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CAP
LC 2006
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Commission
d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et
aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des
mineurs
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Mardi 10 octobre 2006 : 14 heures 30
Président : Georges Fenech, Rhône, 11ème
arrondissement, UMP Martine David, Rhône, I3ème arrondissement PS Serge Blisco, Paris. 3ème arrondissement, PS Georges Fenech Bonjour Messieurs, nous avons donc Monsieur Pierre Polivka
Inspecteur général de l’Education Nationale et Monsieur Jean Yves Dupuis
Inspecteur Général de l’Administration de l’Education Nationale et de
la Recherche que nous entendons dans le cadre de notre commission d’enquête
relative à l’influence sur les mineurs des mouvements à caractère sectaire. Je vous remercie messieurs d’avoir répondu à la convocation
de la commission d’enquête. Je souhaite vous informer au préalable de
vos droits et de vos obligations, je vous rappelle tout d’abord qu’au
terme de l’article 142 du règlement de notre assemblée, la commission
pourra décider de citer dans son rapport tout ou partie du compte rendu
qui en sera fait et ce compte rendu vous se préalablement communiqué
et les observations que vous pourriez faire seront soumises à la commission. Par ailleurs, en vertu de l’article 6 de l’ordonnance du
17 novembre 58 modifiée relative au fonctionnement des assemblées parlementaires,
les personnes auditionnées sont tenues de déposer sous réserve des dispositions
de l’article 226-13 du code pénal réprimant la violation du secret professionnel
et de l’article 226-14 du même code qui autorise la révélation du secret
en cas de privation ou de sévices dont les atteintes sexuelles. Cette
même ordonnance exige des personnes auditionnées qu’elles prêtent serment
de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité Je vais donc
vous demander de lever la main droite et de dire « Je le jure ». Mr Polivka : « Je le jure » Mr Dupuis : « Je le jure
» Fenech : Merci. Je m’adresse aux représentants
de la presse puisque votre audition est publique. En leur rappelant
les dispositions sur la loi de 1881, qui prévoit des pénalités sur le
fait de diffuser des renseignements concernant l’identité d’une victime
d’une agression ou d’une atteinte sexuelle. La commission va procéder maintenant
à votre audition qui fait l’objet d’enregistrement, nous vous laissons
la parole pour un premier exposé et puis après chacun des exposés peut-être
nous poserons des questions. Qui veut commencer ... Monsieur Dupuis,
vous avez la parole. Dupuis : Donc, le ministère dispose, pour
lutter contre les dérives sectaires, d’une cellule, la cellule CCPS,
(Cellule de Prévention des Phénomènes Sectaires), qui est une cellule
extrêmement légère puisqu’elle est composée de deux inspecteurs généraux,
ici présents qui officient pour cette cellule en plus de leur travail
normal et d’une secrétaire. Cette cellule dispose dans chaque
académie d’un correspondant, généralement un membre d’un corps d’inspection
territorial, quelquefois un proviseur chargé de la vie scolaire et là
aussi, ce sont des gens qui sont nos correspondants académiques en plus
de leurs tâches normales dans les académies. Alors de cette manière, nous espérons
mailler suffisamment le territoire pour que ... d’une part les recteurs,
les inspecteurs d’académie soient informés d’éventuels phénomènes sectaires!
D’autre part, nous, nous essayons de centraliser ... éventuellement
de jouer le rôle de conseil, parce que, évidemment, le contrôle de ces
dérives sectaires se passe dans un cadre législatif et réglementaire
extrêmement précis et si nous ne voulons pas voir courir le risque de
voir nos décisions remises en cause, il faut évidemment respecter au
maximum ce cadre législatif et réglementaire. Nous organisons pour ce
faire chaque année … des séminaires de formation en direction de nos
correspondants académiques. Or si vous le souhaitez,
très rapidement, je . . . nous avons lancé, Mr Polivka et moi-même,
une enquête auprès de tous les Inspecteurs d’Académie très rapidement,
en prévision de notre passage devant cette commission, de manière
à avoir une idée de la situation pour l’année scolaire écoulée. Or pour l’année scolaire
écoulée nous avons ... les inspecteurs d’académie ou les recteurs,
ont procédé à 19 000 signalements … enfin disons ... 19 000 signalements
auprès des Procureurs de la République, concernant des enfants que
l’on estimait être en danger ... en danger pour diverses raisons,
physique, morales, etc. ... Et lorsque nous avons demandé aux inspecteurs
d’académie quels étaient, parmi ces enfants en danger, ceux qui l’étaient
à cause de mouvements sectaires, ils nous ont répondu qu’il y en avait
8. Ce qui est évidemment
un chiffre qui paraît dérisoire par rapport aux 19 000 mais il est
bien entendu qu’il n’est pas toujours absolument simple .... de savoir
si un enfant en danger pour telle ou.. telle raison peut l’être pour
... parce que ses parents appartiennent à un mouvement sectaire ou
non ; enfin malgré tout, il y a quand même là un chiffre qui
nous a interrogés, qui nous a un peu surpris, et qui semblerait montrer
tout de même que pour nos inspecteurs d’académie et nos recteurs,
dans ce domaine là, ce ne sont pas vraiment les sectes qui les inquiètent. Nous avons
également demandé combien d'enfants étaient éduqués dans les familles
: il y en a eu l'an dernier 2 869, et nos inspecteurs des corps territoriaux
ont procédé à 1 149 contrôles. Alors évidemment on peut estimer que
ce chiffre peut sembler relativement faible car il ne représente même
pas 50% de contrôles des enfants éduqués dans les familles. Mais il
faut dire d'une part que le contrôle n'est pas obligatoire chaque année
et que d'autre part, nos corps d'inspection qui sont tout de même en
nombre limité, puisque, dans toute la France, nous comptons 1174 inspecteurs
pédagogiques régionaux, donc qui interviennent dans le second degré
et 1 954 inspecteurs de l'Education Nationale qui interviennent dans
le premier degré...heu.. sont en nombre relativement limité et bien
entendu le contrôle de l'éducation à domicile n'est pas pour eux une
tâche particulièrement prioritaire. Ils ont
bien évidemment, bien d'autres tâches à accomplir, qu'elles soient de
nature administrative auprès des recteurs ou des inspecteurs d'académie
ou qu'elles soient de contrôle des établissements d'enseignement publics
ou d'établissements privés sous contrat. Alors
ces contrôles ont abouti à un nombre de mise en demeure de scolarisation,
vous savez.. lorsqu'il y a eu deux inspections qui ont prouvé que le
niveau de connaissances acquises par les enfants était fort insuffisant...
: nous avons eu 23 mises en demeure de scolarisation, ce qui est évidemment
là aussi un chiffre relativement faible, mais il est bien entendu en
plus que les enfants éduqués dans les familles ne le sont pas parce
que les parents appartiennent systématiquement à des mouvements sectaires,
ils le sont la plupart du temps pour des raisons purement idéologiques
qui tiennent la plupart du temps à une méfiance des familles devant
l'enseignement dispensé par les ...par le réseau des écoles publiques. Alors
en ce qui concerne l'enseignement à distance, il y avait l'an dernier
3 983 enfants qui étaient inscrits au CNED et 480 enfants qui étaient
inscrits dans des centres d'enseignement par correspondance privés.
Alors
là, les centres d'enseignement par correspondance privés, nous les connaissons,
nous connaissons également leur publicité et là il n'y absolument aucun
doute, ce sont des centres d'enseignement privés qui mettent en cause
l'idéologie de l'école publique et si les enfants sont éduqués dans
ces centres d'enseignement à distance privés c'est parce qu'on considère
que : je cite : « que l'école publique est une école poubelle et
que par conséquent, il faut faire en sorte que les enfants la fréquentent
le moins possible ». Et pour
les écoles privées hors contrat, nous en avons contrôlées 86 l'an dernier.
Et là tout de même il y a un pourcentage de mise en demeure de rendre
l'enseignement qui est dispensé conforme, qui n'est pas négligeable,
puisque 11 de ces écoles privées hors contrat ont été mises en demeure
de dispenser un enseignement conforme, c'est à dire qui donne aux enfants...aux
élèves qu'ils scolarisent un niveau de connaissance qui paraisse à peu
près celui des élèves scolarisés soit dans l'enseignement public, soit
dans l'enseignement privé sous contrat. Les écoles de sectes, elles sont connues, elles sont fort peu nombreuses
en France, il y en deux qui sont connues, il y en avait jusqu'ici
une, très connue qui est celle de "Tabitha’s Place", qui
avait une école sectaire que nous connaissons et que nous contrôlons
depuis des années ; école qui a fini par accepter d'avoir les contrôles
de l'enseignement...de nos inspecteurs...mais enfin on peut peut-être
en parler plus longuement, car ces contrôles se font extrêmement difficilement.
Ce mouvement " Tabitha’s Place " vient d'ouvrir une deuxième
école dans la région de Mulhouse, et là nous n'avons pas pu exercer
le contrôle qu'en principe nous sommes susceptibles d'exercer parce
que l'inspecteur qui s'est présenté l'an dernier auprès de cette école
privée s'est vu refuser l'entrée. Et signalement bien sûr a été fait
auprès du procureur et à cette rentrée évidemment la grande nouveauté
c'est que la secte des "frères de Plymouth" vient d'ouvrir une école....heu...à la place
d'un centre d'aide aux devoirs qui existait depuis plusieurs années. Voilà en quelques mots
quelle est notre situation. Fenech : Quelques mots mais ...
des mots d’une importance pour nous essentielle et des chiffres qui
ne peuvent qu’effectivement nous interpeller et qui vous ont interpellé
vous-même. Donc vous comprendrez bien qu’ils nous interpellent également... … là on est
en droit de se poser des questions, pourquoi ce chiffre qui est insignifiant,
alors qu'on peux imaginer sans risque de se tromper, qu’il doit être
largement supérieur à la dizaine sur 19000 signalements, est-ce que
vous avez quand même une idée du pourquoi de ce faible signalement
auprès des parquets par les inspecteurs de l'éducation nationale. Polivka :
Oui, il est possible d'apporter une réponse et qui est liée,
j'allais dire, à l'évolution du travaille de la CCPS depuis 1996. Lorsque
la CCPS a été créée en 1996, c'est un de nos collègues qui en avait
été membre fondateur et qui a conduit une action très dynamique, et
cette action s'est traduite par une mobilisation des corps d'inspection
d'académie de 1996 à 2000 avec des campagnes régulières, j'allais dire
très précises, sur des objets très précis. A titre d'illustration,
des opérations je dis bien des opérations, montées par exemple en
1999, lorsque les écoles Steiner étaient suspectées. Donc tous les
inspecteurs d'académie dans le plus grand secret, avaient été engagés
dans une opération et un matin de Décembre, toutes les écoles Steiner
on été visitées par les inspecteurs. Donc il y a eu une pression, employons le
terme, une pression des autorités de l'Education Nationale, et je crois
que ces pressions ont conduit les principales sectes à se protéger,
si vous voulez, et à adopter d'autres attitudes. Donc je crois qu'il
y a eu un travail important des corps d'inspection et des corps d'inspection
territoriaux, et cette mobilisation, je crois, a conduit les sectes
à approcher les jeunes par d'autres biais que par l'école. De même les opérations qui ont été conduites,
mon collègue le rappelait, à Tabitha’s Place, contre Tabitha’s Place
ont aussi été suffisamment médiatisées.
Le hasard a fait que j'étais l'inspecteur académique des Pyrénées
Atlantiques, lorsque les opérations ont été lancées avec les difficultés
qu'a rappelées mon collègue. Mais je crois que cela a été connu dans
le monde sectaire et donc j'allais dire, la faiblesse des chiffres traduit
peut être effectivement une insuffisance de nos renseignements mais
démontre surtout la qualité de l'engagement de l'Education Nationale
en direction de la prévention des phénomènes sectaires. Ca a été rappelé, il y a quand même une cellule
qui est connue ; vous savez qu'aujourd’hui l'organisation de l'Education
Nationale est déconcentrée. Dans chaque rectorat, il y a un de nos représentants,
il y a des formations … jeudi, il y a une grande journée de formation,
pilotée par le Ministère de la justice. Il y aura de très nombreux représentants
des académies, donc il y a une mobilisation de l'Education Nationale
en ce domaine et je suis de ceux qui pensent que cette mobilisation
peut expliquer en partie, la modestie des chiffres, même si effectivement,
on ne peut pas tout connaître. Dupuis : Oui. Si vous
permettez, pour compléter ce que vient de dire Monsieur Polivka, il
y a tout de même un autre chiffre qui pourrait conforter ce chiffre
qui effectivement vous a paru dérisoire. C'est vrai que l'activité
de la CCPS ne cesse de décroître depuis des années. L'an dernier par
exemple, nous avons été saisis de 3 cas d'enfants considérés en danger.
Je pense, comme Monsieur Polivka, qu'effectivement
l'importance du maillage, le fait qu'on attire beaucoup l'attention
de nos correspondants et qu'après eux, ils attirent l'attention des
gens pour qui ils organisent également des stages de formation sur ce
phénomène, fait que le contrôle est devenu plus étroit, et je pense,
effectivement, les sectes ont probablement désinvesti l'enseignement
initial. Peut-être d'ailleurs au profit d'autres secteurs, qui d'ailleurs
financièrement peuvent être beaucoup plus intéressants que l'enseignement
initial, comme par exemple l'aide aux devoirs, l'accompagnement à la
scolarité, des choses de ce genre là. Fenech : Autre chiffre, messieurs les inspecteurs,
qui me frappe immédiatement. C'est, vous l'avez dit vous même, sur les
2869 enfants éduqués dans les familles, seul 1149 ont fait l'objet de
contrôle, c'est à dire MOINS DE 50%, et vous faites état d'insuffisance
d'effectif et vous nous dites, ce n'est pas une tache prioritaire …
ça veut dire que la moitié de ces enfants, environ 3 000, qui échappent
au système scolaire, la moitié d'entre eux ne seront pas contrôlés …
et j'ajoute, c'est la question qu'on se pose depuis le début de l'après-midi,
comment pouvez-vous déterminer ce chiffre d'environ 3 000 enfants dans
des familles ? Est-ce que c'est un chiffre officiel, est-ce qu'il
n'y a pas un chiffre noir ? Comment savez-vous qu'il n'y a pas
beaucoup plus d'enfants dans les familles ? Polivka : Comme vous le savez, les lois successives
depuis les lois Ferry-Gobele, jusqu'a la loi de 1898 donc obligent,
n'est ce pas, aux contrôle de ces enfants et désormais, par exemple,
comme vous le savez, les maires doivent signaler aux autorités, n'est
ce pas, la situation de ces enfants, disons éduqués dans la famille ;
donc l'Education Nationale est en situation de connaître la totalité
des effectifs des enfants scolarisés dans la famille. Alors il est vrai que nos appareils statistiques
sont quelquefois pris en défaut, déjà du fait de la grève d'une partie
de nos personnels et fait que les directeurs d'écoles sont depuis bientôt
10 ans en grève et ne remontent pas systématiquement les effectifs aux
autorités académiques ; ce qui fait qu'il peut exister un décalage
entre les élèves présents dans les écoles et les estimations que nous
sommes amenés à faire. Mais je crois quand même que les maires font
leur travail et signalent quasi systématiquement, j'allais dire, les
situations. Alors maintenant, il est vrai que ces enfants
ne sont pas suivis régulièrement, mais la scolarité va de 3 ans maintenant
jusqu'à 16 ans et cours de scolarité, ils seront tous sans doute visités.
Alors mon collègue a insisté sur effectivement
les charges qui pèsent sur les corps d'inspection et il est vrai qu'au
début, il a été difficile pour les inspecteurs d'académie de mobiliser
les inspecteurs de l'Education Nationale parce que si vous voulez bien,
dans le premier degré, ce sont les inspecteurs de l'Education Nationale
qui effectuent ces visites et dans le second degré ce sont IAPIR. Et c'est un fait, et là il faut rendre un
hommage au travail conduit par mon prédécesseur. Il a été difficile
de mobiliser les inspecteurs sur ces questions car pour eux, ce n'était
pas une priorité, disons-le clairement. Ils avaient souvent l'impression que l'instruction
à domicile était réservée à des familles, qui pour des raisons idéologiques
ou autres … Aujourd'hui je crois justement … l'action qui a été conduite … fait qu'il est
possible de conduire ces actions. Je rappelle, ce sont des opérations très lourdes,
puisqu'il faut bien entendu … que toutes les autorités d'Etat s'en saisissent,
le Procureur de la République, dans le cas de Tabitha’s Place, la police
et donc il faut un véritable déplacement, il faut se rendre sur place
avec opposition souvent des familles de ces enfants, et il faut les
entendre. Ces opérations lourdes et c'est vrai que dans
un premier temps les corps d'inspection territoriaux n'ont pas été très
mobilisés, disons-le très clairement. Maintenant, je pense que le pli,
passez moi l'expression, est pris et que les choses se font. Il faut
toujours remettre sur le métier car d'autres priorités leur apparaissent
… il faut le dire clairement. Fenech : Et sur ces 23 mises en demeure, depuis l'existence
du décret de 1990 Dupuis : C’est 23 depuis l'année dernière … Fenech : Ah, c'est uniquement sur l'année !! Pour en terminer sur les chiffres, vous dites
en ce qui concerne l'enseignement à distance, j'ai pas bien eu le temps
de relever le chiffre précis, environ 3000 du CNED, il y a 3000 enfants
qui reçoivent un l'enseignement à distance par le CNED … c'est ça ?
4 000 plutôt, disons plus près de 4000 et par d'autres organismes privés
que le CNED, vous avez cité 480. Donc nous sommes à peu près à 4400
enfants qui reçoivent de l'éducation à distance. Mais si nous sommes
bien informés des textes en vigueur, vous parlez de 86 contrôles … il
y a eu 86 contrôles, mais c'est des contrôles de quoi ? Dupuis : Sur les 86 contrôles, ce sont les écoles privées
hors contrat … Fenech : Ah d'accord … mais en ce qui concerne l'enseignement à distance …
vous ne contrôlez pas, c'est à dire ces 4400 enfants qui sont dans les
familles et qui reçoivent l'enseignement à distance, ne reçoivent aucun
contrôle. Dupuis : Un certain nombre de ces 4 000 enfants sont
contrôlés parce qu'ils sont éduqués dans les familles donc 1 149 contrôlés
l'an dernier. Alors on s'interroge nous aussi sur ce chiffre parce que,
bon je vous l'ai fait figurer, mais il est quand même un petit peu compliqué
à interpréter. Les enfants malades par exemple, hospitalisés, peuvent
parfaitement recevoir un enseignement à distance par le CNED et ils
sont évidement compris dans ce chiffre. Les inspecteurs d'académie nous
ont donné les chiffres globaux difficiles à interpréter. Ce qui est
certain, c'est que 3283 qui sont au CNED ou les 480 qui sont dans le
privé se retrouvent dans les 2 869 qui sont dans les familles. Parce que les familles éduquant directement, mais
très très souvent en complément, ont recourt à l’enseignement privé
à distance. Mais soyons honnête, sur l’enseignement à distance, nous
ne contrôlons quasiment rien. Fenech : Donc là il y a aussi peut-être
pour notre commission, une réflexion à porter là-dessus non ? Oui,
c’est votre avis ? Dupuis : Certainement, alors nous ne contrôlons pas et je crois, là
beaucoup plus encore que pour l’enseignement dans les familles parce
qu’on n’a pas les moyens de contrôler alors pour le CNED, on a pas de
contrôle à faire, c’est un établissement publique qui est évidement
lui, l’enseignement qu’il donne par distance est parfaitement conforme
au programme de l’Education Nationale, là-dessus on a pas de problèmes.
A l’inverse, sur l’enseignement privé, l’enseignement privé on le connaît,
c’est un enseignement privé à l’idéologie extrêmement affirmée qui ne
respecte pas forcément nos programmes et même qui dit très ouvertement
que certaines parties de nos programmes ne sont pas enseignées, en particulier
les programmes de biologie. Fenech : Messieurs les inspecteurs, il y a aussi une autre question
que nous nous posons sur le soutien à domicile, il se trouve que le
soutien à domicile n’est pas réglementé par le code de l’Education Nationale
mais par le code du travail, c’est de l’aide à domicile en fait donc
là encore il n’y a pas de contrôle de l’Education Nationale. Or on s’aperçoit qu’à travers le soutien … c’est carrément
de la pédagogie et de l’éducation quelquefois, plus que du soutien …
alors comment expliquer … est-ce qu’il y a des mesures à prendre ?
Est-ce que vous êtes, en fait je crois dans le projet de loi prévention
et délinquance, il est prévu quelque chose ? Dupuis : La difficulté si vous voulez c’est que, il faut distinguer
le scolaire du périscolaire. Le soutien par nature relève du périscolaire
et il va de soi que les corps d’inspection n’ont pas autorité en ses
affaires. Alors il est vrai que l’on peut quand même, du fait garder
une certaine continuité mais en droit, nous n’avons pas de capacité
à agir et c’est vrai que c’est un domaine essentiellement commercial
aujourd’hui et cet aspect commercial peut aussi attirer certaines sectes
comme vous savez. Donc là effectivement, nous sommes en difficulté, mais nous
n’avons pas de capacité à agir, je crois que les textes… Vuilque : Justement, est-ce que vous avez connaissance d’investissements
« d’organisations sectaires » sur ce secteur d’activités ? Dupuis : Nous n’avons pas connaissance. Simplement, quand nous passons
dans des établissements, un certain nombre de chefs d’établissements
nous signalent que le comportement de certains élèves évolue et pas
dans le bon sens parce qu’ils sont pris en charge pour l’aide aux devoirs
par des associations qui évidement ne sont pas tout à fait dans l’idéologie
républicaine. Cela dit, on a un énorme problème par rapport à ça puisque
nous ne sommes absolument pas habilités à contrôler ce que font des
associations dans la mesure où aucun subside public ne leur est versé.
Donc là, nous sommes totalement désarmés par rapport à ce genre de choses,
je pense qu’il est très très probable effectivement que ce sont des
secteurs où un certain nombre de mouvements extrémistes et où des sectes
investissent, ne serait-ce que parce qu’en plus, il y a fort à gagner.
Vuilque : Petite question complémentaire
concernant les programmes d’instruction civique. A ma connaissance,
il n’y a pas d’enseignement sur l’approche du phénomène sectaire.
Est-ce que vous pensez que ce serait souhaitable d’intégrer cette
prévention des phénomènes sectaires dans l’Education Nationale et
dans l’éducation civique en particulier. Polivka : Comme vous savez, il y a une grande réflexion qui est conduite
actuellement et qui a porté ses fruits sur l’enseignement du fait religieux
à l’école. Donc aujourd’hui c’est rentré, j’allais dire, ça rentre dans
les principes de notre école. Alors aujourd’hui, il y a quand même une évolution qui peut
être intéressante, c’est la mise en œuvre de tous les articles de la
loi d’orientation et de programmes de 2005 et notamment, le fameux socle
de connaissance et de compétences puisque désormais nos inspecteurs
auront à évaluer les quelques connaissances si on se tenait aux anciennes
lois, mais effectivement à la maîtrise de l’acquisition du socle commun
des connaissances et compétences et à travers l’analyse de ces acquisitions,
les inspecteurs seront en capacité de voir si effectivement les élèves
ont bénéficié d’un enseignement conforme à la loi et ils pourront par
là repérer ceux qui auraient été, j’allais dire, abusés par des sectes.
Je pense qu’aujourd’hui on a un outil, mais il se met en
œuvre puisque le socle commun des compétences et connaissances doit
être articulé sur les programmes, c’est un travail qui est fait actuellement
par les inspections générales et la direction générale des enseignements
scolaires. Les livrets de compétence qui permettront de suivre ces acquisitions
ne se mettront en place que l’année prochaine. Je pense que dans les prochains mois, nous aurons un outil
pour bien vérifier la qualité de l’enseignement dispensé et justement
stigmatiser les pratiques que dénonçait mon collègue Dupuis. Vuilque : Systématiquement, cet enseignement du fait religieux … il
n’y a pas … n’est pas abordée la question du phénomène sectaire en particulier
…. Vous confirmez ? … d’accord ! Une autre petite question. Vous nous avez signalé tout à
l’heure qu’il y avait 2 écoles identifiées mises en place par les organisations
sectaires … voire une 3ème … aujourd’hui, est-ce que vous
connaissez le nombre d’enfants concernés par ces trois écoles ?
Polivka : Alors il y a un gros problème,
sur Tabitha’s Place …. Tabitha’s Place s’est installé à coté d’Oloron
… à Laruns, à ½ heure de la frontière espagnole … et comme par hasard,
elle vient de s’installer dans la banlieue de Mulhouse à ½ heure de
la frontière Suisse ou allemande …. Lorsque nous déclenchons
des inspections dans ces écoles de sectes … comme par hasard le nombre
d’élèves concernés diminue énormément par rapport aux données qu’a
pu nous fournir la Gendarmerie …. C'est-à-dire que le dernier contrôle
que nous avons fait à Sus il y a deux ans, seuls, de mémoire, onze
élèves étaient présents alors que la gendarmerie nous indiquait …
en réalité il doit y en avoir une cinquantaine concernés par cette
école … Pour le nombre à Mulhouse
c’est un tout petit début, il y aurait 3 élèves, mais nous n’avons
pas pu vérifier parce que notre IEN (Inspecteur de l’Education Nationale)
s’est vu claquer la porte au nez …et quant à l’école que viennent
d’ouvrir les frères de Plymouth, il y aurait 150 élèves concernés.
Fenech : Jean Pierre Brard s’il vous plait … Brard : Merci … Tout à l’heure vous nous avez dit que le contrôle annuel
n’était pas obligatoire ; pourtant la circulaire 99 0110 du 14
Mai 99 rend le contrôle ANNUEL obligatoire … donc, alors j’entends bien
que vous n’avez pas suffisamment de moyens mais nous devons protection
à ces enfants … alors restent toute une série de problèmes dont certains
sont très troublants … c’est le nombre d’enfants effectivement parce
que ceux que vous comptabilisez, ce sont ceux qui vous viennent par
les maires et qui vous sont déclarés volontairement … mais en réalité
les maires n’ont aucun moyen de savoir, ils n’ont pas de pouvoir pour
ce saisir ni contrôler quoi que ce soit sur les personnes, et est-ce
que vous pourriez nous donner en comparaison, le nombre d’enfants nés
dans le pays … par exemple … je ne dis pas aujourd’hui … ce n’est pas
un examen sur votre niveau de la connaissance démographique du pays
… par exemple pour l’année 98, le nombre d’enfants nés, le nombre d’enfants
scolarisés par l’Education Nationale, le nombre d’enfants scolarisés
dans les écoles sous contrats dans les écoles hors contrat et les enfants
qui sont éduqués dans les familles pour que l’on puisse avoir un ordre
de grandeur qui peut n’être qu’un ordre de grandeur mais qui nous permettrait
d’avoir des données plus objectives … Alors vous dites l’Inspecteur d’Education nationale va à
Tabitha’s Place et ces gens claquent la porte au nez d’un Inspecteur
de l’Education nationale … Qu’arrive-t-il ensuite quand on traite un
fonctionnaire de l’Etat qui ne fait que faire son travail, qu’arrive-t-il
ensuite ? …. Quant aux écoles qui remettent en cause l’enseignement de
l’Etat … et qui contestent en particulier les disciplines scientifiques
… donc j’imagine la biologie, l’évolutionnisme … or, la circulaire de
96 donne le pouvoir à l’Education Nationale de vérifier l’esprit critique
y compris par rapport à ces enseignements donc qu’en ai t’il, est-ce
que dans les établissements que vous avez repérés, il y a l’école Raëlienne,
je ne sais si elle existe toujours, qui était proche de Saké, où l’enseignement
était basé sur, je ne sais pas si il faut appeler ça une théorie, parce
que c’est faire injure à la théorie, la géniocratie où parait-il, il
fallait un QI de 140 pour rentrer là dedans, par ailleurs sur les enfants
signalés et ça sera tout pour les questions pour l’instant pour ce qui
me concerne, je n’ai pas l’impression que les inspecteurs d’académie
signalent les enfants qui sont en grande souffrance parce que on les
prive de relations sociales, on leur interdit de participer aux activités
collectives ….. Interdit de participer aux activités collectives
périscolaires … sportives par exemple, on leur interdit à la fête de
Noël laïcisée, évidement, dans le cadre de l’école et autre chose, parce
que évidemment s’il n’y a pas ces signalements … une bonne partie des
enfants qui sont menacés échappent à la statistique … alors, qu’en est-il
en réalité ? Polivka : Si vous le permettez … pour les effectifs, en dépit
des difficultés rencontrées liées à la grève des directeurs d’école,
il faut quand même savoir que les services d’inspection académique connaissent
parfaitement la situation démographique nationale mais surtout celle
évidemment de leur département. Vous savez que nous préparons les opérations
de rentrée en nous appuyant à la fois sur les données démographiques
…. C'est-à-dire sur les naissances, sur les relevés ;
donc nous les connaissons tous …. ensuite … nous avons des données
suffisamment fines et les élus ici présents, les maires savent d’ailleurs
quels sont les débats entre les autorités académiques et les collectivités
pour prévoir effectivement les effectifs. Ce qui veut dire que l’on sait pas à l’unité près
et …. Permettez moi pour avoir été inspecteur d’Académie dans un autre
temps … permettez-moi de vous dire que les chiffres sur lesquels nous
nous appuyons sont marqués par une très grande fiabilité. Et quant aux signalements, les maires font leur
travail. Je vous rappelle que les maires reçoivent des directives des
préfets pour rappeler qu’il convient de signaler toutes les scolarisations
de fait à domicile. Je pense qu’au niveau des données, nous avons …
enfin les inspecteurs d’Académie et l’ensemble des services académiques
ont les moyens d’apprécier la situation … Brard : Monsieur Polivka, je vous prie de me pardonner de
vous interrompre mais … vous êtes maire d’une ville comme la mienne
ou n’importe laquelle, comment vous faites pour identifier les enfants
que les parents soustraient délibérément ? Polivka : … Puisque je dois dire la vérité … le hasard fait
que je suis également maire d’une commune, je ne vais pas en avoir honte
… et qui n’est pas évidemment une … une petite commune de moins de 5000
habitants et je peux vous assurer qu’on ne connaît pas tout … et j’imagine
que dans les grandes villes, j’ai pu travailler dans les grandes villes,
les maires … et bien sûr tous leurs services sont soucieux de l’intérêt
de l’enfant … et je crois quand même pouvoir dire que dans la très grande
majorité des cas, les services de l’Etat d’une part, les services sociaux
d’autre part des différentes collectivités font tout pour que l’on puisse
repérer. Il y a malheureusement des enfants qui échappent … j’allais
dire à notre vigilance. Mais je suis plutôt de ceux qui pensent que tant
les services de l’Etat que ceux des collectivités font le maximum pour
que tous les signalements soient effectivement faits … mais on peut
sans doute progresser … je ne sais pas ce qu’en pense mon collègue … Brard : La fiabilité c’est 99 % ? Polivka : Je pense très objectivement
que l’on est pas loin … c’est vrai que les chiffres peuvent choquer
… mais j’en suis convaincu, c’est une conviction puisque je n’ai pas
la preuve absolue … mais il me semble que les chiffres qui vous sont
présentés correspondent … à 100 % … Ce n’est pas pour défendre une
institution qui nous est chère, mais je pense que vraiment il y a
une mobilisation des services de l’Etat et des services de l’Education
Nationale en particulier qui explique que la situation soit aujourd’hui
bien maîtrisée … me semble-t-il … j’espère ne pas me tromper. Sur l’IEN (Inspecteur d’Education Nationale) qui
s’est vu refuser l’entrée, l’inspecteur d’Académie a saisi le Procureur
de la République … c’est maintenant à la justice de suivre cette affaire. C'était en Avril 2006 donc c'est récent, c'est très
récent l'implantation de la secte bon une vingtaine de personnes avec
trois enfants est très récente dans la banlieue de Mulhouse mais on
pense que évidemment cette implantation est appelée à se développer.
Brard : Alors Monsieur Dupuis,
on peut considérer que les enfants sont en danger compte tenu du précédent
… et depuis Avril le Procureur de la République n’a pas réagi ? Dupuis : A ma connaissance non. Brard : Merci. Fenech : Mr Serge Blisko, s'il
vous plaît ? Dupuis : Alors l'école Raëlienne,
c'est un serpent de mer à notre connaissance elle n'a jamais été ouverte,
cela dit les Renseignements généraux sont efficaces contrairement à
la réputation que l'on essaie de leur faire quelquefois, ont l'air de
confirmer effectivement l'absence d'ouverture de cette école. Apparemment, Raël a une tendance à annoncer des
choses qui ne sont pas forcément réalisées … Fenech : Mr Blisko, s'il vous
plaît ? Dupuis : Excusez moi, il y a
la dernière question à laquelle je n’ai pas répondu. Non, c’est vrai
que pour les enfants éventuellement en souffrance morale, s’ils sont
en souffrance morale à cause de ce que vous nous dites, il est certain
que les inspecteurs d’Académie ne font pas de signalement sur les enfants
par exemple qui sont privés de sortie, de participation au sport, à
des choses de ce genre là, c’est certain. Les signalements concernent des enfants battus,
des enfants qui ont des parents alcooliques, des incestes, des choses
de ce genre là. Fenech : Les enfants qui appartiennent à des familles de Témoins de Jéhovah
ne font pas l’objet de signalement ? Dupuis : Non, j’ai l’habitude de dire … alors c’est vrai que c’est de la provocation
… pour l’Education Nationale les enfants des Témoins de Jéhovah sont
des … des élèves parfaits … ils sont parfaitement disciplinés, ils
travaillent … c’est pas d’eux qu’on va avoir des problèmes … alors
c’est vrai qu’il y a un problème sérieux que signalait Monsieur Brard
… mais c’est vrai que nous, on ne signale pas effectivement ce genre
de choses …. Fenech : Pourquoi ? Dupuis : Parce qu’il nous
semble qu’ils ne sont pas vraiment en danger … (silence) Brard : L’Education Nationale a bien pour objet d’épanouir l’esprit critique,
est-ce qu’on peut considérer que les Témoins de Jéhovah ne font pas
des enfants infirmes intellectuellement parlant … (silence) D’abord, nous sommes
là pour défendre l’école laïque …. C'est-à-dire que nous n’avons pas
à connaître l’appartenance religieuse des enfants fréquentant les
écoles … ça c’est bien clair … nous notre souci … je crois que la
mission qui est la notre, c’est de défendre réellement la laïcité,
c’est le principe qui nous guide en toute circonstance. Polivka : Vous posez un question
précise sur les Témoins de Jéhovah … je confirme ce que dit mon collègue
… jamais nous n’avons eu de signalement d’enseignant, de parents d’élèves,
d’élus nous alertant sur le comportement des enfants Témoins de Jéhovah
… Il est vrai que nous les connaissons souvent mieux que les autres,
parce que souvent effectivement, les enfants Témoins de Jéhovah sont
des élèves qui affirment leur engagement. D’ailleurs souvent
leurs parents sont connus pour … ne serait-ce que par le porte à porte
comme vous le savez … les maisons du Royaume sont connues de tous
… mais force est de constater que nous n’avons pas connu … nous n’avons
pas de connaissance et ce n’était pas pour forcer le trait … que souvent
ce sont des enfants qui sont particulièrement bien adaptés à notre
organisation scolaire et qui sont des élèves j’allais dire … modèles …
ce n’est pas la bonne expression, mais des élèves qui sont … j’allais
dire … qui suivent une scolarité qui pose le moins de problèmes. Il
faut dire les choses telles qu’elles sont … et nous n’avons pas de
signalement … nous n’avons pas nous, Education Nationale à porter
de jugement sur le choix religieux ou non religieux des élèves ou
des parents qui fréquentent nos écoles. Nous sommes là pour combattre
tout prosélytisme puisque nous sommes là pour veiller au principe
de laïcité … Fenech : Dans la question de
Monsieur Brard il ne s’agissait pas de savoir s’il fallait porter atteinte
à la laïcité … ou de savoir qu’elle est l’appartenance à la religion
… Nous avons entendu récemment ici même deux jeunes Témoins de Jéhovah
aujourd’hui jeunes majeurs … qui nous ont raconté leur parcours … et
leur souffrance y compris dans le milieu scolaire où il savaient un
comportement qui n’était pas le même que leur petit camarade … Bon,
… on comprend bien votre difficulté … on la comprend parfaitement mais
les choses ne sont pas aussi simples que cela … nous sommes bien d’accord
… Fenech : Sur cette question des Témoins de Jéhovah, peut-être
que … pour la cohérence … ensuite je donnerai la parole à Serge Blisko. Martine David : Serge me laisse momentanément son tour
de parole … je remercie le Président parce que justement je réagis
un peu là-dessus … je re-vérifiais votre titre … Cellule de Prévention
des Phénomènes sectaires … et vous dites, l’Education Nationale ne
considère pas … que les enfants ayant … étant chez les Témoins de
Jéhovah, ou ayant des parents Témoins de Jéhovah … risquent … risquent
beaucoup dans leur éducation, dans leur épanouissement. Au nom de
quoi l’Education Nationale peut-elle ainsi dire cela ? Parce
que les témoignages que nous avons … et je suis sure l’Education Nationale
comme d’autres administrations d’Etat montrent le contraire !
Alors sans doute que ces enfants ne sont pas battus … ne sont pas
agressés physiquement … ne sont pas violentés … sans doute !
Mais jusqu’à quel point … la difficulté de soutenir une éducation
qui les différencie des autres … alors certes peut-être pas dans leurs
résultats scolaires, mais ça ne fait pas tout, Monsieur … et moi ça
me choque un petit peu, parce que … alors c’est pas vous en tant que
tel … c’est je crois plus largement que l’Education Nationale … ….l’Education
Nationale émet un jugement et, où je voulais intervenir, c’était que
je me disais dans la formation qui maintenant … et quand même plus
largement dispensée, y compris en direction des enseignants, sans
doute en direction de vos correspondants en départements dans les
… dans les inspections académiques … Est-ce qu’on aborde cette question
là un petit peu plus que par le passé … c'est-à-dire que est ce qu’on
… sans le mettre sur le meme plan mais … est ce qu’on met en avant
qu’un enfant sur lequel on fait peser … une différenciation permanente
… permanente par rapport a ses petits camarades et ça peut durer tout
le temps de la scolarité … permettez … mais ça peut s’avérer une vraie
souffrance. Alors,
moi je dis, on ne va pas continuer - Education Nationale - à fermer
les yeux sur ce comportement et sur ces risques. Comment est ce que vous pensez pouvoir
… ou est-ce que vous avez des propositions à faire émerger par rapport
à ça et … est-ce que la formation notamment
… continue … s’aiguise un peu sur ces questions ? Parce que, si
on en reste aux schémas que vous nous décrivez, moi ça m’inquiète beaucoup.
J’ajoute, et ça n’a rien à voir, mais puisque j’ai la parole je la reprendrai
pas … j’insiste sur le signalement des maires. Ce qu’a dit Jean-Pierre Brard tout à l’heure,
moi je le répète. Je viens d’ailleurs d’avoir deux signalements volontaires
d’enfants qui ne sont pas scolarisés et, alors que j’avais au départ
prévu de laisser l’enquête sociale à la Préfecture, j’ai décidé que
mes services la conduiraient avec une assistante sociale parce que je
veux savoir, je veux voir, pas par curiosité malsaine mais parce que
je veux essayer de me rendre compte quelles peuvent être dans ce cas
là et peut être dans d’autres … les justifications qui amènent des parents
à avoir ce … à exercer ce droit puisqu’ils en ont le droit, bon … ;
mais pour le reste y a sans doute, y compris dans ma commune ou dans
bien d’autres, des enfants qui ne sont pas scolarisés, JE N’AI AUCUN
MOYEN DE LE SAVOIR !!! Faut arrêter de penser que parce
que c’est contenu dans une loi … alors c’est contenu dans une loi, certes,
c’est une bonne intention sauf quand on ne nous a pas consenti les moyens
qui allaient avec et … toujours
pas d’ailleurs hein, ça fait quand même un certain temps que c’est voté,
et donc on n’a pas la capacité … de pourvoir à ces signalements. Donc quand on ajoute tout çà,
ça fait quand même, avec ce qu’on a vu au niveau du CNED etc. un certain
nombre d’enfants … ça fait plusieurs milliers d’enfants, qui sur le
territoire national ne sont pas … suivis, « surveillés » et
donc sur lesquels on peut vraiment avoir une approche réelle par rapport
aux dérives éventuellement des mouvements sectaires. Polivka : Si vous permettez, sur les deux
aspects de votre question … La première, sur le soucis de l’Education
Nationale de veiller à l’épanouissement de l’enfant, dans le rôle qui
est le nôtre à la CPPS, y a un rôle effectivement de prévention et qui
s’appuie bien sûr sur notre réseau d’inspecteurs mais il y a aussi une
fonction de formation. C'est-à-dire que nous organisons
des formations soit en IUFM soit dans la formation continue dans l’académie,
en direction de nos collaborateurs qui ont pour mission justement d’attirer
l’attention des enseignants sur tous les dangers que vous dites stigmatisés.
Sachez qu’aujourd’hui et c’est
ça la nouveauté puisque ça n’existait pas avant 96 donc depuis 96, il
y a quand même des actions de formation qui sont … dispensées tout au
long de l’année, nous sommes sollicités pour … nous allons dans ces
… il y a des formations nationales, ensuite il y a les formations académiques
qui sont ensuite dupliquées sur le terrain ; donc il y a vraiment
un souci et on attire l’attention effectivement des enseignants sur
la nécessité d’observer effectivement les comportements que vous venez
de dénoncer. Donc sachez qu’on a ce souci là. Alors maintenant pour le deuxième
aspect de la question qui est celui des effectifs, bien entendu, des
élèves et c’est évidemment là tout notre souci mais qui échappe aux
mailles du filet si je puis m’exprimer ainsi. Mais moi je suis là non pas pour
défendre l’Education Nationale mais pour souligner ce qui a été fait
depuis une dizaine d’années et comme depuis une dizaine d’années, on
s’est mis en situation j’allais dire, d’éradiquer ces phénomènes … mais
malheureusement, ça je pense que mon collègue sera d’accord nous, nous
savons, enfin nous supposons qu’il y a des élèves effectivement qui
échappent à la vigilance tant des élus que des autorités de l’Etat et
nous pensons que ce chiffre est sans doute relativement proche du notre.
Nous le pensons … Dupuis : Sur le problème des enfants des
Témoins de Jéhovah vous, vous nous posez une … question tout à fait
redoutable parce que même si nous sommes sensibles au fait que ces enfants
peuvent être en situation extrêmement difficile dans la mesure où ils
vont se trouver systématiquement en conflit de loyauté entre le maître
et ce qu’on peut dire dans la famille, nous nous voyons mal comment
faire, parce que quand on a des enfants en difficulté … pour la raison
que nous donnons, on va quand même pas faire des signalements au Procureur
de la République pour enfants en danger pour tous les enfants des Témoins
de Jéhovah parce que il faut quand même avoir conscience de ce que cela
donnerait. Enfin, je pense qu’en plus on fait des signalements quand
on est vraiment sûr qu’il y a danger réel … c’est quand même une question
très difficile pour nous, hein, c’est très difficile pour nous. Fenech : Je voudrais … je vais donner la
parole à Mr Blisko, mais pour en terminer avec cette question je voudrais
quand même … rappeler à l’attention de mes collègues … vous connaissez
parfaitement le texte, il s’agit … du contrôle du contenu des connaissances
pour les enfants instruits dans les familles et dans les établissements
privés hors contrat. Voilà ce que dit le code de l’Education Nationale :
l’enfant doit acquérir les principes, notions et connaissances qu’exige
l’exercice de la citoyenneté dans le respect des droits de la
personne humaine définit dans le préambule de la constitution
de la République française, la déclaration universelle des droits de
l’homme et la convention internationale des droits de l’enfant, ce qui
implique la formation du jugement par l’exercice de l’esprit critique
et la pratique de l’argumentation. Donc on peut en conclure de manière extrêmement paradoxale qu’il y
a plus de contrôle dans les établissements hors contrat sur ce devenir
citoyen de l’enfant que dans nos écoles républicaines. Est ce qu’il y a la même disposition
pour les établissements … scolaires traditionnels ? Polivka : Justement j’y faisais allusion là précédemment, la loi … sur l’école, la loi d’orientation de programme sur l’école de 2005 a posé comme principe l’acquisition du socle commun des connaissances et des compétences ; et parmi les compétences, il y a bien celles que vous venez d’énoncer, c’est à dire que l’école publique aujourd’hui s’est mise en situation d’évaluer les compétences | |||