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CAP
LC 2006
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Commission
d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et
aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des
mineurs
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Mardi 03/10/06 17 heures 30 Audition de Michel DUVETTE,
Directeur de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Ministère de la
Justice et Madame SANCY du bureau des affaires Judiciaires de la législation,
Directeur de la Protection Judiciaire de la Jeunesse, Ministère de la
Justice Extraits Duvette De la même façon, le Ministère de […] … la lutte contre le phénomène
sectaire ne peut être menée que dans le respect des principes fondamentaux
de Je ne vais pas …. Je dirai …. c’est pas à Il est coutumier de se référer
plutôt au faisceau d’indices convergents. Ceux-ci ont été élaborés
par La déstabilisation mentale, Le caractère exorbitant des exigences financières, La rupture induite avec le mouvement d’origine, Les atteintes à l’intégrité physique, L’embrigadement des enfants, Le discours plus ou moins antisocial, Les troubles à l’ordre public, L’éventuel détournement des circuits économiques, Les tentatives d’infiltration des Pouvoirs Publics. Cette articulation complexe, entre les libertés publiques et l’ordre
social, a conduit les Pouvoirs Publics à ne pas faire le choix d’une
législation spécifique adaptée aux sectes, législation d’exception,
qui pourrait, le cas échéant, conduire à des dérapages. C’est
dans ce contexte général que doit s’apprécier la protection des
mineurs en matière de sectes. Il convient
toute fois de préciser que, malgré l’importance certaine du phénomène,
aucune statistique véritable n’est tenue aujourd’hui sur les enfants
victimes des sectes. […] Il y a bien sûr la loi du 12
juin 2001, qui réclame une attention particulière et qui tend à renforcer
la prévention et la répression des mouvements sectaires portant atteinte
aux droits de l’homme et aux libertés fondamentales. En effet, même si ce texte prend
soin de ne pas employer le mot « secte », de ne pas le définir
en tant que tel afin de ne pas porter atteinte notamment à la liberté
religieuse, il serait dissuasif face à un mouvement potentiellement
dangereux. Ce nouvel arsenal répressif vise
ainsi à la fois la personne morale, je cite : « Quelle qu’en
soit la forme juridique ou l’objet, qui poursuit des activités ayant
pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d’exploiter la suggestion
psychologique ou physique des personnes qui participent à ces activités,
et ses dirigeants de droit et de fait ». Ces personnes morales peuvent désormais être dissoutes lorsqu’elles
même, ou leurs dirigeants de droit ou de fait, ont été condamnés,
au moins deux fois, pour un certain nombre d’infractions de droit
commun et …. devant la loi. La dissolution peut-être étendue à plusieurs personnes morales unies
par une communauté d’intérêt. Cette loi étend, d’autre part, la responsabilité des personnes morales
à une série d’infractions qui ont leur siège dans le Code de […] Les difficultés de mise en œuvre
de cet arsenal juridique : différentes raisons expliquent que
les actes commis par les sectes semblent peu sanctionnés au regard
du nombre des griefs qui leur sont fait notamment en ce qui concerne
les mineurs. Les difficultés d’ordre juridiques ou pénales : elles concernent
la détermination et la qualification d’un fait pénal et les difficultés
d’administration de la preuve. Pour qu’une infraction soit poursuivie,
encore faut-il que les éléments constitutifs soient réunis. […] Les problèmes rencontrés par les tribunaux et Les difficultés en matière civile. On peut noter l’insuffisance ou
l’absence de signalement, cette absence ou cette insuffisance de
signalement des situations dangereuses tient aux difficultés à repérer
les enfants concernés. En effet, même si des éléments d’inquiétude
apparaissent pour certains enfants, l’appartenance de leurs parents
à une secte peut rester inconnue mais ne pas avoir suffisamment
vu clairement d’influence sur leurs situations. […] C’est ainsi que l’opacité des
mouvements à caractère sectaire, la difficulté de mesurer au travers
de tel mouvement le traitement réellement réservé aux mineurs derrière
un discours de façade rendent particulièrement mal aisée la préhension
des conséquences et des dangers, des modes de vie et de pensées ainsi
véhiculés. En outre, si le juge des enfants a précisément connaissance, pardon,
a précisément compétence pour intervenir dès lors que l’autorité
parentale est défaillante ou n’est pas exercée dans l’intérêt de
l’enfant, les mesures qu’il peut ordonner n’entraînent pas la déchéance
de l’autorité parentale, les parents conservant tous les attributs
qui ne sont pas incompatibles avec l’exercice de cette mesure. Or, la religion de l’enfant entre dans ces attributs. A cela s’ajoute
le fait que la convention internationale des droits de l’enfant
consacre la liberté religieuse des mineurs. Dans notre pays où cette liberté est une des mieux protégée, où l’on
se rappelle les drames qui se sont produits par le passé dès qu’il
y a eu atteinte aux conceptions religieuses des individus, on est toujours extrêmement réticent lorsqu’on croit
qu’il va falloir apporter une restriction à cette liberté fondamentale
inaliénable. Les sectes excellent dans l’art
d’amener ce débat dans le prétoire de manière à susciter une gêne
de la part de l’institution judiciaire en rendant ainsi la protection
des mineurs partiellement inefficace. Il convient ici de remarquer que le projet de loi relatif à la protection
de l’enfance est susceptible d’améliorer le dispositif de signalement. Des mineurs victimes de dérives sectaires ; ce projet introduit
en effet la notion d’informations préoccupantes qui seront centralisées
par les Conseils généraux. Ces informations préoccupantes pourront permettre de procéder à l’évaluation
d’une situation et de faire bénéficier le mineur et sa famille d’une
mesure d’aide et de protection et voire le cas échéant de signaler
la situation à l’autorité judiciaire. […] L’impact
des pratiques sectaires sur la santé mentale et physique des jeunes :
bien qu’aucune étude standardisée n’ait été réalisée sur le
thème qui vous intéresse aujourd’hui, les monographies rapportées
par les cliniciens et les données réunies permettent de considérer
que c’est la relation d’emprise qui constitue le principal facteur
de risque des troubles physiques et psychiques susceptibles d’être
provoqués chez les mineurs par les dérives sectaires. […] L'emprise sectaire s'exerce sur
le mineur indirectement au travers de ces parents ou directement.
Alors, d'abord au travers de
ces parents : Les parents adeptes d'une secte sont généralement conduits à manifester
leur allégeance à la secte, en adoptant les principes éducatifs
qu'elle impose, notamment dans tout ce qui relève de la transmission
des valeurs et des croyances familiales. […] A ces risques s'ajoutent ceux,
physiques et psychiques, qui sont liés aux carences, maltraitances
et abus, dont le risque de survenu est accru dans les conditions de
pathologie du lien de parentalité. Ensuite, directement sur l'enfant :
l'enfant victime d'une dérive sectaire va être soumis à un endoctrinement
et un interdit de penser en dehors des cadres imposés par la secte,
qui vient limiter la curiosité de l'enfant ainsi que ses expériences
vitales et institue les conditions d'un rapport addictif à un environnement
limité. […] Lorsqu'un signalement de mineur
est effectué, et un dossier ouvert dans ce cas, Tandis que les services « déconcentrés »
mettent en oeuvre les mesures civiles ou pénales et les décisions
judiciaires ordonnées par le ou les magistrats, Ce suivi permet, premièrement,
de connaître pour mieux l'appréhender, la doctrine du mouvement suspecté
de dérive sectaire, et ses effets sur le mineur et sa famille. Une centaine de dossiers, il faut bien le dire pour la plupart, déjà
anciens, sont suivis dans ce cadre. […] Donc nos éducateurs participent
à cette formation à hauteur d'une dizaine de places chaque année.
Les limites de ce travail, et
les possibilités d'amélioration des dispositifs existants :
A titre liminaire, je voudrais dire qu'il nous apparaît qu'il n'est
pas forcément indispensable de proposer une nouvelle réforme législative,
sauf ajustement ou adaptation ou amélioration du dispositif existant
qui risquerait d'être rapidement inopérante ou toute au moins inadaptée
face à des mouvements dont l'action et les modes d'interventions
sont fondamentalement évolutifs. Il convient en outre de se garder d'une définition figée du phénomène
ou de la dérive sectaire, qui pourrait être valable et efficace
un moment donné qui serait rapidement en retard sur l'évolution
du phénomène et nécessairement non exhaustive. Pour cela, l'arsenal législatif existant nous apparaît en effet assez
souple et diversifié pour pouvoir s'adapter à la plupart des variétés
des situations rencontrées. La volonté d’appréhender efficacement le phénomène sectaire
et la protection des mineurs qui s’y trouvent exposés suppose toutefois
d’adapter, d’utiliser pleinement les outils fournis par la législation
en vigueur. Nous avons souligné le
fait que les signalements de mineurs se font de plus en plus rares
et que l’intervention judiciaire s’effectue de plus en plus souvent
en aval de l’infraction lorsque le mineur est passé à l’acte ou
a été victime d’une dérive sectaire. […] Fenech Alors, on peut être surpris, d’abord évidemment, vous nous
apportez un grand nombre d’informations qui nous serons très précieuses,
mais je relève sur 4 points qui peuvent nous interroger les uns, les
autres. Vous dites, il n’y
a pas de statistiques, premièrement sur les enfants, au lieu
de demander pourquoi n’y a-t-il pas de statistiques au niveau de
votre direction, étant précisé que il y aurait une centaine de dossiers
signalés, mais les dossiers signalés sont des dossiers particuliers
ce ne sont pas toutes les affaires de dérives sectaires qui remontent
à votre direction donc pourquoi n’y a-t-il pas … est-ce que c’est
un problème matériel, une difficulté d’information, je ne sais pas,
vous allez nous répondre ? Deuxième carence que vous
relevez vous-même avec beaucoup de franchise, vous dites l’insuffisance
des signalements, pourquoi y a-t-il une insuffisance des signalements,
une appartenance à une secte, ça reste inconnu. Vous avez parlé
de l’opacité des sectes mais en même temps vous dites, il y a une
gêne des tribunaux, donc une protection inefficace. Troisième point sur la
santé mentale et l’emprise sectaire, sur la santé de l’enfant vous
dites : « aucune étude n’a été réalisée ». […] Sensi […] … vos 3 questions sont vraiment intéressantes parce que,
en fait, c’est la même réponse qu’on ne peut que leur apporter, c’est-à-dire,
parce qu’on a peu de signalement, on dispose de statistiques
mais uniquement des statistiques, des dossiers qui sont remontés jusqu’à
Donc on va travailler
sur une base de données qui n’est en fait que la partie émergée
d’un iceberg beaucoup plus important. Et c’est à cela que nous aussi
on se heurte, c’est-à-dire, peu de signalement donc des statistiques
qui sont nécessairement faussées qui constituent en tout cas quelque
chose de très inférieur à la réalité du phénomène sectaire en France
concernant les mineurs et sur ce qui concerne les études, je pense
qu’on est en face des mêmes difficultés c’est-à-dire comment recenser
précisément des indicateurs fiables avec lesquels réaliser ce type
d’études. Fenech On me dit qu’il y aurait,
pour prendre un seul exemple, l’association des témoins de Jéhovah,
on dit qu’il y aurait 140 000 à peu près, adeptes. Donc, il y a
quand même un vivier très important, il y a beaucoup d’enfants,
peut-être 40 000 en tout dans cette association ; que faut-il
de plus pour pouvoir sans attendre des signalements et dieu sait
si il doit quand même y en avoir ? Avoir une étude précise,
concrète par votre direction sur les conséquences au niveau de l’aspect,
je dirais de la capacité du jugement critique de l’enfant, ça doit
pouvoir se faire, non ? Sensi … Alors excusez-moi … Là on se heurte à une
difficulté d’ordre juridique c’est-à-dire que actuellement en l’état
de la législation actuelle française, l’appartenance à une secte
ne constitue absolument pas un délit … le mouvement que vous venez
… Fenech … Qui vous parle de délit ?
Nous parlons de protection de l’enfant quant à sa santé mentale !
Il s’agit de savoir quelles sont les conséquences pour l’enfant,
l’adolescent, le futur citoyen, est-ce qu’il pourra se développer
normalement ? On ne parle pas de délit, on parle de protection
judiciaire, en matière civile, nous sommes dans des cas de divorce,
dans des cas de garde, d’attribution d’autorité parentale qui relèvent
quand même de votre direction. Sensi Pour autant cela consiste
à viser un mouvement particulier ! Fenech Non, non, moi je prends
un exemple de cette association mais on pourrait prendre d’autres
exemples, il serait quand même intéressant pour les responsables
que nous sommes de savoir si effectivement la doctrine de l’instinctothérapie
ou des Témoins de Jéhovah va avoir des conséquences au niveau de
l’évolution psychique de la personnalité de l’enfant. Or, ces études
n’existent pas ! … Parce que précisément vous nous dites que
nous risquons de tomber dans l’atteinte discriminatoire. C’est ça
en fait, c’est la gêne toujours observée aussi bien par les magistrats
que par les directions du ministère. […] Vuilque Ensuite vous parliez de considérer que la législation d’aujourd’hui
est satisfaisante. Est-ce que vous ne pensez pas quand même qu’en
matière de prescription pénale il y a un sujet, je posais la même
question à votre intervenante précédente, aujourd’hui est-ce que
vous ne croyez pas que concernant les enfants victimes de dérives
sectaires les règles de l’article 7 du code de procédure pénale,
c’est à dire un délai de prescription de 20 ans concernant les victimes
d’abus sexuelles dans l’enfance ou leur adolescence ne serait pas
un outil supplémentaire dans la lutte contre les organisations sectaires ? […] Duvette Sur votre autre question, sur
la question de la prescription, c’est une, je dirais dans le cadre
de la préparation de nos interventions avec Vuilque Pardonnez-moi, pardonnez-moi, je
vous trouve d’une prudence de sioux… Duvette
Je ne suis pas plus qualifié pour vous répondre sur ce point-là. Vuilque Ben
oui surtout que vous avez quand même, même si vous avez un certain
devoir de réserve … quand même sur le sujet la question se pose, la
question se pose ? Duvette
Oui, oui. Vuilque Bon, et vous avez quand même dû
y réfléchir un petit peu. Ma question est précise, je vous demande
une réponse précise. Est-ce que vous pensez que si sur le sujet
nous avançons et que nous adaptons les délais de prescription, ça
vous sera utile ou pas ? … Long
temps de silence … Sancy Pour avoir une réponse précise,
nous pensons que cela n’apportera pas de réponse concrète. Pourquoi ?
Tout simplement parce que la charge de la preuve risque d’être extrêmement
compliquée à apporter avec le temps… Vuilque
Je dirais simplement que vous êtes les premiers à nous dire ça. Sancy C’est en tout le cas le point de
réflexion auquel on est parvenu ; cela pourrait peut-être encore
évoluer mais il nous semble effectivement que le dispositif de droit
commun permet d’apporter déjà un certain nombre de réponses, qu’il
faut déjà effectivement l’utiliser au maximum, et que augmenter
un délai de prescription ça va créer des attentes importantes chez
les victimes et au bout de 15 ans je ne sais pas bien comment on
va pouvoir rapporter des preuves parce que c’est aussi de cela qu’il
va être question. On voit déjà à l’heure actuelle à quoi ressemble
le contentieux concernant les dérives sectaires, il y a beaucoup
de non-lieux, il y a beaucoup de classements sans suites. Si ce
délai de prescription augmente, je ne suis pas sûr qu’on arrive
à davantage de condamnations. […] Martine David […] ce n'est pas que votre
audition, mais c'est la suite de quelques autres qui fait que heureusement
que l'on est mobilisé parce que il y a des fois on pourrait éprouver
un certain découragement quand même. Oui, ce n'est pas vous
particulièrement hein ; mais quand même je suis un petit peu déçue
de votre intervention mais pas plus que quelques autres qui représentent
d'autres ministères, car on a l'impression de se battre contre ...
comme Don Quichotte ... alors qu'on sait qu'il y a beaucoup de cas
en France. On a quand même le sentiment qu'on n'est pas suivi sur
ce terrain. […] Brard Et vous savez, il faudrait
aussi s'occuper des personnes âgées. Je ne plaisante pas. Les captations
d'héritage etc … c'est un vrai problème. Alors s'il faut qu'on ait
X commissions d'enquêtes pour s'en sortir, cela ne va pas aller.. Martine David Il faudra bien à un
moment donné qu'il y ait un côté un petit peu plus offensif de l'ensemble
des administrations d'Etat qui devront nous aider à prendre en compte
ces phénomènes et ces dérives sectaires, parce que ça existe ! […] Sansi Il y a trois ans, nous
avons réalisé auprès des juges des enfants, et on revient toujours
sur les mêmes questions - mais c'est vrai aussi - nous avons réalisé
auprès des Juges des enfants une enquête de manière à pouvoir aussi,
nous, essayer de cerner un petit peu, statistiquement, ce que …
pouvait … représenter la problématique sectaire dans le travail
des magistrats et dans le travail des éducateurs ; c'est vrai que
cette problématique est extrêmement marginale par rapport
à l'ensemble des autres problèmes que notre direction est amené
à gérer pour ces mêmes mineurs : des problèmes de violence, des
problèmes de déscolarisation, des problèmes d'insertion professionnelle,
des problèmes de difficultés familiales et il y a aussi tous ces
aspects là à prendre en compte … […] Fenech Mme Sansi, vous venez d’indiquer dans la réponse à Martine
David, que votre direction, Mr le directeur a ordonné une enquête
auprès du juge des enfants sur le phénomène sectaire ? Sansi C’est un document qui vous sera communiqué, bien sûr, c’est
un document qui vous sera communiqué, c’était prévu. Fenech Voilà c’est ce que j’allais
vous demander de nous communiquer avec ces résultats. Vous nous
dites, nous nous donnez un premier élément de réponse à savoir que
ce phénomène sectaire n’est pas vraiment pris en compte, qu’il est
marginal ? Sansi On vous rejoint tout à
fait, la partie qui est traitée par les juges des enfants correspond
à 0,14 pour cent de l’activité du juge, on sait aussi … on ressent
nous aussi que c’est simplement une toute petite partie du phénomène
de dérive sectaire. Fenech Parce qu’on nous a cité le chiffre de 80.000 enfants qui
seraient touchés par le phénomène sectaire. Sansi Oui sauf que en 2003-2004
lorsque on a mené cette enquête, on a recensé 192 dossiers et pas
un de plus ouvert pour une problématique sectaire et encore direct
ou indirect … il y avait même un certain nombre de dossiers pour
lesquels la problématique était indirecte … c'est-à-dire que l’on
n’était même pas sûr qu’elle avait une influence directe sur ce
qui avait été mis en cause. Duvette Excusez-moi, vous avez dit 80 000 ? Fenech Le chiffre que nous a
cité notamment le ministère Solidarité et Famille … environ 60 000
… Mr Jancovici, entre 60 et 80 000 enfants seraient concernés
dans le phénomène sectaire d’une manière directe ou indirecte. Duvette A titre de comparaison
… au titre de l’enfance en danger, les juges des enfants sont saisis
de l’ordre de 120 000 … jeunes nouveaux chaque année. Donc
… Fenech On voit bien que ce n’est
pas marginal Duvette En même temps ça interroge effectivement par rapport au résultat
de l’enquête qui vous seront communiqués … ça pose deux types de questions
… soit effectivement les magistrats n’identifient pas la problématique
sectaire comme faisant partie de leur dossier …. Ce qui est possible
… ou bien alors les enfants passent à travers. Ils ne sont pas, je
dirais, … à ce moment là le dispositif de signalement et de prise
en charge au titre de l’enfance en danger par les magistrats passent
à coté de la situation à un
certain moment. […] Myard Il est possible qu’ils
aient appréhendé les dossiers à travers l’enfance en danger, alors
que ça relève aussi d’une dérive sectaire. […] Tourtelier Je me demande si vous ne venez pas de répondre à ma
question, parce que quand vous avez dit tout à l’heure il y a une
centaine de dossiers … « déjà anciens » vous avez dit et
je m’interrogeais sur le « déjà anciens » parce que « déjà
anciens » ça veut dire qu’il n’y en pas de nouveau, ça veut dire
qui traîne et que l’on ne s’en sort pas … ça veut dire quoi ?
Qu’est-ce qu’il y avait derrière votre incise « déjà anciens » ?
… Sansi Ca veut dire effectivement
que l’on constate une grande diminution des cas de signalements
… et que cela nous interroge également … et que l’on se pose la
question de savoir comment et par quels outils … effectuer un meilleur
repérage des mineurs le plus tôt possible … […] Brard Est-ce
qu les personnels de l’Education Nationale qui ont en charge la santé
des enfants font remonter quelque chose ou bien, est-ce que il y a
une sorte d’indifférence ? [….] Sansi Il n’y a pas une ou deux sectes dans ces centaines de dossier qui
émergent, on aurait pu s’attendre effectivement à avoir des mouvements
importants … des mises en cause professionnelles au nombre d’adeptes
déclarés, puisque les mouvements déclarent eux-mêmes très souvent
le nombre de leurs adeptes, ce n’est pas le cas, la centaine de
dossiers est très éparpillée avec de manière assez curieuse, une
concentration sur une association qui fait actuellement l’objet
d’une étude approfondie de plusieurs ministères du côté de
Pau, donc c’est pas forcément celle-ci qui …. il doit s’agir de
Tabita’s Place qui en ce moment concentre l’attention car ils travaillent
aussi autour de l’ouverture d’une école donc ça mobilise un nombre
important d’enfants, on va dire. […] Sansi Alors c’était des dossiers que les magistrats pour enfant avaient
donc déclarés être des dossiers ouverts relevant d’une problématique
sectaire directement ou indirectement, le questionnaire est plus
fin que cela ; c'est-à-dire qu’il a été exploité et que l’on
peut effectivement distinguer si le magistrat a considéré que la
problématique était directe ou bien si elle était indirecte ou si
elle était tout simplement suspectée. […] Fenech Je voudrais vous poser une des dernières questions, sur le problème
de l’infiltration, on m’a signalé qu’une cellule départementale
de vigilance, contre les dérives sectaires, a signalé début 2006
que deux membres d’une communauté de ce département en question
travaillaient pour le compte de votre direction, Duvette Nul n’est à l’abri de ce type de choses, alors franchement je n’ai aucune connaissance de ce fait, vous me l’apprenez….
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CAPLC
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