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CAP
LC 2006
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Commission
d'enquête relative à l'influence des mouvements à caractère sectaire et
aux conséquences de leurs pratiques sur la santé physique et morale des
mineurs
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Mardi 12
septembre 2006 à 14 h 30 Intervention compléte
Vous êtes donc le Président du
centre d’information et d’avis sur les organisations sectaires nuisibles
de Belgique, le CIAOSN, qui serait donc l’équivalant de la MIVILUDES
en France. Vous nous expliquerez… On voudrait vous rappeler tout
d’abord, Monsieur De Cordes, qu’au terme de l’article n° 142 du règlement
de notre assemblée, la commission pourra décider de citer dans son rapport
tout ou partie du compte-rendu qui en sera fait. Ce compte-rendu vous
sera préalablement communiqué. Les observations que vous pourriez faire
seront soumises à la commission. Par ailleurs en vertu de l’article
6 de l’ordonnance du 17 novembre 1958, relative au fonctionnement des
assemblées parlementaires, les personnes auditionnées sont tenues de
déposer sous réserves des dispositions concernant la violation du secret
professionnel notamment l’article 226-14 qui autorise la révélation
du secret en cas de privation ou de sévices dont les atteintes sexuelles.
Cette ordonnance, Monsieur De Cordes, exige également
des personnes auditionnées qu’elles prêtent serment de dire la vérité,
toute la vérité, rien que la vérité, je vais donc vous demander de lever
la main droite et de dire « Je le jure » De Cordes « Je le jure » Fenech Je vous remercie. Même recommandations que tout
à l’heure pour la presse. Je vous propose
si vous en êtes d’accord, de faire un exposé préliminaire et ensuite
nous vous poserons des questions. Vous avez la
parole Monsieur De Cordes. De Cordes Je vous remercie
Monsieur le Président, Monsieur le Président, Monsieur le Rapporteur,
Messieurs et Mesdames les Députés. Je vais tout
d’abord vous remercier de votre invitation et vous dire à quel point
je me réjouis de pouvoir faire part à votre commission de l’expérience
du Centre d’Information et d’Avis en ce qui concerne les risques, les
pratiques sectaires, en ce qui concerne les mineurs. Alors, mon exposé
va se présenter sous 3 parties. D’abord une présentation assez rapide
du centre, ensuite, plus spécifiquement, la situation des mineurs face
à la menace sectaire et je vais vous présenter enfin les derniers développement
en matière de répression de la situation de faiblesse en Belgique. En ce qui concerne
le Centre d’Information et d’Avis sur les Organisations Sectaires Nuisibles,
il a été créé par une loi du 2 juin 1998, à la suite d’une recommandation
de la commission d’enquête parlementaire qui s’est déroulée de 96 à
97 dont l’intitulé exact était : « visant à élaborer une politique
en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger
qu’elles représentent pour la société et pour les personnes, particulièrement
les mineurs d’âge ». Et dans une
perspective de continuité de ces travaux, la commission d’enquête souhaitait
qu’un observatoire fédéral des sectes soit créé afin de donner accès
au public à un centre de documentation spécialisé dans le domaine sectaire. Notre mission
était d’accueillir et d’informer le public, ainsi que formuler des propositions
au gouvernement et au parlement visant à l’amélioration des moyens de
lutte contre les dangers que représentent certaines pratiques sectaires.
Cet observatoire devait bénéficier d’une indépendance grâce à un statut
public. La loi de 98
portant création du centre d’information reprend dans son intitulé le
concept élaboré par la commission d’enquête, l’organisation sectaire nuisible
qui est définie comme « un groupement à vocation philosophique
ou religieuse ou se prétendant tel, qui dans son organisation ou sa
pratique, se livre à des activités illégales dommageables, nuit aux
individus ou à la société ou porte atteinte à la dignité humaine ». La loi créant
le centre a très rapidement fait l’objet d’une requête en annulation
devant la cour d’arbitrage par l’Association « société phil-anthroposophique
( ?) belge » et qui avançait des moyens qui visaient d’abord
l’argument selon lequel la loi instituerait un organisme officiel chargé
de déterminer, à titre préventif, si certaines associations sont des
organisations sectaires nuisibles alors que les activités illégales
ne pourraient être réprimées qu’à posteriori par le pouvoir judiciaire. La cour d’arbitrage
qui exerce le contrôle de la conformité des lois à certains articles
de la Constitution dont ceux qui énoncent le principe de l’égalité de
tous les citoyens devant la loi, la cour édite en mars 2000, un arrêt
qui rejetait ce recours, après avoir énoncé notamment que les compétences
attribuées au centre ne portent en aucune manière atteinte à la liberté
des cultes, à celle de leur exercice
public, ainsi qu’à la liberté de manifester ses opinions en toute
matière. La cour relevait
également que les pouvoirs conférés au centre ne lui permettent d’interdire
à titre préventif, la manifestation d’une opinion exprimée par une minorité
philosophique ou religieuse. Le centre, toujours
selon la cour, ne peut qu’informer le public dans un but de prévention
sur les activités d’une association, afin qu’il puisse apprécier en
connaissance de cause, les opinions susceptibles d’être dangereuses
mais librement manifestées par une telle association. Cette importante
décision de la cour constitutionnelle belge mettait ainsi un terme aux
critiques d’ordre juridique visant la compatibilité de la loi avec créer
le centre d’information et d’avis, compatibilité avec la Constitution
belge et les conventions internationales en matière des Droits de l’Homme. Sur base² de
cette loi de 98, les premiers membres du conseil d’administration, si
on peut dire, ont été désignés par la chambre des représentants à une
majorité des deux tiers, ce qui est prévu par la loi, un premier mandat
en 99, le deuxième - un mandant de 6 ans pour les nouveaux membres en
2005. Alors rapidement,
quelques points de précision, sur les différentes missions du centre.
La mission principale est une mission d’information et dans ce cadre,
ça vise d’abord l’étude du phénomène des organisations sectaires nuisibles
en Belgique ainsi que leurs liens internationaux. Vise ensuite l’organisation
d’un centre de documentation accessible au public et enfin, l’accueil
et l’information du public, notamment sur les droits et obligation de
toute personne qui en fait la demande, et sur les moyens de faire valoir
ces droits. La spécificité
de ce centre de documentation est qu’il conserve également de nombreux
documents émanant des mouvements eux-mêmes dont la production peut ainsi
être analysée. L’autre mission, mission d’avis. A été confiée par
la loi au centre, la mission de formuler soit d’initiative, soit à
la demande de toute autorité publique, des avis et des recommandations
sur le phénomène des organisations sectaires nuisibles, et en particulier
sur la politique en matière de lutte contre ces organisations. La
loi précise que ces avis doivent être motivés et qu’ils sont publics
sauf décision contraire du centre dûment motivé. La première
demande d’avis a été reçue au centre en octobre 99 et émanait du ministre
des affaires étrangères qui souhaitait connaître l’avis du centre sur
la « FECRIS » et en particulier sur une déclaration dans laquelle
figurait une demande de reconnaissance de la FECRIS comme ONG, reconnaissance
qui était recherchée par la FECRIS en vue de lui permettre d’être consultée
par le Parlement Européen ensuite le Conseil de l’Europe, l’OSCE, Nations
Unies ainsi que les organismes et commissions qui en dépendent. Le centre brandit
un avis favorable en juin 2000 sur cette demande, cet avis qui sera
par la suite, cité dans le cadre de la procédure introduite par la FECRIS
en vue d’obtenir ce statut consultatif auprès du conseil de l’Europe. En 2002 et 2003,
le centre formula des avis en réponse à des demandes du ministère public
dont la non-publicité était motivée par l’implication d’enfants mineurs
dans ces dossiers. En ce qui concerne
les recommandations, le centre est habilité à formuler des recommandations
de nouveau de sa propre initiative ou en réponse aux demandes d’autorité
publique. La première recommandation reprenait en réalité une recommandation
de la commission d’enquête parlementaire qui visait la modification
du code pénal en vue de sanctionner l’abus de situation de faiblesse
d’un individu. Les membres
du centre s’appuyaient sur l’approbation de cette recommandation par
la chambre des représentants en 97 et l’absence de réaction plus de
3 ans plus tard … et cette recommandation visait à sensibiliser le gouvernement
à cette mesure qui, je cite, était de nature à protéger les intérêts
des personnes qui ont été les victimes notamment d’organisations sectaires
nuisibles. En
2004, en octobre 2004, le centre a appelé le gouvernement à considérer
comme une priorité en matière de santé publique, l’adoption d’une
loi protégeant le titre de psychothérapeute. Le centre se référait
à sa pratique qui l’avait amené à faire le constat suivant :
parmi les demandes d’informations qui lui sont adressées, un nombre
significatif se rapporte à des pratiques douteuses de personnes se
présentant comme psychothérapeutes, toujours dans un cadre d’organisations
sectaires, et cette recommandation exprimée également d'après notre
préoccupation selon laquelle, à la suite de l'adoption par la France
d'une législation en la matière et je cite, l'absence de législation
belge analogue est de nature à inciter des ressortissants français
privés de l'usage d'équipes de psychothérapeutes à proposer leurs
activités. Voilà
un dernier point pour vous dire, pour la présentation du centre, que
au delà des 10 membres effectifs et de leurs suppléants, il existe une
équipe permanente composée d'un directeur d'un service d'étude de 4
personnes, d'une bibliothécaire et de deux personnes. La
question des mineurs face à la menace sectaire : Les
enfants qui sont morts en raison de l'appartenance de leurs parents
à l'Ordre du Temple Solaire est un cas extrême et heureusement assez
rare. On rappelle en 1994 l'enfant de moins de 3 mois des membres de
l'OTS qui a été assassiné au Canada, poignardé à 20 reprises avant d'avoir
le thorax percé par un pieu en bois. L'année suivante, lors du massacre
du Vercors, ce sont 3 enfants entre 1 et 3 ans qui ont été abattus avec
leurs parents membres de l'OTS d'une balle dans la tête. Alors
ces assassinats peuvent évoquer des sacrifices humains comme on a souvent
tendance à attribuer au mouvement de la mouvance satanique. La littérature
satanique contient des passages plus qu'explicites sur des sacrifices
humains, précisant par exemple dans quelles conditions est utilisé le
sang d'un nouveau né qui doit ensuite être décapité. On trouve aussi
dans cette littérature des chapitres sur le cannibalisme. Toutefois,
même si les cas avérés de « crime satanique » sont très rares,
le seul fait que ces ouvrages gardent leur actualité dans les groupements
qui se revendiquent du satanisme ou de l’occultisme, justifie que la
vigilance soit maintenue dans ce domaine. Et à mi-chemin entre ces deux
domaines se situent les affaires pénales que je qualifierai de droit
commun dans laquelle sont impliqués les membres de mouvements de type
sectaire. Et la question se doit d’être posée de savoir en quoi l'appartenance
du condamné à un tel mouvement est en lien ou non avec le crime ou le
délit commis. L'attitude des mouvements sectaires vis à vis
des mineurs ou des enfants peut être très variable. Si certains tiennent
un discours spécifique visant les mineurs, d'autres à l'opposé vont
considérer ceux-ci comme des gêneurs qui accaparent le temps et l'énergie
que leurs parents devraient consacrer à l’étude ou à la pratique de
rituels. Et en règle générale, en raison du caractère totalisant voir
totalitaire de ces organisations sectaires, il est rare que les enfants
et les adolescents ne soient pas de près ou de loin concernés par
les pratiques sectaires. Et
en matière de risque de ces pratiques sur la santé physique ou mentale
des mineurs, il faut distinguer les différents dangers auxquels ils
sont confrontés dans leur vie, indépendamment de l'appartenance ou non
de leurs parents au mouvement sectaire. Et d'autre part, les risques
que ce danger se réalise avec une probabilité plus ou moins élevée selon
le mouvement dans lequel cet enfant ou cet adolescent évolue. Alors pour illustrer ces propos, quelques exemples
en ce qui concerne les sévices sexuels. Le risque que des mineurs soient victimes de
sévices sexuels est d'autant plus grand que ceux-ci vivent dans des
communautés fermées, lesquelles rendent plus difficiles les dénonciations
des sévices qui ont été commis, que ce soit en raison de l'isolement
géographique ou d'une réglementation interne du mouvement. Ces règles peuvent consister en un système de
juridiction interne, qui aux yeux des adeptes peut apparaître comme
supérieur aux juridictions extérieures de la société, parce qu’elles
sont justement fondées, ces juridictions internes, sur des principes
philosophiques ou religieux ou prétendus tels. En
avouant son forfait au responsable du mouvement, l'abuseur sexuel peut
avoir le sentiment qu'il accomplit son devoir et par conséquent avoir
la conscience en paix. Parfois
des règles internes rappelle qu'au delà de l'information des responsables
du mouvement, les autorités judiciaires doivent ou peuvent d’être informées. Et
face à la révélation publique de sévices sexuels sur des mineurs d’une
ampleur telle qu’ils mettent en cause le mouvement dans son ensemble
et pas seulement certains de ses membres à titre individuel, la réaction
des responsables de ces mouvements peut prendre des formes variées.
Il
peut s'agir parfois simplement d'une enquête interne qui peut conduire
à l'adoption de consignes visant à éviter que de tels abus se reproduisent
à l'avenir. Une
autre réaction peut se limiter à un rappel, parfois par la diffusion
de communiqués de presse, des règles existantes, à laquelle … à savoir
justement celles qui n’ont pas permis de protéger les mineurs. Mais
dans un cas comme dans l'autre il convient de vérifier dans la pratique
si le mouvement parvient à faire respecter sa propre réglementation. La
protection de la pureté du mouvement est en effet parfois considérée
comme supérieure à la défense de l'intérêt des enfants et des adolescents,
ce qui justifierai que les faits répréhensibles portés à la connaissance,
justement pas dénoncé aux autorités judiciaires. De
même, un recours extensif voir abusif au secret de la confession contribue
aussi à ce que des cas de maltraitance de mineurs ne soient pas poursuivis
puisque la formation ne parvient pas au service de police. Le risque d'abus sexuel sur les mineurs est évidemment
accru dans les mouvements dont le discours est spécifiquement et ouvertement
orienté vers la sexualité des enfants ou voir la pédophilie même lorsque
le message originel du fondateur du mouvement est édulcoré par des
conseils visant à épouser la jeune fille, par exemple dès l'âge de
15 ans, mais surtout il faut alors divorcer dès que cette fille atteint
l'âge de 18 ans. Il convient également de rappeler toujours en
référence avec les mouvements sataniques que certains d'entre eux
pratiquent la pédo-pornographie et se réfèrent même à des manuels
de magie sexuelle et dans ce cas évidement la participation de mineurs
ou le seul fait d’assister même passivement à de tels rituels les
expose à des risques de troubles psychologiques graves. Alors
un grand classique en la matière exposée tout à l’heure, le refus de
soins et le refus de la transfusion sanguine. Cette question a été résolue
en ce qui concerne les mineurs par la possibilité donnée au ministère
public de prendre une mesure de protection contraignante qui consistait
à suspendre l'autorité parentale le temps de la transfusion. Toutefois
dans les cas d'urgence, le médecin est tenu, sous sa seule responsabilité,
d’apporter au mineur tous les soins qu’il estime nécessaire à son état.
Et depuis la loi du 22 août 2002 relative aux
droits du patient, le mineur se voit reconnaître la possibilité d’exercer
lui-même ses droits du patients notamment celui de refuser un traitement
pour autant, selon la loi, qu’il soit destiné apte à apprécier raisonnablement
ses intérêts. Si le mineur ne dispose pas de cette aptitude,
ses droits sont alors exercés par un représentant et toujours selon
la loi, le médecin garde la possibilité de ne pas suivre la décision
du représentant du patient dans la mesure où la décision de ce représentant
menace la vie ou porte gravement atteinte à l'intégrité physique du
mineur. Alors
une attention particulière doit également être portée aux mouvements
qui intègrent dans leur doctrine des préceptes en matière de santé soit
en se référant à des médecines traditionnelles soit en pratiquant ce
qu'on appelle le syncrétisme médical comme ils le font souvent sur le
plan philosophique ou religieux ou prétendu tel. Et
les traitements recommandés par les dirigeants de ces mouvements sont
présentés à l’extérieur bien souvent comme des adjuvants ou des traitements
complémentaires à ceux de la médecine conventionnelle mais là, mais
à nouveau, comme pour les règlements interne en matière d'abus sexuel,
il nous faut également confronter la théorie et la pratique et vérifier
si la pression interne du groupe ne conduit pas les adeptes à se détourner
ou rejeter les traitements prescrits par la médecine conventionnelle. Dans
le domaine de la grossesse et de la petite enfance il faut aussi relever
que le secteur de l'accompagnement des femmes enceintes et celui de
la petite enfance constituent des cibles des mouvements actifs dans
le domaine du bien être en particulier et qui proposent des traitements
s’inspirant dans la plus part des cas des révélations d’ordre spirituel
et qui n’apportent pas la preuve de leur efficacité selon des méthodes
scientifiques. La plupart de ces traitements ne mériteraient
même pas d’être signalés tant ils s’adressent à des personnes suffisamment
éclairées sur les risques qui y sont liés. Mais quand il s’agit d’enfants
à naître, de nouveaux nés, de nourrissons ou de jeunes enfants, des
mesures de protection devraient pouvoir être mises en oeuvre dans
l'intérêt de ces enfants. Tout le domaine des troubles psychologiques est
très vaste, je vais me contenter de quelques considérations. Des mineurs
qui naissent, vivent ou suivent leur scolarité à l’intérieur d’une
communauté fermée, appartenant à une organisation sectaire, peuvent
être victimes de troubles psychologiques en fonction des évènements
qu’ils sont amenés à subir. Les
enfants dont les parents membres de ces organismes vivent en dehors
de communautés fermées sont évidement moins exposés que les précédentes
sauf dans les cas de rap parentaux lorsque l’un des parents soustrait
un ou plusieurs enfants à l’autorité du conjoint, ex-conjoint en vue
de les initier à une doctrine que l’autre parent refuse, ne demande
pas d’enseigner à ses enfants. Mais bon, nous devons aussi mentionner le domaine
de l’enseignement où on a évoqué tout à l’heure les enfants qui suivent
une scolarité dans les écoles privées de ces mouvements risquent,
à tout le moins, une rupture avec le monde extérieur face auquel ils
se retrouvent alors en situation d’adaptat.. …, d’inadaptation quand
ils y sont confrontés. On trouve aussi des messages radicaux ou intégristes de certains enseignants
lors de cours de religion par exemple, qui peuvent conduire à troubler
les esprits de jeunes enfants qui sont victimes notamment d’un sentiment
de culpabilité induit et qui a été créé artificiellement. Ce genre de situation résulte plus souvent de la non déclaration par cet enseignant
de son appartenance à un groupe religieux radical ou intégriste. Cette
non déclaration de l’affiliation à de tels groupes caractérise certaines
écoles privées même si certaines donnent une référence pour lequel
il est très difficile de faire un lien avec des grandes enseignes
connues si on peut dire. Il en va de même de certains membres de mouvements sectaires qui profitent
des cours particuliers qu’ils donnent à des enfants pour tenter de
les réorienter vers une autre école mais à nouveau sans préciser l’affiliation
de cette école au mouvement auquel ils adhèrent eux-mêmes. Une autre cible, ce sont les enfants hyperactifs, caractériels, ou présentant
des troubles du comportement qui constituent, au travers de leurs
parents souvent désemparés, des cibles de choix pour des mouvements
prétendant apporter des solutions par des traitements comme ceux destinés
aux nouveaux nés qui n’apportent la preuve ni de leur innocuité ni
de leur efficacité par des méthodes scientifiques. Alors je mentionne aussi rapidement un cas très particulier, … qui suscite
de vives inquiétudes. C’est celui des enfants sorciers. C’est un phénomène
originaire d’Afrique Centrale, qui tend à suivre le mouvement originaire
de ces pays qui s’installent en Europe, même s’il s’agit de cas marginaux
et peu fréquent, ils ne doivent de toute façon, pas échapper à notre
vigilance surtout quand on voit que à la suite par exemple d’un exorcisme
qui tourne mal, on trouve des victimes et parfois, heureusement c’est
rare, des enfants qui meurent à la suite de ces exorcismes. Alors en matière de santé, le
centre d’information ADAVI et son conseil d’administration, adoptaient
hier justement, le texte, la version d’origine, de base d’un document
intitulé : « Dérives sectaires en matière de santé »
qui fera l’objet d’un dépliant destiné au grand public et qui reprend
l’ensemble des problèmes soulevés en matière de santé, sans spécifiquement
viser les enfants. Mais on y retrouve par exemple ce que j’évoquais
à propos des nourrissons ou de la grossesse. On y fait référence à toutes
les théories des enfants indigo pour lesquels les enfants hyperactifs
sont particulièrement visés. On rappelle également les démarches dans
les milieux scolaires sachant que de toute façon, c’est souvent les
enfants qui sont plus vulnérable face à ces problèmes qui touchent évidement
les adultes. Voilà pour ce qui concerne particulièrement
l’aspect santé et des risques pour les mineurs. Alors j’en viens à la troisième
partie de mon exposé qui permet de faire le point sur l’actualité des
démarches en Belgique, concernant la répression de la situation de faiblesse. Comme je l’évoquais tout à l’heure, dans son rapport de 1997, la commission
d’enquête de la Chambre recommandait de modifier le code pénal afin
de pouvoir réprimer l’abus de la situation de faiblesse. Comme toutes les autres recommandations
de la commission d’enquête, celle-ci fut adoptée par une très large
majorité des membres de l’Assemblée plénière et en Mars de cette année,
le groupe de travail de la chambre qui avait été chargé du suivi des
recommandations de la commission d’enquête
n’a pu que constaté que cette recommandation était restée lettre
morte malgré les différentes propositions de lois déposées en ce sens
par plusieurs députés et sénateurs. C’est seulement en juillet dernier que le gouvernement Belge déposait à la
Chambre un tel projet de loi et ce texte, dont j’ai transmis une copie
au secrétariat. Ce texte précise que l’on condamne à une peine de
prison de 3 mois à 3 ans et d’une amende de 250 à 20 000 Euros,
toute personne qui aura abusé frauduleusement de l’état d’ignorance
ou de faiblesse, notamment d’un mineur pour le conduire à un acte
ou une abstention portant gravement atteinte à son intégrité physique
ou mentale ou à son patrimoine. Ces peines peuvent en outre être assorties de l’interdiction d’exercer un
emploi dans la fonction publique ou d’exercer la tutelle sur des enfants
autres que les siens. Alors dès l’annonce de l’adoption,
en Mars dernier, par le conseil des ministres de l’avant projet de loi
et avant même que le conseil d’Etat ne rende son avis sur le texte,
cette modification, en projet, du code pénal était critiquée par ceux
qui voyaient une attaque contre des minorités de convictions perçues
à priori, selon elle, comme dangereuses. Et la critique, surtout en particulier
du fait que le texte français ferait usage, selon elle, de notions mal
définies, qui laisseraient de larges marges d’interprétation ;
ce qui aurait pour conséquence qu’on ne pourrait pas savoir au moment
où on adopte un comportement, si ce dernier est ou non répréhensible.
Evidement, ce genre d’argument
est de nature à susciter au minimum le doute voire la crainte auprès
de ceux qui n’ont pas un minimum de connaissances juridiques. Avec ce minimum de connaissances
juridiques, on sait que le droit pénal
est d’interprétation stricte et qu’aussi bien la doctrine que la jurisprudence
maîtrisent les notions de fraude ou d’abus. Il suffit de voir, par exemple,
les notions d’abus de confiance ou d’abus de biens sociaux. Après le dépôt du projet, au
mois de Juillet de cette année, une autre forme de critique est apparue,
cette fois, sous la forme de ce qui se présentait comme un rapport d’experts,
lesquels insistaient, auprès du parlement Belge pour qu’ils n’adoptent
pas le projet de loi. Cette fois l’argumentation reposait
sur la vocation quasi-incantatoire des principes fondamentaux de protection
des droits de l’homme, lesquels seraient mis en péril par le nouvel
article du code pénal en projet. Et il est intéressant de relever
que les auteurs de cette expertise se réfèrent à un projet de loi sur
la manipulation mentale, notion qui n’apparaît qu’une seule fois dans
l’exposé des motifs du projet de loi. Et pour les opposants au projet
gouvernemental, le recours à cette notion de manipulation mentale présente
l’avantage en terme de communication, de renvoyer aux critiques qui
ont accueilli et accompagné si on peut dire, les propositions de la
loi du sénateur About et de votre collègue Picard et qui ont conduit
à ce que le vocable de « Manipulation mentales » n’apparaisse
plus dans la loi du 12 juin 2001. Le point commun entre ces critiques,
c’est qu’elles émanent toutes les deux d’avocats ; la première
directement et la seconde indirectement. Il ne s’agit pas de jeunes avocats
inexpérimentés mais bien de professionnels confirmés qui ne peuvent
ignorer, comme je l’ai dit tout à l’heure, que le droit pénal est d’interprétation
stricte et qu’une condamnation sur (…) de cet article du code pénal
ne peut être prononcée que pour autant
que les faits constatés présentent
tous les éléments matériels qui permettent la qualification d’infraction. Ces mêmes professionnels du droit ne peuvent pas non plus
ignorer que les droits et libertés contenus dans les conventions internationales,
qu’ils invoquent, ne sont pas absolus et que ces droits et liberté peuvent
faire l’objet de restrictions prévues par la loi, qui constituent des
mesures nécessaires dans une société démocratique à la protection notamment
de la santé et je cite là l’article 9 deuxièmement de la convention
européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales dont
l’application est évidemment contrôlée par la Cour Européenne des droits
de l’homme de Strasbourg. Et la démarche de ces avocats est similaire en ce que cela
s’apparente à ce que la langue anglaise appelle l’advocacy, à savoir
le fait de publiquement soutenir ou suggérer une idée, un développement
ou une manière de faire. L’advocacy et l’avocat proviennent de la même source étymologique
qui signifient « plaider la cause de quelqu’un » mais les
plaidoiries qui nous intéressent ici se situent, vous l’avez constaté,
en dehors des prétoires et en l’absence de toute procédure en cours,
et il faut donc les requalifier d’une expression, d’une revendication
de certains groupes d’intérêts par la voie de leur porte-parole. Alors l’intérêt de cette argumentation c’est
que si on se livre à l’exercice qui consiste à reverser les arguments
avancés par ces lobbyistes, on arrive à la proposition suivante :
au nom des droits de l’homme en général ou de la liberté de pensée,
de conscience et de religion en particulier, quiconque devrait pouvoir
en toute impunité conduire un mineur en abusant frauduleusement de
son état d’ignorance ou de sa situation de faiblesse, à un acte ou
une abstention qui porte gravement atteinte à son intégrité physique
ou mental. La démonstration, selon moi, est donc faite que la protection
des mineurs face aux dérives sectaires doit passer par des dispositions
pénales comme celles formulées dans le projet de loi du gouvernement.
Voilà Mr le Président, Mr le Rapporteur, Mrs les Députés,
ce que je pouvais exposer en introduction de cette audition. Fenech Je vous remercie Mr le Président Henri de Cordes. Vous avez pu nous montrer finalement que la problématique
en Belgique est tout à fait comparable à la nôtre sinon que nous avons
une avance législative, disons peut-être une étape d’avance sur votre
législation à venir ; en tout cas c’est ce que nous pouvons souhaiter.
Je voudrais vous poser une question précise. Nous savons que le 7 mars 2005, votre centre d’information
a rendu un avis sur l’organisation Sahaja Yoga et qui comportait un
paragraphe concernant les enfants et la pratique consistant à les séparer
de leurs parents pour les envoyer pendant de longues périodes dans des
écoles appartenant à l’organisation et situées à l’étranger. A Rome pour l’école maternelle, en Inde pour les formations
primaires et secondaires, et le paragraphe de votre avis se termine
par la phrase suivante : « Des jugements contradictoires
rendus par les tribunaux de France, d’Allemagne, d’Autriche, de Suisse,
et de Belgique, quant aux risques inhérents à ces formations, incite
à tout le moins une grande prudence. » Pouvons-nous avoir plus d’explications sur ce paragraphe
qui n’est pas clair à la lecture ainsi, et est-ce que vous pouvez nous
donner la teneur de cet arrêt du 12 juin 2006, qui a été consécutif
à d’autres avis de votre centre d’information, qui a été rendu par la
cour d’appel de Bruxelles à Sahaja Yoga contre état belge. Est-ce que
vous avez ça en mémoire ? Henri de Cordes Oui, je dirais que j’ai volontairement pas abordé directement
ce sujet… Fenech C’est pour ça que je vous pose la question. Henri de Cordes C’est bien normal. Je dirais, l’arrêt que vous évoquez était un arrêt en appel
d’une décision en référé qui nous était favorable. Cette procédure continue
au fond. Donc les mémoires introductifs ont été déposés, la procédure
devrait suivre son cours dans le cadre du courant de la fin de cette
année. Et ce que je peux dire en tout cas, cet arrêt de la cour
d’appel de Bruxelles, c’est que justement la cour nous reproche à la
limite de ne pas être suffisamment explicite, et on a voulu je dirais
ne pas stigmatiser, ne pas avancer sans preuves. Il est évidemment très
difficile pour nous dans le temps dont on disposait, pour émettre cet
avis. Il était très difficile de recueillir les éléments matériels notamment
pour savoir quelles étaient les conditions d’hébergement et de scolarisation
d’enfants au pied de l’Himalaya. Nous n’avons pas les moyens d’envoyer
un chargé de mission même les… (Hélicoptère, les MPs qui font l’audition, font mention
de l’histoire de l’hélicoptère envoyé par un Ministre pour aller chercher
le Procureur de la République dans l’Himalaya). Quelqu'un
dit : (Brard ?) C’est une affaire franco-française. Henri de Cordes Oui mais c’est une bonne suggestion, il faudra peut-être
la retenir. Bien donc tout ça pour dire, c’est le reproche qui nous
ait fait par la cour d’appel dans le cas du référé, et dans le cas de
ce référé, la cour d’appel nous a imposé à titre provisoire dans l’attente
de la décision au fond, de mentionner sur notre site que l’avis que
nous avions rendu et que nous allons publier comme la loi nous l’impose,
la demande d’ailleurs de l’association Sahaja Yoga Belgique était justement
de retirer cet avis du site, ce que la cour d’appel n’a pas pu faire
parce que la loi nous impose de le publier. La parade a été trouvée en disant : « Eh
bien le site du centre devra mentionner la formulation selon laquelle
cet avis n’implique pas que l’association Sahaja Yoga Belgique est une
organisation sectaire nuisible, ou une partie d’une organisation sectaire
nuisible. Voilà, je vous laisse apprécier cela, je n’ai pas d’autres
commentaires à faire puisque les avocats de l’état belge expliciteront
leurs arguments dans les prochains mois. Si des éléments complémentaires
peuvent parvenir avant la fin de votre commission, je ne manquerai pas
de vous les faire parvenir. Fenech Mr De Cordes, est-ce que vous avez en Belgique des organisations
sectaires nuisibles ? Henri de Cordes La loi créée avant le centre nous interdit de publier une
information sous forme de listes ou de relevés systématiques, voilà.
C’est la conséquence d’une polémique qui a suivie la publication
du rapport de la commission d’enquête en avril 97. Le rapport contenait
ce que l’on appelle un tableau synoptique en 7 colonnes des différents
mouvements qui avaient été cités par les témoins, par les services etc
… Une fuite juste avant la publication du rapport a repris ce tableau
mais en ne reprenant que la première colonne. C’est à dire que malgré l’avertissement en tête de ce tableau
disant que le fait de se trouver ou de ne pas se trouver dans ce tableau
n’impliquait rien en terme d’appréciation, ça ne voulait pas dire qu’il
était dangereux ou pas dangereux, eh bien ça n’empêche, la campagne
médiatique a été lancée, ce qui a amené le parlement belge pour calmer
les esprits, de n’approuver dans le rapport que les conclusions et les
recommandations en prenant bien soin de définir et de préciser les pages
du rapport où cela se trouvait, et le tableau se trouve juste après. Fenech Comment faites-vous pour caractériser une organisation sectaire
nuisible si vous n’avez pas de … ? Henri de Cordes Ben je dirais que le travail repose sur les critères qui
ont été utilisés par la commission précédemment que nous avons repris
également dans le cadre de notre commission parlementaire en Belgique,
et qui définit tous les éléments aussi bien au niveau du recrutement,
chaque fois sur des comportements, sur des pratiques, que ce soit en
matière, comme je les ai évoqués, de santé, de traitement en matière
d’éducation, d’isolation, pression du groupe, etc … Et notre pratique
en fait répond principalement à une demande de la population ;
chaque fois qu’on nous interroge sur un groupement, on étudie si, par
rapport à ces critères, on a des éléments qui font penser à un risque
particulier pour les personnes qui sont dans le groupe ou qui envisagent
d’adhérer au groupe. Fenech Mr le Rapporteur ? Vuilque Oui merci Mr le Président. Merci Mr de Cordes pour votre
exposé. J’ai 2 questions. Première question vous avez tenté au début
de votre intervention une définition. Est-ce que cette définition ou tentative de définition d’une
organisation sectaire est reconnue et considérée par l’ensemble des
partenaires comme la définition à laquelle on se réfère pour justement
qualifier les organisations sectaires première chose, première question.
Deuxième
question qui est une question plus générale, vous connaissez en France
notre organisation avec la Miviludes dont les compétences sont un petit
peu différentes des vôtres. Avec
le recul puisque je sais que vous avez contact régulièrement avec la
Miviludes, comment appréciez-vous ces 2 manières d’aborder les choses
entre la Belgique et la France sachant que notre mission est une mission
interministérielle, vous vous êtes un organisme indépendant. Comment
dans l’efficacité, je dirais, à la fois de la … euh, la perception du mouvement sectaire mais aussi
de l'information, vous appréciez les choses. De Cordes Bien,
alors en ce qui concerne la définition d'organisation sectaire nuisible.
C'est une notion qui a été créée par la commission d'enquête dans son rapport de
1997. L'exercice consistait à ne pas rentrer dans le jeu, qu'est ce
qui fait la distinction entre une secte et une religion, et l'originalité
de cette définition c'est qu'elle se situe dans une démarche dynamique,
c'est à dire que l'on a annoncé dans le rapport que on considérait comme
secte ce que les dictionnaires définissent comme étant un petit groupe
pratiquant une même, une même foi, en marge souvent des grands courants
religieux. Au départ
de cette définition qui relève plutôt de la sociologie, la commission
d'enquête a créé la notion qui est plutôt de type criminologie d'organisation
sectaire nuisible, c'est à dire, la secte, la gentille secte qui commence
à déraper. Et le
troisième stade présenté par la commission d'enquête c'était l'organisation
criminelle. Alors nous nous situons au niveau du centre d'information
de la vie dans cette zone entre les sectes qui ne posent pas de problème
et les organisations criminelles qui posent tellement de problèmes
que ce n'est plus de notre compétence. Alors
cette définition il faut la relativiser parce que tant qu'elle reste
une définition criminologique dans un rapport parlementaire, ça reste
à ce niveau là et il n'y a pas d'autre portée. Elle est entrée dans la loi pour définir le champ
de compétence du centre de formation de la vie, on peut difficilement
dire, tout dépend de ce que la cour, les tribunaux diront dans la suite
de la procédure, à savoir si c'est une définition juridique ou non ;
selon moi cela reste toujours une définition de type sociologique et
cette définition n'existe dans le droit que en ce qui concerne la compétence
du centre d'information à la vie, et la compétence de la sûreté de l'état
dans le cadre de la loi de 1998, la loi organique du service de renseignement.
Voilà pour votre première question. Alors en ce qui concerne la Miviludes, euh, je
dois préciser, compléter ce que je vous évoquais tout à l'heure lorsque
j'ai parlé de la loi du 2 juin 1998, cette loi, en plus du centre, a
créé en plus une cellule administrative de coordination de la lutte
contre les organisations sectaires nuisibles. Alors on a, ces deux, ces deux organes ; l'intérêt
d'avoir cet organe de type administratif dans une loi c'est qu'on pourrait
obliger ces deux organes à [...] Le problème de cette structure administrative en
Belgique c'est que ce n'est pas une structure permanente, il n'y a pas
de personnes détachées je dirais pour cette tâche, donc c'est des gens
qui, à un rythme régulier, sont tenus, notamment pour présenter les
rapports tous les six mois au centre et tous les ans à la ministre de
la justice, ils sont tenus de se réunir. Et ils n'ont pas les moyens de faire ce que la
Miviludes permet d'obtenir au niveau interministériel et interdépartemental.
Alors, je ne voudrais pas dire qu'elle est le modèle
qui convient le mieux. Je crois que dans cette matière là, nous pouvons
revenir à ce qui était évoqué par Monsieur « Griess» au niveau
de la situation européenne. Je crois qu'il faut, le mieux c'est de voir ce
qui convient à chaque pays en fonction de sa culture, de ses pratiques,
du poids des religions traditionnelles dans la société, bon et si, si
le type d'organe qui a été créé en Belgique, organe indép... organe
public institué auprès du ministère de la justice dont les membres sont
désignés par la chambre à une majorité qualifiée des deux tiers, ça
peut être une référence. Il est clair que ce qui faut à la base c'est
la volonté politique d'aborder le sujet. Fenech Monsieur Christian Vanneste s'il vous plait. Christian Vanneste Oui merci Monsieur le Président. Monsieur, je pense que dans l'appellation même
de l'organisme que vous représentez, le mot important c'est pas secte,
c'est nuisible. Parce que ça permet effectivement de bien dresser cette
frontière sur laquelle je m'interrogeais la fois dernière et vous avez
effectivement bien répertorié tous les dangers potentiels de certaines
activités euh sectaires. Cela étant dit, euh, vous avez également évoqué
dans un deuxième temps, euh, la répression qui suit éventuellement vos
avis. Mais vous êtes centre d'information et d’avis et tout à l'heure
vous avez fait également la distinction entre la sociologie et la criminologie
et donc le droit. La criminologie est entre la sociologie et le droit.
Et moi je m'interroge justement sur la part de
vos, de vos recherches euh, en, dans le domaine sociologique, c'est
à dire davantage tourné vers la prévention que vers la répression. Information
sur, dans le fond, le domaine du sectaire nuisible. Et là j'aurais deux
questions précises qui toutes les deux sont tournées vers l'étiologie,
mais quand on dit étiologie, on se dit mais pourquoi y a-t-il des sectes,
d'où ça vient, qu'est ce qui anime une secte. Vous avez dressé la liste,
le répertoire des dangers, c'était parfait. Mais est ce qu'on ne pourrait
pas faire également une typologie des sectes en fonction des motivations
de ces sectes. Lesquelles sont tournées vers l'argent, lesquelles sont
tournées vers le pouvoir, lesquelles ont peut être une origine pathologique,
ou tout au moins trouvent leur naissance dans une certaine perversion
du gourou qui les anime. Il y a sans doute une typologie qui nous permettrait
de faire un tableau très différencié euh, de ces sectes et de mesurer
également, cette fois ci du côté de l'origine, le danger qu'elles représentent,
et seconde étiologie, est-ce qu'il y a des victimes potentielles qui
peuvent être plus facilement, euh, profilées on va dire. Est ce qu'il y a des catégories socio-professionnelles,
est ce qu'il y a des milieux sociaux, est ce qu'il y a des types d'éducation
qui sont plus sensibles que d'autres au milieu sectaire parce que nous,
nous bien sûr nous nous intéressons aux enfants. Et les enfants appartiennent
à des familles, et je crois que là il serait intéressant de s'interroger
précisément, de nous interroger, sur le contexte social, psychologique,
de ces familles. De Cordes Bien, voilà des questions auxquelles j'ai pas l'habitude
de répondre. Bon, pourquoi des sectes, et bien écoutez euh je
dirais c'est une question à laquelle réponde beaucoup de chercheurs
en sociologie des religions, en histoire des religions, euh donc là
je leur laisse ce soin là. Euh, en ce qui concerne une typologie en
fonction de l'objectif, il me semble qu'en posant votre question vous
avez à la limite apporté tous les critères qui pourraient constituer
un cahier des charges en vue d'une recherche académique en la matière.
Je crois qu'il vous reste plus qu'à trouver le
chercheur qui osera [rires], et les fonds surtout ! Là je peux vous
dire en tout cas, à la limite oui, on peut, on pourrait trouver dans
le cadre de notre étude, de notre compétence d'étude du phénomène, on
pourrait éventuellement aborder cet aspect là. Euh, la seule chose c'est que dans le cadre de
nos compétences, ce qui importe le plus, c'est apporter des réponses
immédiates aux problèmes qui se posent à la population et également
euh, aux services, aux services publics, que ce soit les services de
police, la justice, les administrations locales. Par exemple de savoir quand une demande de location
d'une salle appartenant à la municipalité par un mouvement qu'on ne
connaît pas très bien, est-ce que … par exemple, euh, voilà, voilà effectivement
une fonction euh, la fonction de l'objectif et je crois qu'en pratique
on trouve indépendamment des aspects euh, de psychologie même, des fondateurs,
des gourous de ces mouvements. Je crois qu'effectivement une étude très intéressante
serait justement l'étude de la psychologie de ces gourous pour simplifier
les choses. Mais je crois qu'effectivement on trouve les éléments de
pouvoir, certains éléments de perversion, l'argent est très souvent
un objectif. Et je crois, je dirais, une de vos commissions
précédentes l'a bien suffisamment démontrée et bien sûr toutes les petites
perversions qui peuvent être justifiées par un discours que l'on prétend
être philosophique ou religieux, quand on voit par exemple la pédophilie
que j'évoquais toute à l'heure, la pédopornographie, le canibalisme,
trouvent sa justification, si on peut dire, dans des textes utilisés
par des mouvements sataniques. Ca permet à la limite pour ceux qui pratiquent
ce genre de chose, de donner comme justification le fait qu'ils suivent
une doctrine, et plutôt que de passer pour n'importe quel pervers de
droit commun. Alors, en ce qui concerne les victimes potentielles
qui pourraient être plus facilement profilées et bien la réponse est
négative. Il est très difficile de dire que euh, quelle est la personne
qui serait plus sensible que euh, qu'une autre, à tomber dans le piège.
J'ai tendance parfois à dire que même moi je n'oserais pas dire que
je ne tomberais pas un jour dedans, mais je crois que c'est pas demain
la veille. Voilà, d'ailleurs il ne faut jamais dire « jamais ».
Fenech Jean Pierre Brard Jean Pierre Brard Monsieur le président tout
ce que vous nous avez dit est fort intéressant, moi j'ai quelques « «
très brèves. La Belgique, où ce qu'on soit en Belgique, les frontières
ne sont pas très loin, est ce que ce n'est pas une difficulté dans votre
travail par rapport à ces sectes qui peuvent ainsi soustraire à l'intention
des pouvoirs publics, des enfants par exemple et les emmener ailleurs,
première chose. Vous nous avez parlé des enfants sorciers, est ce que vous pourriez revenir sur le sujet parce que, je me demande, dans ma ville on sacrifie, pour le moment c'est des poulets, c'est pas trop grave, mais, euh, j'ai connaissance de euh de choses comme ça étranges, et dans le 13ème à mon avis on a aussi, euh, euh (rire), troisième question très brève, le satanisme, nous, euh, ce n'est pas le sujet où nous avons le plus de renseignements, que ce que nous savons sur des groupes beaucoup plus p'tits, et donc qui ont moins attirés notre attention jusqu'à présent, mais vous avez parlé de sacrifice(s) d'enfant(s), est ce que vous pouvez nous en dire un peu plus, enfin dernière question qui est très d | |||