord il faut être très clair et très précis dans les termes. Je
sais qu'on fait parfois, on a fait cet été, au Ministère, une fausse
polémique au Ministre de l'Intérieur à propos des Témoins de Jéhovah.
Ce n'est pas le Ministre de l’Intérieur ou le Ministère de l'intérieur
qui reconnaît les Témoins de Jéhovah, comme ça … c'est l'application
des décisions, des arrêts du Conseil d'Etat. Et comme je vous l'ai
indiqué dans mes propos préliminaires, nous avons mis 7 ans avant
de nous mettre en conformité avec la jurisprudence du Conseil d'Etat.
Donc je vous le redis, dans cette affaire, nous n'avons pas fait preuve
d'un très grand libéralisme ; nous sommes, comme tout fonctionnaire,
soumis au contrôle du juge dans nos actes administratifs et en l'occurrence,
le juge administratif est très clair, les Témoins de Jéhovah ont le
droit de bénéficier des avantages des associations cultuelles. En ce qui concerne le mineur, je vous ai simplement
rappelé les textes qui ont été votés par la représentation nationale,
c'est à dire que le mineur, dans le cadre de la loi Kouchner … et puis
on lui demande son avis et puis le médecin peut passer outre, et je
vous ai indiqué que c'était sans doute un dispositif qui renforçait
la protection du mineur, puisque le médecin peut passer outre, sans
passer par l'étape de l'autorisation de justice comme il y avait avant.
Je vous ai dit que la loi 2002 protégeait tout à
fait les enfants mineurs Témoins de Jéhovah qui seraient confrontés
à un problème de transfusion sanguine une fois qu'ils sont à l'hôpital.
Donc là, la question n'est pas celle … de la manière dont vous la posez.
Enfin en ce qui concerne le redressement fiscal
des Témoins de Jéhovah qui est un redressement technique opéré dans
la période 1996-1997 sur la base d'un texte qui a été modifié à la fin
des années 1980 en ce qui concerne la taxation des dons manuels, l'administration
fiscale a, sur la base d'une assiette qui était de 18 millions, opéré
les redressements qui étaient juridiquement inscrits dans le code général
des impôts. Cela dit, les dites associations aujourd'hui sont
tout à fait en conformité avec le droit fiscal, puisqu'elles ont le
bénéfice du droit des associations cultuelles. Certes, il y a un contentieux fiscal passé entre
l'administration fiscal, entre l'Etat et les Témoins de Jéhovah, il
n'y a pas de contentieux présent sur ces dons manuels. Cela dit, ce qui a compliqué la discussion en ce
qui concerne les Témoins de Jéhovah et les dons manuels … c'est que
la loi … le cadre juridique en ce qui concerne le droit des cultes,
ne suppose pas l'existence d'une association pour exercer une activité
cultuelle, c'est la loi 1907 dans son article 4 qui prévoit qu'on peut
avoir une activité cultuelle sans association, avec une association
loi 1901, avec une association loi 1905. Aujourd'hui par exemple, 90% des associations qui
gèrent des lieux de culte musulmans, ne sont pas des associations loi
1905 mais des associations 1901, et indéniablement, elles reçoivent
des dons manuels, et je pense qu'il faut mesurer avec une extrême attention,
une application peut-être par trop systématique d'une législation qui
serait à terme, vécue par les fidèles musulmans, comme ponctionnant
leur dons, pour la construction par exemple de lieux de culte, alors
qu'elles sont en association loi 1901. Fenech Donc
Monsieur Leschi, je ne me suis pas trompé dans l’interprétation de votre
exposé, de votre texte fondateur aujourd’hui… Mr Leschi Mon
interprétation, Monsieur le Président, c’est que je ne vois pas, mais
je suis prêt à tout examiner, mais je ne vois pas aujourd’hui de dossier
montrant un trouble à l’ordre public ; je veux dire que je ne confonds
pas la liberté de conscience et … Fenech … Comprenez
bien que c’est très important … Mr Leschi … Et
quand j’ai demandé à la Miviludes d’essayer de constituer ces éléments
de preuves de troubles à l’ordre public, par exemple en interrogeant
les ARH[4], les
directeurs d’hôpitaux pour savoir si, par exemple dans le cas d’un refus
de transfusion sanguine, il y aurait une entrave au service du fonctionnement
public hospitalier. Je n’en ai pas, donc je ne vais pas inventer un
trouble à l’ordre public, qui plus est, qui serait durement sanctionné
par le juge, je sais que vous y serez sensible, alors que l’on n’a pas
apporté un dossier étayé. Fenech Monsieur Leschi on n’est pas
en train de faire le procès de votre bureau, on n’est pas en train …
on veut comprendre, non … non … Leschi J’ai
eu le sentiment à travers votre question que… Fenech Non, non, non pas du tout, nous
sommes là pour essayer de comprendre, vous avez fait un exposé d’une
extrême importance ce que je considère vraiment comme une première,
je ne pense pas avoir entendu un discours aussi net et clair sur la
question des Témoins de Jéhovah, je pense … sous le contrôle des
plus anciens que moi, comme Monsieur Alain Gest ici présent Martine
David, et d’autres. C’est la première fois que, officiellement, l’administration
vient nous dire, les Témoins de Jéhovah doivent être considérés, étant
précisé que nous sommes dans un régime de séparation de l’Eglise et
de l’Etat, et il n’y a aucune raison de traiter …. Leschi …pratique
administrative Fenech Oui,
vous êtes en train de m’expliquer la pratique administrative … Leschi Oui
tout à fait, je la défends … Fenech de
traiter autrement les Témoins de Jéhovah que l’Eglise Catholique, Juive
ou protestante oui ou non ? Leschi Tout
à fait. Fenech Et
bien je crois que cela a le mérite de la clarté … Leschi Tout
à fait. Fenech Je
crois que vous, votre position aujourd’hui, est vraiment fondatrice
puisque à ma connaissance c’est la première fois … Leschi Je
dirais, comme les Témoins de Jéhovah, l’Eglise Catholique, le Protestantisme,
d’autres courants, peuvent être susceptibles à travers certaines de
leurs associations, à un moment donné, de constituer des troubles à
l’ordre public. Fenech
Très bien. Simplement je pense que mes collègues veulent, vont aussi
vous poser quelques questions. On voudrait vous dire et que
faites-vous … vous avez parlé beaucoup de la maltraitance et que faites-vous
de la maltraitance psychologique des enfants ? Nous avons ici entendu des jeunes
Témoins de Jéhovah, des jeunes majeurs qui nous ont raconté leur parcours
d’enfermement psychologique. Vous savez comme nous quel est le traitement
social du mineur au sein des Témoins de Jéhovah qui ne peut pas participer
à un certain nombre de manifestations laïques, qui vit entre la Salle
du Royaume et sa famille et qui d’un certain point de vue qui nous
a été exposé ici, ne correspond pas aux normes internationales notamment
celle de la convention de New York sur le droit de l’enfant, qui exige
que l’enfant soit élevé et éduqué pour atteindre un esprit critique,
pour en faire un citoyen libre. Est-ce que cela fait partie
de la problématique qui puisse constituer un trouble à l’ordre public
aux yeux de votre administration ? Leschi Ecoutez,
vous savez bien que ce sont des questions qui sont extrêmement difficiles
et délicates, cela dit, moi, je suis tout à fait preneur d’un dossier
étayé par exemple, il y a un défenseur des enfants, il n’a jamais saisi
l’administration du Ministère de l’intérieur pour … en indiquant qu’il
y avait manifestement quelque chose qui était un trouble à l’ordre public.
En ce qui concerne la liberté
de conscience et le droit d’éduquer ses enfants selon les valeurs que
l’on souhaite transmettre, vous savez bien qu’il y a toujours une appréciation
qui peut être très différente en fonction des personnes. Il fût un temps où l’on expliquait, on pouvait expliquer que quelqu’un
qui adhérait à un mouvement communiste était … dépouillé de sa personnalité
et quand il en sortait, il avait le sentiment d’une extrême douleur
puisque ces anciens camarades refusaient de lui parler. Et du reste, quand j’étais étudiant
en sciences politiques, il y avait un ouvrage qui était donné en
usuel dans une salle célèbre, des usuels qui s’appelait « la secte »
à propos du parti communiste et qui était écrit par un sociologue qu’on
entend souvent dans les ondes, qui s’appelle Marc Lazard. Voilà, tout
ça est une question d’appréciation. Fenech Donc
il faut quand même éviter de tomber dans la comparaison qui risque de
banaliser… Leschi …
pour l’instant aucune procédure judiciaire… » Fenech … l’intérêt
de notre commission pour ces … Leschi … Aucune
procédure judiciaire, aucun fait, aucune condamnation, ne nous a été
présenté, mais si elle nous est présenté eh bien on en tiendra compte
et qui indiquerait, qu’il y a là quelque chose de systématique et sui
generis au mouvement considéré … Fenech Monsieur
le Rapporteur … Vuilque Merci
Monsieur le Président. Monsieur Leschi votre audition
est inquiétante et édifiante et nous ne regrettons pas de vous avoir
invité à cette audition. Pour compléter ce que vient de dire le Président,
vous avez l’air de faire fi complètement de la Convention internationale
du droit de l’enfant que la France a signée en 1990. Et ce qui nous inquiète, c’est
que le Conseil d’Etat dans sa jurisprudence ne fait pas, ne fait jamais
référence, sauf à ce que je me trompe, à la Convention internationale
du droit de l’enfant, encore une fois signée par notre pays. Et pour
illustrer mes propos, question très simple, si demain la Scientologie
ou les Raéliens demandent au Ministère de l’Intérieur de créer une association
et demandent au Ministère de l’Intérieur de reconnaître cette association,
association cultuelle en régime existant aujourd’hui. Puisque vous vous
fondez sur l’ordre public, sans autres procédures, qu’est-ce que fait
le Ministère de l’Intérieur ? Leschi Il appliquera les conclusions fameuses du rapporteur Arivi Kazanovack
( ?) qui expliquait que la définition d’un culte et ce qui permettait
la reconnaissance pour les associations,
des droits des associations cultuelles, c’est le fait que les gens
s’assemblent pour vénérer une divinité et par ailleurs qu’il y ait
une manifestation suffisamment ancienne et stabilisée du culte considéré.
Cela ne me semble pas le cas des Raéliens et de l’Eglise de Scientologie. Vuilque Alors pourquoi également … donc
si je comprends bien aujourd’hui, lorsqu’un Préfet interroge le bureau
des cultes, notamment aujourd’hui avec les Témoins de Jéhovah, donc
si je comprends bien systématiquement par rapport à la jurisprudence,
il est conseillé à ce Préfet qui s’interroge par rapport à cet … à tout
ce que l’on connaît aujourd’hui sur le mouvement. Donc le Ministère
de l’intérieur lui dit très clairement « allez-y Monsieur le Préfet
reconnaissez et acceptez la demande de l’association locale des Témoins
de Jéhovah d’être reconnue comme association cultuelle ». Leschi Monsieur le Rapporteur, je veux
dire ce que va faire le Préfet c’est d’appliquer le cadre normatif sachant
que ses actes sont contrôlés par le juge administratif et par le Conseil
d’Etat … Vuilque … Justement,
je me permets de vous interrompre … Leschi … Mais
comme je l’ai rappelé … tout ça n’est pas descendu du ciel si je puis
me permettre, c’est plus de 10 ans de procédures devant les Tribunaux
Administratifs … Vuilque … D’accord, alors imaginons
que le Ministère de l’Intérieur ait une attitude différente, il dit
au préfet « refusez » alors les Témoins de Jéhovah vont
aller devant le tribunal administratif Leschi Ce qu’on a fait pendant 7 ans,
et on a perdu … Vuilque …
Voila ! et ensuite ils vont aller au Conseil d’Etat ! et qu’est-ce
qui vous empêche, le Ministère public, d’invoquer la Convention internationale
des droits de l’enfant ? Qu’est ce qui vous empêche ? Pour
que le Conseil d’Etat prenne enfin en compte la Convention internationale
des droits de l’enfant ? Leschi Ecoutez,
la question que vous évoquez, les droits de l’enfant, je vous rappelle
quand même que le Bureau centrale des cultes n’est pas en charge de
la protection de l’enfance … mais si des Conseils Généraux, si les associations
spécialisées, si les autorités administratives qui ont été mises en
place pour protéger les enfants, constituent un dossier suffisamment
étayé qu’ils peuvent transmettre au Ministère de l’Intérieur en lui
disant voilà, sur la base de l’ensemble de ces faits avérés, de ces
dossiers, nous avons un mouvement dont la philosophie fait que, systématiquement,
les enfants sont élevés en contradiction avec les Conventions internationales
signées par la France, mais nous examinerons le dossier. Pour l’instant je ne l’ai pas
vu, je ne vais pas l’inventer hein ! Et je vous signale que dans
le cadre des compétences qui sont dévolues tant à l’Etat qu’aux collectivités
locales, je ne suis pas en charge de la PMI. Vuilque D’accord,
ce n’est pas un question Monsieur Leschi mais je vous fais part quand
même de mon étonnement de votre conclusion, je suis, je pèse mes mots,
scandalisé par ce que vous avez dit, parce que vous parlez du
trouble à l’ordre public et vous avez évoqué le fait qu’un certain nombres
d’associations et d’autres personnes luttant contre les organisations
sectaires seraient elles-mêmes à même de participer aux troubles à l’ordre
public en stigmatisant un certain nombres d’organisations. Permettez-moi de vous dire Ah
excusez-moi mais je ne suis pas en tout cas moi c’est que j’ai compris,
vous avez cité les Frères de Plymouth, vous avez cité un certain nombre
d’autres organisations sectaires et en fait c’est un renversement de
la charge de la preuve comme si ceux qui luttaient contre les organisations
sectaires étaient eux-mêmes …, participaient eux-mêmes aux troubles
à l’ordre public. Permettez-moi, j’ai peut-être
mal compris, permettez-moi là d’exprimer mon étonnement et ma colère
pour ne pas dire plus sur une telle affirmation et ça confirme nos inquiétudes,
nous vous avions, Monsieur Leschi, il y a quelques mois de cela, entendu
dans le cadre du groupe d’étude des sectes à l’Assemblée Nationale et
vous nous aviez déjà tenu des propos qui nous avaient interpellés. Encore
une fois je le dis, nous ne regrettons pas de vous avoir invité aujourd’hui. Fenech Martine David … David Oui … Martine David Oui, je vais pas,
enfin je vais un peu participer à la curée quand même, excusez-moi mais
on se connaît un peu par ailleurs. On est oui effectivement ici
un petit peu atterré quand même mais c’est temporisé par le fait que
effectivement on était inquiet depuis votre audition par le groupe d’étude
qui remonte à 2005 je crois, début 2005 et même 2004 puisque tout de
suite après, je crois, nous avions demandé rendez-vous à Monsieur le
Ministre de l’Intérieur qui nous avait reçu d’ailleurs, c’était à ce
moment là, Monsieur Sarkozy et on avait essayé de lui faire partager
notre sentiment d’inquiétude, on avait quand même eu le sentiment que
il y avait eu de sa part compréhension et écoute, alors ça ne veut pas
dire systématiquement derrière, mesure, et d’ailleurs il n’y a pas eu
de mesures mais en tout cas à ce moment là, on avait quand même eu le
sentiment que il prenait conscience quand même des risques qui s’attachaient
au fait qu’une éventuelle reconnaissance au niveau par exemple des Témoins
de Jéhovah entraînerait inévitablement vraiment un positionnement très
fort et de ce mouvement sectaire et je dis bien mouvement sectaire,
voire d’autres mouvements. Alors moi, Mr Leschi, je voudrais
vous demander vous avez parlé de la MIVILUDES, vous avez indiqué que
vous travaillez avec la MIVILUDES vous êtes, je crois, dans le comité
de pilotage, en tout cas vous avez assez régulièrement travaillé avec
eux. Je comprends mal que vous donniez le sentiment d’être totalement
imperméable aux témoignages qui ont pu être livrés à la MIVILUDES à
plusieurs reprises par des adeptes sortis des différents mouvements
Témoins de Jéhovah ou d’autres. Je vois pas qu’ici des anciens adeptes
que l’on a reçus n’aient pas livré de témoignages dans d’autres instances
et notamment la MIVILUDES. D’ailleurs pour certains, c’est
la MIVILUDES qui nous les a indiqués. Donc je comprendrais mal que vous
ne soyez pas au courant de la nature de ces témoignages, nature de ces
témoignages sur lesquels je suis un peu étonnée là aussi, que vous ne
soyez pas attentif au caractère de maltraitance psychologique parce
que quand même vous donnez, vous dites à chaque fois, c’est la liberté
des parents d’éduquer, on est d’accord, jusqu'à quel point la liberté
des parents ou plutôt sur ce phénomène là, la société doit fermer les
yeux totalement alors que nous disposons déjà depuis de nombreuses années
de témoignages avérés, que bien entendu, il faut prendre avec précaution
comme tout témoignage mais ça c’est le cas devant la justice à n’importe
quel moment, enfin quand même, quand ici sous le sceau du serment, des
anciens adeptes obligés d’ailleurs, parce que en général ils sont placés
aux témoins de Jéhovah depuis leur plus tendre enfance, et ils sont
maintenus par leurs parents et sont donc obligés de se soustraire en
fait à la société. Est-ce qu’on peut considérer
que vous n’avez pas eu connaissance de ces témoignages, jamais et donc
moi ça c’est la première question que je vous pose parce qu’elle est
très simple, vous pouvez quand même pas nous dire que de ça vous n’avez
aucune connaissance, ce n’est pas possible ou alors il y a quelque chose
qui dysfonctionne ou c’est le Bureau des cultes, je ne vous mets pas
en cause vous personnellement mais, le Bureau des cultes depuis longtemps,
vous n’occupez pas cette direction depuis si longtemps mais ça veut
dire que depuis longtemps le bureau des cultes dysfonctionne ou bien
alors il y a d’autres maillons faibles, si j’ose dire, mais on peut
quand même pas laisser penser, laisser dire que ces anciens adeptes
ont tout inventé, que ça sort de leur imaginaire, et qu’il n’y a rien
de possible. Je reviens aussi sur le positionnement du juge administratif.
Vous dites on ne peut pas faire autrement que de ce soumettre évidemment
à ces jugements répétés, sauf que je me pose un petit peu la question
quand même, ces jugements, ils sont alimentés par quoi et par qui. Parce
que si jamais ne remonte des départements, des préfectures, des cellules
de coordination de lutte contre les sectes, si jamais ne remontent ou
ne sont transmis des éléments qui sont de nature à apporter au moins
un équilibre dans le jugement, au moins des vrais faits qui pourraient
laisser penser au juge que, y compris ce qu’on pense n’est pas non plus
sorti de notre imagination, peut-être que l’on avancerait d’une façon
un peu plus équilibrée dans ce dossier et qu’en tout cas, le droit des
enfants soit véritablement respecté. Moi aujourd’hui, je doute, je voudrais
bien Mr Leschi qu’avec nous de temps en temps, vous acceptiez de douter
sur le véritable respect du droit des enfants qui sont dans des sectes
comme les Témoins de Jéhovah ou comme la Scientologie et que vous acceptiez
de regarder en face cette réalité, c'est-à-dire qu'aujourd’hui, oui,
il y a des enfants en France, je ne sais pas combien, ça je ne peux
pas le dire mais il y a quand même un certain nombre de milliers d’enfants
en France qui, pour lesquels le droit à la vie en société, le droit
à l’accès à l’éducation dans toute sa plénitude et son épanouissement
n’est pas respecté, alors est-ce que là-dessus on peut discuter ou pas
et est-ce que vous acceptez de penser qu’a partir du moment où on entrerait
dans la véritable reconnaissance des Témoins de Jéhovah comme un culte,
c’est fini tout ça, c’est terminé, il n’y a plus moyen de s’en sortir. Leschi Oui Madame la député. Moi j’applique un cadre juridique et je ne suis
pas en charge des décisions de justice. La question n’est pas celle
là, la question ce n’est pas de savoir si le Bureau central des cultes
reconnaît ou pas les Témoins de Jéhovah, je vous dis que tout ça était
tranché par la jurisprudence administrative, la deuxième chose que
j’aimerais vous dire c’est que si votre commission étaye un dossier
à charge avec des éléments précis, systématiques, des preuves qui
en plus pourront être transmis aux juges pour éventuellement des poursuites
puisque il y aura maltraitance à enfant, eh bien il y a aura là peut
être un début de dossier, pour l’instant on n’a jamais avancé de choses
précises ces dernières années, vous parlez des commissions locales,
bien évidemment les rapports remontent, à chaque fois tout ça remonte,
je constate l’imprécision, voilà ; maintenant s'il y a des adeptes
ou des anciens adeptes qui, à un moment donné, considèrent qu’ils
ont été spoliés dans leurs droits soit quand ils étaient mineurs,
soit quand ils étaient majeurs et qui engagent des procédures, eh
bien il y aura des condamnations et à ce moment là, on en tiendra
compte. Je vous ai dit par exemple que
pour les Frères de Plymouth, nous avions arrêté tout le dossier de demande
pour bénéficier des avantages cultuels, simplement parce qu’il y avait
une instance en cours au TGI de Lyon pour une affaire d’enlèvement d’enfant.
Nous n’avions même pas attendu le résultat, nous avons dit il y a une
instance en cours, on ne connaît pas le résultat, on n’instruit pas
le dossier, à la fin, qu’est ce qui s’est passé ? Vuilque Sinon vous l’auriez accordé
bien volontiers…. Leschi Si vous voulez, la question,
pour un courant aussi ancien qui par ailleurs ne l’avait demandé jusqu'à
présent, mais si il n’y pas trouble à l’ordre public, si il n’y
a pas de choses qui attestent, si il n’y a pas de dossiers qui remontent,…,
ça veut dire quoi, c’est ça qui pose problème. Martine David Mr Leschi, juste un point, quand
nous constatons dans nos communes, pour certains maires, que, on fait
faire à des enfants, des adolescents du porte à porte, est-ce que vous
trouvez que c’est normal ? Moi
je vous pose des questions très simples. Au-delà même de votre fonction
de directeur des cultes, parce que quand même vous n’êtes pas, vous
n’êtes pas comme ça simplement, vous êtes aussi, d’abord vous êtes préfet,
vous avez eu des responsabilités, vous en aurez d’autres vous serez
pas toujours là. Est-ce que vous accepterez de considérer que nous n’inventons
pas tout ça, que c’est la réalité. Et qu’en plus il n’est pas si simple
de témoigner quand on a été adepte. Est-ce que ça aussi vous voulez
le regarder en face ? Et que peut-être ça explique que certains
éléments d’information ont un petit peu de mal à remonter, parce que
il y a des témoignages, il y a des anciens adeptes qui ont des difficultés
à engager des procédures juridiques, c’est évident aussi, ça veut pas
pour autant dire qu’il ne s’est rien passé. Leschi Si vous voulez, je crois qu’il est difficile pour le Ministère de
l’Intérieur en tant que ministère de se substituer aux personnes pour
faire des dossiers qui incriminent d’autres personnes. Ce n’est pas
sa fonction je vous le rappelle. Par ailleurs il y a des institutions
qui sont faites pour ça. Si le défenseur des enfants qui existe, qui
a été mis en place, par exemple, m’envoie un dossier en disant, voilà
j’ai 50 cas à travers la France, j’ai 50 cas à travers la France d’enfants
témoins de Jéhovah qui manifestement ont été maltraités dans leur
jeunesse et qu’il l’envoie et que le dossier est étayé. Eh bien on
en tiendra compte, je vous dis pas que je n’en tiens pas compte, je
vous dis simplement que le bureau central des cultes, il n’est pas
en charge de procédures de ce type, il est en charge d’examiner du
point de vue du droit, du point de vue de la jurisprudence du Conseil
d’Etat, une demande formulée par une association. Fenech Merci Mr Leschi, merci, nous
allons passer la parole à Mr Alain Gest. Alain Gest Oui
Mr Leschi d’abord permettez-moi de vous dire de manière très ..., très
directe que je suis très surpris, au-delà de vos propos, par, comment
dirais-je, la passion … que vous manifestez depuis votre arrivée ici,
au point même de couper la parole au Rapporteur. Premier point, je pense que
ce sujet peut se traiter, Mr Leschi, avec sérénité, même s’il est ô
combien difficile. La deuxième chose que je voulais vous dire, c’est
que, du fait que vous êtes arrivé ici dans un état d’esprit de … extrêmement
défensif, c’est le moins qu’on puisse dire,
vous venez de nous faire une déclaration qui effectivement prend
une importance considérable et je vous laisse … mesurer le formidable
appel d’air que ce genre d’annonce va susciter en ce qui concerne d’autres
mouvements, quand la presse qui est présente ici aura porté à la connaissance
générale ce que vous venez d’indiquer. Troisième élément, vous venez
… d’évoquer, non pas les Témoins de Jéhovah, mais un autre mouvement
pour lequel vous avez dit : « nous savions qu’il y avait
une procédure en cours, avant même de connaître le résultat, on a mis
un frein ». Pour moi, ça, ça s’appelle le doute et le doute, en
l’occurrence, de mon point de vue, doit souvent être pris en considération
dans des affaires de sectes qui, par définition, malheureusement, sont
difficiles à définir, si je puis m’exprimer ainsi. Si des tas de groupes, de commissions d’enquête, de missions, se sont
réunis depuis bientôt 25 ans maintenant et ont eu des difficultés
à caractériser les choses, c’est pas tout à fait un hasard et c’est
la raison pour laquelle ça mérite, de mon point de vue, d’avoir un
regard particulier. Alors vous me direz … un fonctionnaire
du Ministère de l’Intérieur, ou d’un autre ministère d’ailleurs, il
est là pour appliquer, j’en conviens volontiers, mais, à titre personnel,
ça n’engage que moi mais, avec ce que vous m’avez dit là … vous nous
avez dit là, ça me pose quand même un vrai problème sur la méthode actuellement
existante pour définir si oui ou non on accorde le statut cultuel à
une association. En clair, le simple fait que vous ayez à en décider
dans, comment dirais-je ... pour faire la suite de décisions de tribunaux
administratifs ou autres, du Conseil d’Etat, mais que c’est vous qui
prenez cette décision, avec toutes les conséquences que ça peut avoir
derrière en termes de … conséquences sur les autres mouvements qui pourraient
éventuellement vous … solliciter et qui, pour certains, vous ont déjà
sollicité, vous ou vos prédécesseurs, je vous le dis, ça me paraît extrêmement
grave. Et contrairement, ce n’est pas une question, vous voyez, que
je vous pose, mais vous pourrez réagir, contrairement à ce que vous
disiez tout à l’heure, je ne vois pas bien sur quels fondements vous
pourrez … dire non à d’autres demandes, parce que ce que vous avez évoqué
comme sujet, c’est-à-dire le fait qu’il y ait des réunions, je ne sais
plus quels sont les termes exacts que vous avez utilisés, mais des réunions
visant à reconnaître une personnalité importante ou un … homme fédérateur
ou quelque chose de fédérateur, ou en tout cas c’était cela que vous
avez évoqué tout à l’heure, à l’extrême limite, des tas de mouvements
pourront utiliser ce genre d’appréciation et encore une fois, vous allez
avoir à mon avis de bien grandes difficultés
pour éviter d’ouvrir grand la porte, et par conséquent, quand
on voit ce genre de conséquences poindre, on fait preuve de prudence.
Je m’étonne que vos propos soient éloignés de la prudence.
G. Fenech
Monsieur Leschi, oui Mr Leschi
Merci, Monsieur le Président, Monsieur le Député. D’abord, je suis peut-être
un peu vif, d’abord c’est dans ma nature, mais peut-être, mais aussi
parce que bien souvent je sais entendre et écouter, et j’ai bien vu
que sur les Témoins de Jéhovah, il y avait une mise en cause quasi-systématique
et parfois dans des termes extrêmement violents de la part de certains
de vos collègues, de l’action de mon bureau et de la mienne en particulier.
Donc, permettez-moi, pour une fois … je suis là devant vous et donc
… j’y réponds. La deuxième chose que je voulais dire, c’est que nous
avons agi avec une très grande prudence puisque, je vous l’ai dit, en
ce qui concerne les Témoins de Jéhovah, c’est plus de 10 ans de procédure,
10 ans de procédure, et que tout ça a d’abord commencé par des refus
quasi-systématiques, quasi-systématiques, et c’est le juge administratif,
c’est le Conseil d’Etat, qui a obligé l’administration et le Ministère
de l’Intérieur à changer sa pratique administrative. Fenech ? :
C’est faux, c’est faux, Mr Leschi, vous ne pouvez pas dire ça. M. Leschi
Pourquoi ? Fenech Parce
que le Conseil d’Etat n’ jamais dit cela. Le Conseil d’Etat a confirmé
quelques décisions de quelques tribunaux administratifs qui exonéraient
fiscalement, mais jamais le Conseil d’Etat a dit que les Témoins de
Jéhovah ne troublaient pas l’ordre public et devaient
être considérés comme un culte à part entière. Jamais. Il faudra
me produire cette décision, il n’y a pas de décision du Conseil d’Etat
qui ait dit cela. Donc, ne dites pas ce qui n’est pas. M. Leschi Monsieur le Député, Monsieur le
Président, si un des critères pour accorder les bénéfices de la loi
de 1905, c’est justement qu’il n’y ait pas de trouble à l’ordre public.
Donc si le Conseil d’Etat nous dit, eh bien, cette association, vous
avez eu tort puisque nous la justifions, à chaque fois nous avions
justifié le refus justement parce qu’il y avait un trouble à l’ordre
public, si à chaque fois le Conseil d’Etat, dans 3, 4 décisions, nous
dit : « bien non, votre appréciation du trouble à l’ordre
public comme le fait qu’il existe un trouble à l’ordre public est
fausse », ça s’appelle une jurisprudence. Donc, on peut continuer
de dire, eh bien vous refusez, et puis après on se fera de nouveau
… reprendre par le Conseil d’Etat. Donc, pendant 10 ans, nous avons
motivé le refus du bénéfice des articles 200 et 238 pour les associations
Témoins de Jéhovah en expliquant qu’elles constituaient un trouble
à l’ordre public Plusieurs fois, le Conseil d’Etat nous a dit :
« Non, appréciation erronée de l’autorité préfectorale. »
Ça s’appelle une jurisprudence, alors, ou sinon je ne sais pas de
quoi on parle. Et par ailleurs… Fenech Question
importante Leschi Excusez-moi,
mais, deuxième chose, c’est que bien évidemment moi, en tant qu’administration
laïque, je ne porte pas de jugement sur les ... croyances. C’est quelque
chose qui est effectivement difficile, tout à fait d’accord, mais parce
que ... ? : C’est bien ça le problème, d’ailleurs, Gest ?
Permettez-moi juste de vous couper, c’est un peu difficile, mais … Fenech
Micro, s’il vous plaît. Gest ? Le problème c’est que vous n’aviez pas commencé
votre intervention depuis 30 secondes que déjà vous évoquiez le terme
« croyances », et liberté de … Leschi liberté
de conscience Gest
Reprenez votre texte, et vous verrez, et à partir de là, et "religion".
Et quand on examine les problématiques de sectes, je le disais à votre
prédécesseur à cette place tout à l’heure, on sait très bien qu’il y
a un écran de fumée qui souvent est organisé autour de la croyance religieuse,
parce que c’est évidemment le moyen, justement, de rejeter les éventuelles
accusations de certains. Par conséquent, quand vous êtes dès le départ
dans cette logique, et que d’une certaine façon, dès le départ, vous
placez sur le même plan d’égalité les Témoins de Jéhovah et les autres
églises qui à ce jour étaient reconnues par l’Etat français comme associations
cultuelles, c’est ça le problème, c’est que si vous partez de votre
raisonnement de base, il est de mettre à égalité les choses, évidemment
le résultat, il est connu d’avance. Ça, c'est-à-dire vous rentrez dans
le discours de ceux qui nous disent : « Il n’y a pas de problème
de culte, de secte en France, il n’y a pas de problème. » Leschi
Moi, je pense que … Gest
tous les gens sont des affabulateurs, il ne s’est jamais rien passé,
le Temple Solaire est une aimable plaisanterie, etc … etc … etc …Eh
bien, si vous pensez ça, pardonnez-moi, je répète ce que je disais tout
à l’heure, je considère que c’est, peut-être la remise en cause même
de l’organisation selon laquelle vous décidez de donner oui ou non l’appellation
« association cultuelle » à tel ou tel mouvement. Fenech Monsieur le Rapporteur Leschi Je
peux répondre à Mr ? Fenech ? :
Oui, excusez-moi, Mr Leschi, ça appelait effectivement une réponse,
oui. Leschi
D’abord, dans mon texte, je dis bien, je parle bien de liberté de conscience
et de libre exercice du … culte, donc de ce point de vue là il n’y a
pas de Oui, Mais c’est quoi un culte ? Leschi Mais
c’est une question difficile et c’est tout simplement suivant la jurisprudence.
Tout cela a été défini par le Conseil d’Etat, oui et c’est pour cela
que je m’en réfère, la définition a été faite par le Conseil d’Etat,
pas par l’administration. D’autant que, je vous le rappelle, le régime
juridique de la loi de 1905 est un régime qui indique très clairement,
très clairement, qu’on peut faire du culte, c’est-à-dire s’assembler
pour faire du culte sans association, avec une association 1901 ou
avec une association 1905. Donc c’est effectivement un régime
de très grande liberté, et toute la difficulté, c’est de ne pas revenir
à une notion de culte reconnu, parce que c’est l’inverse du cadre juridique
de 1905. Alors, en ce qui concerne les
mouvements sectaires, moi, je pense que la meilleure approche, celle
qui a été synthétisée par la dernière circulaire qui est toujours en
vigueur, qui est celle de l’approche en terme de dérives sectaires.
Je considère moi, que tous les
cultes, toutes les activités de ce type, sont susceptibles de dérives
sectaires. Je pense que l’appréciation simplement par liste est une
appréciation qui réduit la focale et qui évite de s’interroger sur ce
qu’est vraiment une dérive sectaire et sur le fait que ce n’est pas
cantonné à tel ou tel mouvement. Je ne dis pas qu’il ne peut
pas y en avoir aux Témoins de Jéhovah, ce n’est pas ce que je vous dis.
Je vous dis que la stigmatisation sur la base d’un critère qui est la
simple appartenance ne permet pas de faire avancer la question et par
ailleurs … c’est pour ça qu’on avait fait évoluer la MIVILUDES vers
la notion de dérive sectaire et pas de se cantonner simplement sur un
problème de liste. Fenech Monsieur Leschi … nous prenons
acte de toutes les explications qu’en tant que chef du Bureau des Cultes
vous voulez nous donner et … de votre souci, ce qui est tout à fait
naturel, d’être en conformité avec la jurisprudence administrative de
notre pays. Ceci dit, les choses peuvent
évoluer, elles ne sont pas figées. J’ai sous les yeux une décision de
la Cour de Cassation Première Chambre Civile du 18 mai 2005, qui vise
parmi les articles qui fondent sa décision, non seulement les articles
du code civil et du code de procédure civile mais également les articles
3, 1 et 12-2 de la Convention de New York du 26 janvier 1990 relative
aux droits de l’enfant. C'est-à-dire que la Cour de Cassation intègre
dans notre droit interne la Convention de New York. Ai-je besoin de
vous rappeler les articles 12 et 13 que vous connaissez aussi bien que
moi sur les droits de l’enfant ? … citoyen libre, capacité de jugement,
éveil … etc. Est-ce que cela, puisque vous demandiez des faits tout
à l’heure, est-ce que cette décision qui intègre la Convention des droits
de l’enfant n’entre pas en ligne de compte dans votre appréciation pour
accorder ici ou là des petites reconnaissances ? Leschi C'est une décision qui fait
référence aux Témoins de Jéhovah ? c’est ça ?... Fenech Absolument pas … je dis …. Leschi Moi je dis que je ne suis pas
le juge Fenech Vous n’êtes pas le juge … vous
n’êtes pas le juge … vous êtes le représentant du gouvernement au Ministère
de l’Intérieur chargé de coordonner une action publique en matière de
culte … Bon … à partir de là, vous ne pouvez pas ignorer d’un trait
de plume … comme ça … d’un revers de la main ce qui est la Convention
internationale qui a été ratifiée par la France … Leschi Je l’intègre tout à fait, j’en
ai fait référence dans mon texte … ce que je dis simplement, c’est que
si on m’apporte des décisions de justice qui démontrent que les Témoins
de Jéhovah sont un mouvement qui éduquent de manière systématique leurs
enfants … dans quelque chose qui est l’inverse des textes internationaux
qu’a signés la France et bien, bien évidement … vous avez là un dossier
qui peut constituer un trouble à l’ordre public, il y aura une atteinte
aux droits des personnes … Fenech Donc le dossier peut évoluer ?
… Leschi Ce que je vous dis, c’est que pour l’instant, je constate qu’il y
a systématiquement imprécision des faits … impossibilité d’avancer
des décisions de justice et que je ne suis pas en droit de me substituer
à cette absence de preuves. Fenech Monsieur le Rapporteur ?... Vuilque Oui Monsieur Leschi, je voudrais
rapporter … rappeler, pardon, puisque l’on parle beaucoup des Témoins
de Jéhovah que les Témoins de Jéhovah c’est pas notre problème … c’est
pas du tout notre problème. Notre problème ce sont les pratiques
des organisations, que ce soit les Témoins de Jéhovah ou d’autres par
rapport au sujet qui nous intéresse, notamment les enfants. Et ces pratiques
par rapport aux valeurs de la République et au respect de la loi. Le reste comme vous l’aviez
dit, chacun a sa liberté philosophique de conscience … on n’en a rien
à faire … ce n’est pas notre problème. Mais c’est notre problème lorsqu’il
y a enfance en difficulté, enfance en danger … d’accord ? Ceci étant dit, moi je voudrais
vous poser une question sur le rapport Machelon … vous savez qu’il y
a un rapport qui circule, le rapport Machelon … qui fait comme propositions,
notamment de modifier la loi de 1905, et d’étendre l’origine du bail
emphytéotique administratif réservé aujourd’hui aux seules associations
de la loi 1905 à toutes les associations y compris à vocation cultuelle
de la loi de 1901 ou de la loi de 1905. Est-ce que vous ne croyez pas
que c’est une porte ouverte là aussi comme mon collègue Gest le disait
tout à l’heure, une sorte d’appel d’air à des organisations sectaires
qui verraient un intérêt évident à nous demander le statut d’association
cultuelle et puis, cette affaire d’association cultu … laissez moi terminer
… LAISSEZ MOI TERMINER … Et puis cette affaire d’associations cultuelles,
parce que pour ceux qui nous écoutent … ils sont en train de se dire,
mais qu’est ce que c’est cette histoire d’association cultuelle ?
A la limite pour dire mais ce n’est pas méchant cette histoire d’affaire
cultuelle … mais on connaît l’agissement des organisations sectaires,
parce que « association cultuelle » c’est uniquement une reconnaissance
fiscale, des avantages fiscaux … or comment s’en servent les organisations
sectaires, c’est là notre problème, c’est là le fond du problème. Ils disent « on a obtenu de
la part de l’Etat une reconnaissance association cultuelle », association
cultuelle … donc culte … donc religion … nous sommes une religion …
pourquoi vous venez nous chercher des poux dans la tête que ce soit
les parlementaires, associations et autres … c’est là la question …
c’est là la question qui se pose et la question qui se pose aussi, je
reviens sur ce que vient de dire le Président, c’est de dire vous vous
avez la capacité aussi peut-être de faire évoluer la jurisprudence du
Conseil d’Etat, en refusant, EN REFUSANT et en donnant des instructions
au préfet en refusant le statut d’association de … association cultuelle
… en évoquant la Convention internationale des droits des enfants et
on verra ce que le Conseil d’Etat va dire … mais faites le ! … qu’est ce que vous attendez pour le faire ?
… Faites le !!! Leschi Ecoutez Monsieur le Député,
il y a deux choses … parmi tous les mouvements dont les noms ont été
cités, le seul qui bénéficie des articles 200 et 238 et des autres articles
… enfin … des articles 200 et 238, en l’occurrence pas des exonérations
de la taxe foncière, ce sont les Témoins de Jéhovah. Il n’y en a pas
d’autres on est bien d’accord donc la discussion en ce qui concerne
l’association cultuelle, en réalité, se limite aux Témoins de Jéhovah.
Monsieur Leschi, c’est bien
ce que je dis … Manque les 5 dernières minutes
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CAPLC
- CAP pour la Liberté de Conscience - Liberté de Religion
- Liberté de Conviction
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