|
CAP
LC 2006
www.coordiap.com |
|
![]() |
|||
|
Commission
d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et
aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des
mineurs
|
|||
|
Mercredi
12 juillet 2006 à 16 h 15 Audition de : Monsieur Emmanuel Jancovici, chargé de mission
pour la coordination, la prévention et le traitement des dérives sectaires
à la sous-direction des âges de la vie (direction générale de l’action
sociale) du Ministère de la santé et des solidarités. Intervention compléte Extraits essentiels Extraits
Président Georges Fenech : Jancovici : Aux jeunes ex adeptes ayant appartenu au groupe des
Témoins de Jéhovah. Ces rencontres se sont faites à raison d'une rencontre
à peu près tous les 2 à 3 mois, une journée entière, avec par ailleurs
l’appui de spécialistes incontestés des questions de protection de
l’enfance …. nous avons aussi, bien que ayant travaillé principalement
sur ce groupe à partir de l’ADFI du Nord, nous avons essayé aussi
d’avoir d’autres éléments de connaissance sur d’autres mineurs … enfin
d’autres jeunes adultes ayant vécu dans d’autres groupes de façon
à comparer les données que nous avons pu recueillir. Je dois dire, par souci d’honnêteté, que le travail
auquel nous sommes arrivés qui devrait donner l’occasion … dans les
prochains mois … d’un guide destiné aux professionnels de la protection
de l’enfance, ce travail qui a précédé la création de ce guide ne
prétend pas … il faut le souligner … décrire scientifiquement un groupe,
en particulier le groupe des Témoins de Jéhovah, ni de donner des
éléments sur le devenir prévisible des enfants qui s’y trouvent. C’est plus un élément … c’est plus une réunion d’information
qui permet de saisir le contexte dans lequel ces enfants sont pris.
Sur le groupe, je
ne rentrerai pas dans le détail du fonctionnement de ce groupe,
je pense que vous le connaissez, je soulignerai en particulier que
lorsqu’on a des éléments d’information qui sont en particulier disponibles
à travers des travaux universitaires, nous sommes en face d’une
véritable multinationale …. Enfin je veux dire …. qui a en particulier,
et c’est très surprenant, des capacités de lobbying considérable,
une capacité d’expertise tout à fait surprenant pour un groupe à
caractère spirituel et des capacités sur le plan juridique également
tout à fait étonnantes. Voilà les éléments que je peux livrer à la commission
mais encore une fois je ne rentrerai pas dans la description de ce
groupe mais je vous donne ces éléments de contexte qui nous ont …
que nous avons réunis. Je dois dire que dès
la première réunion avec ces jeunes ex-adeptes, nous avons été très
surpris par ce qu’ils nous ont indiqué, puisque sur la vingtaine
que nous avons rencontrés de manière très régulière, une grande
partie d’entre eux ont indiqué qu’au moment des ces entretiens,
c'est-à-dire il y a entre deux ans et une date très récente, … ces
jeunes gens et ces jeunes femmes faisaient chaque nuit, aujourd’hui
encore, des cauchemars. Pour trois d’entre eux dans ce contexte,
trois d’entre eux qui étaient des adultes qui étaient obligés d’avoir
une espèce de veilleuse la … pour pouvoir affronter la nuit. Une
partie de ces jeunes ex-adeptes ont recours d’une manière régulière
à l’utilisation de psychotropes. Deux ou trois d’entre
eux … le regroupement c’est fait un peu sur le hasard, c’est le
hasard qui donne les éléments que je vous livre, Monsieur le Président,
ont fait des tentatives de suicide. Et enfin sur la totalité de
ces 20 jeunes ex adeptes, quatre ont déclaré avoir subi, dans leur
enfance, des agressions sexuelles. Voilà des éléments de contexte qui nous ont été donnés
dès la première réunion. Alors, je ne vais pas traiter du prosélytisme
…. Vous le connaissez …….. Fenech : … La santé, Mr Jancovici, les problèmes de la santé
… Jancovici : Nous allons venir d’abord sur la santé des enfants
qui est un élément essentiel. Alors pour comprendre la santé des enfants, il faut
un élément contextuel … qui est le cadre de vie général dans lequel
se trouvent à la fois les enfants et les adultes. Le cadre général,
il est porté par la doctrine qui a des effets angoissants, terrorisants
sur l’ensemble des enfants et des adultes qui se trouvent dans ce
type de groupe …. terrorisant au sens même où, si vous voulez, la
doctrine pose que nous vivons dans un univers, j'allais dire, où
Satan est omniprésent, que Jéhovah va un jour arriver et détruire
tout ce qui est mauvais sur terre, et que du coup, seuls y échapperont
les bons Témoins de Jéhovah. C’est dans cette problématique
de terreur et en même temps d’arriver à être un bon Témoin de Jéhovah
pour échapper à Armageddon que vivent les adeptes. Les enfants vivent
dans ce climat de terreur qui détermine une docilité considérable.
Je vais vous donner un exemple qui est tout à fait
surprenant en matière de docilité puisque encore une fois ……… ....du type de rapport dans lequel sont conduits
les adeptes dans le groupe. Sur une question de santé, précisément, la question
de la transfusion. Donc je demande, je veux dire.... innocemment si
je puis dire, aux membres du groupe, comment ils font, quotidiennement
comme ils faisaient quand ils étaient chez les Témoins de Jéhovah
pour vivre dans la perspective, s’ils étaient opérés d’une transfusion
sanguine. Pour moi, il y avait là quelque chose d’un climat qui, à
proprement parler, était terrorisant. Ce qui m’a été indiqué
et là je vous donne l’intégralité de la réponse par deux trois des
jeunes gens membres de ce groupe : lorsqu’on est un jeune Témoin
de Jéhovah, lorsqu’on est un témoin de Jéhovah, on espère être opéré,
ont-ils dit, pour pouvoir, le jour de l’opération, prouver qu’on
est un bon Témoin de Jéhovah en refusant la transfusion sanguine.
C’est une logique de type kamikaze, je veux dire..... en tout cas,
pour en avoir discuté avec des spécialistes des questions spirituelles,
c’est tout à fait surprenant.... Tout est codifié et
les enfants sont pris dans un système de codification où plein de
choses sont interdites ; au fond, il y a très peu de choses
qui sont permises, avec une surveillance totale dans laquelle les
enfants sont pris, où les parents surveillent les enfants et les
enfants surveillent les parents au cas où ils ne respecteraient
pas la réglementation interne. Ce qui fait que, si vous voulez, du point de vue
de la capacité qu’a un jeune adulte ou un enfant, je dirais de vivre
tout simplement, d’avoir des désirs, il ne sait plus, l’enfant, ou
le jeune adulte, il ne sait plus ce qui lui est permis et ne sachant
pas ce qui lui est permis ou ce qui lui est interdit, on a un certain
nombre de...., enfin, les adeptes, dans leur totalité, s’interdisent,
du coup, toute une série de choses mais sans que le groupe lui-même
leur dise : « non, ça ce n’est pas bien », ce qui fait qu’on
se trouve …. et c’est très impressionnant à voir dans ce constat …
c’est aussi une question de santé, de santé psychique, en face de
jeunes gens qui ne peuvent plus être vivants. Un autre élément aussi à prendre en compte, dans
lequel vont être pris ces enfants, c’est que tout l’argent, toute
l’énergie des adeptes est détourné pour le groupe et par le groupe.
C'est-à-dire, c’est ce que nous ont indiqué les ex
adeptes, c’est qu’ils sont pris dans un système qu’ils ont qualifié
de système de type totalitaire, au sens où il n’y a aucun extérieur.
Alors, dans ce contexte, on a eu le souci de ne pas
sombrer dans la victimologie au sens même où dans un système de cet
ordre il y a des gens, je veux dire..... qui ont plus de souplesse,
il y a par exemple un jeune homme qui nous racontait son enfance et
qui nous disait que sa mère pouvait être un petit peu plus ouverte
que d’autres parents Témoins de Jéhovah dans la mesure où elle-même,
sa mère, était Témoin de Jéhovah depuis trois ou quatre générations.
Donc, il y a des positions qui sont des positions
individuelles, je veux dire, qui permettent d’avoir des espaces. Nous
avons aussi constaté que du point de vue du comportement, je veux
dire... et je pense qu’il faut le noter pour éviter d’être dans quelque
chose qui serait au fond, de l’ordre d’un discours complètement victimologique,
c’est que tout n’est pas strictement négatif pour un adepte au sens
où, par exemple, par prosélytisme, on développe une certaine forme
d’intelligence, sauf que cette intelligence ne permet pas à ces jeunes
gens de penser. Alors, les enfants : les enfants, ils sont,
je vous l’ai dit, au nombre de 45.000 dans ce groupe. Ils sont conçus,
comme dans tous les groupes, pour devenir des adeptes, et rien d'autre.
Je dirais même que les enfants dans ce type de groupe sont déjà
des adeptes enfants, hein... qui sont pris dans le même mécanisme
que leurs parents, c’est d’ailleurs pour ça que j’ai décrit ce climat
terrorisant, ils sont pris dans un système avec un total manque
de liberté, en particulier de liberté nécessaire à leur épanouissement
et ils sont dans des systèmes de contrôle, de contrôle permanent
où les parents et c’est une constante qu’on retrouve dans tous les
groupes, hein je veux dire, sont les relais du groupe auprès de
leurs enfants , c'est à dire que les parents ne sont plus dans des
fonctions....heu.....parentales…hein...parentales.... Je vous donne un exemple
extrêmement tragique. Il s'agit d'une mère qui s'aperçoit que son
fils adolescent semble être un peu en retrait du groupe. Elle lui
dit « est-ce que tu es encore des nôtres ? » Et ce jeune
homme, qui devait avoir 15 ans ou 16 ans, dit "non, je n'y
crois plus". Elle lui dit : "dans ce cas là, tu ne fais
plus partie des nôtres" et elle lui dit aussi: "Dans ce
cas là, tu n'es plus de la famille, je te donne 15 jours pour quitter
le logement" Hein ! heu ! "tu te débrouilles comme tu
veux pour vivre", Il
n'avait pas de quoi vivre etc.......et elle organise le soir même
un dîner...elle m'a raconté avec des Témoins de Jéhovah....le dîner
a pour fonction de dire....aux....à la communauté des Témoins de
Jéhovah que son fils n'en fait plus partie, hein... et que.....heu....et
ce jeune homme est, pendant ce repas, exclus du repas ...on lui
marque de manière extrêmement violente qu'il ne fait plus partie
de la communauté. Donc, on est, si vous voulez, dans un contrôle permanent
qui peut conduire à ce type de situation. Alors, du point de
vue de la pensée de l'enfant de son autonomie de sa capacité à réfléchir
et à réfléchir en dehors de la communauté des Témoins de Jéhovah,
on a des choses absolument extraordinaires où, par exemple, on répète
à un petit enfant qui a 5 ou 6 ans, 10 fois la même chose...hein....et
la onzième fois, on lui fait répéter ce qu'il a répété 10 fois mais
au moment où il le répète, on lui dit: "Mais comme tu penses
intelligemment ! Comme tu es intelligent !" C'est à dire, qu'
on le pousse dans une logique, si vous voulez, qui est une logique
de manipulation mentale, où du coup l'enfant a l'impression d'avoir
pensé par lui-même quelque chose qui lui a été répété une dizaine
de fois, c'est à dire, qu'il est pris dans un système complètement
pervers, je dois dire, où sa pensée n'existe pas, il n'a pas la
possibilité de cette pensée, et je pense que du point de vue de
la santé...de la santé mentale des enfants....heu....heu...c'est
extrêmement...c'est extrêmement....dangereux...... Alors autre élément tout à fait important et qu'on
retrouve dans la plupart des groupes et qui ont des effets sur la
santé physique et …. sur la santé physique des enfants .......c'est
que dans tous ces groupes les enfants consacrent énormément de temps
à la prière, à la formation religieuse et au prosélytisme. Un enfant Témoin de Jéhovah va consacrer, à partir
de l'âge de 8 ou 10 ans, une vingtaine d'heures au groupe ... ce qui
est considérable si on rajoute ce temps au temps pendant lequel il
est scolarisé. Dans un autre groupe
où cette situation s'était présentée... je....et que j'ai en mémoire
qui est La Citadelle.... quand la ...... je reparlerais de La Citadelle
.... quand la gendarmerie est arrivée à arrêter le fonctionnement
de ce groupe, un certain nombre d'enfants qui dans ce contexte arrivaient
à bien travailler... je veux dire... quand... quand... l'emprise
de la secte a cessé, la première réaction des...des enfants...ça
a été d'être en échec scolaire .... c'est à dire que tout d'un coup,
ils pouvaient respirer, y compris sur le plan de la....de...de ...de
la scolarité...heu.... donc on est dans des situations complètement
en déséquilibre, où du coup, je...je dirais .... y'a plus le temps
de l’enfance, je veux dire.... y'a plus le temps par ailleurs des...des...des
moments où on peut jouer etc...etc..., Sur la scolarisation,
Monsieur le Préfet ROULET vous a éclairés parfaitement sur cette
fausse scolarisation qui met, je veux dire .... dans .... face à un système complètement pervers et C'EST
une des difficultés que nous avons constamment avec...avec le phénomène
sectaire, c'est à dire qu'on a des systèmes de cache complet ....
je dirai....où y compris dans certaines situations, on ne sait même
pas que les enfants existent... au-delà par exemple des Témoins
de Jéhovah, vous le savez très bien Monsieur le Président, à Tabita's
Place vous aviez des enfants qui n'avaient pas été déclarés à l'état
civil ! Alors comment voulez vous que le système de protection de
l'enfance puisse fonctionner dans ce contexte ? Là, avec les Témoins
de Jéhovah et la question de la fausse scolarisation, on a l'impression
que tout est clean, que tout est normal ! Hein ! On est dans quelque
chose, je veux dire...où si on ne fait pas attention, ...... C’est extrêmement fin, je veux dire, on ne voit rien
et on ne gère pas la situation dans laquelle ces enfants sont pris.
Sur la question de cette double scolarisation, autre
élément du point de vue de la santé mentale de ces enfants, c'est
que ces enfants vivent à ce moment là dans une espèce d'obligation
constante de dissimulation. Je ne sais pas si vous voyez ce que ça veut dire
pour un enfant, je veux dire du point de vue de la pression et de
la pression morale dans laquelle il est pris, mais on est dans quelque
chose de considérable. Autre élément sur
la question de la scolarisation qu'il faut aussi indiquer qui est
extrêmement pervers, c'est que les parents, dès lors qu'un enfant
est scolarisé, sont obligés d'indiquer aux enseignants leur appartenance.
Et ça a pour fonction
d'éviter toute socialisation en dehors de l'école et également aussi
quelque chose que m'ont indiqué les jeunes adeptes c'est que du
coup, ça conforte la coupure dans laquelle ils se trouvent placés
et par ailleurs et enfin, ils se sentent à ce moment là rejetés
et persécutés. Et selon la doctrine du groupe, hein je veux dire,
ils sont à ce moment là, c'est une constante chez les Témoins de Jéhovah,
quand on est rejeté et persécuté, on est dans la vérité. Hein donc
vous voyez le système.....le système ......(plus de son micro) 1:50 Fenech: Vous pouvez brancher le micro... pour une question..(très
mauvais son micro).. Blisco ? Mr Jancovici, sur le dernier membre de phrase que
vous avez dit, vous dites qu'il doivent donner leur appartenance,
voulez-vous dire qu'il le font d'eux-mêmes ou y a t-il parce que.....c'est
assez ancien maintenant ( en même temps un autre Monsieur dit une
phrase), Monsieur le Président mais....un certain nombre de...quand
on remplissait des fiches de début d'année... certains enseignants
demandaient la religion des enfants ; alors ça ne se fait sans
doute plus mais c'était relatif, on demandait l'adresse, on demandait
la profession des parents et la religion dans toutes les écoles publiques,
bien évidement... peut être ça ne se fait plus, moi je l'ai vécu.
Et donc on était... c'était....Alors est-ce que vous voulez dire que
là, il s'agit d'une autre démarche d'auto-promotion, d'auto-déclaration
? Jancovici : Si j'ai bien compris ce que m'ont dit ces jeunes
gens, jeunes filles, enfin parfois certains ont plus de trente ans,
je veux dire, c'est le groupe qui leur demande l'énoncé......d'énoncer
ça dès l'école. J'arrive sur les questions de maltraitance qui sont
importantes aussi, hein je veux dire. Alors vous avez des situations
isolées de maltraitance, hein je veux dire, un parent qui, je veux
dire, comme dans tout groupe social, hein je veux dire, comme sa fille,
son fils etc.. etc ... Mais vous avez aussi
des situations de maltraitance qui sont induites non pas par le
groupe en tant que tel, je précise bien, ça n'est pas la doctrine
du groupe qui va pousser à ça, mais plutôt la volonté de la part
de l'adepte d'appartenir au groupe et de montrer qu'il est un bon
adepte ou par exemple durant les moments de prière en particulier
dans ce qu'on appelle la salle du royaume, il y a une obligation
pendant le temps de prière pour les petits qui assistent aux prières
de se tenir debout, silencieux ,sans bouger pendant 2 à 3 heures.
Donc vous avez des
gamins qui ne tiennent pas, ce qui est normal je veux dire et on
peut dire même, je veux dire du point de vue comme ça d'une conception
autour des questions de maltraitances, que de demander à un enfant
que de rester debout, sans broncher, sans bouger pendant 2, 3 heures,
il y a déjà la maltraitance. Mais ce qui se passe
à ce moment là quand les enfants s'agitent, vous allez avoir des
mères qui ne supportent pas littéralement que les enfants se mettent
à bouger et vous avez, ça a été évoqué massivement par le petit
groupe d'ex-adeptes, vous avez des mères qui récupèrent leurs enfants
pendant l'office, qui les amènent au fond parce qu'il y a des petites
salles derrière et les enfants reçoivent des fessées et c'est extrêmement
violent, et vous avez des mères, semble t-il, qui perdent toute
contenance. Alors ça n'est pas
dans la doctrine. Vous avez des groupes, je crois qu'il faut le
signaler, comme la Citadelle où le gourou dit aux parents « votre
petit est un petit pervers, il veut rien apprendre » et une
mère de famille m'a fait se témoignage, après 3 heures d'entretien,
elle m'a dit « j'ai battu pendant 7 ans, 2 fois par jour à
coup de ceinturon mon fils », quelques années après, elle se
retire et s'est demandé ce qu'elle a fait. On voit bien le temps de réalisation, on n'est pas
dans ce domaine là, mais ce que je constate, c'est que très souvent,
sans que ce soit lié à la doctrine, le contexte sectaire est propice
à des pratiques de maltraitances, et je m'en expliquerai tout à l'heure
et je donnerai l'explication sur.... comment on peut comprendre au
delà du phénomène sectaire ces situations là.... sur
la .... Intervention de Vuilque : Tout de suite Fenech : …. Tout de suite, autant le dire tout de suite..... Jancovici : .....Je termine sur les abus sexuels et je reviens,
je vous donne ces éléments. Ce que je dis, monsieur le Président, n'est pas systématique.
Il y a par exemple …. j'ai rencontré un jeune homme, effectivement,
dont les parents étaient membres de ce groupe depuis 4 générations
et du fait de cette appartenance longue, sa mère n'avait pas besoin
de prouver qu'elle était un bon Témoin, et du coup, il m'a dit : « je
n'ai jamais été battu ». Vous voyez, donc, on a des situations
différentes mais qui sont liées à la question des appartenances. Agressions sexuelles, hein ! Il y a des groupes qui
prônent l'inceste, mais s'ils sont minoritaires, je ne rentre pas
...... Dans le recueil que
nous avons fait, je vous l'ai dit au début de mon intervention,
4 jeunes gens avaient été victimes d'agression sexuelle .... je
veux dire .... ce qui est considérable c'est un groupe constitué
de manière aléatoire, même si c'est un groupe constitué par des
victimes des Témoins de Jéhovah. J'ai posé la question
de savoir si à leur connaissance, ces situations étaient assez fréquentes.
Il m'a été indiqué, il m'a été indiqué que les situations d'agressions
sexuelles, je n'ai pas la possibilité de le vérifier..... sont fréquentes
dans ce groupe. Une émission de télévision, que je pourrais vous
communiquer, Monsieur le Président, et que je pourrais communiquer
à votre groupe ....., qui a été réalisée par la télévision suédoise,
qui a fait l'objet d'une procédure des Témoins de Jéhovah, en Suède,
pour faire interdire cette émission, et sur lequel la justice suédoise
.... heu ... a rejeté ... hein!!....montre au fond comment ces situations
sont... et c'est un document tout à fait intéressant il a été retraduit
en français pour être diffusé dans la télévision Suisse, montre comment
ces situations sont très fréquentes. Elles montrent aussi comment au fond ces situations
sont déniées par ce type de groupes, et comment aucune aide n'est
apportée aux...aux victimes, en particulier quand une jeune fille
ou un jeune homme à été victime de ce type d'agression, je veux dire,
on lui donne une petite brochure, un article de la bible etc. ...
etc. .... et ce qui...ce que dit alors, sous toute la réserve de ce
document dont je me ..... de la télévision suédoise, dont je n'ai
pas de raison de .... je n'ai pas de raison d'invalider au sens même
où il y a eu cette procédure judiciaire .... il nous est indiqué en
particulier donc, dans ce document, que les victimes qui souffrent
trop etc...etc...sont à ce moment là rejetées par le groupe.... Enfin je veux dire sont.....alors vous avez aussi,
du point de vue des agressions sexuelles....heu....cette...comment
dirais-je....cette justice parallèle … il faut bien employer le terme,
que sont les comités judiciaires, dont la légalité mériterait d'être
soulevée. Alors je termine...je termine mon exposé pour donner
ces explications : Nous sommes avec les sectes, et quelques soient les
sectes ... heu .... dans des systèmes clos. Et les spécialistes des
questions de protection de l'enfance, au delà de la question des sectes
... hein .... je dis bien au delà de la question des sectes, savent
depuis longtemps, l'ont écrit, l'on démontré etc .... que tous les
systèmes clos...hein....que tous les systèmes clos sont supports de
fonctionnements pathologiques susceptibles d'entraîner de la maltraitance
et des abus sexuels...hein...ce que je veux dire c'est pas la doctrine
en tant que telle que....heu... qui est … De la même façon que dans les affaires d’incestes,
la plupart du temps, les spécialistes de protection de l’enfance reconnaissent
que s’il y a eu inceste, c’est que la famille vivait sous le régime
d’un système clos. Les systèmes clos
sont pathologiques. Madame Brisset l’année dernière, à qui je rapportais
le travail que je menais [répète : le défenseur plusieurs
fois] enfin, l’ex défenseur des enfants, à qui je rendais compte
un peu de l’avancée de mon travail, je n’avais pas encore, moi-même
formalisé cette question autour des systèmes clos, m’a dit :
Monsieur Jancovici, vous êtes devant un système clos. Elle a eu
cette parole limpide et elle a dit : « tout système clos
est pathogène ». Fenech : ……ne vous laissez pas distraire, continuez. Jancovici: …. Et de ce point de vue, et si on part de cette
hypothèse, et si on revient à une question qui m’est souvent posée :
est ce qu’il y a des sectes qui sont moins dangereuses que d’autres ?
La réponse que je peux apporter
de la part de mon département ministériel, c’est qu’à partir du moment
où on est dans un système clos, toute secte est dangereuse. Toute
secte, même la plus ….. apparemment la moins nocive …. Je conclus sur deux choses : l’ancien président
du tribunal pour enfants de Paris, Monsieur Bruel, recevait régulièrement
en audience de cabinet les enfants qui devaient être opérés … les
enfants des Témoins de Jéhovah qui devaient être opérés pour lesquels
l’opération n’était pas dans l’urgence, donc il y avait la possibilité
d’une audience de cabinet et pour laquelle les familles étaient violemment
opposées à l’idée même de la transfusion. Monsieur Bruel m’a dit qu’à chaque fois, il a été
amené à prendre une décision permettant la transfusion et qu’il avait
le sentiment qu’à chaque fois, la chose est importante, les familles
étaient soulagées. Ce que je veux dire par là, c’est qu’il semble, du
point de vue des inquiétudes que nous pourrions avoir sur ces histoires,
que de ce point de vue, si l’autorité publique qui intervient comme
un tiers avec des parents qui ne peuvent faire autrement que d’être
les relais du groupe, nous pouvons aider les parents. Alors, sur la question de la prise en charge, nous
sommes dans une problématique de situation à risque …. on est en situation
où il faut faire une évaluation et de ce point de vue là, au fond,
il faut faire des évaluations au cas par cas ; il ne faut pas
faire d’évaluation par rapport à la seule appartenance. On est à ce moment là, en travaillant sur le cas
par cas, et c’est la question que
l’un d’entre vous posait par rapport à la question des assistantes
maternelles, on rejoint le droit commun, et qu’à cet égard, je dirai,
qu’on est à ce moment là dans …. des strictes compétences du système
de protection . Je crois que de ce point de vue là, et j’en terminerai
par ce point au-delà et compte tenu de ce que je décris de la situation
des enfants, c’est que l’application de l’article 375 du code civil
qui est l’article princeps sur ces histoires, ne peut et ne doit connaître
aucune exception dans ces situations. Président Fenech: Merci, Monsieur Jancovici. Je ne pense pas que vous ayez été assez suffisamment
précis sur un point qui me paraît important, alors est-ce que vous
pouvez expliciter ce que vous avez dit à propos des assistantes maternelles.
Est-ce que vous êtes en train de nous dire que pour obtenir un agrément
par la DDASS … est-ce qu’une assistance maternelle, vous devez
rechercher si il n’y a pas une appartenance à un groupe ou communauté
sectaire, est-ce que c’est possible, selon la loi républicaine ?
est ce qu’il y a une vigilance là-dessus ? C’est bien ça dont
vous parlez, l’agrément des assistantes maternelles ? Jancovici : Nous avons des demandes du Président du Conseil Général
de l’Hérault, je crois en 1997, parce que le Président du Conseil
Général de l’Hérault était inquiet au sens même où il lui arrivait
des demandes de personnes appartenant aux Témoins de Jéhovah. Je ne
sais pas dans quelles circonstances il l’a su, sa question c’était :
est ce que je peux ou non refuser un agrément ?
Or, toute la problématique développée par les juridictions
administratives en particulier, et le Conseil d’Etat est que l’on
ne peut, en France, prendre une décision, quelle qu’elle soit, au
seul vu de l’appartenance. Il faut, de ce point de vue, partir de l’appartenance
et se demander si, éventuellement, compte tenu de cette appartenance,
la personne qui demande à bénéficier de ce statut a un mode de pratique
qui est conforme aux pratiques du domaine dans lequel elle veut exercer,
soit comme assistante maternelle, soit en adoptant un enfant. C’est
au vu de la pratique, de sa capacité…. Président Fenech : Parlez concrètement, si vous permettez, Monsieur
Jancovici, je ne suis pas sûr qu’on vous comprenne toujours ;
ça veut dire que vous posez la question clairement à une candidate
à l’Agrément d’assistante maternelle, si elle est pour ou contre la
transfusion sanguine, c’est ça ? Jancovici: Ce n’est pas interdit. Président Fenech: Comment ? Jancovici : Ca n’est pas interdit……Ca n’est pas interdit. Président Fenech: Ce n’est pas interdit, de poser une question mais
soyez très précis, qu’on comprenne bien. Jancovici : Ce n’est pas interdit de le poser. Et ce qui va être,
monsieur le président, ce qui va être pris en compte, par exemple,
par rapport à des parents qui souhaitent adopter, c’est la capacité
d’offrir des conditions de vie propres à permettre l’épanouissement
d’un enfant. Si on s’aperçoit …. et cette question d’épanouissement,
elle est valable, je veux dire, on va se retrouver avec des questions
qu’on va poser à tout candidat à l’adoption. Est-ce que monsieur X,
est-ce que madame Y est capable de s’occuper pleinement d’un enfant,
d’offrir un cadre comme tout parent doit en offrir ? Et si on s’aperçoit qu’à un moment, compte tenu d’une
problématique sur la question, effectivement, du sang ou de la transfusion,
le parent va être réticent etc ... à ce moment là, les Conseils
Généraux peuvent se dire : je ne peux pas confier cet enfant
à monsieur X ou à madame Y parce que si un jour il y a opération,
la vie de l’enfant risque d’être mise en danger. Et à ce moment là, si le Conseil Général ne le faisait
pas sa responsabilité pourrait être engagée ; il est responsable
dans le fait que l’enfant va être confié, donc, il doit s’assurer
des capacités de la problématique du demandeur. Mais ce que je veux dire, c’est que dans l’énoncé
même de la décision, aucune décision ne peut être prise en disant :
« nous refusons l’agrément parce que Monsieur ou Madame untel
est Témoin de Jéhovah » et de plus, je complète, alors même que
la semaine précédente les Conseils Généraux auraient examiné un demande
faite par quelqu’un qui est Témoin de Jéhovah, l’auraient refusée,
les conseils Généraux ne pourraient pas prendre appui sur la décision
précédente pour refuser; c’est au cas par cas, et travaillant au cas
par cas, on n’est, à ce moment là, pas entrain de sanctionner une
appartenance ; c’est des situations particulières sur lesquelles
on a à se prononcer. Vuilque : Merci de le rappeler, probablement un certain nombre
d’élus qui nous écoutent et je pense qu’il est important d’insister
sur cette affaire, d’autant plus que je crois qu’il y a eu des décisions
du Conseil d’Etat sur le sujet qui ont clairement identifié dans quelles
conditions les Conseils Généraux pouvaient refuser l’agrément comme
vous le dites précisément au cas par cas, il était bon de le rappeler. Jancovici : Oui, nous avons adressé en 98 ou 99 une note
à l’ensemble des Présidents de Conseils Généraux sur cette question
pour leur donner des éléments. En même temps que nous répondions au
Président du Conseil Général de l’Hérault ; compte tenu que nous
avions fait ce travail, on l’a diffusé à l’ensemble des Conseils Généraux.
Vuilque : Cette précision utile, il n’en reste pas moins que
ce sont des affaires très difficiles à traiter, et que pour un certain
nombre de Conseils Généraux, la situation n’est pas toujours très
claire. Vuilque : Ceci dit, merci pour votre intervention Monsieur
JANCOVICI. Je voulais quelques éléments plus précis : vous parliez
tout à l’heure d’une organisation bien connue, vous disiez que dans
cette organisation, il y avait à peu près 45 000 enfants concernés. Est-ce que vous pourriez nous apporter un chiffre
un peu précis concernant l’ensemble des organisations sectaires ?
Est-ce qu’on est proche des chiffres annoncés tout à l’heure par Monsieur
ROULET de 55 - 60 000 enfants ? Quelle est votre appréciation
en tant que ministère de la santé sur cette situation ?….. Première
demande de précision…. ….ensuite….vous…..on a parlé tout à l’heure de la
problématique de l’aide aux victimes, notamment l’aide soit des mineurs
aujourd’hui, ou des anciens mineurs devenus majeurs …. Comment qualifieriez
vous aujourd’hui la situation ? Vous … le ministère de la santé
par rapport à, justement, l’étude que vous avez faite et à la connaissance
que vous avez de ces situations….heu…..voilà les quelques précisions
que je voulais vous demander. JANCOVICI : Alors … sur les victimes
… y a un élément, si vous voulez, qui est essentiel, c’est que dès
lors qu’un adepte quitte un groupe, il n’est pas libéré de ce groupe,
au sens même où il continue à être marqué par les catégories qui
l’ont fabriqué, Hein !!!!! Je …. je …. je ….. je
donne …. je donne un exemple …. un ancien, par exemple, Témoin de
Jéhovah qui a quitté le groupe des Témoins de Jéhovah … heu … a
l’impression en se socialisant à nouveau, hein je veux dire, qu’il
est … heu … qu’il est en train de fréquenter le monde de Satan….je
veux dire… le monde marqué par Satan qu’on lui a décrit … c'est-à-dire
que, alors qu’il est en train de venir à nôtre … dans notre direction,
il a le sentiment au fond, de fréquenter des gens dangereux … hein
…. Vuilque : Je voudrais préciser ma question qui est encore une
fois très pratique : par rapport à il existe un certain nombre
de dispositions d’aides aux victimes en général, par rapport à … à
…. ce qui existe aujourd’hui dans notre pays, par rapport à ces anciens
mineurs devenus adultes, est-ce que notre système n’est pas, justement,
perfectible et ne laisse pas trop ces victimes d’organisations sectaires,
un petit peu…heu… je dirais …heu … à elles-mêmes ? Jancovici : Alors, écoutez … si … si … comment dirais-je … si
je comprends précisément votre question, sur la question de la prise
en charge, c’est de ça dont vous parlez, c’est une question sur laquelle,
il y a de ça quelques années, j'ai travaillé en expérimental, en finançant
pendant trois ou quatre ans un centre de la région parisienne. Nous sommes en train
d’étudier … enfin, le Ministère de la Santé plus particulièrement,
la Direction Générale de la Santé, est en train d’étudier, la manière
dont on pourrait mettre en place, sur l’ensemble du territoire ...
heu … des systèmes de prise en charge des victimes. Parce qu’il
est évident que en ayant de ….. Vuilque : Des systèmes spécifiques de prise en charge pour
…heu…les victimes d’organisations sectaires ? JANCOVICI : Alors …. c’est un élément qui est en discussion au
sein de la Direction Générale de la santé : est-ce qu’il faut
prendre en charge ces victimes par le dispositif de santé mentale,
le dispositif de droit commun, ou demander au dispositif de droit
commun de créer, je dirais, des antennes spécifiques … c’est une question
qui est actuellement… Vuilque : C’est une question, qu’est-ce que vous en pensez
VOUS en tant que praticien ? (Long silence). JANCOVICI : Alors, deux choses, Monsieur le Rapporteur. Deux
choses différentes…je pense que, il y a nécessité d’une culture très
spécifique sur la question des victimes de sectes, je pense que la
plupart des thérapeutes n’ont aucune représentation au fond de ce
qui se passe et des processus dans lesquels sont pris les adeptes
et que de ce point de vue là, il faut, quelque soit le…si vous voulez,
le…la formule auquel on aboutira, il faudra former ces thérapeutes
à une culture sur le phénomène sectaire. Il faudra aussi que les quelques personnes qui auront
réfléchi sur la manière dont on…j’allais dire…. on « forme »,
entre guillemets, les adeptes, qu’on puisse les communiquer, donc
je veux dire …je pense que dans l’état actuel … tout praticien n’est
pas forcément capable de travailler ces questions qui sont des questions
difficiles. Et par ailleurs, je pense qu’il faudrait, sans doute
éviter d’inscrire des prises en charges dans ce qu’on … alors je parle
à titre personnel, je n’engage pas la Direction compétence …… la direction
Générale de la Santé, j’ai pas compétence à ….. à … je parle presque
à titre privé ….. enfin non …. pas à titre privé … je parle au nom
de mon Ministère ayant une compétence sur ces questions, mais pas
une compétence sur le champ…..sur le champ….. santé mentale, je pense
qu’une problématique qui serait une problématique de type victimologique,
serait sans doute une erreur. Je veux dire, parce que en particulier, les victimes
ont été pris dans des situations extrêmement compliquées, je veux
dire, où, parfois, hein je veux dire…parfois, et à leur détriment,
ils n’ont pas simplement été victimes, mais ils ont participé à des
pratiques pour lesquelles d’autres personnes ont été victimes…hein
…donc…. Vuilque : Si je résume, vous êtes plutôt favorable ….. pas
favorable plutôt à un système spécifique de prise en charge, mais
par contre, à une intention particulière, notamment dans la formation
des thérapeutes sur ces phénomènes sectaires ? JANCOVICI : Tout a fait ! Et à bien ….. et avec un élément
tout à fait important qui serait qu’on ait un recueil, sur les situations
en terme de santé mentale dans laquelle se trouve pris les ex-adeptes,
sur un recueil aussi des …. comment dirai-je du travail thérapeutique
… hein … je veux dire … qui s’est fait, de façon à permettre, j’allais
dire, de développer ce que l’on pourrait appeler une clinique, hein
je veux dire, une clinique du fait sectaire. Vous m’aviez posé une, une autre question….je l’ai
oubliée Monsieur….. Vuilque: Oh ! C’était sur….oui, c’était une question,
une précision sur le nombre, ce qui est très difficile, exhaustif…. JANCOVICI : Il y a un élément, qui m’a permis, qui a permis au
ministère de donner un chiffre précis sur les enfants élevés dans
le contexte Témoins de Jéhovah, c’est que….les Témoins de Jéhovah
ont fait faire une enquête dans laquelle ils disent par l’intermédiaire
d’un organisme de sondage …. je crois que c’était en 97 ou 98, dans
lequel ils disent que les trois, bon ..… je reprends leur énoncé,
que les 3/4 des adeptes des Témoins de Jéhovah ont des enfants. Et donc nous avons
pris cet élément en supposant un minima que dans ces familles il
y a un enfant, en général il y a plus qu’un enfant, mais enfin…et
donc nous sommes arrivés au chiffre de 45 000. Pour les autres groupes,
je…..je… scientifiquement on peut pas dire. Je pense qu’il y a plusieurs
dizaines de milliers d’enfants….je pourrais vous dire 35 ou 40 000,
mais je veux dire…il y en a un nombre considérable surtout si l’on
prend…. par ailleurs…alors une question qui n’est pas prise en compte
par la Mission Interministérielle … et que je prends pas en compte
dans mon dénombrement qui est une question sur laquelle se posent
des questions de santé très important, c’est la question des enfants
vivant dans des communautés disons intégristes quelque soit la religion
du livre considéré, où là, il y a aussi énormément de monde, hein
…donc…on…. Si vous voulez, si
on prend cet ensemble, je dirais qu’on est, à ce moment là peut
être très facilement au delà de 100 000, mais encore une fois,
en tout cas….on est sur des chiffres qui en terme de protection
des enfants posent une question, je dirais, politique, qui est politique
en terme de protection des enfants ! Fenech : Quels sont les problèmes de santé que vous constatez
dans ces mouvements à caractère intégriste ? A quoi vous faites
allusion en particulier ? JANCOVICI : Et bien c’est les même si vous voulez, c’est que
la capacité de développement des enfants, leur capacité à être des
êtres vivants …. je veux dire … réellement …. et je remercie infiniment
les victimes que j’ai rencontrées et des témoignages qu’ils nous ont
apportés, ça a été tout à fait important, ce sont des gens atteints
dans leur capacité vitale, hein….je veux dire ce sont des gens …..je
….. je … je veux dire …. qui n’ont aucune énergie …. aucune énergie
vitale ! Je veux dire, ce sont des gens…y a quelque chose de…je
veux dire…de…ce sont des gens de grande qualité…hein, je veux dire….de
grande qualité mais en même temps qui présentent du point de vue de
leur, de leur vitalité, quelque chose de parfaitement pathétique !
Je veux dire on sait, on a ….et…et…et…quand des choses apparaissent…..
Je vais vous donner un exemple, Monsieur le Président, qui vous montre
dans quel état psychologique se trouvent ces personnes. Un des jeunes adeptes,
qui avait fait une thérapie assez longue, au moment où sa thérapie
se terminait, il m’a dit : « tout d’un coup, j’ai eu une
surprise, je me suis rendu compte que pour la première fois de ma
vie, j’étais en train de penser ». Et il nous a dit aussi
la chose suivante, que ses propres pensées, alors qu’il était sorti
du groupe et qu’il commençait à penser, comme si on était dans une
interdiction de penser, il les mettait dans son ordinateur sous
des caches, vous savez, on peut planquer, c'est-à-dire que pour
lui, penser était quelque chose d’interdit et de dangereux. Donc, quand on a des
jeunes gens qui sont pris dans ces espaces là, on est dans quelque
chose d’extraordinairement dangereux. Alors, un exemple aussi, pour rejoindre les questions
de santé qui sont aussi dans nos préoccupations. On voit bien que
les groupes font des propositions … Je vais vous donner un exemple
d’une jeune femme qui avait 35 ou 40 ans, et dont la problématique
était qu’elle avait des difficultés pour avoir un enfant. Elle rencontre … ça
ne se passe pas en France, ça se passe en Belgique … dans une soirée
privée une femme qui se présente comme une thérapeute. A la fin
de la soirée, la femme lui dit : vous pourriez venir chez moi,
je vous prendrais comme patiente. Et donc, elle va commencer après
cette rencontre singulière et qui est interdite à un praticien -
je veux dire on ne sollicite pas des patients, encore moins dans
des rencontres privées - elle commence une thérapie et au bout de
trois séances, elle dit à cette femme, cette « thérapeute »
entre guillemets, qu’elle essaie d’adopter un enfant, qu’elle
n’y arrive pas. Et je ne sais de quelle
manière, ça se passe en Belgique, cette femme va lui permettre d’accéder
à une adoption. Donc, elle a eu l’enfant, elle l’a adopté, elle
part à ce moment là, c’est le thérapeute qui lui dit : « j’ai
un groupe, je ne sais pas quoi, ça se passe en Espagne », j’ai
oublié le nom, ils partent en Espagne et au bout de trois semaines,
cette psychothérapeute gourelle, parce qu’elle était gourelle, va
alors démontrer à cette femme qui a adopté qu’elle est une mauvaise
mère. Or, précisément, toute
la problématique de la femme en question, c’est qu’elle avait une
difficulté à être mère et à fortiori, on est en train de lui démontrer
qu’elle est….elle s’écroule littéralement, et à ce moment là, elle
décide d’abandonner sa fille au groupe. Elle quitte l’Espagne,
elle retourne en Belgique, et au bout de quinze jours, elle se dit :
qu’est ce que j’ai fait ? Ce qu’elle fait, c’est qu’entre temps,
elle a fait un testament où sa fille adoptive est son héritière,
sa fille adoptive est restée dans le groupe, elle se dit :
s’il m’arrive quelque chose et il peut m’arriver quelque chose,
à ce moment là, c’est le groupe qui va hériter. Alors on voit bien qu’il y a une dynamique de manipulation
et en même temps quelque chose d’ignominieux à l’égard de cette femme
qui passe par cette difficulté à adopter. Je cite cet exemple, parce qu’avec Raël, et en particulier
les histoires autour du clonage,
on retrouve toute cette problématique. Donc on a une multitude de
propositions en matière de santé qui sont faites sur des situations
dans lesquelles … des personnes peuvent être en difficulté. Au Ministère
de la santé, nous sommes en ce moment très inquiets par le développement
des sectes sur le champ santé. Vuilque : Est-ce que je peux me permettre, avant de passer la
parole à Jacques ? ... qui l’a demandée. Vous preniez cet
exemple, et je reviens sur le pan périnatalité qui a
été mis en place. Dès le quatrième mois de la grossesse, la
future maman a un entretien avec une sage femme ou un médecin pour
justement dépister des éventuelles fragilités psychologiques. Est-ce
que vous avez, au ministère, déjà un certain nombre d’évaluations
de cette pratique, notamment pour des femmes qui auraient été victimes,
éventuellement de ce prosélytisme ? Est-ce que vous avez des
indications ? Jancovici : Bien que je représente dans sa totalité le ministère
de la santé, et de la solidarité, mais aussi le ministère de l’emploi
et de la cohésion sociale, etc..
j’ai une fonction transversale sur ces deux départements ministériels,
mais je ne connais pas tous les dossiers, ni de la DGS, ni de la DOS
( ?) donc, il serait, à mon avis, tout à fait important que sur
les questions très précises du champ de le santé, vous puissiez rencontrer
la personne qui suit les dérives sectaires sur ce domaine qui s’appelle
monsieur Saxe. Je crois qu’il y a actuellement, en tout cas pour
aider les professionnels, création d’un guide méthodologique. Je crois
que c’est en train de s’élaborer, c’est tout ce que je peux … mais
il y a une surveillance autour de ces questions là ; alors, il
y a d’autres questions qui sont dramatiques, on a le développement
de micro pratiques sur des maladies sur lesquelles la problématique
de survie est infime, en particulier le cancer. On a, par exemple, fait un travail de repérage ;
il y a un personnage qui a été condamné par les tribunaux qui s’appelle
le docteur Hamer, que vous connaissez. Il a aujourd’hui … vous savez,
ses élèves ont créé leurs premières écoles et puis sous ces premières
écoles, d’autres écoles ont été créées. On peut estimer aujourd’hui, sur la question du cancer,
vue à travers la méthode Hamer, on a aujourd’hui sur le territoire
français sept cents « praticiens », praticiens entre guillemets,
je veux dire, quelque soit la profession … j’allais dire un charcutier
- j’ai beaucoup de respect pour les charcutiers - qui est devenu thérapeute,
une assistance sociale, voire un médecin qui a récupéré la méthode
Hamer ; on a 700 praticiens inspirés de la méthode Hamer, c’est
un chiffre à peu près sérieux dans une première exploration, en contact
avec le public, donc on a aujourd’hui, des questions importantes en
matière de… | |||