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CAP
LC 2006
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Commission
d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et
aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des
mineurs
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Mardi 12
septembre 2006 à 14 h 30 Audition de : Monsieur Friedrich Griess, président de la Fédération
européenne des centres de recherche et d’information sur le sectarisme
(FECRIS). Intervention compléte
Chers collègues, nous allons ouvrir nos travaux en commençant par l’audition de Monsieur Friedrich
GRIESS. Je vous remercie Monsieur GRIESS d’avoir répondu à notre demande
pour compléter et informer notre commission d’enquête sur le travail
et les éléments d’information que
vous pourriez nous apporter au niveau européen. Vous êtes président
de la Fédération européenne des centres de recherche et d’information
sur le sectarisme connu sous le sigle de FECRIS. Je pense que vous comprenez
le français ? Bien. Mais
vous avez choisi de vous exprimer en allemand. Friedrich GRIESS Je préfèrerais lire le texte que j’ai préparé en allemand. Georges Fenech Vous n’êtes pas obligé de lire un texte. Vous pouvez parfaitement développer à partir d’autres textes,
bien sûr, en allemand, et nous avons donc la traduction qui a été prévue. Friedrich GRIESS Oui. Georges Fenech Alors je souhaite, Monsieur GRIESS, d’abord vous informer au préalable de
vos droits et vos obligations : je vous rappelle tout d’abord qu’au terme de l’article 142 du règlement de
notre assemblée, la commission pourra décider de citer dans son rapport toute ou partie du compte rendu qui en sera
fait ; ce compte rendu vous sera préalablement communiqué et les observations
que vous pourriez faire seront soumises à la commission. Par ailleurs, en vertu de l’article 6 de l’ordonnance du
17 novembre 1958 modifiée, relative au fonctionnement d’une assemblée
parlementaire, les personnes auditionnées sont tenues de déposer sous
réserve des dispositions de l’article 126-13 du code pénal réprimant
la violation du secret professionnel et de l’article 226-14 du même
code qui autorise la révélation du secret en cas de privation ou de
sévices, dont les atteintes sexuelles, cette même ordonnance,
Monsieur GRIESS, exige des personnes auditionnées qu’elles prêtent serment
de dire la vérité et toute la vérité, rien que la vérité. Je vais donc
vous demander de lever la main droite et de dire : “Je le jure”. Friedrich GRIESS Je le jure. Georges Fenech Je vous remercie. Je m’adresse également aux représentants de la presse pour
leur rappeler les termes de l’article 39 quinquies
de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de
la presse qui punit de 15 000 € d’amende
le fait de diffuser des renseignements concernant l’identité
d’une victime d’une agression ou d’une atteinte sexuelle. J’invite donc
les représentants de la presse à ne pas citer nommément
les enfants qui ont été victimes de ces actes. La commission va procéder maintenant à votre audition qui
fera l’objet d’un enregistrement audio-visuel
et d’une traduction simultanée. Monsieur le président, vous avez la
parole. GRIESS La FECRIS organise des
conférences quasi-annuelles, des conférences toujours liées directement
ou indirectement à l’influence directe sur les enfants. En 2001, il
y a eu une réunion de 23 juristes venant
de 9 pays européens. La conclusion de cette réunion qui s’est
tenue à Paris se retrouve dans un document
que j’ai remis en langue française à votre secrétaire. En 2002, il y
a eu une rencontre d’experts à Barcelone, experts internationaux et
ils ont planché sur la question de la prévention pour les mineurs. Là
aussi, il y a beaucoup de documentation disponible. Alors il y a différents
exposés qui ont été faits, et j’en parlerai au fur et à mesure que je
mentionnerai chaque pays. Deux ans plus tard, en 2004, il y a eu à Marseille, une conférence
sur la question “santé et influence des sectes”. Là aussi, les enfants
étaient au coeur des préoccupations ; documentation disponible en français
également. Puis en 2005, conférence à Vienne, sur la question "des
sectes et de la formation". Alors, là aussi, les enfants et les
jeunes étaient au centre de la réunion, à l’exception d’un exposé. Là
aussi, il y a de la documentation. Aujourd’hui, il y a à
Bruxelles ou cette année, il y a eu à Bruxelles, une conférence sur
la question de "l’internationalisation des sectes", la question
de savoir si c’est un véritable danger
pour les droits de l’homme. Sous prétexte de liberté de croyance
et de religion, et bien on sape d’autres droits sur des enfants,
par exemple, on se retrouve avec des enfants du même âge et qui n’appartiennent
pas au même cercle. Il y a eu un débat très intéressant sur une jeune
femme, Natascha Kampusch, vous en avez entendu parler. Pendant 8 ans, elle a été kidnappée et maintenue en
otage. Et après sa libération, ou sa fuite, et bien, beaucoup ont
tenté effectivement de la récupérer pour l’aider à retrouver une normalité
dans sa vie. En Allemagne, il y a toute une série de groupes qui ne veulent
pas envoyer leurs enfants à l’école parce qu'on prétend que l’école
serait nuisible. Alors la conférence à Bruxelles parlait surtout des
droits humains qui s’appliquent aux enfants. La documentation sur cette
conférence n’est pas encore totalement finalisée, mais j’ai apporté
deux documents : celui de Monsieur Jean-Pierre Malmendier, qui était
rapporteur du groupe de travail belge
sur la question des sectes,
et un exposé de Monsieur Maxime ("Urchenko"), avocat ukrainien,
qui parle de la façon dont en Ukraine, certains tentent effectivement
d’acheter en quelque sorte des enfants en leur faisant des cadeaux,
en leur prêtant une attention particulière pour les influencer et lui insiste sur la liberté de religion et les autres
droits de ces enfants et de ces jeunes. Venons-en aux mesures prises dans les différents pays. Après moi, il y aura Mr Henri de Cordes qui s’adressera à
votre commission d’enquête. Il vous parlera de façon plus détaillée
de ce qui se passe en Belgique. J’ai un document en langue française
que j’ai obtenu de la part de nos organisations
membres en Belgique. Dans le
cadre des réunions que j’ai évoquées, il y a eu beaucoup d’exposés qui
ont été présentés, celui du docteur Charles Berline, médecin belge,
président de l’association des médecins qui luttent contre l’utilisation
de méthodes alternatives interdites dans la médecine. Et puis encore
une fois, le rapport de Monsieur Jean-Pierre Malmendier. Passons au prochain pays : le Danemark. Là, nous n’avons pas d’organisation
membre, mais “Dialog Center international” du Danemark m’a fourni
un bref rapport qui parle de la secte "Christian Education" et de "ACE", Accelerator Christian Education,
et puis ensuite les écoles scientologiques, certains chamans, certains
guérisseurs, et puis certains théosophes radicaux qui essayent d’exercer
leur influence sur les enfants. Il y a également, ce qu’on appelle
le mouvement “Tvind” au Danemark,
interdit depuis longtemps. En France, d’ailleurs,
le mouvement est connu sous le nom de "Humana people to people".
C’est d’ailleurs un mouvement qui est accusé de fraude fiscale. Alors
il y a eu des poursuites judiciaires,
mais le tribunal n’a pas tenu compte
du fait qu’on essayait d’approcher des jeunes en leur parlant
d’aide au tiers-monde, et puis ensuite on les exploite sur le plan
financier, et puis on les fait travailler énormément pour la secte.
Là aussi, j’ai ajouté deux articles : l’un s’appelle “ le prince
de Tvind”, alors là, il y a même des tentatives de comparaison
qui sont faites avec Saddam Hussein. Autre pays que je souhaite mentionner : l’Allemagne. Selon les landers, les choses sont organisées différemment,
mais en Bavière, dans le bas
de Wurtemberg, dans le land d’Hambourg,
on est très actif dans le cadre de la protection des enfants et des
jeunes contre l’influence des sectes comme je l’ai déjà mentionné. Alors il y a beaucoup d’instituts, de cours de maintien scolaire
offert surtout par la Scientologie et d’ailleurs j’ai ajouté quelques
articles de presse à la documentation. Autre chose, le refus d’aller à l’école. En Allemagne, l’école
est obligatoire et des parents d’enfants ont refusé que leurs enfants
aillent à l’école alors maintenant ces familles commencent à déménager
en Autriche parce que là-bas, elles ont la possibilité effectivement
de placer leurs enfants dans d’autres types d’école. Alors il y a également
ce qu’on appelle les écoles Waldorf basées sur l’approche anthroposophique.
On en a également beaucoup parlé ces derniers temps, il y a eu beaucoup
de réunions organisées à ce sujet. Par ailleurs, en Allemagne, il y
a également la "médecine germanique", vous la connaissez,
le docteur Ryke Geerd Hamer on en parle beaucoup à ("Tuninghan"),
le 13 mai de cette année, il y a eu une manifestation avec
environ 400 personnes qui demandaient la libération de Monsieur Hamer
qui entre temps a été libéré. Madame ("Rhein"), une allemande
a fait un exposé, elle s’est occupée d’un centre de réhabilitation pendant
un certain moment puis il y a eu également un exposé d’un avocat qui
s’appelle ("Jürgen Wiligent") qui s’est surtout occupé des
questions des conséquences de l’appartenance à une secte sur le droit
de garde des parents et sous leur autorité parentale. Et puis, il y a eu également
un exposé d’un spécialiste italien qui dit qu'en Italie, certains
enfants disparaissent et que la situation est assez alarmante et préoccupante.
Excellente contribution lors d’une conférence que celle d’un sociologue
canadien, le docteur Clearance Kent, qui a montré comment l’éducation
et la rééducation est faite dans ces organisations idéologiques et
comment les enfants finalement sont de plus en plus attirés vers un
monde qui est un monde qui est fait de chimères. Pays-Bas, il y a eu également
beaucoup de discussions sur ce qu’on appelle "les frères norvégiens"
ou alors qui ont le nom officiel de "communauté chrétienne"
et on s’est rendu compte qu’il y a des enfants dans ces sectes qui
sont battus avec des bâtons, avec des tringles. Il y a un jeune garçon
qui a dit quelque chose qu’il ne devait pas dire, à qui on a enlevé
la parole en lui mettant du savon de Marseille dans la bouche, etc.
Alors évidemment, il y a aussi l’endoctrinement des parents alors
évidemment il y a un jeune homme qui a été battu en tant que jeune
garçon et qui a déposé plainte mais malheureusement il y avait prescription
donc la plainte n’a pas pu être retenue. Passons à la Norvège,
nous avons un excellent document qui nous vient de Norvège et il y
a quelques années de jeunes adultes qui étaient sortis de la secte
"Children of God" [Les enfants de Dieu] et qui se sont adressés
aux autorités qui à ce moment là ont dit : "nous n’avons pas
d’argent, pas d’appartement, nous n’avons même pas été à l’école,
aidez-nous s’il vous plaît". La plupart des autorités ont dit
: "c’est pas possible, on nous raconte des histoires", mais
il y a une organisation ("Red Barnard"), "Sauver les
enfants" qui les a pris au sérieux, qui a mis en place un projet
et qui a été en contact avec 100 victimes, touchés à des degrés différents
et au mois d’avril 2005, un rapport à été publié par cette organisation,
un rapport qui s’appelle "Regardless of Faith" en anglais
qui montre qu’il ne s’agit pas de clouer au pilori les croyances de
ces organisations mais de veiller à ce que les droits des enfants
soient garantis alors qu’ils sont totalement violés au sein de ces
organisations. D’ailleurs, même chose pour le rapport de l’auteur
ukrainien, il y a des rapports qui viennent encore de Norvège qui
portent sur le passage à tabac d’enfants qui sont régulièrement frappés
et puis quelqu’un qui est sorti de la secte mais qui a été accusé
effectivement d’avoir abusé de jeunes filles ou de ses filles, il
a avoué l’avoir fait, qu'au sein de la secte, c’est une chose courante
parce que les hommes sont habilités à faire ce qu’ils veulent des
femmes et des enfants. Par ailleurs, il est bien connu qu’il y a un
grand centre qui a été mis en place en Norvège, ça a coûté 125 millions
d’euros. Alors ce sont des jeunes gens qui venaient de terminer l’école
et qui ont été obligés de faire un travail bénévole pendant des semaines
et des mois et qui n’ont donc pas eu pendant un certain temps à envisager
une formation professionnelle. Ce qui est intéressant, c’est que cette
secte a essayé de mettre en place une école privée et à l’égard des
autorités, la secte a prétendu qu’elle voulait créer cette école pour
faire de ces enfants de bons membres de la communauté mais ça a été
effectivement refusé par l’Etat parce que l'objectif d’une école n’est
pas de former des gens ou des enfants à être membres d’une communauté
mais de la société. L’Autriche dans les années 70, le problème a été pris très
au sérieux par le gouvernement de l’époque surtout dans les années 90,
à l’époque il y a une grande campagne qui a été lancée, campagne largement
appuyée par le gouvernement et le Ministre de la jeunesse a fait une
allocution télévisée, il est devenu en quelque sorte lui-même spécialiste
des sectes, c’est le ministre ("Balkenstein"). Et puis il
y a eu une brochure qui a été publiée également, alors cette brochure
et ce dépliant qui ont été distribués pour mettre en garde les écoliers
devant le risque que représentent les sectes. Malheureusement il n’y
a pas eu de nouvelles publications de la brochure depuis 1990, mon
l’impression c’est que le gouvernement actuel craint un petit peu
certains cercles influents aux Etats-Unis qui ont tendance à taper
sur les doigts de tout gouvernement qui envisage d’entreprendre quoi
que ce soit contre les sectes. Brièvement la Russie ; vous savez certainement le problème
des sectes est un problème aigu dans les pays d’Europe de l’est parce
qu’après l’effondrement du régime soviétique et bien les sectes ont
poussé comme des champignons. Alors maintenant, on constate une certaine
stabilisation de la situation, cela vaut d’ailleurs pour la totalité
des pays d’Europe de l’Est. En Suède, il s’est passé
quelque chose d’assez intéressant également, le 10 janvier 2004, dans
le village de ("Knoukbilt") près d’Uppsala, il y a eu un
meurtre et une tentative de meurtre. La meurtrière était une jeune
femme mandatée par le pasteur pour tuer la femme du pasteur et elle
a tiré aussi sur un voisin et en fait le pasteur avait tout simplement
une liaison avec la femme du voisin. Alors une enquête a montré qu'un
tiers des enseignants de l’école de ce village appartenait à cette
organisation, organisation très influencée par ce qu’on appelle le
"Faith movment". Il y avait des mœurs assez spéciales dans cette école, les
enseignants battaient régulièrement les enfants et les autorités ont
dû décider que ces enseignants n’avaient plus le droit de se retrouver
seuls avec les enfants et, certains enseignants ont été mutés. Un médecin suédois, sorti de cette
organisation, a constaté qu’après la sortie de ces organisations,
de ces sectes, eh bien, de nombreuses personnes
nécessitaient des soins psychiatriques. Il y a également une
contribution d’un suisse à notre documentation, et plusieurs contributions
d’un psychiatre serbe qui, dans des conditions très difficiles, a essayé dans son pays,
de mettre à jour les activités et agissements de certaines sectes, par
exemple, certains promettaient au gouvernement que grâce à leur méditation,
ils pourraient repousser les bombes de l’OTAN, des choses de ce genre. L’Espagne, il n’y a que des activités dignes de ce nom en
Catalogne, pas dans le reste du pays ; ce qui est intéressant c’est
qu’en Ukraine, on déploie beaucoup d’efforts, beaucoup de programmes
ont été mis sur pied pour contrecarrer la manipulation d’écoliers et,
bien entendu, d’enseignants également. Mon dernier point : Le Royaume-Uni. Il y a des problèmes
au Royaume-Uni dans le sens où le gouvernement n’écoute que le professeur
("Hellen Baker") qui dit que tant qu’un groupe ne viole pas
le droit pénal, il n’y a pas de problème et pourtant ça ne peut pas
s’arrêter là. En guise de conclusion,
je voudrais dire que la Fécris est reconnue au sein du Conseil de
l’Europe comme ONG mais n’a qu’une fonction consultative. Pour mieux
protéger les Droits des jeunes et des enfants, ce serait bien d’arriver
à une représentation au niveau de l’Union Européenne et également
des Nations Unies mais nous savons qu’au sein des Nations Unies, les
sectes se sont déjà bien établies, exercent une grande influence mais
nous devons continuer à déployer des efforts pour assurer un avenir
sûr pour nos enfants. Comme je l’ai déjà dit, la liberté de religion
c’est une chose mais elle ne doit pas être absolue ; j’ai entendu qu’un criminel avait été condamné à la prison
à vie et il avait essayé en fait de le contourner en disant que sa religion
lui imposait en fait, d’aller au quotidien, à la messe sinon il irait
en enfer et si dans la prison, on ne le lui permettait pas, eh bien
ce serait une violation de sa liberté de religion. Pour terminer, je voudrais remercier tous ceux qui ont contribué
à l’élaboration de tous ces documents. Aussi bien les auteurs que les
traducteurs de ces documents, vous imaginez le volume de traduction
que rencontre la Fécris. Notre président d’honneur et fondateur Mr.
Jacques Richard s’est occupé lui-même de beaucoup de traductions vers
le français, en français. Merci également à toutes les personnes qui ont le courage
malgré des menaces, qui ont le courage d’informer notre
organisation des problèmes qu’elles ont rencontrés. Je souhaiterais surtout
remercier le gouvernement français qui continue d’appuyer généreusement
le Fécris. Cela permet effectivement notre travail. Je souhaiterais remercier les autorités de Catalogne, de
Provence Côte d’Azur, le Conseil général des Bouches du Rhône car il
y a eu pas mal de conférences organisées là-bas et qui ont trouvé un
soutien de la part des autorités, et puis je remercie également les
autorités de la ville de Hambourg pour le soutien apporté pour la prochaine
conférence prévue à Hambourg. Un grand merci à vous ! Georges Fenech Merci infiniment Monsieur le Président
pour ce panorama certes un peu rapide compte tenu de l’importance de ce phénomène en Europe. Je voudrais
vous poser 2 questions avant de passer la parole à mes collègues et
à Monsieur le Rapporteur. Vous avez fait état à deux reprises de pressions
diplomatiques en provenance des Etats-Unis et à aucun moment, vous n’avez fait état aussi de ce qui
peut se passer au niveau de l’Europe, au niveau, je pense, du Conseil
Européen auprès duquel vous êtes habilité en tant qu’organisation non
gouvernementale. Comment expliquez-vous, qu’il y a
3 ans, peut-être avez-vous des informations, le Conseil de l’Europe
qui était représenté, externalisé si j’ose dire à La Valette a voté
une motion contre la France en demandant à ce que la France revoit
la loi About Picard. Vous vous souvenez de cette résolution qui appelait
la France à abroger en quelque sorte la loi About Picard qui était
une loi votée en 2001 sur la manipulation mentale, l’abus de vulnérabilité.
Est-ce que vous comprenez la question ? Griess : Oui, oui. Fenech : Là c’était une décision purement européenne. En allemand,
s’il vous plait. Griess : Au sein du Conseil de l’Europe, il y a différentes forces,
au total il y a 400 ONG, nous sommes l'une de ces 400 ONG alors il y
a l’organisation (Raid Banna) de Norvège qui est aussi une ONG, on coopère
avec eux mais il y a en d'autres qui sont moins favorables à notre égard
et nous devons veiller à élever la voix pour bien exposer nos arguments
et les imposer. Moi-même, je me suis beaucoup
engagé auprès du gouvernement autrichien pour qu’une loi similaire
à la loi About Picard soit adoptée chez nous et nous espérons que
ce sera bientôt le cas en Belgique également. Fenech Autre question, est-ce qu’au niveau du Conseil Européen auprès
duquel vous œuvrez, est-ce que vous pourriez nous parler de rapports
qui auraient pût être rendus au niveau de l’Europe. On se souvient il
y a quelques années d’importants rapports comme celui de Maria Berger
par exemple. Est-ce qu’il y a toujours ce travail qui est fait au niveau
européen de vigilance de ce phénomène notamment à l’égard des enfants
? Griess: Nous nous sommes adressés
à certains des commissaires européens, j’ai parlé avec Jan Figel,
donc le commissaire slovaque chargé de l’éducation et de la formation,
et puis également j’ai parlé avec Madame Ferrero Waldner, vous savez
c’est notre commissaire autrichienne et puis également Madame Waltrom la vice-présidente de la commission européenne,
et tous m’ont répondu que l’Union Européenne ne se sent pas compétente
pour ces questions, ce que
je déplore fortement, mais je continuerai à m’engager auprès de ces
commissaires pour que l’on arrive à une véritable compétence de l’Union
Européenne en la matière également. Fenech Dernière question :
est-il vrai qu'au Danemark (vous avez cité l’exemple du Danemark),
les écoles de la Scientologie sont subventionnées par l’Etat ?
Griess Et bien la loi sur les écoles privées au Danemark est très
libérale et chacun peut créer une école privée très facilement et le
mouvement Tvind en a profité
et brusquement d’un jour à l’autre presque il y avait 40 écoles privées
et on s’est rendu compte qu’il n’y avait pas d’enseignement dispensé
dans ces écoles mais qu’en fait on envoyait les écoliers faire la manche,
la quête dans la rue et puis ensuite donc on a réclamé aux écoles de
rembourser les subventions dont elles avaient bénéficié. Le 31 août,
il y a eu un arrêt rendu effectivement sur le mouvement Tvind où une
personne a été condamnée à la prison, les autres n’ont pas été condamnées.
Tout le monde se rend compte au Danemark qu’il y a quelque chose qui
n’a pas fonctionné. Mais les lois au Danemark sont telles que d’après
la lettre de la loi, on ne peut pas condamner ces personnes donc maintenant
il faut réfléchir à la façon dont on pourrait amender ces lois. Nous avons également pour la loi sur les écoles privées,
peut être faudra-t-il envisager des règles plus strictes pour
que des écoles puissent bénéficier de subventions. Fenech Monsieur le rapporteur. Ph Vuilque Merci. Monsieur, une question très simple : comment
qualifieriez-vous la situation européenne aujourd’hui vis-à-vis de ce
phénomène touchant particulièrement les enfants ? Est-ce que vous considérez
que la situation, parce que vous avez dressé le portrait de la situation
dans un certain nombre de pays, est-ce que vous considérez que la situation
est stationnaire ? Est-ce que vous considérez que certains pays
sont plus ciblés que d’autres ? Est ce que vous considérez que
la situation s’aggrave ? Est-ce que vous considérez qu’il
y a matière à éventuellement envisager des
solutions communes en Europe pour enrayer ce phénomène ? Griess J’ai bien compris votre
question. Je crois qu’en fait, nous sommes en présence d’une bombe
à retardement, l’infiltration par les sectes n’est certes pas spectaculaire
mais elle continue petit à petit de façon pernicieuse. Surtout en
Autriche, vu qu'il n’y a plus de débat public parce que les média
ne veulent rien écrire parce qu'ils risquent sinon d’être traînés
devant les tribunaux, et bien l’opinion publique a l’impression que
les sectes ne représentent plus un danger, très souvent, on ne sait
pas très bien, par exemple, il y a Mr Bouzec, ancien vice-premier
ministre qui a été accusé d’avoir appartenu un moment à la secte Moon,
lui n’en savait rien. Donc je crois qu’il faut être très vigilant et surtout essayer
de voir ce qu’il se passe sous le manteau et si nous ne sommes pas là
particulièrement vigilants, eh bien on va se trouver un jour confronté
à une situation extrêmement alarmante et dangereuse. Parce que ce sont les enfants aujourd’hui mais c’est la génération
des adultes de demain et qui risquent finalement tous d’être contaminés
par ce virus des sectes. Souvent la démocratie, c’est un peu dépassé, on a besoin
d’un homme fort, d'un Führer bon certes
c’est un petit pourcentage mais un pourcentage en augmentation croissante. FENECH : Mr Jacques Myard ? J MYARD : Merci Mr le président, vous nous avez fait un panorama très
complet sur la situation dans chaque pays en Europe, vous avez mentionné
qu’en Allemagne, l’école était obligatoire, qu’il fallait aller à l’école,
pensez-vous, ce qui n’est pas le cas chez nous, parce qu’il y a des
dérogations comme au Danemark, pensez-vous que c’est un moyen fort pour
empêcher les sectes de prendre grippe sur les enfants, l’obligation
absolue d’aller dans une école publique ou privée mais contrôlée. Le problème c’est que les familles touchées en Allemagne
même si on a essayé vraiment de les faire plier, n’ont pas pu, n’ont
pas voulu plier, des pères ont été enfermés pendant des semaines, ça
n’a servi à rien. Donc ici, je n’ai pas de panacée pour résoudre le
problème, il est clair qu’il faut réfléchir à des solutions à ce problème. FENECH : Jean Yves HUGON HUGON : Merci Mr le président, Mr le président, vous avez dans votre
exposé, vous avez mentionné les écoles Waldorf, Waldorf school en Allemagne.
Les écoles Waldorf ont à ma connaissance, ou avaient excellente réputation,
c’est-à-dire que les parents qui voulaient donner une éducation élitiste
à leur enfant choisissaient les Waldorf school quand c’était possible.
Alors j’ai crû comprendre dans votre exposé qu’il y avait un début de
suspicion qui pesait sur les Waldorf school. Est-ce que je vous ai mal
compris ? Est-ce que vous pouvez me donner quelques explications
supplémentaires ? Griess Je crois que toutes les écoles Waldorf ne sont pas comparables.
Bien entendu, on n'est pas contraint de devenir théosophe dans une école
Waldorf mais nous avons des rapports d’enseignants qui nous disent par
exemple que l’on enseigne aux enfants que les animaux se sont développés
à partir de l’homme et puis d’une certaine façon et bien effectivement
on essaie de leur enseigner certaines idées. Alors il y a eu toute une
génération qui est formée par des gens qui ont une vision des choses
et du monde assez différentes de la nôtre mais il y a vraiment des rapports
d’anciens enseignants dans les écoles Waldorf qui attirent notre attention
là-dessus. Et un tel rapport est d’ailleurs en annexe au document que
j’ai fourni à votre commission. Je sais qu’il y a beaucoup de personnes
qui sont pour ces écoles, également dans les églises, un pasteur de
Berlin Brandebourg avait organisé au mois de février de cette année
une réunion sur les écoles Waldorf. Eh bien, sa propre église lui a
interdit. Mais le Pasteur a dit : "Il faut quand même
accepter la nouvelle idée et ne pas réduire l’église à la doctrine du
travailleur des rues de Nazareth, pour moi en tant que Chrétien c’est
inacceptable". Imaginez vous, c’est un pasteur qui a dit ça. Il
y a eu une réunion au mois de juin de l’université ??? de Berlin et
là tous les participants étaient d’accords pour voir les écoles Waldorf
d’un mauvais œil. Et au mois de novembre, il va y avoir une autre réunion
organisée à Berlin sur les écoles Waldorf. Donc actuellement les écoles
Waldorf sont vraiment au centre d’un débat important en Allemagne.
Merci Mr Le
Président. Vous nous avez très bien décrit la diversité des approches
et de la pénétration des mouvements sectaires dans tous les pays de
l’union européenne, au delà de cette diversité et s’agissant plus précisément
des grandes organisations sectaires internationales, la Scientologie
par exemple, est-ce que vous êtes en mesure
de dire si oui ou non il y a, de la part de ces sectes au rayonnement
international une véritable stratégie adaptée à chacun des pays, mais
vraiment une stratégie venant de l’extérieur de l’Europe et qui se donnerait
comme ambition de conquérir l’Europe au plus près des réalités de chacun
des pays.
des
présentations, ma fille est depuis 23 ans membre de la secte des "frères
norvégiens", j’en parle, les enfants sont très choqués dans les
écoles quand je leur parle de tous cela, par exemple il y a des textes
de chansons de ces organisations, là, "elle est nécessaire, elle
nous fait avancer, elle nous rend victorieux, dans ce combat il n’y
a pas de paix, rompez les liens avec la famille, la raison n’a plus
de sens, nous sommes contre toute norme".
c’est
là que l’on frappe les enfants avec des tringles à rideaux.
Vous connaissez l’histoire
du russe ("Grabovoï") qui prétendait pouvoir faire ressusciter
les morts, qu’il était le fils de Dieu etc, son organisation a déjà tenté
d’ouvrir une antenne à Berlin, alors effectivement certains le payaient
pour ressusciter leurs enfants et il essaie maintenant de s'établir dans
de nombreux pays donc, une secte qui a des moyens financiers, elle veut
effectivement s’installer partout dans le monde et exercer une hégémonie,
ça ne vaut pas pour toutes, mais ça vaut pour de nombreuses d’entre elles.
Pensez-vous
qu’il y ait une stratégie définie aux US afin que les sectes puissent
s’implanter en Europe, afin de conquérir l’Europe en qq sorte ?
Donc
l’histoire est toujours intéressante, les témoins de Jéhovah font de
grands efforts pour faire oublier la lettre qu’ils ont envoyée au “Reichskanzler
Hitler” en juin 1933 pour rendre les juifs et les catholiques coupables
des malheurs de l’Allemagne, c’est une lettre tout a fait différente.
Alors vous avez parlé de l’anthroposophie et des écoles Waldorf que
nous appelons Steiner, est-ce que vous avez des informations sur l’activité
des écoles Waldorf pendant la période 1933 - 1945 ? Où pouvons-nous
éventuellement trouver des documents sur cette période et la relation
de la théorie Steiner avec le nazisme, parce que pour ceux qui connaissent
la théorie Steiner, ils verront tout de suite des passerelles donc c’est
très utile même si je partage l’opinion, M Le Président, selon laquelle
le fait d’avoir une école Steiner ne veut pas dire que l’enseignement
est strictement décliné, il faut faire attention toujours de ne pas
tomber dans la paranoïa, dernière chose sur l’anthroposophie, est-ce
que vous pouvez nous parler des médicaments, des soins qui sont dispensés,
fabriqués, des médicaments fabriqués pour l’anthroposophie spécialement
et qui sont administrés aux patients?
Martine Aurillac Merci Mr le président, vous nous avez brossé un état des
lieux extrêmement intéressant de ce qui se passe dans différents pays essentiellement l’Europe,
je voudrais vous demander quel lien, quel rapport peut-il exister, à
votre connaissance, entre chaque pays étant tout à fait distinct les
uns des autres, et ayant sa spécificité, quel rapport il peut y avoir,
entre une certaine réglementation dans tel ou tel pays et l’acuité des
problèmes puisque vous nous avez expliqué qu'au fond, ce sont surtout
les pays nordiques et les pays de l’Est qui sont les plus touchés, est-ce
qu’il y a un rapport puisque c’est ceci qui nous occupe finalement entre
une réglementation ou l’absence de réglementation et l’acuité des problèmes
et de façon plus générale est-ce que vous imaginez que c’est une réglementation
stricte qui peut venir à bout de ce genre de méfaits ou est-ce que vous voyez
et lesquelles d’autres mesures qui seraient plus simples qu’une législation ?
Griess Si je vous ai bien compris, vous parlez de règles qui devraient
être en vigueur dans tous les pays, le problème c’est qu’il y a beaucoup
de différences entre les règles en vigueur. Il y a plusieurs pays dont l’Autriche qui depuis de
très nombreuses années reconnaissent les communautés religieuses. En
Autriche, une telle loi existe depuis 1874 évidemment une loi adoptée dans des circonstances totalement
différentes de celles qui existent aujourd’hui. Depuis 1912 on reconnaît aussi
l'islam en tant que communauté religieuse, ce qui, en Autriche a permis
d’apaiser les esprits. Bien entendu, nous avons également des extrémistes,
mais dans l’ensemble, il faut dire qu’il y a 300 000 musulmans
qui vivent en Autriche et dans l’ensemble les choses se passent très bien avec la communauté
musulmane dans notre pays en dehors du fait que dans certains quartiers
de la ville de Vienne, ils sont très concentrés et donc il y a plus
d’enfants turcs qu’autrichiens dans certaines écoles, donc c'est un
problème de bonne répartition. Mais dans l’ensemble, les problèmes ne
sont pas les mêmes qu’en Allemagne. On ne parle pas de l’interdiction par exemple du foulard
chez nous, chacun s’habille comme il veut et puis ainsi personne ne
se sent finalement contraint tout simplement de porter un foulard juste
pour s’opposer aux autorités ou à l’Etat. Il y a certains groupes qui
demandent à être reconnus par l’Etat et là je pense que ce serait mieux
d’avoir une laïcité comme la laïcité qui existe en France sans interdiction
du port du foulard, du voile ou ce genre de choses. Le problème c’est
que les témoins de Jéhovah enfin j’y reviendrai, en 1998, il y a une
loi qui a été adoptée sur la reconnaissance des communautés religieuses
qui ont des privilèges, des enseignants rémunérés dans les écoles où
tous les enseignants sont rémunérés dans les écoles, ils ont des temps
de retransmission à la télévision etc.… alors, il n’y a pas de privilège,
ce sont juste des communautés qui sont enregistrées parce que la loi
sur les associations en Autriche ne s’applique pas aux communautés religieuses.
On aurait pu dire, on modifie la loi sur les associations
mais on ne l’a pas fait, on a pu donc créer des communautés de croyance
religieuse et donc les témoins de Jéhovah sont l’une de ces communautés
et au bout de 10 ans de reconnaissance de ce statut et bien on peut
passer au niveau supérieur et donc on se demande ce qui va se passer
en 2008 avec les témoins de Jéhovah. L’état ne
peut pas lui-même déterminer d’après les critères, la valeur d’une communauté
religieuse ça va au-delà de ses compétences, moi je pense que ce serait
une meilleure chose que d’avoir tout simplement la laïcité comme c’est
le cas chez vous. Fenech M. Le Président pour préciser peut-être un peu plus la question
de Mme Aurillac ; en France j’y ai fait référence tout à l’heure nous
avons une loi disons spécifique, plus spécifique, la loi About Picard.
Vous connaissez ? Griess Oui je l’ai traduite en allemand. Fenech Vous l’avez traduite en allemand. Donc vous la connaissez
bien. Je pense que notre commission aura tout intérêt à en faire un
bilan, ce sera l’occasion d’en faire un bilan. La question qui vous est
posée, est-ce que vous pensez qu’adopter ce type de loi qui, à ma
connaissance, n’existe pas dans d’autres pays d’Europe, est-ce que
vous pensez que c’est une bonne chose, que c’est un moyen de lutte
efficace contre les dérives sectaires et comment expliquez-vous dès
lors que l’équivalent n’existe pas dans les autres pays européens
dépendant de l’Union européenne ? Griess J’aimerais beaucoup que
la loi About Picard soit dans toute l’Europe, absolument. Parce qu’elle
ne parle pas de religion, elle parle d'abus. Fenech Pourquoi le législateur européen n'adopte pas un dispositif …
? Griess [en français] C’est pas l’époque avec
des gens qui sont membres d’une petite religion qui ont peur que ce
sera mal utilisé contre eux. Chaque loi peut être mal utilisée contre
quelqu'un. Fenech Pour vous, la loi française a été bien utilisée ? Griess [en français] Je serais très content si la loi About Picard était dans
tous les pays. Fenech Je crois qu’on a répondu cette fois complètement à la question.
Question suivante de Rudy Salles Rudy Salles C’est plus une observation qu’une question d'abord sur la
loi About Picard. M. Le Président, il faut savoir que les craintes dont
vous parlez de la part des autres pays européens se sont exprimées chez
nous et nous avons rassuré ceux et celles qui pouvaient s’inquiéter,
que c’était une loi qui ne s’appliquerait qu’aux dérives sectaires et
non pas à des religions ou à des associations. Le mot secte lui-même
n’a pas de définition juridique dans notre pays. Il y a des associations,
des sociétés ce que l'on veut mais il n’y a pas de sectes juridiquement,
c’est la raison pour laquelle
on a dû contourner en définissant ce qu’était une secte et d’ailleurs
pour faire appliquer la loi qui existait déjà et qui était prévue au
code pénal. Tout à l’heure, on a évoqué la question de notre ami Jean-Pierre
Brard, s'il y avait un plan américain évidemment il n’y a pas de plan
américain en tout cas pas de
l’autorité américaine et il y a certainement de grandes sectes américaines
qui ont un plan pour pouvoir quadriller l’Europe. Alors quant à la position
des autorités américaines, il faut voir quelle est la difficulté.
D’abord les grandes sectes aux Etats-Unis, certaines d’entre elles
en tout cas, sont à ce point banalisées, leur publicité est assurée
par de grandes stars du cinéma ou du spectacle, elles financent même
pour certaines d’entre elles des campagnes électorales et moi lors
de la dernière commission d’enquête que nous avions fait en 2000,
j’avais été approché par des diplomates américains qui m’avaient demandé un rendez-vous sans me
dire d’ailleurs ce qu’était l’objet de ce rendez-vous et la première
partie du rendez-vous a été sur la géopolitique, sur les conflits
dans le monde et je comprenais parfaitement que des fonctionnaires,
des diplomates américains viennent discuter avec un député français
de la situation politique du monde mais la deuxième partie a été une
partie qui n’avait plus rien à voir et qui était des questions, des
interrogations très fortes sur les sectes. Ils ne comprenaient pas
notre position, ils ne comprenaient pas pourquoi nous nous acharnions
sur des religions nouvelles qui faisaient un travail excellent etc…
et j’étais très choqué de voir que des diplomates américains venaient
pour essayer de me convaincre. Je pensais qu’ils étaient là pour éventuellement me convaincre
du bienfait de la politique américaine sur le plan politique, militaire
ou ce qu’on veut, mais sur ce plan là j’étais quand même particulièrement
interloqué, ce qui voulait dire que tout de même dans l’administration
américaine, il y a quand même un lobby qui marche pas mal quoi, et qui a tout lieu quand même
de nous interroger. Alors on parle des Etats-Unis mais comme vous le disiez très justement,
beaucoup d'autres pays européens, quand vous disiez tout à l'heure,
que les autorités autrichiennes, que la presse autrichienne se retient
de parler des sectes de peur d'avoir des pressions. C'est évidemment
quelque chose qui chez nous nous interroge parce que sur ce plan là,
je crois, nous avons effectivement une avance de liberté de paroles
et de ton sur les questions sectaires et qu'il y a même plutôt une
évolution favorable. La presse est de plus en plus amenée à parler de ces questions-là librement,
et nous d'agir, au Parlement. C'est quand même la troisième commission
d'enquête en l'espace de 10 ans au Parlement français. C'est pour
nous quelque chose de très important. Le Parlement est devenu une
espèce d'aiguillon permanent sur les questions sectaires vis à vis
des pouvoirs publics, une espèce de veille qui est maintenant mise
en place depuis une dizaine d'années. Je crois que c'est intéressant. Fenech Merci, Mr Rudy Salles, pour cette
observation qui n'est pas une question et qui s'adresse à M. Griess.
M. le Rapporteur? Rapporteur - Ph Vuilque M. le Président, nous avons en
France une action des parlementaires qui vient effectivement d'être
rappelée, et aussi une mission interministérielle que nous appelons
la MIVILUDES, qui s'occupe de ces questions. Est-ce qu'à votre connaissance,
dans d'autres pays européens, il y a cette façon de voir les choses
? En Belgique, il y a, nous recevrons tout à l'heure M. De Cordes qui
nous expliquera le système belge. Est-ce qu'il y a des organisations,
soit des organisations interministérielles, ou des agences dépendant
du gouvernement du pays en question, qui ont pour objet d'exercer une
vigilance sur le paysage sectaire? Griess [en français] Nous avons en Autriche la Bundesdelegation
in/für Sektenfragen, agence fédérale pour les questions des sectes,
qui est à peu près la même chose que la MIVILUDES. Et aussi il y a la
CIAOSN. La différence est que la Bundesdelegation donne des conseils
personnels, s'il y a des parents qui ont des difficultés. Il donne des
conseils. Il donne même des psychothérapies. Mais la Bundesdelegation
ne parle pas au public. Je connais bien le leader, c'est le Dr. (Muller?),
qui était avant le secrétaire de notre organisation et il dit: il est
absolument interdit de faire du bruit pour ne pas causer de critique
américaine. Une autre chose, quand nous sommes devenus une ONG auprès
du Conseil de l'Europe, j'ai fait une annonce de presse, et j'ai écrit
que nous comparons avec la MIVILUDES, avec le CIAOSN et avec la Bundesdelegation.
J'ai reçu des félicitations de la MIVILUDES. J'ai reçu des félicitations
de CIAOSN. Mais j'ai reçu le contraire de la Bundesdelegation. "Nous
ne collaborons pas parce que nous sommes neutres". C'était leur
réponse. Rapporteur – Ph Vuilque Est-ce que, M. le Président,
est-ce que justement par rapport à cette situation en Europe, est-ce
que vous ne pensez pas qu'un observatoire européen, spécifique, serait
utile, pour justement, examiner les choses au niveau européen pour
l'ensemble des pays ? Est-ce que d'après vous cette possibilité aujourd'hui,
à l'heure actuelle, par rapport à ce qui se passe dans les autres
pays par rapport à, comment dirais-je, à la position du Conseil de
l'Europe sur ce phénomène sectaire, est-ce que vous pensez, une que
c'est souhaitable, et deux que c'est possible ? Griess [en français] Cet observatoire a
été proposé par le Conseil de l'Europe comme vous le savez, il y a
quelques années avec les députés de la Roumanie. Mais enfin, on a
dit tous les pays doivent avoir un tel observatoire. La FECRIS se
ressent comme un pas dans cette direction. Nous ne sommes pas très
puissants, nous n'avons pas de secrétariat, nous n'avons pas de gens
payés, etc... Mais nous voulons volontairement aider dans cette affaire. Martine David Merci M. le Président.
Juste pour compléter ce que vient d'indiquer le Rapporteur, et suite
à votre réponse, est-ce que justement on peut quand même estimer que
la FECRIS ne dispose sans doute pas d'assez de moyens institutionnels
pour mener à bien ce que pourraient être les responsabilités d'un
observatoire européen, et donc dans ces conditions, est-ce que ça
ne vaut pas le coup qu'on se batte? Quand je dis "on", c'est
collectif, c'est une responsabilité collective, avec plus d'énergie
pour faire avancer cette idée d'un observatoire européen qui pourrait
être une collaboration avec la FECRIS, N'importe. Je ne sais pas quelles
en seraient les bases. Mais dans la mesure où à ce moment là, il y
aurait véritablement une ossature, il y aurait une logistique qui
permettrait un véritable travail géopolitique sur l'ensemble de l'Europe.
Est ce que vous le souhaitez ? Est-ce que vous, la FECRIS travaille
à cette avancée là ? Je prononce ma question
si M. le Président le permet. Et quel est d'après vous, l'avis, je
sais bien qu'il peut y en avoir plusieurs qui ont été exprimés, l'approche
que le Parlement Européen a à l'égard de ces questions là ? C'est
à dire est-ce que vous pensez que dans sa majorité, le Parlement Européen
est prêt à avancer sur ce type de questions, y compris avec les pressions
qui pourrait être faite à son encontre, dans ce domaine là ? Griess [en français] Je veux souhaiter que cette chose
sera passée dans l'Union Européenne sur l'éducation. C'est Mr Jan Figel
qui est le commissaire pour l'éducation qui doit recevoir le pouvoir
d'inclure ce sujet dans son travail avec, en collaboration avec nous,
ou avec quiconque qui a les connaissances nécessaires. Rapporteur ? Juste pour prolonger la question
de Mme David. Je parlais tout à l'heure avec M. le Président. Le Parlement
Européen fait en la matière un travail remarquable. Mais on constate
que la Commission Européenne, quelque part, banalise ce travail. Et
on se demande si la commission Européenne, entre guillemets, n'est pas
travaillée par les organisations sectaires pour justement ne pas mettre
en place les préconisations des parlementaires européens. Quel est votre
avis là-dessus ? Griess [en français] Dans le temps que Mme Maria Berger
a fait ses propositions, j'étais
en contact avec elle. J'ai discuté beaucoup avec elle. Et comme je me
souviens, le résultat était une partie (...?) pour une partie était
(...?) ces cessions étaient trop fortes, pour l'autre partie, elles
étaient trop faibles. Fenech Bon mes chers collègues, est-ce
qu'il y a d'autres questions ? Nous pouvons donc vous libérer, M. Griess,
en vous remerciant infiniment des explications fort intéressantes qui
vont nourrir nos travaux. Je vous propose
de faire une pause. Les travaux reprendront à 16 h. Griess Merci bien.
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